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            Par Presses de la Cité, publié le 24/09/2018
            [Interview] L'univers de Françoise Bourdon

            A l’occasion de la parution de son nouveau roman, A travers la nuit et le vent, Françoise Bourdon s’est prêtée au jeu des questions-réponses.

            Elle nous parle de ce qui fait l’essence même de son écriture, de son univers romanesque mais aussi de ce qui a motivé le choix d’un sujet aussi fort que bouleversant. Françoise Bourdon nous emporte encore une fois dans une histoire faite de passion et d’espoir…

            Découvrez cette interview inédite de l’une de nos plus grandes romancières !

             

            Au regard de l’ensemble de votre œuvre romanesque, vous avez une prédilection pour la saga. En quoi ce genre littéraire vous convient-il le mieux ?

            La saga est un mode narratif qui me convient car j'ai de la peine à me séparer de mes personnages. De plus, j'ai l'impression qu'elle confère plus de souffle au roman. J'aime raconter l'histoire d'une famille sur plusieurs générations, faire resurgir des personnages, souligner les liens et les interactions avec le passé.

            Dans ce nouveau roman, votre écriture est plus économe de moyens, vous allez à l’essentiel. Cette forme de modernité accroît-elle la puissance d’évocation de votre histoire ?

            Par choix certainement inconscient, je me tourne de plus en plus vers des histoires qui se déroulent au xxe siècle. Pour mon écriture, le style s'adapte logiquement, sans effort particulier de ma part. De plus, il s'agit d'une histoire forte pour laquelle l'écriture doit s'effacer au profit des personnages et des événements.

            Le sujet est particulièrement émouvant et semble vous tenir à cœur. De plus, votre roman se déroule sur vos terres d'adoption. Le lecteur y verra sans doute un hommage à cette belle région qui vous est si chère.

            Comme souvent, c'est un sujet que je porte en moi depuis une dizaine d'années. Ce laps de temps me permet de mieux cerner mes personnages, de faire évoluer leur caractère. Depuis notre installation dans le sud de la Drôme, je me suis attachée à son histoire. Terre d'accueil, pour les réfugiés aussi bien arméniens qu'italiens, espagnols ou juifs, terre de résistance... Oui, j'avais en moi le désir de lui rendre un hommage mérité.

            Hommage à une terre mais aussi à ses hommes, aux hommes de bonne volonté…

            J'ai éprouvé le désir de faire passer un message de tolérance. Mes personnages sont des hommes et des femmes de bonne volonté qui, allemands, français ou américains, se sont levés à un moment donné contre la barbarie. C'est aussi un hommage aux Justes qui, à Nyons ou ailleurs, ont caché des enfants juifs, ont hébergé des réfugiés traqués. Détail important : quand, avant la guerre 39-45, plusieurs familles juives sarroises sont venues trouver refuge à Nyons, la ville a créé deux classes spéciales au collège Roumanille pour faciliter l'intégration des enfants. De même, les protestants nyonsais avaient mis à la disposition des réfugiés juifs l'ancien temple, où ils avaient pu déposer les rouleaux de la Torah.

            Pour mieux saisir la réalité de cette période dramatique, des recherches ont dû être nécessaires.

            Des recherches dans les médiathèques et bibliothèques, ainsi que dans les revues d'histoire locale, très précieuses, comme celle de la Société d'études nyonsaises. Et in situ : à Nyons, Dieulefit, Arpavon, Condorcet...

            Vous avez choisi un titre magnifique pour ce roman. A quoi fait-il référence et qu’évoque-t-il pour vous ?

             "Le Roi des Aulnes" est un poème de Goethe que j'ai appris au lycée en 4e. Il m'avait alors beaucoup marquée par sa progression dramatique puis sa chute. Pour moi, c'est le fil rouge de mon roman. Je voulais aussi faire ressortir le contraste entre la culture de Goethe au siècle des Lumières et la barbarie nazie. Au cours de mes échanges avec des germanistes, j'ai remarqué que la plupart étaient eux aussi profondément marqués par ce poème. C'est également le lien entre Hannah et David : un recueil de poèmes de Goethe.

            En savoir plus sur le nouveau roman de Françoise Bourdon, A travers la nuit et le vent

            Presses de la Cité