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Par Presses de la Cité, publié le 15/02/2020

Prix Jean Anglade 2020 : rencontre avec Karine du blog Valmyvoyou, membre du jury

Pour la deuxième année consécutive, le prix Jean Anglade récompensera un premier roman mettant en avant les valeurs chères au romancier : humanisme et universalité. Karine du blog Valmyvoyou fait partie du jury pour le prix Jean Anglade du premier roman 2020. Rencontre sous le signe de la bienveillance et du partage.

Vous êtes la créatrice d’un blog littéraire, Valmyvoyou, qui a aujourd’hui de nombreux fidèles. Quel fut le moteur de cette création ? En quelle année a été créé votre blog ?

Ma présence sur les réseaux sociaux a été une succession de circonstances. Au départ, j’ai créé un profil sur Babelio, en mai 2017, pour enregistrer les livres que je possédais (actuellement, mes bibliothèques en contiennent 3000), car j’avais gagné une box littéraire : La Kube. J’ai commencé, alors, à écrire quelques lignes sur certaines de mes lectures.

En août 2017, de manière impulsive, j’ai créé ma page Facebook Valmyvoyou lit. J’étais en vacances avec ma famille et je ne pouvais pas participer aux activités, en raison d’une opération médicale. Pour moi, cela a été : "Je me lance ou je déprime." J’ai choisi d’oser ce que je n’avais jamais tenté, car je ne me trouvais pas légitime. Un choix qui m’a "sauvée". J’ai toujours énormément lu, sans échanger, puisque personne ne lit, dans mon entourage. Je vis des moments de partage avec d’autres passionnés et j’ai fait de très belles rencontres virtuelles. La seule à se plaindre est ma pile à lire qui grandit de manière exponentielle, avec les avis tentateurs que je lis.

Par la suite, je me suis inscrite sur Instagram et en mars 2018, j’ai ouvert un premier blog que j’ai transféré en juin 2019, sur une autre plateforme.

Vous êtes forcément une lectrice passionnée voire compulsive. Votre formation initiale vous a-t-elle poussée vers le livre ou est-ce une inclinaison naturelle, évidente ?

Ma formation n’était pas littéraire. Avant un accident de la vie, j’étais commerciale. C’était un métier qui me passionnait. Cependant, je nourrissais le rêve d’être commerciale dans une maison d’édition, afin de marier mes centres d’intérêt. Je lisais déjà énormément, mon sommeil en a souvent pâti. Je disais souvent, aussi, que si j’en avais les moyens financiers, j’aimerais ouvrir une librairie. Les réseaux sociaux m’ont permis de vivre, depuis chez moi, ce qui m’attirait dans ce métier, tout en tenant compte de mes capacités physiques, en fonction des jours.

La lecture est une inclinaison évidente, c’est vital pour moi. C’est un besoin qui ne me quitte pas, depuis le CP, avec l’apprentissage de la lecture. Toute petite, j’avais déjà, toujours un livre avec moi. Je ne m’ennuyais, nulle part, même pendant les temps d’attente. Pas un jour ne se passe sans que je  lise.

Quel est votre genre littéraire de prédilection ? Existe-t-il pour vous une hiérarchie des genres ?

J’ai deux genres de prédilection : les romans et les polars. J’aime le contemporain. J’ai une grande attirance pour les sagas, les livres historiques et les livres de terroir. Je lis aussi beaucoup de livres se déroulant pendant les guerres mondiales. J’aime énormément les grandes fresques romanesques, les livres qui analysent les relations humaines, etc. Je pense que les thrillers représentent la moitié de ma bibliothèque.

Au fil de mes lectures, mes goûts se diversifient. Un ouvrage me donne envie d’en lire un autre, qui traite du même thème, ou une chronique déclenche un désir de lire un livre vers lequel je ne me serais pas dirigée.

Pour moi, il n’y a pas de hiérarchie des genres, ce qui compte, c’est le plaisir pris à lire, souvent manifesté par l’envie de reprendre son livre, dès que possible. J’ai une fille et je lui parle souvent des droits du lecteur de Daniel Pennac. Pour elle aussi, je suis une acheteuse compulsive. Il suffit qu’elle soit attirée par un livre pour que je lui offre, tant qu’il correspond à son âge. Elle est libre dans ses goûts.

Aujourd’hui vous êtes membre du jury du Prix Jean Anglade du premier roman 2020. Est-ce votre première participation à un prix ? Que ressentez-vous face à cette perspective ?

C’est ma première participation à un prix. Je ne m’étais jamais présentée à une sélection puisqu’un handicap m’empêche de participer à des délibérations. Je suis très touchée par votre humanité et votre délicatesse à mon égard. Vous me faites vivre une aventure humaine que je ne pensais pas compatible avec ma situation physique. Je suis très émue par les valeurs humaines et de droit à la différence que vous transmettez à travers les aménagements que vous avez prévus pour que je puisse faire partie du jury. Merci à vous.

Je suis très excitée et impatiente, tout en ayant conscience de la responsabilité. Je sais que le choix du jury transformera la vie d’un auteur et permettra aux lecteurs de connaître son livre. Je pressens aussi que les débats seront passionnants et un véritable moment d’échange. Tous les manuscrits sélectionnés présenteront des qualités et chaque membre du jury va les lire avec ses émotions, son vécu et son ressenti. Les arguments de chacun seront une prolongation de la lecture. J’ai hâte de découvrir quel roman aura ma préférence et lequel sera le choix du jury réuni.

Le Prix Jean Anglade couronne des primo-romanciers. C’est un concours sur manuscrits ; ce sont donc des textes bruts non corrigés, non re-travaillés par un éditeur. Cela induit une forme de bienveillance de la part du jury. La bienveillance semble être pour vous une qualité essentielle à la lecture de vos chroniques…

Lors de la lecture des manuscrits, je garderai en tête que le texte du lauréat sera retravaillé et je serai « indulgente » sur la forme. Il est vrai que pour moi, la bienveillance est une valeur importante. Lorsque je publie une chronique, que j’ai aimé ou non le livre, je n’oublie jamais qu’il y a une personne qui l’a écrit et qui s’est livrée. Je sais, également, qu’un ressenti est subjectif, que celui des autres lecteurs ne sera pas forcément le même que le mien. Aussi, même si je donne toujours mon avis sincère, je l’explique. Il arrive, lorsque je développe un point que je n’ai pas aimé, par exemple, ce soit justement cette description qui donne envie à certains de le lire. Le plaisir est double, car j’ai exprimé honnêtement mon opinion et cependant, le livre trouvera ses lecteurs. Quand j’aime un ouvrage, je suis également heureuse si j’arrive à donner envie à d’autres personnes de le lire. Ceci pour deux raisons : pour le livre que j’ai envie de mettre en lumière et pour ceux qui prendront plaisir à le découvrir.

Je pense que la sincérité n’empêche pas la bienveillance et le respect du travail de l’auteur et de l’éditeur. Chaque lecture est différente, car chacun lit avec son vécu et sa personnalité. En chaque livre, il y a plusieurs histoires : celle que chacun ressent.

 

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