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Par Slalom, publié le 05/06/2020

Dans les coulisses de la création d'une BD avec l'autrice, l'illustratrice, la coloriste et l'éditrice

Appréciée par les enfants comme par les adultes, la bande-dessinée prend de plus en plus de place sur les étagères des librairies. Mais connaissez-vous les différentes étapes de sa création ? À l’occasion de la parution du tome 2 de "La Famille Au poil, Plus on est de fous…", nous avons demandé à quatre contributrices de nous expliquer leur métier : l’éditrice Marion et son assistante Anaïs, l'autrice Ingrid Chabbert, l’illustratrice Joëlle Dreidemy et la coloriste Claudine Morel.

Au sein des éditions Slalom, la collection Tuschuss regroupe des bandes-dessinées pour enfants. Parmi elles, La famille Au poil, ou les anecdotes d’une famille d’accueil pour animaux, est née de sous la plume d’Ingrid Chabbert, l’autrice, et de Joëlle Dreidemy, l’illustratrice. Mais entre le moment où l’idée surgit et l’envoi en impression, la BD passe entre de nombreuses mains avant d’arriver entre celles des lecteurs : l’auteur, l’illustrateur, le coloriste, le maquettiste, le relecteur, le fabricant, le photograveur, l’imprimeur... Explications avec Marion et Anaïs, Ingrid Chabbert, Joëlle Dreidemy et Claudine Morel.

 

Par quelles étapes est passée La famille Au poil avant de se retrouver chez les lecteurs ?

Marion, éditrice, et Anaïs, assistante éditoriale : Prenons ça dans l’ordre chronologique. Une fois le projet éditorial validé, c’est d’abord Ingrid Chabbert, l’autrice, qui s’affaire à créer le scénario et le découpage en cases et par page.

L’illustratrice, Joëlle Dreidemy, va ensuite mettre le scénario en images. Les crayonnés doivent être validés par l’autrice et l’éditrice pour que les dessins soient finalisés. Quand cette étape est terminée, les planches sont confiées à Claudine Morel, qui s’exécute à la mise en couleurs. Une nouvelle fois, l’approbation de l’autrice et l’illustratrice est nécessaire ; les trois femmes doivent s’accorder sur leur vision du livre.

Ingrid, Joëlle et Claudine, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vos métiers ?

Ingrid Chabbert : Les gens pensent souvent qu'être autrice et scénariste se limite à écrire du matin au soir. Mais il y a tant d'autres facettes à ce métier. Nous venons souvent à la rencontre de nos lecteurs, qu'ils soient petits ou grands. Dans des salons du livre, dans les bibliothèques, dans les écoles, etc. C'est vraiment agréable de discuter avec les lecteurs. Des échanges précieux pour tous je crois ! 

Joëlle, illustratrice : Depuis toute petite, j’ai toujours rêvé de devenir illustratrice. Aujourd’hui je vis du dessin… je suis la personne la plus chanceuse de l’univers ! Tous les matins, je me retrouve devant mes illustrations avec du papier et mes crayons et je suis la plus heureuse… J’ai l’impression d’avoir 5 ans. J’exerce ce qu’on appelle "un métier passion", je m’amuse énormément à raconter des histoires en image, créer des personnages, les rendre les plus vivants possible, leur trouver l’expression la plus juste etc. Du pur bonheur !

Claudine, coloriste : C’est un métier fascinant, à la fois magique et épanouissant, mais qui peut être aussi très fatigant et stressant quand les bonnes inspirations ne viennent pas du premier coup ! En tant que coloriste, c’est avec la couleur que je viens donner encore plus de vie à l’histoire et ses personnages ; elle me permet de mettre en lumière les émotions, les ambiances qu’ont créées avant moi l’autrice et l’illustratrice.

 

 

Avez-vous rencontré des difficultés en travaillant sur La famille Au poil ?

Ingrid Chabbert : Le plus compliqué est de trouver des histoires qui sont à la fois crédibles (ou réellement vécues) et qui peuvent prêter à rire ou à sourire. La protection animale est chargée en émotions diverses. Voilà pourquoi il y a quelques histoires plus tristes et émouvantes. Comme la vie en fait !

Joëlle, illustratrice : La bande dessinée est un exercice particulier, très différent de l’illustration. On devient metteur en scène, il faut réfléchir à la narration, au découpage de l’histoire, aux cadrages, aux posing des personnages… C’est un travail de longue haleine, très fatigant, qui demande beaucoup de concentration et de rigueur mais tout à fait passionnant. J’ai adoré cette expérience !

Claudine, coloriste : Je n’ai pas eu de difficultés particulières, mais j’ai découvert qu’il fallait être très attentive et consciencieuse, et ne pas hésiter à poser des questions à l’illustratrice et l’éditrice. Il est important de prendre le temps de bien connaître les personnages, l’histoire, leurs personnalités respectives, leurs habitudes aussi. J’ai petit à petit apporté ma touche personnelle à tout ce joli monde, mais sans cesser de dialoguer avec Joëlle pour être bien en accord avec ce qu’elle a en tête, et ce qu’Ingrid (l’autrice) avait également impulsé. Tout ceci sous la baguette de la cheffe d’orchestre éditrice Marion ! Il faut savoir garder sa personnalité tout en étant très à l’écoute des autres.

 

Que se passe-t-il après le travail de l’autrice, l’illustratrice et la coloriste ?

Marion, éditrice, et Anaïs, assistante éditoriale : Les fichiers sont alors envoyés au maquettiste, Michaël Terraz. Pour La famille Au poil en particulier, c’est lui qui fait la police des textes, en plus de la mise en page. Il est vigilant à tout bien caler par rapport au gabarit de la collection "Tuschuss". En parallèle, il doit y intégrer les liminaires (pages de début et de fin avec les mentions obligatoires) fournis par l’éditrice.

La première version de la maquette en main, elle est confiée à une relectrice externe, et encore une fois à l’illustratrice, l’autrice et la coloriste. Chacune de leur côté vérifie le livre de leur œil professionnel aiguisé ; une coquille dans le texte ? une incohérence narrative ? des couleurs mal adaptées ? un trait de dessin effacé ?
Tout est parfait ? C’est donc au tour de la fabricante d’envoyer les fichiers de la couverture et des pages intérieurs au photograveur. Celui-ci réalise ce qu’on appelle des cromalins, pour vérifier le calibrage des couleurs sur le véritable papier ; si elles rendent aussi bien qu’attendu. Les cromalins sont alors envoyés comme modèle, référence couleurs, à l’imprimeur. Le livre est maintenant imprimé et prêt à être livré aux libraires !

C’est à ce moment qu’intervient la mission des lecteurs : profiter pleinement de la BD !

 

Dernière question pour Ingrid, Joëlle et Claudine : vous êtes-vous attachées à certains personnages de La famille Au poil ?

Ingrid Chabbert : J'aime tous les personnages de notre famille au poil, qu'ils aient deux, 3 ou 4 pattes ! Mais graphiquement, j'avoue que la cadette me fait craquer avec sa petite bouille de coquine craquante !

Joëlle, illustratrice : Je pense que mes personnages préférés sont Rachel et son papa car ils ont un gros potentiel comique : l'ado boudeuse qui râle tout le temps et le papa trouillard ! J'ai adoré illustrer tous les personnages ainsi que leurs animaux qui sont délicieusement attachants. Grâce au talent d'Ingrid, je me suis régalée à développer cette belle galerie de personnages (sans parler du Tonton grossier... qui j'espère réapparaîtra dans les prochains tomes !).

Claudine, coloriste : Ahlàlà... C'est difficile de choisir ! Selon les histoires j'ai un attachement particulier pour chacun. Disons que j'ai peut-être un faible pour Gabriel et son côté tout doux un peu rêveur (et j'adore lui dessiner des pulls à rayures !). Mais la maman pleine d'énergie et de bonnes idées me plaît beaucoup aussi ! Et la petite sœur Ambre me fait souvent bien rigoler... sans parler du chat et des chiens ! Vous voyez, c'est compliqué de choisir, en fait je les aime tous ! Et pour la petite anecdote : dessiner des habits trop moches au tonton grincheux a été un régal !

 

 

Découvrez les nouvelles aventures de La famille Au poil :

La famille Au poil - Plus on est de fous...
Dans la famille Au poil, tout le monde aime les animaux. Enfin… Rachel, l'ado de la maison, commence à en avoir ras-le-bol de ces poils qui s'accrochent partout et de se balader avec sa pelle à crottes ! Contrairement à ses petits frère et sœur, Gabriel et Ambre, qui pensent, respirent et rêvent bestioles. Et les parents, ah, parlons-en, des parents ! Plus la ménagerie s'agrandit, plus ils sont heureux.
Entre facéties, complicités et gaffes, les journées ne sont pas de tout repos. Mais si s’occuper de tous ces animaux apporte parfois une avalanche de bêtises, c’est aussi pour toute la famille une source de bonheur inépuisable et une sacrée école de la vie !

 

 

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