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            Par Les Escales, publié le 08/08/2018
            [Interview] Rabih Alameddine se livre sur la genèse de son nouveau roman

            À l'occasion de la sortie de L'Ange de l'histoire, Rabih Alameddine nous confie les raisons qui l'ont poussé à écrire cette réflexion sur l’oubli et la mémoire.

            Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? Qu’avez-vous souhaité transmettre aux lecteurs en l’écrivant ?

            J’ai écrit ce livre parce que j’étais en colère et, pendant longtemps, j’ai été incapable de définir pourquoi exactement. À cette époque, les attaques de drones et l’idée que personne ne faisait attention aux vies humaines que l’on détruisait me rendaient furieux. J’étais aussi interprète bénévole pour les réfugiés au Liban et en Grèce, ce qui m’a rendu encore plus furieux, car personne ne se souciait de la souffrance de ces gens. J’ai commencé à me souvenir des années Sida, quand tant de personnes mouraient et que le monde nous méprisait. Et j’étais vraiment en colère.

            Une chose a fini par devenir évidente : je n’étais pas fâché contre le monde, je l’étais contre moi-même. À un moment, en 1996, tous mes amis étaient morts, et j’avais décidé que, pour survivre, je devais me détacher de tout cela. C’est ce que j’ai fait. C’est incidemment à cette date que j’ai commencé à écrire mon premier roman. Tout à coup, j’étais écrivain. J’avais une carrière, j’avais une vie. Je n’étais plus en train de penser, de me souvenir.

            Le narrateur de L’Ange de l’histoire, Jacob, est énervé contre certains jeunes gays, car ils ont oublié l’histoire queer. Pourtant, lui aussi a oublié, tout comme moi. Notre oubli est devenu général. J’en porte la responsabilité. Ce roman est ma tentative de faire face à mon chagrin.

            ________

            Rabih Alameddine est peintre et romancier. Né à Amman, en Jordanie, de parents libanais, il partage aujourd’hui son temps entre San Francisco et Beyrouth. Son roman Les Vies de papier a été couronné par le prix Femina étranger 2016.

            Le temps d’une nuit, dans la salle d’attente d’un hôpital psychiatrique, Jacob, poète d’origine yéménite, revient sur les événements qui ont marqué sa vie : son enfance dans un bordel égyptien, son adolescence sous l’égide d’un père fortuné, puis sa vie d’adulte homosexuel à San Francisco dans les années 1980, point culminant de l’épidémie du sida. Mais Jacob n’est pas seul : Satan et la Mort se livrent un duel et se disputent son âme, l’un le forçant à se remémorer son passé douloureux, l’autre le poussant à oublier et à renoncer à la vie.
            En dressant le portrait bouleversant et tout en finesse d’un homme hanté par les souvenirs, Rabih Alameddine livre un texte éblouissant d’érudition et d’imagination, imprégné à la fois d’humour, de violence et de tendresse. Surtout, il nous rappelle l’urgence et la nécessité de se confronter au passé et de ne pas céder à l’oubli.

            En librairie le 30 août 2018

            Les Escales
            Les Escales Editions

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