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Par le cherche midi éditeur, publié le 28/04/2021

Barcella : « Écrire un roman est une marche intérieure, silencieuse »

Plongée poétique dans un univers qui fleure bon l’été et les rencontres inopinées, Les Papillons révèle le talent littéraire de l’auteur-compositeur Barcella. Avec deux personnages emportés dans le tourbillon des sentiments, il laisse s’exprimer sa prose singulière et virevolter ses délicieux jeux de mots. Rencontre onirique.

Alexandrin Lamoureux, émotif narrateur de ces Papillons, ne se lasse pas de saluer la poésie du quotidien. Sa rencontre avec la délicate et fantasque Marie le guide vers des territoires amoureux qui exaltent son cœur et ses mots. Or, l’inconnue porte en elle un fardeau silencieux qui la maintient dans un équilibre précaire et menace de la faire s'envoler à la moindre bourrasque. L’histoire qui se tisse entre ces deux âmes tendres se nourrit d’une folle liesse, d’une alchimie majestueuse, ignorant ceux qu’elle dérange. Barcella, dont c’est le premier roman, répond à nos questions de sa prose imagée.


Qu’est-ce qui se trouve à la genèse de ce premier roman ?

Une curiosité sans frontière, une envie certaine ! Celle-ci fleurissait en moi depuis quelques années. Et puis le déclic est venu, comme une évidence. Célébrer l'amour des mots, confronter ma sensibilité aux grandes lames de fond de nos existences et trouver un espace suffisant pour le faire. Tricoter, détricoter les sentiments humains au travers de cette histoire : celle d'une femme, d'un homme, de deux âmes complémentaires, d'une rencontre, d'une osmose, d'un éveil... Chercher en toute chose l'essence, le sucre, et tenter de la décrire avec tendresse, trouver de justes mots pour conter tout cela. C'était un joli défi. Et puis, je crois que j'en avais besoin ! Il fallait que je me renouvelle.

Parlez-nous du personnage de Marie Mariposa, à la croisée des chemins entre réalisme et onirisme, comme une présence rêvée.

Marie est une âme sensible, généreuse, virevoltante et pudique. Bien sûr, elle garde pour elle certains secrets et, comme Alexandrin, elle vit à contre-courant de son époque. Elle le dira d'ailleurs elle-même au début de l'aventure : « J'aime pour le goût d'aimer, pour ces saveurs sucrées qui font nos vies gourmandes. Pour la beauté des ciels qui nous offrent chaque jour un tableau différent. Mais ceux qui détruisent tout ça, je ne comprends pas. Ça me déchire le cœur. » C'est une femme épatante, fragile physiquement et pourtant si forte. Et puis Marie, c'est l'anagramme d'aimer. J'avais à cœur de la dessiner ainsi, à la lisière du conte, comme tous les personnages qui habitent ce roman.

Vous maniez les mots avec aisance et fantaisie dans vos morceaux mais il s’agit ici d’un tout autre exercice, plus installé sur la durée. Comment s’est déroulé le temps de l’écriture et à quels défis avez-vous été confrontés ?

Disons que l'exercice d'un premier roman nécessite une rigueur quotidienne et une certaine patience. De la chanson à la littérature, quelques compétences peuvent être transversales. Le goût de l'image instantanée, la mélodie des mots, la musicalité de la langue m'ont bercé durant cette année d'écriture et je n'ai pas souffert de cela. J'y ai même pris beaucoup de plaisir ! Mais le format du roman est très certainement plus complexe que celui d'une chanson. À l'échelle d'un roman, il faut accepter de revenir sur ses pas quotidiennement, de retravailler de longs passages, d'en sacrifier certains. C'est une marche intérieure, silencieuse. Une « course » de fond en somme. Il ne faut pas hésiter à prendre son temps, le confinement aura au moins eu cet avantage. 

Les papillons du titre sont un véritable fil rouge ; que représentent-ils pour vous et comment avez-vous travaillé ce motif d’un point de vue littéraire ?

Ils nous procurent cette sensation légère que chacune, chacun devrait cultiver en soi. Les enfants le font naturellement, les adultes trop souvent l'oublient. Avoir des papillons dans le ventre, c'est chérir l'émerveillement, c'est accepter de poser un regard poétique sur le monde, malgré tout. C'est embrasser, embraser la vie, épouser chaque voyage et se laisser surprendre. Les bruissements intérieurs des papillons nous donnent des ailes, nous envolent. Ils sont un chemin vers l'éveil. Et puis la symbolique est belle. Le papillon nous renvoie aussi à l'idée que tout est éphémère et qu'il faut saisir la beauté de l'instant en vol. Être sensible à leur présence en soi, c'est rester en phase avec une certaine magie.

Est-ce que ce premier exercice vous a donné envie d’écrire à nouveau ?

Les retours des libraires, des artistes, des lectrices et lecteurs me touchent beaucoup. C'est assez dingue en fait ! Je ne m'attendais pas à un tel accueil et cela motive beaucoup. Mais je ne me lancerai pas tout de suite dans l'écriture d'un second roman. Je souhaite d'abord que ces papillons voyagent et j'ai très envie d'en faire des lectures musicales dès que les salles pourront accueillir de nouveau du public. Je ne poursuivrai ce chemin que si je sens qu'un sujet m'emporte, m'émeut, qu'une idée me dévore, me fait vibrer. J'ai besoin de trouver du sens à ce que fais. Écrire pour écrire serait cause perdue. J'attends de la vie et des rencontres qu'elles fassent ce qu'elles ont toujours su faire : qu'elles m'inspirent. Ensuite, il faut juste accepter de se lancer et s'appliquer à en faire une discipline quotidienne. La route est belle !


Les Papillons
« Ce bruissement céleste qui jadis m’enchantait s’était cousu les lèvres en plein mois de juillet sous un soleil de plomb. Plus un battement d’ailes, plus une mélopée […] Il était quinze heures trente ce dimanche onze juillet, et j’avais vingt-sept ans, l’âge où les étoiles meurent. »
 
Rêveur déchu du 21e siècle, Alexandrin a perdu ses papillons.
Vous savez, ceux qui virevoltent au creux de nos ventres endormis lorsqu’on tombe amoureux. Ceux dont le doux bruissement nous émerveille.
 
Au détour d’un hasard, la jeune Marie croisera sa route et l’aidera à renaître.
 
Mais Marie porte en elle un silencieux fardeau avec lequel il devra composer avant de réentendre ce doux murmure.
 
Contraints de se cacher, bravant les interdits, nos amoureux se dessineront un monde à part. Jusqu’à ce que…

 
Avec Les Papillons, son premier roman, Barcella nous offre un récit traversé par le conte, à la lisière de l’onirisme. Un univers à la fois poétique, sensible et malicieux. Des personnages symboliques et singuliers comme autant de petits cailloux placés sur nos routes pour que renaisse une ode oubliée.

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  • Focus
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    "Les papillons" : l'envol de Barcella

    Avec ce premier roman, l’auteur-compositeur Barcella nous ouvre un univers onirique qui fleure bon les rencontres inopinées, l’élan amoureux et la passion qui l’accompagne. Fidèle à sa prose singulière et à son indomptable amour pour la poésie, le jeune écrivain signe une échappée bienvenue en ces premiers jours de printemps.

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