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Par Pocket, publié le 09/11/2019

"J'accuse", de Roman Polanski – deuxième collaboration entre le réalisateur et l'écrivain Robert Harris

J'accuse, le nouveau film de Roman Polanski, sort le 13 novembre au cinéma. 23ème long-métrage du réalisateur, consacré au rôle essentiel du commandant Marie-Georges Picquart dans cet "immense scandale" que fut, à la fin du XIXème siècle, l'Affaire Dreyfus. L'écrivain Robert Harris en cosigne le scénario, adapté de son roman D. paru en 2014 chez Plon.

Premier semestre 2012, à Paris. Le romancier Robert Harris déjeune avec le réalisateur Roman Polanski. Lui vient alors l'idée d'écrire D., un roman relatant le parcours édifiant sinon rocambolesque du lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart : nommé chef de l'espionnage français en 1895, juste après la condamnation du capitaine Alfred Dreyfus pour crime de haute trahison, il ne tardera pas à mettre en doute la version officielle, au prix de sa propre liberté.

Une inspiration qui ne sera visiblement pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Deux ans plus tôt, en effet, Polanski avait déjà adapté pour le cinéma, sous le titre The Ghost Writer, avec Ewan McGregor et Pierce Brosnan, le sixième thriller historique de Harris, L'Homme de l'ombre (Plon, 2007) – pour lequel les deux hommes avaient notamment reçu le César 2011 de la meilleure adaptation. La collaboration entre ces deux-là n'en était donc qu'à ses débuts, comme l'atteste la sortie au cinéma, en ce mois de novembre, du film J'accuse – avec Jean Dujardin, Louis Garrel et Emmanuelle Seigner -, pour lequel D. aura servi de trame.

 

Un indéniable succès, pour un auteur ayant quitté ses fonctions de reporter et réalisateur à la BBC en 1987 pour se consacrer à l'écriture d'abord d'essais (Selling Hitler, 1986), de biographies, puis de romans (Cycle Cicéron : Imperium, 2006 ; Conspirata, 2009 ; Dictator, 2016) et thrillers historiques, aux titres toujours très courts : Fatherland, Enigma, Archange dans les années 90 ; puis Pompéi, L'Homme de l'ombre, L'indice de la peur, D., Conclave et Munich (Tous parus chez Plon, puis Pocket).

Un rythme soutenu qui contraint, selon les mots de l'auteur, sa femme à partager leur maison "avec des vagues successives de nazis, de décrypteurs de codes, d'agents du KGB, de gérants de fonds spéculatifs, de nègres littéraires et toutes sortes de Romains"... et donc, désormais, "d'officiers de l'état-major français" – Robert Harris s'étant cette fois plongé notamment, pour écrire son roman, dans "la colossale Histoire de l'affaire Dreyfus de Joseph Reinach" (Bouquins, Robert Laffont), ou dans les écrits de Dreyfus lui-même, comme Cinq années de ma vie 1894-1899 (La Découverte).

L'occasion pour le lecteur ou le spectateur de se plonger dans la trajectoire d'un véritable héros français,qui connut l'opprobre avant d'être réhabilité en même temps que Dreyfus lui-même, puis nommé en 1906 Ministre de la Guerre par Georges Clemenceau. De remettre aussi, sous la plume factuelle du narrateur Picquart, un visage sur les éminents protagonistes de l'époque, comme justement le "Tigre" Clemenceau ("chauve, avec une grosse moustache tombante" selon Harris) ou "le personnage massif au pince-nez que l'on me présente en dernier, Émile Zola", à une époque où "régnait (…) un antisémitisme grandissant au sein de l'armée, encore stimulé par le poison de La Libre Parole, qui prétendant que les officiers juifs bénéficiaient d'un régime préférentiel"...

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