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Par Presses de la Cité, publié le 02/12/2019

Françoise Bourdon : La Provence, un pays à nul autre pareil

Ses généreuses sagas en témoignent : Françoise Bourdon aime passionnément la Provence. Installée dans la région depuis vingt ans, elle a à cœur de raconter l’âme et les traditions d’une terre qui a inspiré tant d’artistes. Dans l’anthologie La Provence comme ils l’ont aimée, Françoise Bourdon réunit de grands peintres et écrivains qui ont célébré ce territoire gorgé de soleil. Elle nous raconte la genèse de ce projet.

Romancière emblématique de la collection Terres de France, Françoise Bourdon trouve son inspiration dans son pays d’adoption, la Provence. C’est ici, où les collines surplombent la mer, que Françoise Bourdon a écrit plusieurs de ses grands succès, La Combe aux Oliviers, A travers la nuit et le vent, et plus récemment La Fontaine aux Violettes. Diriger une anthologie consacrée à la Provence était donc une évidence pour elle. Ainsi est né La Provence comme ils l’ont aimée (Omnibus), beau livre de près de 200 pages qui réunit, entre autres, des écrits de Marcel Pagnol, Jean Giono, Colette, Pierre Magnan ou encore Claude Seignolle. Des textes magnifiques qui cernent la Provence dans sa diversité et son originalité, entre ombre et lumière. A ces textes se joignent 70 illustrations puisées dans les œuvres de Van Gogh, Renoir ou Cézanne, qui ont su restituer les couleurs franches, la luminosité d’un ciel d’été, la beauté d’un champ d’oliviers…

Que souhaitez-vous faire partager avec cette anthologie sur la Provence ?

Mon amour inconditionnel pour une région à nulle autre pareille. Si on ne choisit pas son lieu de naissance, on a parfois la chance de choisir celui où l’on aime à vivre. L’éditrice avec laquelle j’ai travaillé en étroite collaboration et moi avons eu à cœur de révéler une Provence méconnue, loin des clichés habituels. Une Provence secrète et authentique.

Vous écrivez dans votre préface : c’est un « pays à nul autre pareil, où tout paraît plus fort, plus intense qu’ailleurs ». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

D’abord à cause des conditions climatiques. Soleil, sécheresse, mistral, épisodes méditerranéens d’automne... la nature a toujours le dernier mot. Ensuite de par les passions exacerbées sous ce ciel parfois trop bleu. Enfin parce qu’il y a peu, ou pas de brume, qui estompe et noie les contours des lieux colle des choses. En Provence, tout est contrasté, ombre ou lumière, sans transition ni tiédeur.

Quels sont les écrivains qui vous semblaient incontournables pour cette anthologie. Et pour quelles raisons ?

Je pourrais répondre tous ceux que nous avons choisis. Et encore... nous avons dû opérer une sélection drastique, faute de place ! Cependant, parce qu’il faut une nouvelle fois choisir : René Frégni parce qu’il écrit merveilleusement bien sur sa Provence et que c’est un ami dont j’admire le talent. Frédéric Mistral... parce que c’est le Maître, tout simplement et qu’il a fait revivre la langue provençale. Pétrarque... à cause de Laure. Alphonse Daudet... pour ses qualités de conteur et son style. Pierre Magnan... car le simple fait de l’écouter raconter une anecdote la faisait revivre... comme par magie. Et René Char... comme une évidence.

Et ceux, plus inattendus, que vous aviez à cœur de voir figurer ?

Je citerai alors : Stefan Zweig, le Viennois, Thyde Monnier, parce qu’elle est trop souvent, et injustement oubliée. Edith Wharton, l’Américaine. Et enfin Friedrich Nietzsche, en souvenir de son sentier allant d’Eze-Village à Eze-sur-Mer.

Y a-t-il dans cette anthologie, un texte et un tableau qui vous touchent en particulier ?

Le poème de Paul-Jean Toulet « En Arles ». Je suis, depuis que je l’ai découvert il y a plus de trente ans, très sensible à la poésie, à la force évocatrice de cet auteur. Pour la peinture, Avignon, matin : j’adore l’atmosphère qui se dégage de ce tableau de Paul Signac. Avignon est l’une de mes villes préférées pour son passé historique ; on dirait que ses pierres racontent toute l’histoire des siècles de cette ville, du Palais des papes, de ses rues…

 

La Provence, pour vous, en quelques mots…

Si elle était un paysage ? Les Dentelles de Montmirail

Un souvenir personnel ? Ma première Journée du Livre à Sablet, dans le Vaucluse, en juillet 2002. Un Salon du Livre convivial et chaleureux. J’y présentais deux romans.

Un vers de poésie ? « Quand l’ombre est rouge, sous les roses » de Paul-Jean Toulet

Un monument ? Le Théâtre antique d’Orange

Un personnage réel ou fictif ? Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo

Une couleur ? Le bleu indigo de la lavande

 

 

La Provence comme ils l'ont aimée
Il y a des affinités électives qui déterminent notre existence, sans que nous y prenions seulement garde...Un champ de lavande sous le soleil implacable de juillet, des oliviers frémissant sous la brise, les premiers amandiers en fleur... images qui ne doivent pas nous faire oublier une autre Provence, plus secrète.
Il suffit de pousser une porte ornée d'une ferronnerie, de se glisser dans la cour intérieure d'un hôtel particulier, de marcher le long des sentiers de transhumance, d'avoir l'onglée en cueillant les olives fin novembre, juste après la première gelée, pour appréhender la « vraie » Provence, celle qu'on apprivoise peu à peu, et qui finit par devenir notre pays du cœur.
L'histoire, présente à chaque pas, sublime la lumière, la couleur, la sensualité d'un pays à nul autre pareil, où tout paraît plus fort, plus intense qu'ailleurs.

Presses de la Cité

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