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Par Fleuve éditions, publié le 26/08/2021

"Les personnages principaux de mes romans sont presque devenus une famille pour moi" Peter James

À l'occasion de la parution de La mort de Lorna Belling, une nouvelle enquête de Roy Grace dont les enquêtes vont être adaptées à la télévision, Peter James répond à nos questions ! 

Votre série « Roy Grace » est désormais adaptée à la télévision. Cela va-t-il changer la façon dont vous le dépeignez dans vos romans ?

C’est une question intéressante ! Cela ne changera pas la façon dont je dépeins Roy Grace, car John Simm ressemble beaucoup au personnage que j’ai créé dans ma tête. Mais je me rends compte que maintenant, alors que j’écris le prochain livre de la série, j’ai John Simm lui-même en tête – et à bien des égards je trouve cela plus facile à écrire. Je connais John, je l’ai rencontré et je sais donc comment il bouge, comment il mange, comment il sourit, comment il se comporte quand il est pensif, comment il s’habille. C’est génial, comme si le personnage que j’ai créé était soudainement sorti des pages et disait : « Hé, me voilà, tu n’as plus besoin de m’imaginer ! »

 

Comment vit-on avec un personnage récurrent pendant plus de quinze ans ?

La première chose que je dois dire est que les personnages principaux des romans de la série « Roy Grace » sont presque devenus une famille pour moi. Au début de chaque roman, je m’assois et je dis à voix haute : « Hé Roy, comment tu vas, que s’est-il passé dans ta vie depuis notre dernière rencontre ? Glenn, comment évolue ta vie amoureuse chaotique – penses-tu que Siobhan et toi arriverez jusqu’à l’autel ? Hé Velvet, à quel point t’as eu envie de cogner Norman Potting cette semaine ? Hé Norman, qui t’a vraiment énervé récemment… ? »

Quand j’étais enfant, j’étais un lecteur avide, mais j’avais l’impression que beaucoup de mes auteurs préférés, à mesure que leur succès se développait, devenaient paresseux, leurs livres devenant plus lents et moins captivants – par exemple Alistair MacLean. À l’époque, je me suis juré que si j’avais la chance de connaître le succès, je ferais de mon mieux pour placer la barre plus haut à chaque roman, et c’est ce que je m’efforce de faire. Une grande partie de ce travail consiste à faire avancer Roy dans sa vie – et de faire la même chose avec Cleo et les autres personnages principaux. Il est aussi essentiel de ne pas avoir peur de tuer l’un des personnages préférés de temps en temps pour surprendre les lecteurs ! Si les lecteurs commencent à penser qu’aucun des personnages centraux ne mourra jamais, alors ils ne s’inquiéteront jamais pour eux. Au contraire, s’ils savent que je peux tuer n’importe lequel d’entre eux à tout moment, alors ils sont beaucoup plus captivés !

Le plus important est aussi que je choisisse, pour chaque roman, un sujet qui me passionne. Qu’il s’agisse de la façon de simuler sa disparition, du trafic d’organes, des arnaques aux rencontres sur Internet, j’essaie de transmettre mon enthousiasme pour le sujet à Roy. Il en est justement à ce moment passionnant dans le nouveau roman que je suis en train d’écrire, Picture You Dead, où il a appris, grâce à un tableau disparu de Jean Honoré Fragonard, que oui, il est vraiment possible qu’une imitation soit si bonne qu’il est impossible de la distinguer de l’original.

 

Est-il difficile d’alterner l’écriture de romans pour votre série et de vos standalones ?

Mon seul problème est le temps ! Je me suis engagé à écrire un nouveau « Roy Grace » tous les ans et je sais que mes fans de tous pays seraient mécontents si ce n’était pas le cas. Il me faut 7 à 8 mois pour écrire le premier jet, donc chaque année il ne me reste que quelques mois pour avancer sur mon prochain standalone.

Dans mes standalones, j’aborde des sujets que j’ai vraiment envie d’approfondir, mais que je ne peux pas explorer correctement dans le cadre d’un roman policier. C’est par exemple le cas de mes deux romans sur les fantômes, La Maison des oubliés (Fleuve Noir, 2020) et The Secret of Cold Hill (non publié en France), de mon roman sur les bébés « sur mesure », Des enfants trop parfaits (Fleuve Noir, 2014), pour lequel il m’a fallu douze ans de recherches avant de commencer à écrire. Quant à mon roman La Preuve ultime (Fleuve Noir, 2020), qui traite de ce qu’il se passerait si quelqu’un pouvait prouver de manière concluante l’existence de Dieu, j’ai mis 29 ans pour le planifier, faire des recherches et l’écrire ! Mon standalone le plus récent, I Follow You, était une expérience intéressante d’écriture d’un thriller terrifiant et « claustrophobe » sur le thème de l’obsession, et j’ai pensé que cela fonctionnerait mieux si la police était peu impliquée. Comme il y avait moins de recherches à faire, j’ai pu l’écrire beaucoup plus rapidement – et je pense que cela se ressent dans l’énergie du livre.

 

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de plaisir quand vous écrivez un roman de Roy Grace ?

J’adore faire des recherches et j’ai vécu quelques grandes aventures dans différents pays grâce à cela. Mais comme je suis un « petrol head » – c’est comme ça que l’on appelle les amateurs de voitures au Royaume-Uni – c’est dans les voitures de police que je me suis le plus amusé. Il y a une dizaine d’années, j’étais avec deux officiers dans une BMW série 5 de la police de la circulation, à 23 h 30, quand nous avons reçu un appel nous informant qu’une voiture volée circulait de façon dangereuse dans Brighton. Nous nous trouvions alors à 15 miles au nord et avons roulé à 240 km/h sur l’autoroute jusqu’à Brighton, puis nous avons poursuivi la voiture volée dans et autour de la ville pendant près d’une heure, à une vitesse atteignant parfois 160 km/h. On avait avec nous un hélicoptère, une unité canine et quatre autres voitures de police. Le jeune conducteur qui avait volé la voiture l’a emboutie et s’est échappé, puis il a volé une autre voiture et nous avons continué à le poursuivre pendant encore une demi-heure, avant de le t-pack, c’est-à-dire de bloquer sa voiture avec quatre voitures de police pour le forcer lentement à s’arrêter. Quand nous nous sommes arrêtés, le conducteur de notre voiture s’est tourné vers moi et avait sur le visage le deuxième plus grand sourire que j’ai vu de ma vie, et il a dit : « Je ne peux pas croire qu’ils me paient à faire ça ! » Le plus grand sourire de tous, lorsque j’ai regardé mon reflet dans le pare-brise, était sur mon propre visage !

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