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Par Les Escales, publié le 21/10/2019

"Ceux qu'on aime" de Victoria Hislop : le roman de la jeunesse qui se révolte

Dans son nouveau roman, Ceux qu’on aime, Victoria Hislop retrace l’engagement de la jeunesse grecque pour la liberté. Un combat incarné par Themis, héroïne portée par ses convictions. À ce portrait de femme se mêle celui de la Grèce, pays déchiré par la guerre et les dictatures.

En 1941, la Grèce s’embrase. L’armée allemande prend le contrôle d’Athènes et la ville passe sous le joug des Nazis. Au cœur du quartier de Patissia, la famille de Themis se déchire. Quatre frères et sœurs s’opposent : les uns soutiennent le camp conservateur et les autres les communistes. Alors que l’occupation se prolonge et que la famine se fait de plus en plus dure, Themis la benjamine de la fratrie, se rapproche de son frère Panos et des communistes qui organisent la résistance en dehors d’Athènes.

Après la guerre, Themis espère que la vie va reprendre son cours. Mais les divisions politiques ont profondément changé le pays et le pouvoir qui s’installe ne fait qu’augmenter la fracture sociale et idéologique au sein de la population. La guerre civile éclate. La colère gronde. Et tandis que le peuple et les familles se déchirent, Themis embrasse son destin et décide de se battre pour ce qu’elle estime juste, mais surtout pour ceux qu’elle aime. Sa vie sera faite de choix, combats, de drames, d’amour et de liberté.

La Grèce berceau d’une histoire chahutée

Les lecteurs de Victoria Hislop le savent bien, l’autrice britannique mène toujours de sérieuses recherches historiques avant de se lancer dans l’écriture d’un roman. Dans Ceux qu’on aime, elle s’attaque à un sujet tabou : la création, en 1948, du bagne de Makronissos, île désertique où les Grecs communistes ont été déportés massivement. À travers les yeux de la courageuse Themis, Victoria Hislop raconte l’engagement mais aussi l’embrigadement, la propagande et le pouvoir des mots sur les esprits.

Loin d’idéaliser un combat plutôt qu’un autre, Ceux qu’on aime dépeint aussi la réalité parfois décevante d’un engagement politique. En effet, les idéaux pour lesquels Themis se bat la mènent parfois à renoncer à ses valeurs. Pour Victoria Hislop l’engagement des personnages, qu’ils soient communistes ou conservateurs, n’est pas négatif, ce sont les polarités, les extrêmes qui représentent le danger.

Ode à la justice, à la liberté et à la jeunesse qui se révolte, marche et espère des jours meilleurs, Ceux qu’on aime résonne tout particulièrement dans le contexte social et environnemental actuel. Un roman historique aussi bouleversant qu’inspirant.

Ceux qu'on aime
Athènes, 1941. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grèce, après avoir été libérée de l’occupation allemande est ruinée et le pays devient le théâtre d’une guerre civile. Révoltée par les injustices qui touchent ses proches, la jeune Themis décide de s’engager dans l’armée communiste et se révèle prête à tout, même à donner sa vie, pour défendre ses droits et sa liberté. Quand elle est emprisonnée sur l’île de Makronisos, Themis doit prendre une décision qui la hantera à jamais pour protéger ceux qu’elle aime.
Au crépuscule de sa vie, Themis prend conscience qu’il faut parfois rouvrir certaines blessures pour en guérir d’autres, et lève enfin le voile sur son passé tourmenté.

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