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EAN : 9782714495242
Code sériel : 99999
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe
Au bord de la nuit
Eugène Badoux (traduit par)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 02/09/2021
Éditeurs :
Belfond
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Au bord de la nuit

Eugène Badoux (traduit par)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 02/09/2021
Au bord de la nuit est un livre unique, inoubliable. Publiée en Allemagne en 1933, interdite par le régime nazi, injustement oubliée, saluée par Patrick Modiano, une œuvre d’une infinie délicatesse et d’une écriture subtilement poétique, à redécouvrir d’urgence.
« Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au... « Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d’une main... « Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d’une main légère, diminuait alors la flamme. Il avait un livre ouvert devant lui et lisait à haute voix. La tête dans les mains, ses deux fils, collégiens de première année, blonds et dégingandés, aux visages moites et boutonneux, buvaient ses paroles. Leurs regards étaient fixes, perdus dans l’obscurité du jardin ou en une contrée plus lointaine encore. »
 
La vie d’un quartier de Brême, celui du port, entre le crépuscule et la nuit. Une succession de tableaux intimistes, d’instants de vie brefs et attendrissants, de destins qui se croisent et se défont, se mêlent encore, en plein cœur d’une ville qui s’endort, enveloppée par les ténèbres.
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EAN : 9782714495242
Code sériel : 99999
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe
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Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • christinebeausson Posté le 21 Janvier 2022
    Une invitation à passer quelques heures dans le quartier du port de Brème, un soir comme un autre dans les années 30. Une peinture réaliste où nous croisons les personnages divers et variés qui peuplent ce lieu quand la nuit tombe. Une fresque qui évoque les préoccupations des uns et des autres, de tous ceux qui se sont retrouvés là par les hasards de la vie. On ne sait pas grand chose de leur passé ou de leur avenir, on les prend comme ils sont, où ils sont, avec ce qu'ils sont en train de faire et on les accompagne quelques heures, sans les juger. L'écriture est délicate, l'atmosphère est rendue de façon incroyable, on sent l'humidité, la nuit comme si on était sur place. Est ce une œuvre qui justifiait son interdiction par le régime nazi ? Est on un résistant quand on se contente de vivre sans vouloir ne rien voir, sans prendre parti, sans rien dénoncer ? Est on simplement un Homme digne de son époque ? Pour nous certainement pas mais cet auteur comme il le confesse par ailleurs ne pouvait respirer sous le troisième Reich. Cette constatation nous prouve s'il en était encore besoin l'infamie de ce régime et de ce qu'il faisait vivre... Une invitation à passer quelques heures dans le quartier du port de Brème, un soir comme un autre dans les années 30. Une peinture réaliste où nous croisons les personnages divers et variés qui peuplent ce lieu quand la nuit tombe. Une fresque qui évoque les préoccupations des uns et des autres, de tous ceux qui se sont retrouvés là par les hasards de la vie. On ne sait pas grand chose de leur passé ou de leur avenir, on les prend comme ils sont, où ils sont, avec ce qu'ils sont en train de faire et on les accompagne quelques heures, sans les juger. L'écriture est délicate, l'atmosphère est rendue de façon incroyable, on sent l'humidité, la nuit comme si on était sur place. Est ce une œuvre qui justifiait son interdiction par le régime nazi ? Est on un résistant quand on se contente de vivre sans vouloir ne rien voir, sans prendre parti, sans rien dénoncer ? Est on simplement un Homme digne de son époque ? Pour nous certainement pas mais cet auteur comme il le confesse par ailleurs ne pouvait respirer sous le troisième Reich. Cette constatation nous prouve s'il en était encore besoin l'infamie de ce régime et de ce qu'il faisait vivre à son peuple et ce qu’il a fait subir au reste du monde.
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  • dezecinte Posté le 22 Novembre 2021
    J'ai beaucoup aimé cet auteur allemand dont je n'avais jamais entendu parler. Il décrit avec beaucoup de douceur et de sensibilité la tombée de la nuit dans une ville portuaire, où se croisent des existences minuscules que nous suivons pour quelques instants. Je ne me suis jamais ennuyé, et des scènes comme le combat de catch dans la guinguette, le flutiste à sa fenêtre sous laquelle deux vieux amis échangent des timbres de collection, ou le marchand de saucisses sous le pont resteront longtemps dans ma mémoire.
  • mylena Posté le 3 Novembre 2021
    Un coup de coeur, une pépite ! Ma première impression au bout de quelques pages étaient d'être dans un film tourné en un long travelling qui passe d'un ou deux enfants dans un parc au vieux monsieur assis sur un banc puis qui suit un passant… selon ce qu'a happé la caméra à l'improviste. Au bout de quelques pages à cette impression visuelle s'est ajoutée la musique de la flûte de M Berg à sa fenêtre, dont on suit aussi les auditeurs occasionnels. Et nous flottons dans l'air avec la musique, passant ainsi des uns aux autres, le temps d'une soirée de fin d'été. Après avoir lu la postface j'ai compris que mon impression était bonne, Friedo Lampe, pendant qu'il écrivait, décrivait son livre comme « de petites scènes, défilant comme dans un film, entrelaçant des vies ». Il y a semble-t-il (d'après la postface) 38 personnages (et deux chiens) mais à aucun moment cela ne pose problème, même si on n'a pas mémorisé les prénoms, chaque personnage est suffisamment caractérisé et reconnaissable. S'il y a une multiplicité de petites actions, des bribes de vie saisies au vol, il y a une unité de temps très réduite, quelques heures d'une soirée, et une... Un coup de coeur, une pépite ! Ma première impression au bout de quelques pages étaient d'être dans un film tourné en un long travelling qui passe d'un ou deux enfants dans un parc au vieux monsieur assis sur un banc puis qui suit un passant… selon ce qu'a happé la caméra à l'improviste. Au bout de quelques pages à cette impression visuelle s'est ajoutée la musique de la flûte de M Berg à sa fenêtre, dont on suit aussi les auditeurs occasionnels. Et nous flottons dans l'air avec la musique, passant ainsi des uns aux autres, le temps d'une soirée de fin d'été. Après avoir lu la postface j'ai compris que mon impression était bonne, Friedo Lampe, pendant qu'il écrivait, décrivait son livre comme « de petites scènes, défilant comme dans un film, entrelaçant des vies ». Il y a semble-t-il (d'après la postface) 38 personnages (et deux chiens) mais à aucun moment cela ne pose problème, même si on n'a pas mémorisé les prénoms, chaque personnage est suffisamment caractérisé et reconnaissable. S'il y a une multiplicité de petites actions, des bribes de vie saisies au vol, il y a une unité de temps très réduite, quelques heures d'une soirée, et une certaine unité de lieu, quelques rues d'un quartier de Brême, près du port. L'atmosphère de cette soirée et des lieux est remarquablement rendue, d'une poésie incroyable, qui contraste avec les scènes saisies parfois assez crues ou en tout cas terre à terre. Et toutes ces vies sont liées, par ce moment, par ce lieu, par les sons entendus, même si ces gens ne se connaissent guère. Je crois bien n'avoir jamais lu un texte aussi fluide. Quelques thèmes sont plus présents : la mort (un homme meurt dans son lit, beaucoup de personnages sont veufs), et le temps aussi. « Le jour était passé, la nuit était venue, une nuit quelconque, une des innombrables, et qui jamais ne reviendrait semblable. Car le dessin qu'elle composait présentement avec la vie ne se reproduirait jamais ; et qui ne la vivait pas, rêvant ou éveillé, qui la laissait échapper, l'avait perdue pour toujours, et sa vie se trouvait d'un peu, d'un rien, appauvrie. » Difficile de trouver plus beau texte pour inciter à vivre pleinement le moment présent ! En décembre 1933, après l'interdiction du roman, Friedo Lampe a écrit sur un exemplaire : "Mon enfant, à sa naissance rouge et fort, Après quatre semaines était mort. Il aimait l'air tiède, libre et weich [tendre] Et ne pouvait respirer au Troisième Reich. Mais nous voulons avoir patience et espérer. Peut-être le verrons-nous un jour ressusciter. Le saisi" Je souhaite de tout coeur que cette réédition récente permette enfin à Au bord de la nuit de rencontrer des lecteurs.
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  • Josephine2 Posté le 3 Novembre 2021
    En ouvrant ce livre, on fait un grand pas en arrière. Cela se passe dans les années 30, juste avant la montée du Nazisme. C’est l’automne, dans un quartier du port de Brême. Friedo LAMPE, par petites saynètes courtes, raconte la vie de quelques personnages qui se côtoient, se perdent et se retrouvent, qui ont plus ou moins, un lien entre eux. On peut passer de l’un à l’autre sans que le lecteur soit perdu. C’est comme les poupées russes, on ouvre une boîte et une autre boîte plus petite apparaît et ainsi de suite… Une écriture surannée, délicieuse, une atmosphère chaude et parfois lourde, qui laisse entre-apercevoir le futur qui se prépare et la violence de ce futur. Une certaine nostalgie, et une grande sensibilité, accompagnée de musique traverse ce livre. Un moment hors du temps et qui hante le lecteur après avoir refermé le livre.
  • Marylou26 Posté le 24 Octobre 2021
    Je découvre avec Au bord de la nuit (1933) une collection – Belfond [Vintage] -, qui réédite des titres méconnus ou tombés dans l'oubli, mais surtout un auteur, Friedo Lampe, disparu tragiquement le 2 mai 1945. Roman d'atmosphère et d'avant-garde, tel que le rapporte Eugène Badoux dans l'intéressante analyse de l'œuvre qui suit le roman, tout se passe comme si l'auteur avait choisi une tombée de la nuit, n'importe laquelle, en septembre, et qu'il promenait sur la ville et son port son projecteur, tout ce qui se passe hors de notre champ de conscience, l'existence en somme, passant d'un personnage à l'autre, alors que l'Adélaïde s'apprête à prendre le large. Pas assez « allemand », selon les critères de l'époque, le livre sera interdit par les nazis. Eugène Badoux cite l'auteur : «En ce Noël 1933, Friedo écrira sur un exemplaire d'Au bord de la nuit : Mon enfant, à sa naissance rouge et fort, Après quatre semaines était mort. Il aimait l'air tiède, libre et weich Et ne pouvait respirer au Troisième Reich. Mais nous voulons avoir patience et espérer, Peut-être le verrons-nous un jour ressusciter. Le saisi» C'est chose faite. de beaux passage sur le passage du temps, et sur l'avancée de la mort, de la nuit.
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