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Par Pocket jeunesse, publié le 31/01/2020

"La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur" : un extrait du nouveau roman Hunger Games dévoilé

Annoncé en juin dernier par Suzanne Collins, le préquel de la trilogie Hunger Games, qui sortira en librairie le 20 mai, se dévoile enfin dans un extrait. Quelques lignes qui permettent de découvrir l’identité du nouveau héros de ce roman, à savoir le jeune Coriolanus Snow. De quoi réveiller les passions chez les fans…

Retour à Panem. Onze ans après la publication du premier tome de la saga Hunger Games, Suzanne Collins a décidé de revisiter l’univers de son best-seller au succès planétaire. Mais cette fois-ci, pas de Katniss Everdeen ou de Peeta Mellark. Intitulé La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, ce préquel sera en effet situé soixante-quatre ans avant l’intrigue principale. Surtout, la publication en ligne d’un extrait du roman a permis de révéler que celui-ci mettra en scène Coriolanus Snow avant qu’il ne devienne le tyrannique président de Panem.

Dévoilé en avant-première par le média américain Entertainment Weekly, l’extrait a été traduit en français par Pocket Jeunesse, qui publiera La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur le 20 mai prochain. Sa lecture nous apprend que Coriolanus Snow a lui-même été mentor d’une participante aux Hunger Games, le sadique jeu télévisé créé pour contrôler le peuple par la terreur. Ce nouveau roman devrait permettre aux fans de découvrir le président Snow sous un jour nouveau.

Dans un communiqué de presse, Suzanne Collins a révélé : "Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous jugeons nécessaire à notre survie. La période de reconstruction qui se déroule dix ans après la guerre – appelée les Jours sombres – et durant laquelle Panem se remet sur pied, m’a fourni un terrain fertile. Les personnages vont s’attaquer à ces questions et ainsi définir leur vision de l’humanité".

Une saga incontournable

La saga Hunger Games, c’est 100 millions de livres vendus dans le monde (dont 2,5 millions en France) et quatre adaptations cinématographiques qui ont permis de récolter trois milliards de dollars de recettes. Les films ont notamment révélé Jennifer Lawrence, inoubliable Katniss Everdeen.

Découvrez un extrait de La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur

"Le grand escalier de l’Académie, qui pouvait recevoir l’ensemble du corps étudiant, était emprunté par un flot de fonctionnaires, de professeurs et d’étudiants en route pour les festivités de la Moisson. Coriolanus gravit les marches lentement, avec un détachement plein d’assurance, au cas où on ferait attention à lui. Beaucoup de gens le connaissaient ou du moins avaient connu ses parents et ses grands-parents. Or, un Snow se devait d’avoir une certaine tenue. Cette année, et dès ce jour, il espérait accéder aussi à une forme de reconnaissance personnelle. Devenir mentor dans les Hunger Games constituait son dernier projet avant l’obtention de son diplôme cet été. S’il réussissait, avec son dossier académique exemplaire, il se verrait octroyer une bourse suffisante pour couvrir tous ses frais universitaires.

Il y aurait vingt-quatre tributs, un garçon et une fille issus de chacun des douze districts vaincus, désignés par le sort pour se battre jusqu’à la mort dans le cadre des Hunger Games. Tout cela était fixé par le traité de la Trahison ayant mis fin aux jours obscurs de la rébellion des districts. C’était l’un des nombreux châtiments que devaient endurer les rebelles. Comme toujours, les tributs seraient lâchés dans l’arène du Capitole, un vieil amphithéâtre aujourd’hui décrépit qui avait accueilli de nombreux spectacles et rencontres sportives avant la guerre. Et on leur fournirait des armes pour s’entre-tuer. Le Capitole encourageait la population à suivre le déroulement des combats, mais beaucoup de gens préféraient s’en détourner. Le défi consistait donc à rendre l’événement plus attractif.

C’est pourquoi, pour la première fois, les tributs se verraient assigner des mentors. On avait sélectionné pour cela vingt-quatre des meilleurs élèves de l’Académie. Les spécificités de leur mission restaient encore à définir. On parlait de préparer les tributs pour une interview télévisée, de les mettre en valeur avant leur passage devant les caméras. Tout le monde s’accordait à dire que, pour perdurer, les Hunger Games devaient évoluer, devenir une expérience plus riche, et l’idée d’associer la jeunesse du Capitole aux tributs des districts suscitait beaucoup de curiosité.

Coriolanus franchit une entrée drapée de noir, emprunta un passage voûté et déboucha dans l’immense hall Heavensbee, où serait diffusée la cérémonie de la Moisson. Il n’était absolument pas en retard, pourtant la salle grouillait déjà de professeurs, d’élèves et de membres du personnel des Jeux dont la présence n’était pas indispensable au premier jour de l’événement.

Des Muets passaient à travers la foule avec des plateaux de posca, une préparation à base de vin coupé d’eau agrémenté de miel et d’herbes. C’était une version alcoolisée du breuvage aigre qui avait soutenu le Capitole pendant la guerre, et qui était censé repousser la maladie. Coriolanus en prit un gobelet et fit rouler quelques gouttes de posca dans sa bouche. Avec un peu de chance, cela rafraîchirait son haleine. Mais il ne s’en autorisa qu’une gorgée. Ce breuvage était plus fort qu’on ne le pensait et, lors des années précédentes, il avait vu plusieurs élèves qui en avaient abusé se ridiculiser complètement.

Tout le monde le croyait riche, or la seule vraie richesse de Coriolanus était son charme, qu’il dispensa avec générosité en fendant la foule. Des visages s’illuminaient quand il saluait aimablement ses camarades ou ses professeurs, prenait des nouvelles de leurs familles, lâchait un compliment ici ou là.

— Votre cours sur les représailles contre les districts était vraiment très intéressant.

— Jolie frange !

— Comment s’est passée l’opération du dos de ta mère ? Ah oui ? Transmets-lui toute mon admiration.

***

Le doyen Casca Highbottom, l’homme crédité de l’invention des Hunger Games, avait personnellement supervisé la sélection des mentors. Il commença par se présenter aux étudiants avec la verve d’un somnambule, les yeux dans le vague, dopé à la morphling comme à son habitude. Jadis doté d’une certaine prestance, il s’était avachi et sa peau pendait désormais en formant des plis flasques. Sa coupe de cheveux récente et l’élégance de son costume ne faisaient que mettre en relief sa dégradation physique. Sa notoriété d’inventeur des Jeux lui permettait encore de conserver sa position, cependant la rumeur disait que le conseil directeur de l’Académie commençait à perdre patience.

— Et maintenant, ânonna-t-il d’une voix pâteuse en brandissant une feuille de papier au-dessus de sa tête, je vais procéder à l’appel.

Les étudiants se turent et tendirent l’oreille pour l’entendre malgré le brouhaha qui régnait dans la salle.

— Je vais d’abord annoncer le tribut, puis le nom de la personne qui sera son mentor. D’accord ? Bien. Alors, au district Un, le garçon est pour… (Le doyen Highbottom plissa les yeux sur sa feuille, tâchant de déchiffrer ce qui était écrit.) Mes lunettes, marmonna-t-il. Je les ai encore oubliées.

Tout le monde fixa ses lunettes, juchées sur son nez, et attendit qu’il pose enfin les doigts dessus.

— Ah, c’est bon. Livia Cardew !

Un grand sourire fendit le petit visage pointu de Livia, qui leva le poing en l’air en criant “Oui !” d’une voix aiguë. Elle ne pouvait pas s’empêcher de triompher. Comme si cette attribution favorable était due à son seul mérite, et non au fait que sa mère dirigeait la plus grande banque du Capitole.

Coriolanus sentait croître son désespoir à mesure que le doyen Highbottom égrenait la liste, assignant les garçons et les filles de chaque district à leurs mentors. Au bout de dix ans, une tendance générale avait commencé à se dessiner. Les districts Un et Deux, mieux nourris et mieux disposés envers le Capitole, produisaient davantage de vainqueurs, suivis de près par les paysans et cultivateurs du Quatre et du Onze. Coriolanus, qui avait espéré qu’on lui attribuerait un Un ou un Deux, se sentit d’autant plus insulté de voir Sejanus décrocher le garçon du district Deux. Le district Quatre passa sans qu’on appelle son nom, et le dernier vainqueur potentiel – le garçon du district Onze – fut attribué à Clemensia Dovecote, la fille du secrétaire à l’énergie. Contrairement à Livia, Clemensia accueillit la bonne nouvelle avec tact, repoussant ses longs cheveux noirs derrière son épaule avant d’inscrire studieusement le nom de son tribut dans son carnet.

C’était un signe des temps qu’un Snow, qui se trouvait également être l’un des meilleurs élèves de l’Académie, soit négligé à ce point. Coriolanus commençait à croire qu’on l’avait complètement oublié – peut-être pour lui attribuer de plus hautes responsabilités ? – quand, saisi d’horreur, il entendit le doyen Highbottom marmonner :

— Et, enfin, la fille du district Douze est pour… Coriolanus Snow."

Extrait de La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur © 2020 by Suzanne Collins.

Hunger Games : La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur
C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate. 
Mais le sort s’acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l'arène, ce sera un combat à mort.
Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l’affection grandissante qu’il ressent pour sa candidate, condamnée d’avance ?

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