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Par Fleuve éditions, publié le 30/04/2022

"J'aime que les secrets constituent les rouages de mes romans." Delphine Giraud

À l’occasion de la publication chez Fleuve Éditions de son nouveau roman Les couleurs du silence, Delphine Giraud nous parle de son univers romanesque.

Les Couleurs du silence
Depuis quelque temps, Lila, 24 ans, graphiste et passionnée de dessin, vit un amour de conte de fées avec Karl. C'est pourquoi, lorsque ce dernier lui propose de venir vivre avec lui à Saumur, la jeune femme n'hésite pas longtemps avant d'accepter de quitter son village natal.
Mais au bout de quatre mois, elle se retrouve sans travail. Commencent alors de longues journées durant lesquelles elle essaie en vain de se lier avec Charlotte, l’employée de maison. Froide et secrète, celle-ci reste désespérément insensible à ses tentatives.
Un jour, Karl reçoit une lettre de Pierre, son frère. C’est inattendu : leurs parents sont morts dans un accident domestique huit ans plus tôt, et ils ne se parlent plus. Lila se met en tête de les réconcilier, malgré le refus et la colère de Karl. Le doute s'installe dans l'esprit de la jeune femme. Que lui cache-t-il ?

1/ Les Couleurs du silence est votre troisième roman. Pourriez-vous nous parler de votre parcours d’autrice ?

En 2018, je me suis lancée dans l’autoédition via Librinova avec Six ans à t’attendre. C’était un défi incroyable, que je compare souvent à un saut dans le vide. Je n’avais aucune idée de l’accueil qui serait réservé à ce premier roman, mais mon intuition me soufflait que le moment était venu. Je devais savoir si ce vieux rêve valait la peine de demeurer dans un coin de ma tête et de mon cœur. Contre toute attente, Six ans à t’attendre a rencontré son lectorat et a même fait grand bruit. À tel point que Fleuve Éditions l’a repéré et m’a proposé mon premier contrat d’édition en 2019. Je me souviens encore du moment où je l’ai appris. Mon rêve s’est réalisé au-delà de mes espérances. Il se poursuit encore aujourd’hui, avec Doucement renaît le jour et maintenant Les Couleurs du silence. Je mesure la chance que j’ai de travailler entourée d’une équipe formidable grâce à laquelle je m’épanouis chaque jour un peu plus. 

2/ Pourriez-vous nous en dire davantage sur le personnage de Lila, l’héroïne de votre nouveau roman ?

Lila est très jeune, elle a 24 ans. Elle est fraîche et joyeuse. Quand elle décide de suivre Karl loin du cocon familial, elle éprouve quelques craintes à quitter cette enfance heureuse dans laquelle elle a été bercée. La puissance de ce premier amour la conforte dans son choix. Mais comme tout ne se passe jamais comme prévu, un incident va venir bouleverser le fragile équilibre de ce nouveau couple. Karl reçoit une carte de son frère Pierre, à qui il ne parle plus depuis des années, pour lui demander pardon. Même si Lila se pose alors beaucoup de questions, ce n’est pas tant la réception de la carte qui éveille sa curiosité, que la réaction fermée et catégorique de Karl. Il semble souffrir. Et comme Lila ne peut pas s’empêcher d’aider les autres, elle va vouloir briser les tabous autour d’elle, oubliant parfois de rester à sa place…

3/ Les Couleurs du silence aborde le thème des violences psychologiques. Quels messages souhaitiez-vous transmettre à travers ce roman ?

La parole se libère au sujet des violences faites aux femmes. C’est bien, même si ce n’est pas suffisant au regard du nombre encore trop important de victimes.

Mais les violences ne sont pas toujours commises à l’encontre des femmes. Tout le monde est susceptible d’en vivre un jour. Et qu’en est-il de ces blessures invisibles ? Celles qui s’immiscent parfois de façon insidieuse, à tel point que la victime elle-même en vient à s’interroger sur sa propre culpabilité, jusqu’à en perdre la raison.  Les violences psychologiques sont cruelles. Elles tuent les victimes à petit feu sans laisser de trace. Qui est victime, qui est coupable ? J’ai voulu construire mon roman avec la même ambigüité que les vrais coupables se plaisent à entretenir.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce roman n’est pas sombre. Il reste dans la même veine que les deux précédents, empli de couleurs et d’espoir.

4/ Les secrets de famille est une thématique que nous retrouvons au fil de vos romans. En quoi est-ce important dans votre univers romanesque ?

J’aime que les secrets constituent les rouages de mes romans. Ils offrent un infini champ des possibles. Je m’intéresse plus particulièrement aux secrets de famille, parce qu’ils nous parlent à tous. Rares sont celles qui n’en ont pas. Ce ne sont pas toujours d’énormes drames à cacher. Parfois, c’est seulement quelqu’un qui a considéré qu’un événement lui appartenait et ne devait pas être partagé, par peine, honte ou pudeur. Mais les secrets finissent par ressurgir, souvent au moment où on s’y attendait le moins. Et alors on se rend compte que les répercutions n’avaient pas été mesurées au départ.

Parler de l’ordinaire de nos vies pour en faire ressortir ce qu’elles comportent d’extraordinaire, c’est cela qui m’anime. Des histoires qui nous ressemblent et des personnages auxquels on peut facilement s’identifier pour éprouver toute la palette de leurs émotions.

Fleuve éditions
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