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            Par Presses de la Cité, publié le 28/05/2019
            interview exclusive de Catherine Boissel, pour "La Chanson de Julien"

            Suite indépendante des Portes du bonheur, le nouveau roman de Catherine Boissel, La Chanson de Julien, paraît ce mois-ci aux Terres de France.  L'histoire prend place en 1927, dans l’Eure. Pauline, épouse d’un ancien soldat au visage dévasté, et mère comblée, découvre les autres ravages de la Grande Guerre…  Mais qui est vraiment cet homme qui prétend être son frère et occupe la ferme familiale ? A l'occasion de cette parution, Catherine Boissel a accepté de répondre à nos questions. Découvrez l'interview exclusive !

             

             

             

            Votre roman parle d’amour et de guerre, évoque la vie quotidienne des gueules cassées revenues du front. L’époux de votre héroïne est lui-même revenu défiguré. Son destin est assez exceptionnel. Peu de maris ou de fiancés ont retrouvé leur place dans la famille qu’ils avaient quittée…

            Oui, Henri connait un destin hors normes. Il en prend d’ailleurs pleinement conscience, malgré ses tourments intérieurs, lorsqu’il rencontre d’autres gueules cassées qui n’ont pas eu sa chance, tant dans leur vie privée que sociale. Mais l’amour qui unit Pauline et Henri est lui aussi exceptionnel. C’est un amour fou qui dure depuis l’enfance, et qui leur permet à tous deux de surmonter beaucoup d’épreuves. Ce qui ne les empêche pas de frôler la catastrophe et de se déchirer lorsque l’esprit d’Henri est empoisonné par la jalousie.

             

             Le lien père-fils est particulièrement bien incarné notamment avec l’aîné des enfants. Mon père, ce héros… est-ce un adage pour vous ?

            Sans doute. De mon père, décédé à un âge où il avait encore beaucoup à vivre, à recevoir et à apporter aux autres, je garde le souvenir d’un homme généreux, profondément bon et au caractère fort, dont le souci premier était de nous faire la vie la plus belle possible, à ma mère et moi.

             

            Votre héroïne Pauline fut infirmière au front (cf Les Portes du Bonheur), fait preuve de courage et d’abnégation. Elle est aussi l’incarnation d’un amour à toutes épreuves. Que représente –t’elle pour vous ? Un exemple ? Fut-elle inspirée par une femme en particulier ?

            Non, Pauline est le fruit de mon imagination, née peut-être de certains événements autobiographiques. Un exemple ? Non plus, car j’ai hélas dépassé son âge depuis très longtemps. Un regret ? Peut-être. Un rêve, en tout cas. Disons qu’elle représente la jeune fille que j’aurais voulu être. Ou la fille que j’aurais désiré avoir.

             

            Vous avez pris soin de vous documenter avec précision notamment sur l’univers psychiatrique du temps où comment étaient traités les fous, les amnésiques, rescapés des tranchées. Quelles sont vos sources ? Archives, mémoires familiales, … ?

            L’intrigue de mes livres relève toujours de la fiction, mais je me documente en abondance sur l’époque, le cadre, la vie quotidienne, etc. afin de les restituer aux lecteurs de la façon la plus exacte possible. Parfois même en cours de rédaction, pour un point que je n’aurais pas prévu, comme la gare Saint-Lazare dans les années 1920, par exemple. Quant aux « commotionnés nerveux » de la Première guerre mondiale, j’ai découvert l’enfer qu’ils ont vécu grâce à deux livres de l’historien Jean-Yves Le Naour, Le soldat inconnu vivant et Les soldats de la honte. Le sort réservé à ces hommes me bouleversa. A cette époque, je n’aurais jamais imaginé que j’écrirais un jour un roman sur le sujet. Mes autres sources ? Articles de revues scientifiques (contemporaines ou d’époque), et aussi photographies d’époque. Ainsi que de nombreuses recherches sur internet, jusqu’à ce que je trouve ce qui correspond exactement à mon sujet. Le tout accompagné de prises de notes, vérifiées lors de l’ultime rédaction, dont une infime partie seulement est réinjectée dans le roman. Quand j’écris, je me représente le déroulement de l’intrigue comme un film. J’accorde donc beaucoup d’importance aux sources iconographiques, indispensables pour les descriptions et l’atmosphère de l’histoire, comme l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne par exemple, ou l’atelier de Mrs Ladd, la sculptrice qui tenta de rendre un visage aux défigurés.

             

            Votre roman témoigne d’une vision particulière de la nature, des animaux. Vous semblez attachée à cette nature, cette campagne normande que vous décrivez avec beaucoup de sensibilité.

            Oui, j’aime la nature, surtout la nature sauvage, et la respecte sous toutes ses formes.  J’ai été élevée dans ce respect. Aussi souvent que possible, je l’observe ses moindres détails : arbres, nuages, chant d’oiseaux... La nature apporte calme et sérénité, même quand tout va mal. Dans mes livres, où s’établissent souvent – du moins je l’espère – des correspondances entre la nature d’une part, et les sentiments des personnages, les péripéties de l’intrigue d’autre part. Elle constitue un personnage à part entière, sans laquelle il n’y aurait guère d’histoire. Les animaux – chiens, chevaux, oiseaux du ciel, etc. – jouent aussi un rôle essentiel.  

             

            Pour en savoir sur l'auteure Catherine Boissel et son roman La Chanson de Julien 

            Presses de la Cité