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Par Cherche midi, publié le 08/03/2020

"Dans la rue de l'école" : l'émouvant premier roman d'une institutrice passionnée

Après son poignant témoignage d’institutrice dans Merci Maîtresse !, Anouk F. livre avec Dans la rue de l’école un premier roman sensible, nourri de sa riche expérience professionnelle et de l’espoir qu’elle entretient envers le modèle de l’école républicaine.

Journaliste pour Radio France pendant plus de huit ans, Anouk F. est aujourd'hui professeure des écoles. Elle anime un blog où sont évoquées un grand nombre de questions liées à la vie d’enseignant, aux problèmes rencontrés par les élèves en difficulté et au modèle éducatif français. Paru en mars 2019, son livre-témoignage, Merci Maîtresse !, s’est déjà écoulé à plus de 10000 exemplaires. Un succès qui lui a donné l’élan nécessaire à l’écriture de son tout premier roman, Dans la rue de l’école. À l’occasion de la parution de cet ouvrage de fiction qui pioche dans ses expériences intimes, l’auteure a accepté de se dévoiler sur son identité, après être demeurée relativement discrète jusqu’ici.

Retrouver le goût du vivre-ensemble

Dans la rue de l’école fait se croiser plusieurs vies qui se déploient autour d’une même rue.  On y trouve Karine et son fils Naël, qui croisent la route de Richard, leur voisin un brin alcoolique, raciste et violent. À l'étage du dessous vit le discret et travailleur Kamel. Depuis que sa femme a été internée en hôpital psychiatrique, il s’occupe seul de Syrine et Nour, laquelle n’accepte pas l’absence de sa mère. Plus loin, dans une villa bourgeoise et confortable, Julie s’occupe de ses deux beaux enfants et tente de trouver un équilibre avec son mari. Entre ces deux mondes géographiquement si proches, il y a l'école publique, dirigée avec fermeté par Marie. Elle maudit son corps obèse et les doutes qui l’assaillent au quotidien. Les enfants de Julie, Kamel et Karine se côtoient dans la cour et les salles de classe de l’école, s'y aiment et s'y comprennent, pour le meilleur comme pour le pire. Un soir, Nour ne rentre pas à la maison. Toute la rue se mobilise.

À travers une simple rue et le quotidien tourmenté, passionné, toujours changeant de ses habitants, Dans la rue de l’école nous interroge avec subtilité sur le vivre-ensemble et la mixité sociale dans une société qui dit ses trop grandes faiblesses. Anouk F. vient redorer le métier d’enseignant, finalement relativement mal connu, en évoquant la vocation et les espoirs de ces personnes qui ont choisi cette voie. Elle en dit les difficultés et les réussites avec force et simplicité. Ce premier roman ancré dans le réel, qui porte en lui beaucoup de tendresse, fait la part belle à des personnages émouvants et nuancés, chez lesquels les lecteurs pourront retrouver le reflet de leurs propres réflexions et luttes quotidiennes. Ouvrage choral passionnant, Dans la rue de l’école porte en lui une grande dose d’optimisme quant à ce qu’il est possible d’accomplir ensemble.

 

Dans la rue de l'école
La rue de l’école, elle monte. Ou elle descend, c’est selon. En haut, les façades des immeubles sont un peu noires. Plus bas, les villas s’ouvrent sur des allées de graviers blancs.
 
Ici, les habitants trimballent leur passé et bricolent leur présent. Au n° 7, Karine et son fils, Naël, essaient de repartir de zéro, ou plutôt de ne plus y rester. Juste au-dessous, Kamel apprend à être seul avec ses filles, Siryne et Nour. Au n° 24, Julie, la maman parfaite et quadra bien sous tous rapports, se cherche dans cette maison trop grande, dans ce confort qui l’encombre.
Au milieu, au n° 12 : l’école publique.
 
Nour disparaît un jour. Qu’ils viennent du haut ou du bas de la rue, les voisins se mobilisent pour la retrouver. Peut-être aussi pour se trouver.
 
L’histoire d’une rue, d’un quartier, d’une société fissurée que l’on peine à rafistoler.

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