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La Découverte
EAN : 9782707159236
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Du bon usage de la torture

Ou comment les démocraties justifient l'injustifiable

Collection : Cahiers libres
Date de parution : 09/12/2010

Face à l'« idéologie libérale de la torture » qui fait retour dans les démocraties occidentales, le philosophe Michel Terestchenko propose une réfutation serrée de tous les « arguments» fallacieux de ses zélateurs.

Depuis le 11 septembre 2001, la torture est devenue, aux États-Unis, une pratique d'État politiquement et juridiquement justifiée par la « guerre globale contre la terreur ». Mais on sait moins, en Europe, qu'elle y a également fait l'objet d'une légitimation morale : pour d'éminents penseurs américains, la torture serait...

Depuis le 11 septembre 2001, la torture est devenue, aux États-Unis, une pratique d'État politiquement et juridiquement justifiée par la « guerre globale contre la terreur ». Mais on sait moins, en Europe, qu'elle y a également fait l'objet d'une légitimation morale : pour d'éminents penseurs américains, la torture serait un mal nécessaire, voire un bien, dans certaines situations de menace extrême. Comment comprendre cette dramatique régression de la « première démocratie » ?
La réponse à cette question est moins évidente qu'il n'y paraît. D'où l'importance de cet essai, où Michel Terestchenko l'affronte dans toutes ses dimensions. Historique d'abord, car les techniques d'« interrogatoire coercitif » sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l'US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications légalisées par le Congrès américain, qui a permis la création d'un véritable archipel mondial de la torture. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de l'« idéologie libérale de la torture ». L'auteur explique notamment pourquoi son argument central, l'hypothèse de la « bombe à retardement » justifiant la torture de l'individu qui l'a posée, n'est en réalité qu'une fable perverse, popularisée notamment par la série télévisée « 24 heures ».
Ainsi légitimée, démontre l'auteur, la torture devient le venin de la démocratie : en acceptant de briser les corps des hommes et des femmes « ennemis », elle mine inévitablement les principes mêmes de l'État de droit, corrompant la société tout entière.

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EAN : 9782707159236
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ils en parlent

« Vous aimez la série 24 Heures chrono ? Vous admirez Jack Bauer, tortionnaire solitaire et tragique, qui, grâce, à ses interrogatoires musclés, déjoue des attentats meurtriers ? Ce livre de Michel Terestchenko est fait pour vous: Du bon usage de la torture est une passionnante démonstration de philosophie morale et politique, destinée à réfuter les arguments qui légitiment la torture - quand elle est conçue comme un "mal nécessaire" et un choix désespéré fait en vue de sauver des vies innocentes. »
CHARLIE HEBDO

« Michel Terestchenko signe un des tout meilleurs essais de cette année. »
PAGE

« Comment les démocraties tentent de justifier l'injustifiable: le recours à la torture. C'est ce que met au jour le philosophe Michel Terestchenko dans un essai brillant et sans concession. »
LE POINT

« L'auteur qui décortique scrupuleusement les différents types de tortures, analyse les prétextes invoqués par certaines puissances pour y recourir. S'appuyant notamment sur l'exemple des Etats-Unis, il réfute un à un les arguments utilisés, et presque banalisées, depuis le 11 septembre afin de justifier cette transgression du droit. Il met à profit Pascal et dénonce "la volonté de faire dire à la loi ou à la règle le contraire de ce qu'elle dit, de justifier le crime ou le pêché, le tout par un art spécieux de l'interprétation". Le philosophe explore quatre attitudes face à la torture: l'interdiction absolue, la justification pour raison d'État, l'encadrement juridique, la responsabilité personnelle. Il démontre la faiblesse intellectuelle, morale et pratique des justifications apportées à cette violation des droits de l'homme, même pudiquement parée de l'exceptionnalité. Mais Michel Terestchenko expose surtout comment le recours à la torture abolit les fondements symboliques de l'État souverain et fait vaciller la démocratie. Pour lui, il n'est pas d'autre attitude que "s'en tenir à des principes non négociables". »
LE MONDE DIPLOMATIQUE

« L'auteur de cet essai convaincant se livre à une réfutation de l'idée que la torture peut être justifiée dans certains cas, une idée défendue par certains penseurs ou juristes éminents (Richard Posner, Michael Walzer...). Son moindre mérite n'est pas tant d'éviter le lieu commun d'un point de vue moralisateur, que de démontrer l'illusion de l'efficacité de l'usage de ces méthodes d'interrogatoire, qui ne peuvent produire de résultats fiables. Partant de définitions rigoureuses, des conventions internationales et de l'interprétation sans ambiguïté des juridictions qui ont rejeté la notion d'ennemis ne relevant pas du droit pour les terroristes, l'auteur démonte le but poursuivi par les tortionnaires et l'illusion de ceux qui justifient leur action. »
ÉTUDES

« La philosophie ça ne sert à rien ! Telle est la conviction de nombreux lycéens, de divers politiciens réalistes et d'un supposé président qui se targue d'efficacité pragmatique. Il est facile de leur répondre, le dernier livre de Michel Terestchenko en main, que la philosophie, ça sert au moins à ne pas faire souffrir son prochain, à ne pas le détruire psychiquement. Il faut donc faire de la philosophie dans la vie de tous les jours, lorsqu'on est magistrat, policier, militaire, homme d'Etat - ou simple citoyen soucieux de savoir en quel sens il lui faut s'engager et de quoi son silence le rendrait complice. C'est dire que Michel Terestchenko rend un immense service en nous offrant une réflexion philosophique sur la torture qui ruine notre bonne conscience: il est rassurant de croire que la torture est le sinistre produit des totalitarismes, des dictatures (le Chili...) ou plus récemment de l'impérialisme américain. »
ROYALISTE

PRESSE
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