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Par 404 éditions, publié le 28/05/2021

Enrico Orlandi : "Il suffit d'apprendre à s'aimer et à s'accepter tel que l'on est"

Comment devient-on un homme ? C'est la question à laquelle Tami, le héros du roman graphique La Fleur de la sorcière, va devoir répondre à travers un long voyage que l'auteur italien, Enrico Orlandi, dévoile avec beaucoup de sagesse et de tendresse.

 

À travers le récit initiaque de La Fleur de la sorcière, de nombreux thèmes sont abordés comme l'amitié et la solidarité : des questionnements du quotidien nécessaires pour grandir et forger la personne que l'on est. Pour savoir comment trouver son chemin, nous avons interrogé Enrico Orlandi. Il répond à nos questions.

 

Comment vous est venue l'idée de La Fleur de la Sorcière ?

J'avais déjà en tête que je voulais parler d'un protagoniste en voyage pour devenir un homme, mais l'histoire ne s'est pleinement développée comme elle l'est aujourd'hui que lorsque j'ai appris à connaître la culture sami. Je trouvais leur monde fascinant pour le contraste entre les environnements enneigés et les couleurs vives de leurs vêtements, et le mythe de la sorcière de Pohola (dans la légende originale, ce n'est pas elle qui offre des fleurs aux héros, mais ses filles) était un contexte parfait pour l'histoire que je voulais raconter.

 

Tami doit trouver comment devenir un homme avant de rentrer chez lui. Quelle est votre propre conclusion sur cette question : que signifie pour vous "devenir un homme" ?

Je pense que le concept de "devenir un homme" n'a pas vraiment de sens, ce qui explique précisément pourquoi la mission de Tami est si difficile. Lorsque nous sommes enfants, nous sommes bombardés de concepts et de normes auxquels nous devons correspondre, et nous sommes convaincus que si nous ne réussissons pas, nous ne grandirons jamais. Nous devons avoir un travail et devenir riches, nous devons être forts et ne jamais avoir besoin de personne, nous ne devons jamais pleurer... Je crois qu'il n'y a pas d'examen qui nous fait devenir des hommes, ou des femmes, mais il suffit d'apprendre à s'aimer et à s'accepter tel que l'on est.

 

 

Les couleurs douces et oniriques donnent un sentiment de calme à La Fleur de la sorcière, même dans les scènes de combat. Comment avez-vous travaillé sur les couleurs ?

Pour les couleurs de La Fleur de la sorcière, je cherchais une atmosphère raréfiée, qui ferait plonger le lecteur dans un monde féerique et légendaire, et pour ce faire, je me suis fortement inspiré du travail de Tomm Morre et du studio d'animation Cartoon Sallon, notamment du Secret de Kells et du Chant de la mer.

 

La Fleur de la sorcière est votre premier roman graphique. Combien de temps vous a-t-il fallu pour élaborer ce projet ?

À l'époque, je n'étais pas encore dessinateur à plein temps, je travaillais dans un cash and carry en tant que manutentionnaire, j'ai donc dû partager mon temps entre cela et la réalisation du livre. Disons qu'il m'a fallu environ un an entre la conception et le travail sur les pages.

 

Quel type de lecteur voulez-vous cibler avec ce livre ?

Je pense que ce livre peut plaire à tout le monde, aussi bien aux enfants qui se demandent qui ils veulent être quand ils seront grands, qu'à ceux qui le sont déjà.

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

En ce moment, Leonessa di Dordona est sorti récemment en Italie, ce qui a été ma première expérience en tant que scénariste. Je travaille également sur un projet directement destiné au marché français, mais c'est encore trop secret.

 

La Fleur de la sorcière
Voici l’histoire d’une quête, celle de Tami, né très loin dans le sud. Dans son village, tous les garçons sont exilés lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans. Ils abandonnent leurs foyers et partent... Ils ne sont autorisés à revenir qu’une fois devenus des hommes. Mais dans sa quête, Tami déclenche par inadvertance une querelle entre les villageois qui l’abritent et le démon Yabra. Quand le conflit prendra fin, Tami devra choisir entre faire ses preuves en tant qu’homme ou protéger les villageois qu’il a apprit à aimer.

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