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Par Lisez, publié le 11/01/2023

Rentrée littéraire d'hiver : à la découverte de nos auteurs français

Janvier rime avec rentrée ! Nos éditeurs font leur rentrée littéraire d'hiver et vous dévoilent leurs pépites du moment. Retrouvez Philippe Besson, Marjorie Tixier, Christiane Taubira et bien d'autres auteurs dans notre sélection.

 
Ceci n'est pas un fait divers, Philippe Besson
Ceci n'est pas un fait divers
​Ils sont frère et sœur. Quand l’histoire commence, ils ont dix-neuf et treize ans.
Cette histoire tient en quelques mots, ceux que la cadette, témoin malgré elle, prononce en tremblant : « Papa vient de tuer maman. » 
Passé la sidération, ces enfants brisés vont devoir se débrouiller avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et remonter le cours du temps pour tenter de comprendre la redoutable mécanique qui a conduit à cet acte.
Avec pudeur et sobriété, ce roman, inspiré de faits réels, raconte, au-delà d’un sujet de société, le long combat de deux victimes invisibles pour réapprendre à vivre.
 
Marche ou rêve, Ferdinand Laignier-Colonna
Marche ou rêve
Invalide. C’est le mot qu’il a choisi pour qualifier son corps qui se dérobe. Une foutue maladie grignote ses muscles, mais certainement pas son esprit incisif et son humour corrosif, qu’il a érigés en rempart contre la pitié, le mépris et l’embarras. Puis un jour, on lui propose un essai clinique prometteur. La guérison devient un horizon. Se dépouiller des souffrances, envoyer valser son fauteuil et se tenir à hauteur d’homme. Dire merde à ceux qui le condamnent d’un regard. Tout est à réinventer. Et qu’importe le prix à payer, il ne reculera plus.
 
Désespérément drôle, sans concession, Marche ou rêve est le roman décomplexé d’un combat contre les négations forcées du corps. Ferdinand Laignier-Colonna frappe fort et démontre par le verbe une pugnacité sidérante.
 
 
À l'encre rouge, Marjorie Tixier
À l'encre rouge : Rentrée littéraire - Roman Nouveauté 2023
Lysiane n’a jamais voulu être mère, et Jolene n’a jamais considéré comme telle cette tornade blonde aux ongles rouges qui débarquait un lundi sur trois à l’auberge de ses parents pour lui couper les cheveux et faire des remarques acides.
L’enfant grandit loin dans sa paisible province pendant que la mère, partie à la ville, s’épuise à combattre des moulins. Jusqu’à ce qu’elle pose les yeux sur cette fille dont elle ne s’est jamais souciée. Et décide qu’elle sera sa revanche sur la vie.

Un conte cruel où les liens du sang déchirent au lieu d’unir, blessent au lieu d’apaiser. Avec en fil rouge la musique, quête de gloire illusoire ou exutoire salvateur.
 
La Promesse, Marie De Lattre
La Promesse
Marie grandit dans un appartement semé de cachettes, car on ne sait jamais. Dans la table de nuit parentale, une étoile jaune prend la poussière. Aux murs figurent des tableaux muets.
Jacques, son père, est médecin. Il a la gaieté angoissée. Pour évoquer son enfance, il s’enferme dans un silence intransigeant. Pourquoi ?
Lorsqu’il disparaît, Marie hérite d’une enveloppe. Dedans, des lettres d’amour à l’orthographe incertaine, et une supplique, griffonnée au crayon, en 1943 : « N’oublie pas l’enfant. » Qui l’a écrite ? Et à qui s’adresse-t-elle ?
 
Quatre destins se rencontrent dans ce récit. Un secret les lie qui, aujourd’hui encore, stupéfie.
La Promesse dit l’amour filial, l’instinct de survie, la violence née du silence, et la réconciliation entre des générations.
 
 
Zanzibar, Altaïr Despres
Zanzibar
Sur la carte, Zanzibar ne ressemblait à rien. Un bout de terre à peine visible, parasite traînant au large des côtes d’une Afrique colossale. C’est pourtant pour cette île qu’elle avait décidé de tout lâcher : son boulot, sa famille, ses potes, sa routine, la vie bien comme il faut qu’on avait souhaitée pour elle et qui l’éteignait. Elle allait se tirer au soleil, se construire une carrière digne de ce nom, sans patron sur le dos pour lui rappeler que le haut de la pyramide, c’est pour les bonshommes. Là-bas, son corps aussi prendrait sa revanche. Son corps poli de jolie jeune femme de la classe moyenne pourrait s’en donner à cœur joie. Elle était prête à boire, à fumer, à danser sur la plage, à suer contre les garçons et à baiser jusqu’à plus soif.
Ce roman raconte une île tropicale d’une beauté franche et sale, théâtre de rencontres exaltées entre des jeunes Européennes qui ont tout plaqué pour tenter leur chance loin de chez elles et des beach boys ambitieux, décidés à saisir les opportunités laissées par un tourisme écrasant. Il nous parle, sans détours, de ces têtes brûlées d’aujourd’hui, de leur désir forcené de réussir.
 
Et par le pouvoir d'un mot, Xavier Donzelli
Et par le pouvoir d'un mot
Comment un simple poème, inspiré par l’amour de deux femmes, a-t-il pu circuler dans toute la France, au creux des Années noires ? Comment ce seul poème, par le pouvoir d’un mot, a-t-il rendu l’espoir à tout un peuple, alors à genoux ?

Depuis des années, Xavier Donzelli se passionne pour l’histoire du mythique « Liberté » de Paul Eluard. Grâce à des recherches poussées dans divers fonds d’archives, il a réussi à retracer l’itinéraire du poème, de sa création à sa publication en 1942 à Alger, dans la revue Fontaine, puis, à des milliers d’exemplaires, dans la plaquette Poésie et Vérité 1942 de La Main à plume, à Paris. Bientôt repris dans la revue La France Libre à Londres, parachuté en 1943 au-dessus de Nantes, Orléans, Le Mans, Argentan, Caen, Lille, Amiens, Paris par les avions de Royal Air Force, traduit et diffusé hors de France, enfin adapté en musique, le poème, échappant à son créateur, rencontrera un écho exceptionnel : il deviendra l’un des textes emblématiques de la Résistance.

On le sait : c’est toujours la petite histoire qui fait la grande histoire. En levant le voile de la légende, Xavier Donzelli a voulu raconter celle des hommes et des femmes qui ont porté ces mots si simples, si puissants et universels, qu’ils pouvaient parler à tous. Paul Eluard, Nusch, Cícero Dias, Max-Pol Fouchet, Raymond Aron, André Labarthe, Louis Parrot, Lee Miller et Roland Penrose, Francis Poulenc et tant d’autres, célèbres ou anonymes, sont les messagers de « Liberté ». Dans ce premier roman choral, le lecteur entre dans une ronde, où chacun des personnages – auteur, éditeurs, imprimeurs, animateurs de revues, traducteurs, libraires –, prend sa part dans la diffusion d’une parole libre, porteuse de sens et mobilisatrice. Comment ces hommes et ces femmes de bonne volonté ont-ils pu, ensemble, déjouer la censure ? contourner les autorités de Vichy par des réseaux secrets et grâce à des publications clandestines ? Quels périls ont-ils endurés et quels drames cachent ces vers ? Les différents chapitres, conçus comme autant de scènes, nous invitent à suivre cette épopée, poétique et haletante.
 
Ce pays qu'on appelle vivre, Ariane Bois
Ce pays qu'on appelle vivre
Jeune caricaturiste de presse juif allemand, Leonard Stein voit sa vie basculer quand Hitler arrive au pouvoir. Réfugié sur la Côte d’Azur après avoir combattu pour la liberté en Espagne, la guerre le rattrape. À l’été 40, il est envoyé aux Milles, camp d’internement situé à sept kilomètres d’Aix-en-Provence.

Leo n’a qu’une idée en tête : s'échapper par tous les moyens. D’échecs en vaines tentatives, il finit par rencontrer une volontaire marseillaise d’un réseau de sauvetage, juive elle aussi, Margot Keller. Alors que leurs efforts conjugués paraissent porter leurs fruits et annoncer la liberté, l’été 42 arrive, meurtrier et cruel, faisant vaciller leurs espoirs. Mais les deux amants semblent croire à l’impossible…

L'usine de tuiles des Milles verra passer 10 000 étrangers, en majorité juifs. Un lieu de détention effroyable mais aussi un centre de culture, de création, peuplé par des intellectuels et des artistes opposés au nazisme, dont Max Ernst et Franz Hessel. Une histoire encore très peu connue, l’ouverture au public du site-mémorial datant de 2012 seulement.
 
La Wehrmacht
La Wehrmacht
Collectif, Jean Lopez
De la Wehrmacht, on croyait tout connaître. Vivant sur un mythe formé par Jacques Benoist-Méchin et relayé par des dizaines d’historiens, le public croit en la légende « dorée » de la première armée du monde demeurée invincible, avant de crouler sous le nombre, tout en combattant héroïquement jusqu’au bout sans trop se compromettre avec le nazisme.
Si, comme toute légende, celle-ci s’appuie sur une part réelle – le blitzkrieg, la pulvérisation des adversaires successifs jusqu’en décembre 1941, une capacité d’innovation forte, notamment dans les chars et l’aviation –, elle n’en est pas moins largement outrée et souvent mensongère.
Pour rétablir « les » vérités, Jean Lopez et son équipe habituelle de rédacteurs nous offrent une histoire globale sans précédent, dont la matrice est forgée d’articles parus dans Guerres & Histoire, augmentés de nombreuses contributions inédites.
En deux grandes parties (« La supériorité militaire allemande. Etude d'un mythe » et « Les opérations »), l’ensemble raconte toutes les grandes campagnes et batailles (Dunkerque, batailles d’Angleterre, Barbarossa, Stalingrad, Koursk, Débarquement, Bagration, Market Garden, Ardennes, bataille de Berlin, etc.), mais offre de surcroît de riches chapitres plus analytiques disséquant notamment l’héritage intellectuel et opérationnel depuis Frédéric II, les stratégies en vigueur, les logistiques déployées et la qualité véritable des hommes et du matériel. Des témoignages recueillis auprès des vétérans complètent le propos.
Une nouvelle édition de ce futur classique.
 
 
Le Testament du prophète, Yasmine Ghata
Le Testament du prophète
Des décennies après son départ, la narratrice, une romancière de renom, revient dans le village qui l’a vue naître. Dès son arrivée, elle est en butte à l’hostilité des villageois qui l’accusent d’avoir sali dans ses livres leur réputation et leurs familles.

Tandis qu’elle retrouve les visages, les lieux et les odeurs de son enfance, son histoire la submerge. Lui revient en mémoire son passé, et un terrible secret de famille si longtemps gardé refait surface. Encouragée par la parole, testamentaire de son maître spirituel et auteur du Prophète Khalil Gibran, dont l’ombre plane sur le village, elle veut dévoiler l’indicible, s’en affranchir et rendre justice.

Réalité et fiction se mêlent dans ce roman dense, incisif et fascinant. D’une plume aussi tranchante que poétique, Yasmine Ghata parvient à créer une ambiance sensuelle et envoûtante, et révèle au lecteur la force libératrice de la littérature. 
 
Les premières funérailles, Alexandre Delas
Les premières funérailles
Issu d’une famille de médecins qui ont révolutionné la chirurgie esthétique, un enfant très laid grandit dans un Paris détruit par une guerre dont personne n’a le droit de parler, mais qui a été reconstruit en plus beau.
Le destin lui offre une beauté luciférienne. Que va-t-il en faire ? N’est-ce pas une malédiction quand on est né au royaume des apparences ?
À l’âge de trente-trois ans, il est enfermé et vit ses derniers instants. Pendant cette ultime nuit, il retraverse son existence : la cruauté du monde de l’enfance et de l’adolescence, du monde de la nuit, du monde du travail dans une entreprise américaine de la Tech, du monde des affaires en Chine, de la solitude, de la perte des illusions…
Avec cette question qui le poursuit : peut-on survivre à ses premières funérailles et vivre enfin libre ?
 
Cordillera, Delphine Grouès
Cordillera
On dit que la cordillère des Andes vibre à l’écho des vies qui y défilent.

Dans le Chili du début du xxe siècle, la famille Silva, respectée et crainte dans le village, est auréolée de mystère. Cecilio, le père, taiseux, les mains dans la terre rebelle. Luisa, la mère, mapuche, qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. Esteban, l’aîné, amené à découvrir, ébloui, l’univers des poètes et de l’imprimerie. Joaquín, le cadet téméraire, gardien de troupeaux, mû par l’appel des cimes. Nombreuses sont leurs épreuves : la colère de la terre, la violence des hommes, la mort, le traumatisme de la guerre. Le clan fait face, soudé par un amour pudique. Dans cette nature indomptable, des cols glacials aux vallons ombrageux, des pâtures verdoyantes aux mines du désert de l’Atacama, chacun chemine vers son destin, sa liberté.

Fresque ample et romanesque teintée du réalisme magique sud-américain, Cordillera nous emporte dans la vie d’hommes et de femmes qui résistent et se tiennent debout sur les crêtes des montagnes comme sur le fil hasardeux de l’existence.
 
Défaire l'amour, Clarisse Gorokhoff
Défaire l'amour
À vingt ans, fuyant Paris et mon chaos intérieur, je débarquai dans un Istanbul en pleine effervescence. Trois ans plus tard, j’y vivais encore quand je fis la rencontre d’Onur, « l’homme idéal », qui allait, pensais-je, réparer les fissures causées dans mon enfance par la mort de ma mère.
Tiraillée entre l’utopie du couple et mon désir viscéral de liberté, j’ai peu à peu laissé le petit diable qui était en moi mener la danse…
D’où nous vient ce besoin de dynamiter le bonheur ? L’amour justifie-t-il la souffrance que l’on cause ?
 
Éloge du temps perdu, Franck Lanot
Éloge du temps perdu
Pour quelles raisons Zola descend-il à la mine ? Dom Juan est-il un prédateur sexuel ? Qu’est-ce que le commencement d’un livre ? Pourquoi a-t-on fait un procès à Flaubert ? Avec quel adverbe Annie Ernaux suggère-t-elle le lien si particulier qui l’unit à son père ? Que nous racontent les rhinocéros d’Eugène Ionesco, l’agneau de La Fontaine ou le cygne de Mallarmé ?

Les livres agissent en nous, ils nous interpellent, nous intriguent. Frank Lanot arpente – selon son humeur, son goût et son caprice – une bibliothèque singulière et universelle. Il encourage ses lecteurs à se mettre dans un état critique, à passer de l’impression à l’expression, à trouver, avec lui, les mots pour énoncer ce qui a parfois été confusément ressenti.
 
Ce livre est constitué de cinquante chapitres qui, en quelques pages, interrogent un texte, un auteur, un ensemble d’œuvres appartenant à la littérature. Lire n’est pas un plaisir solitaire. La lecture est affaire de rencontres. Elle nous concerne tous.
 
Stalingrad, François Kersaudy
Stalingrad
Stalingrad reste à bien des égards la reine des batailles : par la durée et l’intensité des combats, le nombre d’hommes engagés et perdus, l’importance des enjeux stratégiques et l’exceptionnelle valeur symbolique de son dénouement, l’affrontement homérique de deux dictatures entre Don et Volga représente un tournant unique dans l’évolution de la guerre en Europe.
C’est une suite de hasards, de rapports de forces et d’erreurs de calcul qui a provoqué la concentration progressive des immenses armées le long des rives de la Volga, autour d’une ville dont la valeur militaire était des plus réduites ; c’est aussi l’entêtement de deux dictateurs et la discipline de fer qu’ils ont fait régner parmi leurs troupes qui ont prolongé pendant cinq mois une confrontation unique par son ampleur et sa férocité. 
Quatre-vingts ans plus tard très exactement, il est passionnant d’en suivre les péripéties au triple niveau des chefs suprêmes, des commandants d’armées et des soldats sur le terrain.
Le témoignage des combattants, les clichés pris dans les deux camps et les nombreuses cartes permettent de prendre la mesure de ce duel de titans aux confins de l’Europe et de l’Asie qui décide du sort de la guerre.
 
Le retour de Janvier, Charlotte Dordo
Le retour de Janvier
« Après les avoir redoutées, ce sont désormais les périodes qu’il préfère, les grandes marées, il les attend, quand on ne peut plus circuler à pied et que l’eau pénètre partout. »
Le niveau de la mer est monté. La Rochelle, régulièrement submergée et sous contrôle de l’armée, s’est vidée de la plupart de ses habitants. Janvier Bonnefoi y vit dans la solitude, remontant en barque les rues noyées et ressassant la dispute qui l’a forcé, un an plus tôt, à quitter la ferme familiale en Lozère. Le jour où la ville est évacuée, Janvier décide de rentrer chez lui. 
Par les chemins de Charente et de Corrèze, il traverse une France minée par les tempêtes, le repli identitaire et les attentats écologistes. Il découvre stupéfait un pays persuadé de pouvoir encore vivre normalement. Dans une ferme du Cantal, il fait la connaissance d’Adèle, une jeune femme énigmatique qui lui offre le gîte en échange de son aide. Partagé entre l’appel du voyage vers sa terre natale et les promesses ambivalentes que dessine ce nouveau foyer, Janvier est bientôt rattrapé par d’encombrants compagnons d’infortune.
 
Mémoires de maisons blanches, Arnaud Rozan
Mémoires de maisons blanches
Le jour de l'investiture du Président des États-Unis, alors que la voiture présidentielle arrive au Capitole, une vieille femme parvient à s'approcher de Joe Biden. C'est une clocharde, il la connaît. Elle lui montre ses mains. Il pleure. Une histoire les relie.

Avant de monter à la tribune où il prononcera son discours d'investiture, il doit encore apprendre d'elle une chose qu'il ignore. Alors seulement, il pourra entrer à la Maison blanche.

Deux ans et demi après l’assassinat de George Floyd et deux ans après l’investiture de Joe Biden, Mémoires de maisons blanches questionne la réparation. Celle d'un homme, celle d'un peuple.
 
 
L'enfant thérapeute, Samuel Dock
L'enfant thérapeute
À l’âge de cinq ans, la mère de Samuel, quatorzième enfant de sa fratrie, est confiée à la DDASS couverte de morsures, affamée et apeurée. Placée chez des religieuses, la petite fille commence une autre vie, préservée, en bordure du monde. Cette histoire, longtemps, elle n’a pu la raconter. 
À l’adolescence, après le départ du père, Samuel voit son existence se désagréger dans l’ombre de sa soeur, anorexique, dans l’enfermement d’un quotidien hostile et dans la désolation d’une mère tourmentée. Brisé par le regret de n’avoir pu sauver sa famille, il la fuit avant de s’effondrer.
Adulte, devenu psychologue, il tente de faire entendre sa voix pour que change le sort des enfants maltraités.
Des années plus tard, mère et fils se retrouvent. La mère parle enfin, et le fils découvre alors son passé terrifiant. Elle l’a mis au monde, mais à trente-trois ans il la rencontre pour la première fois.
Ce livre est le récit d’un combat. Une quête de pardon et de réconciliation. Un hommage poignant aux victimes de violences. À toutes celles et tous ceux qui durent renoncer à secourir l’autre pour lui restituer son humanité et se sauver eux-mêmes. Pour cesser uniquement de survivre et commencer à vivre.
 
Conduire la guerre, Jean Lopez et Benoist Bihan
Conduire la guerre
Pourquoi, tout au long des siècles, les généraux ont-ils remporté tant de victoires qui n'amenaient pas la fin du conflit ? Pourquoi le sang versé servait-il si peu les objectifs assignés par le pouvoir à ses armées ? Pourquoi, pour prendre un exemple entre mille, les meilleures armées du monde ont-elles été réduites, entre 1914 et 1918, à un face-à-face aussi désespérant que stérile dans la boue des tranchées ? Conduire la guerre livre les clés de cette impasse et montre qu'un grand penseur soviétique oublié, Alexandre Svetchine, a montré la voie pour en sortir.
Jean Lopez amène Benoist Bihan à exposer sa pensée sur ce digne héritier de Clausewitz, sa vie, sa pensée et son oeuvre, réflexion mûrie depuis quinze ans et nourrie d'une formidable érudition. Chemin faisant, les deux complices nous offrent une promenade à travers vingt-cinq siècles de conflits. Ils revisitent les batailles dites décisives et l'action de ceux qu'on a présentés comme de grands capitaines. L'ouvrage ne se contente pas d'être historique et critique. En décortiquant l’œuvre de Svetchine, il expose la solution – l'art opératif – pour que les combats deviennent pleinement utiles à la stratégie et s'harmonisent avec la tactique. Original dans son approche, puissant par ses arguments, plaisant à lire de par sa forme dialoguée, cet ouvrage est totalement original et devrait marquer la pensée militaire d'une pierre blanche.
L’objectif ? Rien moins que le renouvellement de la pensée stratégique, un domaine apprécié du grand public mais qu’il fallait dépoussiérer et mettre à la portée de tous en trouvant le bon équilibre entre théorie et Histoire.
 
Demain les ombres, Noëlle Michel
Demain les ombres
C’est un clan d’humains. Ils chassent et cueillent, ils naissent et meurent, ils habitent des tentes de peau, ils peignent sur la paroi des grottes, ils perpétuent les légendes de leurs déesses et dansent autour du feu les soirs de fête. Leur univers est une forêt nourricière et, hormis les grands froids ou la maladie, ils n’ont à redouter que la Bête, qui rôde aux abords d’infranchissables Confins. Ils ignorent qu’un tout autre monde existe au-delà.
Cet autre monde, c’est le nôtre ou presque, couvert de villes grises de pollution et peuplé de Sapiens dont quelques-uns vont bientôt rencontrer leurs lointains cousins du clan Neanderthal…
Porté par un redoutable sens du suspense, Demain les ombres est un grand roman d’évasion nourri de considérations éthiques sur notre rapport à la nature, au divertissement, à l’autre, à la vie.
 
Ces vies d'où l'on vient, Rodolphe Danjou
Ces vies d'où l'on vient
Faut-il retourner aux sources pour rebattre les cartes ?
Faut-il revenir là d’où l’on vient pour tout recommencer ?
La cité normande qui a vu grandir Adrien n’est plus celle qu’il a connue. Ses habitants, à force de cancans et de rumeurs, le mettent à l’épreuve. Dès lors, comment trouver sa place ?
Tandis que les femmes qu’il a aimées s’effacent une à une, les choses de la vie défilent, sans qu’il puisse s’en saisir. Pourtant, l’avenir de ce quadra reste à construire, aux côtés de son fils insouciant, de ses collaborateurs qui rêvent d’ailleurs, d’une jeune femme insaisissable et d’un couple d’antiquaires – parfois doux, souvent sulfureux…
Et si les secrets des petites villes étaient plus troubles que ce que l’on croit ?
 
Hors d'atteinte, Frédéric Couderc
Hors d'atteinte
Hambourg, été 1947. Le jeune Viktor Breitner arpente sa ville dévastée. Un jour, il croise Nina, une rescapée des camps dont il tombe éperdument amoureux. Elle disparaît, son absence va le hanter pour toujours, autant que le fantôme de sa soeur Vera, morte au début de la guerre.
Soixante-dix ans plus tard, Viktor s’évanouit à son tour. En se lançant à sa recherche, son petit-fils Paul découvre avec effroi que celui-ci est mystérieusement lié à un doktor SS d’Auschwitz semblable à Mengele : Horst Schumann. Paul est un écrivain à succès, l’histoire de son grand-père, c’est le genre de pépite dont rêvent les romanciers. Mais il redoute par-dessus tout la banalisation de la Shoah, et sa soif de vérité le mènera jusqu’aux plaines d’Afrique, dans une quête familiale aussi lourde que complexe.
 
Frivolités, Christiane Taubira
Frivolités
Dis-moi, c'est juste, de rire dans un monde qui radie les chômeurs, flique les érémistes, largue les femmes à leurs maris sauvages, néglige les vieux, renvoie les enfants de la cantine, regarde des gens se noyer à deux miles de jolies plages de sable fin ?... C'est juste que la société soit un boxon à ciel ouvert où des hommes forniquent à tour de bras, niquent la planète et les utérus, donnent des leçons à tout va, pendant que les pauvres remboursent la dette ?... 
Que ce soit au Chaudron savant ou ailleurs, treize femmes discutent à bâtons rompus. Au coeur de leurs débats piquants, aucune approximation n'est permise : chaque mot à un sens, et l'Histoire est racontée pour mieux éclairer le présent, dans un monde qui devient de plus en plus éreintant. 
Mais si elles se font toutes les porte-parole des opprimés, elles s'inquiètent aussi du sort d'Olivia, la fille de l'une des leurs, qui semble s'éteindre peu à peu...
Ainsi entend-on le choeur s'interroger, gronder, chanter et pleurer. 

Avec Frivolités, Christiane Taubira offre un texte littéraire et unique, d'un genre nouveau, profondément vivant. 
 
 
Najat ou la survie, Rania Berrada
Najat ou la survie
Najat se l’est promis, elle ne deviendra ni instit ni mère au foyer. Elle quittera Oujda, cette ville marocaine coincée à la frontière algérienne, et réalisera son rêve : atteindre le kharij, l’Europe. Le sésame doit venir d’un homme : un cousin lointain qui a émigré et qu’elle pourrait épouser avec l’accord du père. Mais chaque fois que Najat approche du but, quelque chose se grippe dans la mécanique. Quelque chose qui vient des hommes, de l’administration, du mauvais œil…
Qu’est-ce qu’une vie passée à attendre ?

En peignant cette femme empêchée qui ne renonce jamais, Rania Berrada s’attache à débusquer l’héroïsme discret d’une vie ordinaire.
 
Il était une fois Lamartine, Sylvie Yvert
Il était une fois Lamartine
Certains hommes, on le sait, ont l’âme trop pure pour assurer eux-mêmes leur postérité.
Dix ans après le coup d’État de Napoléon III, qui se souvient encore de Lamartine ? De sa poésie sans égale, du combat de l’homme d’État pour la république en 1848, de sa modération en tout, et toujours au service de la nation ? Ne lui doit-on pas le suffrage universel, le drapeau tricolore, l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort ?
Afin de réparer cette injustice, c’est Marianne, son épouse, fidèle dans la gloire mais aussi dans l’infortune, qui prend ici la plume. Pour qu’à travers le temps suspendu et le tourment des siècles, mémoire soit rendue au plus illustre des grands méconnus…

Cet ouvrage a fait partie de la sélection du Grand Prix du roman de l’Académie française
 
 
Là où le crépuscule s'unit à l'aube, Marina Dédéyan
Là où le crépuscule s'unit à l'aube
Qui peut savoir où nous entraîne le destin ? Réceptions, dîners mondains, ballets, où l’on croise les Fabergé, Nabokov, la Pavlova ou Nijinski… Une rencontre fortuite avec le séduisant banquier William 
Brandt, et voilà la jeune Julia emportée loin de la misère, de son izba perdue dans la forêt lettone.
Ce tourbillon enchanteur dans les fastes de Saint-Pétersbourg, à l’aube du XXe siècle, flirte pourtant avec l’abîme. La Russie des tsars jette en effet ses derniers feux, et tout un monde s’écroule dans la
tourmente révolutionnaire…
L’épopée d’une famille – celle de l’auteure – où se conjuguent à un rythme époustouflant la fresque historique et le récit intime.

Cet ouvrage a été finaliste du Prix des Romancières
 
Le souffle des hommes, Philippe Krhajac
Le souffle des hommes
Le souffle des hommes s’ouvre en plein bombardement de l’Otan, le 24 mars 1999. Dans la fumée des décombres, les hommes courent à leur perte en tenant leurs bras arrachés. La fureur des bombes démolit la Serbie et Belgrade en feu laisse monter la sourde plainte de tous ces visages n’ayant pas cru que la punition finirait par arriver. Au milieu du chaos, deux jeunes amoureux, Phérial et Danie, parviennent à filer en zastava vers Novi Sad avant de rejoindre la Serbie, puis la Roumanie, la Hongrie, l’Allemagne et enfin Paris, dans une épopée pour laisser derrière eux la folie des hommes. C’est un Phérial au seuil de sa vie d’adulte, lui l’orphelin balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, cherchant ses origines avec une vitalité insensée. Lui qui ne comprend rien aux affaires belliqueuses de cette terre qui lui est encore très étrangère, lui qui est serbe depuis si peu. Dans son autre pays, la France, on vit en paix. Mais chaque fois qu’il retourne en Serbie, quelque chose change, quelque chose d’infime qui semble rendre l’été suivant plus enflammé que le précédent. Après ce bombardement qui lui coûtera son grand amour, Phérial sombre et s’installe en banlieue parisienne, rattrapé par ses démons. Car comment vivre quand on est un éternel réfugié, étranger à soi, à sa famille, à son propre pays ? Quand c’est à lui de devenir père, il renonce à ses rêves de comédien pour vivre une vie d’intérimaire, tragédie ordinaire d’une vie perdue à la gagner. Et le vertige revient. Que fait-on d’une mère qui ne veut pas de nous ? D’un père mort avant de l’avoir rencontré ? Comment supporter la joie quand celle-ci renvoie au vide originel ? Seuls le souffle de vie, un optimisme féroce et l’amour – celui de son fils et d’Anna, puis d’Alice et enfin, toujours, du théâtre – guideront Phérial à la portée des étoiles.
 
L'Académie par un des 40, Jean Dutourd et Philippe Dumas
L'Académie par un des 40
Ce petit livre enjoué, ni libelle ni pamphlet mais plutôt défense et illustration de l’Académie française, a été publié une première fois en 2009 de façon anonyme, le malicieux « un des quarante » préférant laisser planer le doute quant à son identité. Avec l’accord de ses enfants, ce carnet est aujourd’hui réédité et révèle le nom de son illustre auteur, Jean Dutourd.
L’écrivain y décrit l’histoire, les us et coutumes, les arcanes et les moments savoureux de cette Académie qui est, selon lui, « le club le plus sélect et le plus fermé du monde, et cela dure depuis bientôt quatre cents ans. La Révolution elle-même, qui s’est acharnée si rageusement à effacer toute trace de l’Ancien Régime, n’est pas venue à bout de ce roc. » Jean Dutourd nous raconte sa tendresse et son attachement pour cette vénérable institution.
 
Ce livre d’humeur et d’humour, au style d’une limpidité toute classique, s’adresse à tous ceux qui ont envie d’en savoir un peu plus sur l’Académie française, qu’ils rêvent, ou non, d’y entrer.
 
Le Chevalier fracassé, Colin Thibert
Le Chevalier fracassé
À Neuchâtel, le jeune Alexandre-Joseph mène une vie dissolue jusqu’au jour où un meurtre accidentel le force à l’exil. Arrivé à Paris sous une fausse identité, il est contraint d’infiltrer, pour le compte du lieutenant général de police, le cabinet de Mesmer, médecin viennois à la mode, et les salons de madame de Vaupertuis. C’est alors qu’un vieux marquis passionné d’optique s’amourache de lui et l’anoblit. Le désormais chevalier Vesperelli s’apprête à lancer une affaire prometteuse, mais la prise de la Bastille vient bouleverser ses rêves de fortune.

Avec une énergie irrévérencieuse, Le Chevalier fracassé nous embarque dans une folle équipée à travers la fin du XVIIIe siècle. Peuplé d’agents doubles, d’excentriques et de contrebandiers, ce roman tricote habilement la grande histoire et les tribulations d’un séduisant aventurier.
 
De minuit à minuit, Sara Mychkine
De minuit à minuit
Une femme écrit à sa fille, dont la garde lui a été enlevée. Sa longue lettre revient sur les fragilités et les traumatismes qui ont conduit à ce déchirement, mais aussi sur les déterminismes familiaux, sociaux et historiques qui ont conditionné leur existence à toutes deux. Face à la désolation d’un quotidien misérable, face à la violence de l’addiction, se dresse le rempart d’amour absolu qu’une mère a érigé pour sa fille, quitte à la perdre, quitte à se perdre.
C’est la poésie ardente et lumineuse de ce premier roman qui parvient à conjurer la noirceur de son sujet, à sauver une vie infime de l’effacement.
 
Mère nature, Alice Moine
Mère nature
Elle s'était juré qu'elle n'aurait pas d'autre enfant. Pourtant, Elle est de nouveau enceinte et les semaines s'écoulent sans qu'elle parvienne à définir ce qu'elle souhaite, entre un accouchement à domicile par une sage-femme et la solution radicale des freebirths excluant toute aide médicale. Tout plutôt que l'hôpital. 

Salomé, sa fille de 9 ans, s'inquiète de la venue du bébé dans un monde où les forêts brûlent et la guerre cogne aux portes de l'Europe, empêchant les adultes de penser. Qu'importe, Salomé accompagnera sa mère dépassée. 

Porté par l'innocence et l'ingéniosité d'une enfant, au rythme des trois trimestres de grossesse, Mère nature nous entraîne dans l'odyssée d'une femme blessée en quête d'une naissance respectée. Un roman contemporain, organique et sensible, qui interroge le libre arbitre de celles qui nous mettent au monde.
 
Au loin, quelques chevaux, deux plumes..., Jean-Louis Milesi
Au loin, quelques chevaux, deux plumes...
Juillet 1900. Le bourgeois Edward Sheriff Curtis quitte sa famille et son studio de Seattle pour une expédition dans le Nebraska, rêvant de la photographie qui le rendrait mondialement célèbre. Au milieu de nulle part, il est attaqué et dépouillé par des bandits. Étrangement, à cause d’une image échappée de son portefeuille, Curtis a la vie sauve. Encore plus étrange, le bandit qui l’a épargné l’entraîne avec lui dans un long et dangereux périple.
Qui est ce mystérieux cow-boy ? Quel lien le relie à la pendaison de trente-huit Sioux dans le Minnesota, quarante ans plus tôt ?
Que font-ils dans cette réserve au milieu d’Indiens si loin de son imaginaire d’enfant que Curtis est incapable de les photographier ?

Une fresque audacieuse et magnifique, portée par le souffle du Grand Ouest américain : la première fiction consacrée au photographe Edward S. Curtis, qui raconte la naissance de sa vocation.
 
Les Vallées closes, Mickaël Brun-Arnaud
Les Vallées closes
Qui peut dire ce qu’il s’est vraiment passé cette nuit où Paul-Marie, employé de mairie bien sous tous rapports, a recueilli chez lui Enzo, jeune adulte atteint de déficience intellectuelle ?
Dans ce village reculé de Provence où les préjugés sont rois et où l’on condamne toute forme de différence, la vérité importe peu. Et Paul-Marie est contraint de se cacher dans le grenier de Claude, sa mère, pour échapper à la vindicte populaire.
 
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