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        Par Presses de la Cité, publié le 20/02/2018
        Hervé Jaouen et la Bretagne : "C'est l'art du romancier qui rend un lieu romanesque."

        Né à Quimper, Hervé Jaouen s’est tout d’abord essayé avec succès au polar, avant de s'inspirer de la Bretagne pour y planter le décor de ses romans. L'écrivain revient sur son amour de la région.

        "Rien de mieux qu’un roman d’Hervé Jaouen pour saisir la vérité, si souvent douloureuse, de la vie du petit peuple breton." Le Figaro

        En quoi, selon vous, la Bretagne est-elle une terre romanesque ?

        Hervé Jaouen : La Bretagne n’est pas plus romanesque que les autres régions. C’est l’art du romancier qui rend un lieu romanesque. Et si possible universel. Via mon site Internet, je reçois des courriels de lecteurs et lectrices d’autres régions qui me disent retrouver dans mes romans leur propre culture provinciale.

        Vos romans évoquent la disparition d’un monde rural, "quand la ville finit par effacer des paysages jusque-là immuables"… Un thème qui vous tient particulièrement à cœur ?

        C’est un thème récurrent qui apparaît non seulement dans les Scouarnec-Gwenan mais aussi dans mes nouvelles, et même dans des livres pour la jeunesse et des chroniques hebdomadaires que j’ai données au Télégramme pendant quatre ans. Je n’échangerais pas une allée de hêtres centenaires contre les Champs-Elysées. Lorsque nous avons emménagé, en 1975, là où nous habitons, les terres étaient exploitées par un paysan proche de la retraite. Il y avait des champs de choux et de betteraves, des vaches, des truites dans les ruisseaux, des lièvres, des perdrix… Tout cela a disparu, à cause des pesticides. Et pour quel résultat ? Des éleveurs de porcs et des producteurs de lait ruinés. On se suicide beaucoup plus en Bretagne qu’ailleurs. Pour Au-dessous du calvaire, je me suis inspiré d’une fratrie de voisins. Cinq frères célibataires, qui soignaient leurs terres avec amour, à l’ancienne. Je chassais avec deux d’entre eux, ils laissaient des parcelles en friche pour le gibier. Aujourd’hui ils sont au cimetière, les bâtiments sont en ruine, des talus ont été arasés, le moindre mètre carré est couvert de maïs… Par bonheur, le mouvement inverse est amorcé. Ce sont les nouvelles générations qui sauveront la planète. Nos petits-fils, onze et sept ans, quand on leur demande s’ils veulent qu’on les emmène dans un parc aménagé, avec des jeux, nous répondent : "Ah non, on veut se promener dans LA VRAIE nature." 

        Qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent de la Bretagne en lisant vos romans ?

        La Bretagne est belle, fière de son identité, de sa langue. La Bretagne de mes romans n’est pas idyllique. Les gens s’échinent à gagner leur vie sur des terres ingrates, ils s’aiment et se déchirent. Ils ne se font pas de cadeaux. Les forts dominent, les faibles subissent. Il en va de même dans la littérature irlandaise, souvent très sombre, en totale opposition avec l’image qu’on a de cette île.

        Comment travaillez-vous pour écrire ? Avez-vous besoin de documentation ? Avez-vous besoin de faire des "repérages" pour décrire vos paysages ?

        En général je me fie à ma mémoire, parce que la mémoire opère un tri, ne retient que l’essentiel. La documentation est parfois nécessaire, mais point trop n’en faut. Un roman n’est pas un documentaire. Plutôt que de tirer à la ligne et de s’étendre en descriptions indigestes, le travail du romancier consiste à choisir des détails signifiants qui feront que le lecteur mettra tout le reste, en y ajoutant sa propre perception, génératrice d’émotions. La description doit être poétique et non photographique.

        Il m’arrive de partir en repérages. Mon épouse joue le rôle de la secrétaire. Si je suis au volant, elle note ce que je lui dis, des mots qui lui paraissent sans suite, mais pour moi d’importants détails signifiants.

        En savoir plus sur Hervé Jaouen et ses romans

        Presses de la Cité

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