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Par Cherche midi, publié le 24/05/2020

Lori Nelson Spielman : "J'ai voulu dessiner des femmes qui n'ont pas forcément besoin d'un homme pour vivre pleinement"

Habitée par les thèmes de la culpabilité, du pardon et de la recherche du bonheur, Lori Nelson Spielman donne à son nouveau roman un grand parfum d’évasion et une enivrante tonalité féministe. L’Infini des possibles ou comment faire la paix avec soi-même…

Après le succès de ses trois premiers livres – dont Demain est un autre jour, vendu à plus de 500 000 exemplaires, Lori Nelson Spielman installe son nouvel opus entre Bensonhurst – quartier italien de Brooklyn – et les paysages de Toscane, véritable invitation au voyage. Emilia Fontana, son héroïne, mène une vie simple auprès de sa famille, sans toutefois pleinement s’abandonner à ses amours secrètes, dont l’écriture. Quand sa grand-tante la convie à visiter son pays natal, l’Italie, elle lui promet que la "malédiction de la deuxième fille de la famille Fontana", selon laquelle la cadette est condamnée à ne pas se marier, sera enfin brisée.

En allant contre une représentation stéréotypée des attentes des jeunes femmes d’aujourd’hui, Lori Nelson Spielman dresse l’émouvant portrait d’Emilia, dont les aspirations et goûts ne rentrent pas dans les cases et qui, de fait, subit les pressions familiales et sociétales. Face à ces liens qui la restreignent, l’héroïne trouve le courage d’explorer un chemin inédit parcouru d’incertitudes. C’est dans les risques qu’elle prend qu’Emilia affirme une personnalité singulière et s’affranchit de ce que l’on attend d’elle. Une fable très contemporaine qui donne une furieuse envie de se perdre sur les routes de Toscane et de s’éveiller à ses propres aspirations.

Pourquoi avoir choisi d’installer votre nouveau roman dans un quartier italien de New York et en Toscane ? Qu’est-ce qui vous parle chez cette communauté et dans ce pays ?

Des amis à moi ont grandi dans le quartier de Bensonhurst à Brooklyn où de nombreux immigrés italiens se sont installés au début du 20e siècle. Cela fait des années qu’ils me racontent des histoires sur leurs familles italo-américaines et les habitants haut en couleur du quartier. J’ai des origines diverses (allemandes, suédoises, irlandaises) et ma famille a depuis longtemps abandonné les traditions culturelles que la famille de mes amis continue, elle, à perpétuer. Si je les envie, je pense aussi qu’avoir une famille très unie par les traditions crée aussi un manque d’intimité où tout le monde sait tout de la vie de l’autre et n’hésite pas à donner son opinion ! En tant qu’écrivain, j’avais très envie de me plonger dans cette communauté aimante mais parfois étouffante.

La deuxième partie de l’histoire devait évidemment se dérouler en Italie. J’ai visité ce pays pour la première fois en 2016 et en suis tombée amoureuse. Je savais que je voulais inscrire un roman dans cet endroit aussi magnifique que magique. C’est un lieu lyrique et romantique, parfait pour nourrir l’imagination. Avec trois villes à la personnalité et au charme bien distincts – le déclin opulent de Venise, les vignes des paysages vallonnés de Florence et le romantisme de la côte amalfitaine –, il était aisé de faire évoluer l’ambiance de l’histoire au fur et à mesure des pérégrinations des personnages. 

L’intrigue se base sur une malédiction touchant un groupe spécifique de femmes. Par ailleurs, la quasi-totalité des personnages du roman sont des femmes. L’écriture est-elle, pour vous, un moyen de faire entendre votre féminisme et/ou de changer la façon dont les femmes sont traditionnellement dépeintes dans les romans ?

Même si je n’ai pas eu pour intention de diffuser un message féministe avec ce roman, j’ai voulu y dessiner des femmes fortes qui n’ont pas forcément besoin d’un homme pour vivre pleinement et être heureuses. Je voulais exprimer le fait que l’amour est une chose importante – le cadeau le plus cher que la vie nous offre, même – mais qu’il s’exprime sous bien des formes : la romance, l’amitié, l’amour porté à un enfant, ou même à un animal de compagnie. S’il est important de rester ouvert à l’amour romantique, on peut très bien vivre pleinement sans.

L’idée de base du roman – avec cette malédiction familiale qui dit qu’à chaque génération, la deuxième fille de la famille ne trouvera pas l’amour – était fascinante à explorer. Si ce concept peut paraître épouvantable, pourrait-ce être, au final, un soulagement de découvrir qu’on ne trouvera jamais l’amour ? De savoir pour sûr qu’on ne se mariera jamais ? Cette certitude pourrait-elle nous débarrasser de la pression énorme qui nous pèse parfois, nous prémunir de multiples chagrins d’amour ? Comment vivrait une personne débarrassée de cette attente du mariage ? Autant de questions que je souhaitais explorer.

L’Infini des possibles navigue entre notre époque et de nombreux flashbacks, et ce de façon très cinématographique. Comment travaillez-vous à la préparation de vos romans et que penseriez-vous d’une éventuelle adaptation pour le grand écran ?

Je serais enchantée de voir ce roman adapté au cinéma. Quand j’écris, je vois les personnages et les décors de façon très claire dans ma tête. En tant qu’écrivain, il me faut retranscrire ces images du mieux possible pour qu’elles soient claires pour le lecteur.

Écrire sur deux temporalités différentes était une nouveauté pour moi et j’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai commencé par rédiger des bouts de l’histoire de Poppy (la grand-tante de l’héroïne, ndlr) au fur et à mesure de l’histoire, mais il était vraiment compliqué de naviguer entre le passé de Poppy et sa tonalité et l’histoire d’Emilia, l’héroïne, qui se déroule à notre époque. Au final, j’ai décidé d’écrire l’histoire de Poppy d’une traite, puis d’en insérer des passages au fil du roman d’une façon qui, je l’espère, paraît naturelle.


L'Infini des possibles
Paulina Fontana, vieille dame pleine de fantaisie et de créativité en rupture de ban avec sa famille américaine, invite ses petites-nièces, Emilia et Lucy, à visiter son pays natal, l’Italie. Elle leur fait une déclaration fracassante : le jour de son quatre-vingtième anniversaire, elle rencontrera l’amour de sa vie et mettra fin une fois pour toutes à la « malédiction de la deuxième fille de la famille Fontana ».
Cette « malédiction » n’est probablement rien d’autre qu’une coïncidence, un vieux mythe. Pourtant, personne ne peut nier que pendant des siècles, pas une seule deuxième née de la famille Fontana n’a trouvé l’amour.
Que se passerait-il si ce supposé sort était brisé ? Emilia, qui, à 29 ans, semble accepter cette malédiction, trouverait-elle à son tour le grand amour ?
Au cœur de la campagne Toscane, Paulina va finalement révéler des secrets de famille autrement plus troublants qu’une malédiction vieille de plusieurs siècles…

Après les succès de Demain est un autre jour, d’Un doux pardon et de Tout ce qui nous répare, Lori Nelson Spielman revient avec cette histoire passionnante consacrée à la découverte de soi, au pardon et à l’amour. Mais surtout à ces liens familiaux qui peuvent tout autant être synonymes d’étreinte que d’emprisonnement.

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