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Par Cherche midi, publié le 18/11/2020

"Une fille du régent" : le savoureux complot signé Dumas

Secret bien gardé de l’œuvre d’Alexandre Dumas, Une fille du Régent se découvre avec une folle délectation tant l’intrigue et la langue sont savoureuses. Un roman où les traits d’esprit de l’écrivain français servent brillamment un complot ficelé avec génie.

Écrit dans l’intervalle qui sépare Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte Cristo, ce récit palpitant signé du maître des romans d’aventure vient réaffirmer son sens du rythme et des stratagèmes politiques. À la mort de Louis XIV, son neveu, Philippe d’Orléans, se voit nommé régent du royaume de France. Habitué à une existence frivole, il gouverne toutefois le pays, assisté du machiavélique abbé Dubois. Ses filles fort libertines et son fils excessivement sérieux lui donnent du fil à retordre, mais c’est sa fille illégitime, Hélène de Chaverny, qui polarise son attention. Un cœur pur qui va égarer un homme du sang…

En imaginant – comme il l’avait déjà fait dans Les Trois Mousquetaires – un personnage plongé malgré lui au cœur d’un complot, Alexandre Dumas renoue avec les intrigues qui font tout le sel de ses romans, comme avec l’humour caractéristique qui lui vaut encore un franc succès en France et à l’étranger. Dans Une fille du Régent, ce n’est plus le Chevalier d’Harmental, pris dans des manigances pour faire tomber le régent de France Philippe d’Orléans, mais le jeune chevalier Gaston de Chanlay qui fait les frais d’une conspiration bretonne visant à faire chanceler le pouvoir en place.

Le panache en étendard, Alexandre Dumas – qui écrivait très souvent avec la complicité d’Auguste Maquet – propose une description inspirée et drôle de la France de l’époque, dans ses révoltes et ses luttes de pouvoir. Il dessine aussi un excellent duo, portrait de l’hypocrisie et du vice, en façonnant les personnages du Régent et Dubois, son perfide acolyte. S’y dévoilent des luttes d’égo et de pouvoir, toujours servis par de bons mots, mais aussi une charmante intrigue amoureuse. Une fille du Régent se lit à la bougie, comme un secret que l’on voudrait garder enfoui, comme une trouvaille inespérée.


Une fille du régent
À la mort du roi Louis XIV, son neveu, Philippe d’Orléans, est nommé régent du royaume de France. Tout en continuant à mener une vie frivole, il gouverne le pays avec son âme damnée, le machiavélique abbé Dubois – comme, en son temps, Louis XIII l’avait fait avec le cardinal Richelieu.

Lorsque le récit commence, le Régent fait sortir du couvent breton, où elle est enfermée depuis son plus jeune âge, sa fille cachée et illégitime, Hélène de Chaverny. Amoureuse du jeune chevalier Gaston de Chanlay, celle-ci ignore qu’il est mêlé à une conspiration, initiée par la noblesse bretonne, visant à assassiner le Régent. Dubois, dont les espions sont partout, compte bien mettre à profit cette situation pour assouvir ses ambitions personnelles.
 

On retrouve dans ce roman, écrit avec la collaboration d’Auguste Maquet, tous les ingrédients qui ont fait le succès des chefs-d’œuvre de Dumas : une description vive de la France de l’époque, son pouvoir, ses révoltes, ses complots. Après d’Artagnan le Gascon, c’est au tour de Chanlay le Breton de se retrouver bien malgré lui au milieu de l’échiquier politique. Avec le Régent et Dubois, Dumas nous offre un duo fascinant qui, à l’ombre de la raison d’État, pactise ou s’affronte selon les circonstances. Sans conteste un très grand cru qui se savoure avec délice.

Cherche midi
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