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Par Plon, publié le 09/10/2020

Dictionnaire amoureux : la collection fête ses 20 ans !

Érudite, intime et passionnée, la collection du Dictionnaire amoureux, aux éditions Plon, fête ses vingt ans. Un événement célébré par la parution de quatre nouveaux titres en ce mois d’octobre et par une jolie surprise en librairie.

Un dictionnaire peut-il, à la manière d’un grand roman ou d’un essai exaltant, susciter chez le lecteur de l’émotion, de la curiosité, l’ouvrir à d’autres horizons ou le transporter vers une époque lointaine ?

Oui, et c’est d’ailleurs tout le principe de la collection du Dictionnaire amoureux, aux éditions Plon. Loin des sommes austères vouées à donner la définition de milliers de termes, la collection s’est imposée en vingt ans comme une référence, en laissant à chacun de ses auteurs le soin de conjuguer culture et passion.

Une place à part dans l’édition

Inaugurée à l’automne 2000 avec le Dictionnaire amoureux de la chasse de Dominique Venner, la collection a depuis donné le champ libre à de nombreuses personnalités pour qu’elles explorent de A à Z l’histoire d’un pays, d’une ville, d’un loisir, d’un espace ou encore d’un sport. Avec des milliers d’entrées rédigées, des auteurs aussi divers que l’écrivain Denis Tillinac, l’historienne Elisabeth Roudinesco, le journaliste Bernard Pivot, l’ancien ministre Alain Juppé et la chercheuse Nicole Le Douarin se sont succédé pour faire de leur Dictionnaire amoureux un territoire à la fois érudit et ludique, où l’affectif et l’intime tiennent une place prépondérante. D’ailleurs, selon Jean-Claude Simoën, fondateur de la collection, nombreux sont les auteurs du Dictionnaire amoureux à avoir été surpris par l’inventaire personnel auquel ils se sont livrés, tout autant que par l’aspect récréatif d’un tel travail.

Une cure de jouvence

Le général de Gaulle, Tintin, les chats, l’humour, la Grèce, mais aussi la chanson française, le vin, l’histoire de France, le tennis, le judaïsme… Aujourd’hui, ce sont 130 titres qui composent la collection, dont le tout récent Dictionnaire amoureux de l’inutile de François et Valentin Morel.

Un riche catalogue qui a su, depuis vingt ans, donner du champ libre à la culture et élargir les horizons de milliers de lecteurs. À l’occasion de ce vingtième anniversaire, le Dictionnaire amoureux fait peau neuve avec une nouvelle charte graphique, plus moderne et mettant à l’honneur l’illustration, comme sur les deux futurs Dictionnaire amoureux à paraître. Le Dictionnaire amoureux du polar du romancier Pierre Lemaître et Le Dictionnaire amoureux de la voile, signé Loïck Peyron, viendront compléter la collection les 22 et 29 octobre prochains.

Un anniversaire également célébré en librairie, puisque pour l’achat de deux Dictionnaire amoureux, une pochette est offerte jusqu’à mi-décembre ! L’occasion de découvrir d’anciens titres de la collection ou de plus récents, comme le Dictionnaire amoureux du tennis de l’écrivain Laurent Binet et du sportif Antoine Benneteau ou le Dictionnaire amoureux de Montaigne, signé du philosophe André Comte-Sponville, parus tous deux en septembre.

 

Dictionnaire amoureux de l'inutile
Ce livre serait une promenade joyeuse, drôle, iconoclaste dans nos souvenirs, nos émotions aussi futiles que solides. Faire des ricochets au-dessus de la rivière, des cocottes en papier, des canulars, s’interroger sur la fossette de Kirk Douglas, la coiffure du président Giscard d’Estaing, l’expression « peigner la girafe », se rappeler les petits trains électriques, la guitare de Tino Rossi, les télégrammes de première et les speakerines de la télévision… 
Ce serait un livre impossible, tant la notion d’inutile est sujette à caution. L’homme est-il plus utile que la langouste ? La pomme de terre est-elle plus indispensable que le liseron ? L’idiot du village moins nécessaire que le membre de l’Institut ?
Ce serait un livre qui musarderait, vantant les mérites de la grasse matinée et des contrepets dans les discours des ministres, le plaisir d’écouter la météo marine quand on est sous la couette, la virtuosité des joueurs de yoyo. 
Un livre aussi indispensable qu’inutile.

Dictionnaire amoureux du polar
« Nos amis italiens et espagnols (ils ne sont pas les seuls) ne font guère de distinction entre « roman noir » et « roman policier ». Mais comme en France, nous la faisons, en toute logique ce dictionnaire devrait ne comprendre que des entrées concernant le roman policier. Si vous en êtes d’accord, ce sera ma première licence : je parle d’un univers littéraire qui est le mien, on y trouvera aussi bien du « polar » que du « noir ».
S’agissant d’un univers « littéraire », il ne devrait y avoir ici que des livres. Ce sera ma seconde licence : incidemment, on y trouvera quelques films, quelques séries TV, quelques BD, des librairies, des blogs.
Enfin, autant prévenir tout de suite : pour les définitions maîtrisées, les monographies exhaustives, les analyses thématiques, etc., le lecteur trouvera facilement d’excellents ouvrages (j’en cite quelques-uns, en fin de volume) qui correspondront à cette attente. C'est à un écrivain que l’éditeur a confié ce Dictionnaire amoureux. Je parlerai donc ici en lecteur et en romancier. Il y aura des oublis impardonnables, des injustices, des jugements contestables. C'est inévitable mais je ne fais que respecter le projet de cette collection : c’est le dictionnaire de ce que j’aime (à quelques oublis près).
Lorsque je lis un Dictionnaire amoureux, rien ne me fait plus plaisir que de découvrir des choses que je sais déjà. C’est un peu comme pour le Nobel de littérature : le jour de la proclamation, quand il s'agit de quelqu'un dont je connais déjà le nom, j'ai l’impression d’être cultivé. J’espère que ce Dictionnaire amoureux réservera au lecteur quelques-unes de ces satisfactions mais aussi quelques surprises, quelques découvertes. Et l’envie de lire et de relire encore cette littérature majeure qui, quoiqu’on en dise, reste durablement marquée par le prosaïsme de ses origines.
Alphabétique (de « s’abîmer » à « vouloir-saisir »), totalement subjectif (« on a rendu à ce discours sa personne fondamentale qui est le JE »), sans prétention à l’exhaustivité…, je crois que les Fragments d’un discours amoureux (1977) peut être considéré comme l’ancêtre des Dictionnaires amoureux. Puisqu’il correspond très exactement à mon projet, je reprends donc ici, à la lettre, l’exergue de Roland Barthes : C’est donc un amoureux qui parle et qui dit : »
 
 

Dictionnaire amoureux du tennis
L’association de l’écrivain Laurent Binet et du sportif Antoine Benneteau a tout de l’attelage complémentaire et du double gagnant. Laurent Binet apporte sa vision d’amateur passionné porté aussi bien sur l’analyse structuraliste et la déconstruction que sur le registre épique (voire héroïcomique) ; Antoine Benneteau nous fait partager sa connaissance du milieu ainsi que sa science du jeu, et nous fait vivre de l’intérieur la vie du circuit professionnel.
Ex-joueur professionnel, Antoine Benneteau est le frère et fut le coach de Julien Benneteau, ancien 25e joueur mondial et aujourd’hui capitaine de l’équipe de Fedcup (vainqueur de l’édition 2019). C’est lui qui a contacté Laurent Binet pour lui proposer ce projet de dictionnaire, après avoir lu la Septième fonction du langage (où l’une des scènes se déroule lors de la finale de Roland-Garros 1981). Laurent Binet avait, quant à lui, déjà couvert Roland Garros en 2016 pour le journal L’Equipe.
 

Dictionnaire amoureux de Montaigne
Le tour de force d’André Comte-Sponville est d’avoir réussi, dans le dialogue amoureux qu’il mène ici avec l’auteur des Essais, à rendre limpide et bouleversante l’incroyable richesse de la pensée de celui-ci, tout en nous rendant intimement témoins de ce qu’il en retire pour faire franchir à sa propre philosophie une nouvelle étape.
Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe, humain d’exception que l’on aurait tant aimé connaître : « quel esprit plus libre, plus singulier, plus incarné ? Quelle écriture plus souple, plus inventive, plus savoureuse ? Quelle pensée plus ouverte, plus lucide, plus audacieuse ? Celui-là ne pense pas pour se rassurer, ni pour se donner raison. Ne vit pas pour faire une œuvre. Pour quoi ? Pour vivre, c’est plus difficile qu’il n’y paraît, et c’est pourquoi aussi il écrit et pense. Il ne croit guère à la philosophie, et n’en philosophe que mieux. Se méfie de ‘l’écrivaillerie‘ et lui échappe, à force d’authenticité, de spontanéité, de naturel. Ne prétend à aucune vérité, en tout cas à aucune certitude, et fait le livre le plus vrai du monde, le plus original et, par-là, le plus universel. Ne se fait guère d’illusions sur les humains, et n’en est que plus humaniste, Ni sur la sagesse, et n’en est que plus sage. Enfin il ne veut qu’essayer ses facultés (son titre, Essais, est à prendre au sens propre) et y réussit au-delà de toute attente. Qui dit mieux ? Et quel auteur, plus de quatre siècles après sa mort, qui demeure si vivant, si actuel, si nécessaire ? »
 

Plon