Lisez! icon: Search engine
Par le cherche midi éditeur, publié le 19/04/2022

Les Romans de l'interdit : découvrir le génie espagnol Galdós

Relativement méconnu en France, Benito Pérez Galdós est pourtant l’un des auteurs phares du XIXe siècle en Espagne. Le cherche midi publie son savoureux cycle des Romans de l’interdit, soit deux fictions pleines d’une humanité et d’un humour incomparables.

Né au milieu du 19e siècle et disparu après la Première Guerre mondiale, Benito Pérez Galdós a produit une œuvre extrêmement dense, composée de dizaines de romans, contes, essais, articles et d’excellentes pièces de théâtre. Preuve d’un talent sans pareil, plusieurs de ses romans ont été portés à l’écran par le grand cinéaste Luis Buñuel (Tristana). Figure de la littérature réaliste – que l’on compare en Espagne à Dickens et Balzac, Galdós franchit enfin la frontière française et s’offre à la lecture avec deux courts romans, Tormento et Madame Bringas, qui sont de fiers exemples de son intérêt pour les questions de classes. Chantre de la critique sociale, l’auteur explore ici les manigances et tourments de personnages terriblement attachants qui ne semblent demander qu’à s’animer sur scène.

 

Dans ce réjouissant diptyque, Benito Pérez Galdós s’intéresse aux défauts et manigances d’une galerie de personnages avec une langue riche et vive, soulignée par de constants traits d’humour. Avec Tormento, il s’installe à Madrid en 1868 et suit l’emménagement de la famille Bringas dans les étages supérieurs du Palais-Royal, une ville labyrinthique dont les logements sont dédiés aux fonctionnaires de la Couronne. Tormento travaille comme servante pour la famille Bringas et vit avec sa sœur, une fieffée dépensière. Un jour, le richissime Agustín Caballero s’éprend de la séduisante domestique. Seulement Tormento cache un secret qui pourrait complètement rebattre les cartes.

Avec Madame Bringas, Galdós démontre qu’il excelle dans la construction narrative avec une succession de chapitres qui font culminer la tension dramatique et tiennent le lecteur en haleine. Dans le deuxième des « romans de l’interdit », l’écrivain espagnol s’attache au personnage de madame Bringas, déjà présent dans Tormento. Celle-ci se révèle d’une finesse psychologique insoupçonnée et on se régale des intrigues qui naissent autour d’elle. Le désir et l’amour semblent guider la famille Bringas sous le regard malicieux et surtout très juste de Benito Pérez Galdós. Et nous de regretter qu’il n’y ait que deux volets à ce cycle tant la galaxie que construit le maître se fait attachante au fil des pages.

 

Les Romans de l'interdit
Serait-il le plus grand auteur espagnol du XIXe siècle ? Là-bas, de l’autre côté des Pyrénées, on le présente comme l’égal de Balzac et de Dickens, il est un maître du roman de mœurs, un génie de la critique sociale – sachant que sa puissante ironie le relie à Cervantès. Mais si l’Espagne est la patrie des âmes originales, elle est aussi, hélas, un continent littéraire méprisé et Benito Pérez Galdós un géant méconnu.

Avec ce cycle des Romans de l’interdit, vous êtes sur le point de découvrir l’humanité et son théâtre comme jamais vous ne les avez lus.
1868 à Madrid. Tormento s’ouvre sur l’emménagement de la famille Bringas dans les étages supérieurs du Palais-Royal, véritable ville-dédale dont les logements sont réservés aux fonctionnaires de la Couronne.

Amparo – dite Tormento – est pauvre, extrêmement belle. Dévouée à en mourir, elle manque cruellement de caractère. Ainsi passe-t-elle ses journées à servir la famille Bringas et ses nuits à empêcher sa sœur de dépenser les trois sous qu’elle a difficilement gagnés. Agustín Caballero, un homme richissime, célibataire déconcertant, s’éprend de la jolie domestique. Tormento n’y est pas insensible, cependant elle doit cacher un grave secret qui, déjà, commence à s’ébruiter.

Dans le second roman du recueil, Galdós révèle le personnage de madame Bringas, déjà présent dans Tormento, ridicule et attachant ; on la retrouve ici dotée d’une finesse psychologique inattendue. Et si la famille Bringas fonctionne comme un astre autour duquel gravite une kyrielle de personnages, c’est bien l’amour et le désir qui sont au centre de toutes les intrigues.

Benito Pérez Galdós décrit dans ce diptyque les défauts et manigances humaines dans une langue riche et vive, soulignée par un humour à nul autre pareil. Excellant dans la construction de ses récits, il trame des intrigues qui se développent dans une succession de courts chapitres alliant l’art de la tension dramatique à celui de la parodie.

Par nature, on le sait, le genre humain se refuse à la simple observation ; et cependant, Galdós, lui, accomplit l’exploit de nous voir… de l’intérieur.

le cherche midi éditeur
le cherche midi éditeur