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            Par Sonatine, publié le 04/04/2018
            L'interview de Celeste Ng, la romancière qui met l'Amérique à genoux

            Travaillant à la fois au microscope et au scalpel, Celeste Ng possède une façon unique d'explorer des espaces indécis et ambigus sous les façades irréprochables. Après Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, paru en 2016 chez Sonatine Éditions, l'auteur revient une nouvelle fois sur son thème de prédilection : le déraillement d'existences faussement ordinaires dans la société occidentale moderne.

            La Saison des feux se déroule dans la communauté planifiée de Shaker Heights, aux États-Unis. Ce lieu particulier se prête particulièrement au sentiment de malaise ouaté dessiné par la plume acérée de Celeste Ng. Paru en 2017 aux États-Unis, le roman est en cours d'adaptation pour une mini-série produite par Reese Witherspoon. Zoom sur un roman brûlant d'actualité.

             

            Pouvez-vous expliquer ce que la communauté de Shaker Heights a de spécifique et la raison pour laquelle vous avez choisi d’y situer votre roman ?

            Shaker Heights a été l’une des premières communautés planifiées des États-Unis ; elle a été fondée en 1912 et bâtie sur une terre qui appartenait auparavant aux shakers, un groupe religieux utopiste qui croyait au célibat, à l’égalité raciale, à l’égalité sexuelle et à la propriété collective. Les fondateurs voulaient s’appuyer sur cet idéalisme et créer une banlieue parfaite, idyllique. Ils ont donc tout conçu avec cette idée : certaines rues étaient en courbe pour ralentir la circulation ; les écoles étaient situées de sorte que les enfants n’aient pas à traverser de grands axes pour s’y rendre ; chaque maison devait être dessinée par un architecte et approuvée par la municipalité.

            Après avoir vécu loin de Shaker Heights pendant environ dix ans, j’ai commencé à considérer cet endroit d’un œil nouveau. Je me souvenais toujours des choses que j’y avais aimées durant mon enfance, mais je m’apercevais également que de nombreux aspects de la ville étaient très inhabituels. Certains d’entre eux me semblent aujourd’hui excessivement restrictifs – par exemple, le fait que tant de détails soient strictement contrôlés, jusqu’à la façon dont chacun trie ses ordures ! À l’inverse, certains d’entre eux semblent tout à fait admirables, comme le fait que la ville tente d’aborder les questions de la race et du travail pour parvenir à une harmonie raciale. Je voulais écrire sur la discordance entre cet esprit progressiste et ouvert et cette foi en l’ordre et les règles. Je n’ai jamais trouvé de ville vraiment semblable à Shaker Heights.

            La Saison des feux et Tout ce qu’on ne s’est jamais dit s’intéressent aux questions raciales, tout particulièrement à la place de la communauté chinoise aux États-Unis. Pouvez-vous décrire la situation aujourd’hui ?

            Aux États-Unis, nous avons tendance à considérer la question de la race comme une opposition entre Blancs et Noirs, et l’essentiel de notre histoire raciale se concentre sur ces deux groupes. Au cours des dernières années, cependant, il nous est apparu que la question de la race aux États-Unis est en fait beaucoup plus complexe. Nous commençons à aussi prendre en compte les expériences et les inquiétudes des autres groupes ethniques tels que les Hispaniques, les populations indigènes et les Asiatiques, ce qui constitue une avancée très positive. Tous ces groupes ont leurs préoccupations propres, qui ne sont pas toujours compatibles. Mais nous sommes tous affectés par la question des privilèges des Blancs, que nous remettons de plus en plus en question aux États-Unis. Je suis heureuse si mes romans apportent quelque chose au débat.

            Dans La Saison des feux vous explorez le thème de la maternité à travers des personnages et des situations divers. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez placé cette question au cœur de votre roman ?

            Je ne débute jamais un projet en pensant au thème – une fois que je suis bien avancée dans l’histoire, je prends du recul et je vois les grandes idées que j’aborde. Je suis moi-même mère, mais je suis également une fille – ma mère est toujours en vie –, et cette filiation dans les deux sens me donne une perspective double sur la maternité. La maternité est très idéalisée dans la culture américaine, mais les mères sont constamment jugées très durement, à la fois à cause de la façon dont elles élèvent leurs enfants et de celle dont elles vivent leur propre vie. Il y a un million de choses qui valent aux mères d’être critiquées – parfois, nous nous critiquons nous-mêmes ! –, pourtant il n’y a pas vraiment de « bonne » façon de faire. Je me suis aperçue que je voulais me pencher sur les différents types d’attitudes maternelles et sur la façon dont nous jugeons les mères, souvent injustement.

             

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