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Bouquins
EAN : 9782221136539
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Amok

Olivier MANNONI (Traducteur)
Date de parution : 21/02/2013

Dans cette nouvelle publiée en 1922, il est question de la folie, de la mort, de la dégradation que subit l’être humain dans son esprit et dans sa chair lorsqu’il est emporté par ses passions. Le cadre du récit est celui d’une colonie néerlandaise des tropiques, un lieu moite, malsain...

Dans cette nouvelle publiée en 1922, il est question de la folie, de la mort, de la dégradation que subit l’être humain dans son esprit et dans sa chair lorsqu’il est emporté par ses passions. Le cadre du récit est celui d’une colonie néerlandaise des tropiques, un lieu moite, malsain et brutal. Le personnage principal, un médecin éconduit par une belle Européenne, se lance à sa recherche dans une course insensée, comme l’un de ces fous qui, en Malaisie, dévalent parfois subitement les rues, armés de leur kriss, et poignardent tous ceux qui se trouvent sur leur chemin.

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EAN : 9782221136539
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Nastasia-B Posté le 11 Novembre 2020
    Il y a du brouillard ce matin, du blafard… C'est gris, c'est gras, c'est froid ; c'est triste à crever, humide à pleurer, gai à se pendre… On est tous flasques, l'hiver aux basques, l'avenir au masque… Alors j'avais envie de chaleur, de moiteur, d'un rien de folie pour m'aider à sortir du lit (pas trop loin, bien sûr, confinés que nous sommes, cons minés que nous sommes, éternels mauvais élèves d'une course à la servitude, à la platitude, à la chienlitude). Alors, après mon bock, j'ai lu Amok. « le fou de Malaisie » c'était écrit en sous-titre. « Ça c'est bon, ça ! je me suis dit, la Malaisie, le pays du malaise, sans aucun doute, ça ne peut vouloir dire que cela. Et ça tombe drôlement bien, je suis en plein dedans, la malaisie, alors allons-y, franchement, vent debout… » Oh ! c'était très court, ça ne m'a pas duré tout le confinement, et je ne vous cache pas que je me sens un peu déçue. En effet, pendant un temps, j'ai cru que Stefan Zweig allait étaler sur le papier ce qui est le plus noir en nous, faire de nos malsains penchants le coeur de sa nouvelle,... Il y a du brouillard ce matin, du blafard… C'est gris, c'est gras, c'est froid ; c'est triste à crever, humide à pleurer, gai à se pendre… On est tous flasques, l'hiver aux basques, l'avenir au masque… Alors j'avais envie de chaleur, de moiteur, d'un rien de folie pour m'aider à sortir du lit (pas trop loin, bien sûr, confinés que nous sommes, cons minés que nous sommes, éternels mauvais élèves d'une course à la servitude, à la platitude, à la chienlitude). Alors, après mon bock, j'ai lu Amok. « le fou de Malaisie » c'était écrit en sous-titre. « Ça c'est bon, ça ! je me suis dit, la Malaisie, le pays du malaise, sans aucun doute, ça ne peut vouloir dire que cela. Et ça tombe drôlement bien, je suis en plein dedans, la malaisie, alors allons-y, franchement, vent debout… » Oh ! c'était très court, ça ne m'a pas duré tout le confinement, et je ne vous cache pas que je me sens un peu déçue. En effet, pendant un temps, j'ai cru que Stefan Zweig allait étaler sur le papier ce qui est le plus noir en nous, faire de nos malsains penchants le coeur de sa nouvelle, un genre de Lolita de Nabokov… … et puis finalement non, non… J'ai le sentiment de voir un auteur fasciné par le mal mais qui s'évertue à demeurer « gentil » à la fin. Mais vas-y Stefan, bon sang ! Lâche-toi un bon coup. Ça plaira ou ça ne plaira pas mais il y aura quelque chose de fort à la clef ! Nous aussi on a envie de réanimation (littérairement parlant, bien entendu) ! Mais non, non… Ici, on retrouve la petite mécanique propre à l'auteur, bien huilée, trop huilée peut-être (enfin trop pour moi en tout cas, et en ce moment surtout), où le narrateur se fait le vecteur à ARN, le porte-parole d'un autre personnage au destin « exceptionnel ». (C'était déjà le cas, par exemple, dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, le Joueur d'échecs et tout plein d'autres nouvelles de lui.) Ensuite, comme à chaque fois, l'auteur en rajoute un peu avec « la violence extrême des passions » qui animait ce personnage ou toute autre formulation de ce genre, les tremblements de mains et tutti quanti, bref, tellement forte cette passion, donc, que le narrateur, qui ne le connaissait pas cinq minutes auparavant, se retrouve lui-même tout bouleversé par « cette singulière destinée », telle qu'il n'en croisa jamais plus par la suite, etc., etc. Ça, c'est pour faire monter un peu les blancs en neige, car, dans le fond, quand on y regarde de vraiment près, il n'y a pas forcément grand chose dans ses histoires au père Zweig. C'est bien écrit, c'est onctueux, il y a même un petit côté précieux, un petit doigt levé, quelqu'un d'une grande délicatesse, quelqu'un qui fréquente du beau monde, quelqu'un qui se veut d'une grande sensibilité, tout le tralala… … oui mais je t'en fous ! Ce qui le branche en vérité, l'ami Stefan, ce sont les côtés les plus glauques, les plus dépravés, détraqués, les putrides, les fétides, les bien dégueulasses ensevelis au fond de chacun de nous, aussi et surtout si l'on souhaite les cacher. Alors, pudiquement, toujours avec son petit doigt levé, Stefan Zweig soulève à demi le voile, entrebâille à moitié la porte du caveau, pour qu'on voie modestement, pour qu'on sente un tout petit peu la pourriture, mais sans toucher, surtout. Sans toucher car ce ne serait pas bien élevé. (Et sans gel hydro-alcoolique en plus, vous imaginez le scandale.) J'ai cru, donc, j'ai cru, que, pour une fois, il allait y aller franchement, qu'il allait ouvrir les barrières tout en grand et nous dépeindre un bon gros pervers, un gars carrément détraqué et peu fréquentable. Après un démarrage poussif sur un paquebot en 1912, il commence à m'intéresser, je me dis : « Chouette ! Voilà le Humbert Humbert de Nabokov qui se profile. » Et puis, chlouf ! plouf, ploc ! Trois petits ricochets de rien du tout. Je m'attendais à un gros splash ! et c'est juste un petit chploc ! un petit caillou, un gravier presque, jeté dans la mer, tout ça parce que Stefan Zweig tient absolument à rester propre sur lui, gentil, bien élevé, pas dégoûtant du tout. Mais vas-y, Stefan, boudiou ! Lâche les brides, affole la cavalerie et ça fera battre mon coeur ! Mais non, non, décidément non, à croire que lui aussi il respecte les gestes barrières. Alors voilà un brave type, qui rencontre un autre brave type, sur un bateau, à Calcutta. le premier brave type trouve que ça grouille et que ça pue sur ce bateau. Il y fait une chaleur à crever, rien à faire, ça vous colle de partout. Alors il se pointe de nuit sur le pont, à la fraîche. Il y croit être seul, mais non, non, absolument pas car c'est là qu'entre en scène l'autre brave type, mais dont on fait en sorte qu'il ait l'air… inquiétant ! Ouuuuuuh ! Presque autant qu'un corona virus vu de trois-quart, ouuuuuuh ! Qu'il est inquiétant… et puis finalement non, puisque c'est un brave type, je vous dis, mais on ne le savait pas, nous. (On est confinés, après tout, on ne peut pas non plus trop exiger de nous.) Et donc le deuxième brave type, il paraît drôlement secoué, tourneboulé par quelque chose, mais quoi ? On aimerait bien le savoir, nous, le quoi, mais il paraît trop secoué, l'autre, pour lâcher le morceau. Et puis finalement, bon, comme il a en face de lui un brave type (le premier), le brave type (le second) décide, comme ça, par pulsion, de tomber le masque, de lui déballer tout le matos, de lui confier tout ce qui le chamboule, tout ce qui lui tortille la théière depuis au moins deux mille kilomètres. Il y a une femme là-dessous, vous vous en doutiez. Et le bonhomme, le brave type, j'entends, enfin le second, il est quoi ? Médecin. Bon, très bien, j'en prends note, ça peut toujours servir par les temps qui courent. Et la femme ? Ah, c'est une lady. Bon d'accord, j'en prends note également, ça aussi ça peut servir d'avoir quelques relations et un peu de cash au fond de sa musette. Et alors ? Elle est enceinte. Aïe, pas de bol, ma jolie, on déprogramme en ce moment. Ah ? c'est ça le truc ! Elle, elle est venue le voir lui, parce que justement elle était enceinte et qu'elle ne le voulait pas trop. Bon okay, je commence à piger. Maintenant, le cadre : les colonies d'avant Première guerre mondiale, plus particulièrement, la colonie néerlandaise d'Indonésie. Bon très bien, je note encore. C'est un trou perdu ; palu, fièvre jaune et chaude pisse s'y ramassent à la pelle (bon, tant que c'est pas du corona virus, ça va). D'accord, je note toujours. le second brave type, c'est le médecin de l'endroit. Oui, bon, ça d'accord, j'avais compris. Mais, et la lady, là-dedans ? Ah ? C'est ça le hic, elle vient précisément de la grosse ville pour s'y faire avorter discrétos. Et après ? Après ? Vous ne croyez tout de même pas qu'une brave lectrice confinée comme moi va vous raconter l'histoire du brave type qui a rencontré un brave type, un soir, sur un paquebot, en rentrant de Calcutta en 1912, tout de même ? Lisez-le, bande de feignasses ! Et je dirais même plus, faites-vous-en votre propre opinion, loin de toute considération partisane ou vaccinale, telle celle que je viens de vous soumettre. Grand bien vous fasse, plus on est de braves, plus on rit. Enfin, je crois… d'ailleurs, ce n'est que mon avis, sans queue ni test, c'est-à-dire pas grand-chose.
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  • Lutopie Posté le 26 Octobre 2020
    Représentez-vous un mari, un amant, un docteur, un boy, un inconnu qui gravitent autour d'une seule et même femme. Cette femme, fière, sait comment se faire respecter mais on lui refuse, un jour, l'assistance et on la met dans l'embarras. Une histoire d'honneur et de déshonneur où le cas, clinique, n'est pas celui qu'on croit ; où le plus malade s'avère être le médecin, un médecin choqué par l'Amour, l'Amok. Comment être un homme qui aime une femme et pourquoi, par amour, chercher en même temps à la servir et à l'asservir ? Dans un désir de connaissance de la femme, dans un désir de puissance, par impuissance ... Zweig, par la puissance de sa narration, transmet l'impuissance d'une femme (parce que sa puissance n'est qu'apparence) au docteur, qui narre son histoire au premier narrateur, qui se retrouve à son tour témoin d'un drame, regard à la fois extérieur et intérieur car détenteur d'un secret, et le lecteur se retrouve à son tour dans la confidence, malgré lui, témoin et complice d'une sinistre affaire.
  • Hanahok Posté le 5 Août 2020
    Trois nouvelles sur l’Amok… Comment, souvent par amour, voire toujours par amour, on se perd. Assez noir, sombre… La part obscure de chacun d’entre nous, qui peut surgir et nous dépasser… la folie furieuse et irrépressible où l’on n’arrive plus à se contrôler, à contrôler ses émotions. Parfois oppressant, angoissant et ce, dans une atmosphère étrange, un peu irréelle. Toujours un peu poétique, toujours une part d’analyse psychologique. Est-ce la fragilité de l’individu, sa santé mentale peut-être, qui peut conduire à ces comportements excessifs… à cette perte de raison, cette perte de la réalité… Les trois nouvelles finissent par se ressembler un peu, pas l’histoire en elle-même bien sûr, mais la dérive d’un individu.
  • DonQuirano Posté le 5 Juillet 2020
    Nous sommes en 1912, deux hommes sont en conversation, la nuit, sur le pont d'un paquebot qui relie Calcutta a Naples. Que se disent-ils? Pourquoi fuient-ils les regards des passagers? Zweig dans son style impeccable et précis aborde les thèmes de l'Amour-Haine, du sens du devoir et du désespoir et pose au lecteur la question de savoir pourquoi nous cherchons a posséder ce qui semble inaccessible quitte a s'enfoncer dans un labyrinthe dont on ne sortira pas intact. Mais au fond que signifie Amok? Il y a des récits que vous souhaiteriez voir adapter au cinéma et pour lesquels vous avez en tant que lecteur un casting précis en tête. Lisez la nouvelle et on reparle. A noter que la traduction de Bernard Lhortolary est excellente. On oublie trop souvent que les traducteurs sont des écrivains a part entière.
  • Noemie67 Posté le 24 Mai 2020
    Peut-on encore écrire une critique sur Stefan Zweig ? Je dois faire, néanmoins, un mea culpa... J'avais débuté mes lectures de S. Zweig avec 24 heures dans la vie d'une femme, que je n'avais pas aimé du tout... Maintenant que je cerne de mieux en mieux cet auteur, j'apprends à l'aimer et apercevoir son style, ses pensées... J'avoue avoir été chaviré par le joueur d'échec ! Amok me laisse la même saveur... Comme quoi il ne faut jamais passer à côté des grands classiques... Maintenant je vais sûrement relire 24 heures dans la vie d'une femme afin de me faire un second avis...
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