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Par Belfond, publié le 26/07/2019

La rentrée littéraire de Pointillés

Derrière les Pointillés, l’indicible. Quatre romans cette année, quatre portraits d’hommes, de ceux qui résistent à l’indicible.



UnPur
, d’Isabelle Desesquelles

Isabelle Desesquelles, de son écriture tour à tour brutale et poétique dans le magistral UnPur, convoque Benjamin, un innocent dont on a volé l’enfance et que l’on retrouve sur le banc des accusés. Pourquoi et comment, on ne le saura véritablement qu’à la dernière page de ce roman, qui bouscule autant qu’il enchante.

UnPur
Garder ce qui disparaît, c’est l’œuvre d’une vie. C’est notre enfance.
 
Benjaminquejetaime et Julienquejetaime, c’est ainsi que leur mère les appelle. Tous les trois forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Le destin en décide autrement quand un inconnu pose les yeux sur les jumeaux, se demandant lequel il va choisir.
 
Quarante ans plus tard s’ouvre le procès du ravisseur, il n’est pas sur le banc des accusés, et c'est sa victime que l'on juge.
Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?
 
De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán et ses rites maya ancestraux se déploie ici l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’au bout s’il a commis l’impardonnable.
 
À sa manière frontale et poétique, Isabelle Desesquelles joue avec la frontière mouvante entre la fiction et le réel, et éclaire l’indicible.
Roman de l’inavouable, UnPur bouscule, envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.
 



J'écris ton nom, de Sylvestre Sbille

Sylvestre Sbille, dans J’écris ton nom, premier roman au réalisme magique, convoque Youra, jeune Juif belge qui sauva presque par hasard la vie de centaines d’autres en 1943. Un texte galvanisant et éblouissant qui ressuscite la Résistance, communique l’énergie et la fureur de vivre de ses combattants de l’ombre et redonne du sens à l’engagement.

J'écris ton nom
« Youra convoque les forces de la nuit, comme dans un opéra magique, dans un conte maudit, un roman gothique. Il avance sans peur ni haine vers un destin déjà écrit. Il a décidé que tout était dit ; il n’y a plus qu’à faire. Les actes seront posés et advienne que pourra, son destin est en marche, et celui de tous ceux vers qui il roule. »
 
Youra est un jeune médecin bruxellois, idéaliste, interdit d’exercer car juif. Avec sa bande d’amis, il continue de défier le couvre-feu, d’écouter de la musique prohibée, de refaire le monde. Ce soir d’avril 1943, Youra va même passer à l’action. Avec deux copains d’enfance, il a décidé de tenter ce que les partisans jugent insensé : arrêter le train qui part pour les camps.
 
Séducteur, polyglotte, intellectuel jusqu’à l’obsession, Youra sait que la « nuit du train » fera de lui quelqu’un d’autre. Plongé dans les eaux troubles de la Résistance et confronté à celles de la collaboration, il interroge les motivations conscientes et inconscientes qui poussent à risquer sa vie, et à regarder l’ennemi dans le blanc des yeux.
 
Sylvestre Sbille réussit, dans un premier roman empreint de réalisme magique, le tour de force d’inoculer à son lecteur toute la fureur de vivre d’individus éblouissants, surnageant dans la vase noire de l’Occupation.
 


Maintenant, comme avant, de Juliette Arnaud

Juliette Arnaud, dans Maintenant, comme avant, son deuxième roman, aussi attachant, émouvant et drôle que le premier, convoque Emiliano, père de famille abandonné avec un bébé à élever, qui choisit d’attendre sa bien-aimée fugueuse et de l’accueillir à bras ouverts à son retour, après dix-huit ans d’absence. Un éloge du grand amour qui cloue le bec à ceux qui veulent imposer des règles en la matière.

Maintenant, comme avant
Dans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans.
 
Lorsque débarque sans prévenir Manette.
Qui se trouve être sa mère.
 
Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré.
Abandonnant et l’enfant et le père.
 
Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai.
Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier.
 
A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ?
 
Débute alors un long, incertain et périlleux été.
 
Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.
 



Jolis jolis monstres, de Julien Dufresne Lamy

Julien Dufresne-Lamy, dans Jolis jolis monstres, convoque Victor, un père de famille amoureux de sa femme. Un homme comme tant d’autres, même s’il rêve, lui, de pouvoir s’habiller et se maquiller comme celle qu’il aime. Bien au-delà des problématiques de genre, Julien Dufresne-Lamy aborde avec finesse et panache la question essentielle de l’identité.

Jolis Jolis Monstres
Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.
 

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.
 
Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle.

Belfond

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