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La Découverte
EAN : 9782707192493
Code sériel : 440
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 218
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Éloge du carburateur

Essai sur le sens et la valeur du travail

Marc SAINT-UPÉRY (Traducteur)
Date de parution : 26/05/2016
Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir… un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle une... Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir… un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle une réflexion particulièrement fine sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.
Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles, se révèle pauvre et déresponsabilisant. À l’inverse, il restitue l’expérience de ceux qui, comme lui, s’emploient à fabriquer ou réparer des objets – dans un monde où l’on ne sait plus qu’acheter, jeter et remplacer. Le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d’un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l’« économie du savoir ».
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EAN : 9782707192493
Code sériel : 440
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 218
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • LesPetitesAnalyses Posté le 9 Octobre 2020
    — T'as regardé auto-moto hier matin ? — Oh putain oui, la nouvelle GLX-13 a l'air terrible !! — À fond ma biche. C'est la seule de sa catégorie à avoir les têtes de delco à injections inversées en plus ! — Sans parler de ses suspensions à hydrogène et de son vilebrequin multi-thermique. J'me réjouis trop de la voir au salon de l'auto ! — On ira ensemble trouduc. Enfin, après l'émission, j'ai continué à retaper ma vieille R5. L'intérieur est complètement désossé. J'y ai passé tout l'après midi, j'suis cassé en deux comme un axe de timonerie ! — … C'est vrai, j'avais presque oublié que t'avais une R5 toute pourrie dans ton garage de tapette. — Hé bouffon, au moins je ne suis pas obligé de me cacher de ma femme pour réparer ma bagnole, MOI ! — Mais ta gueule, tu connais pas ma vie ! Bref. Et toi, Jo qu'est-ce que t'as fait hier ? — j'ai lu un bouquin, connard, une chose que tu n'as jamais vu d'ta vie. Répondais-je en avalant la dernière bouchée de mon sandwich. — T'as que ça à foutre de tes week-end, lire un livre, hahaha ! Quelle vie de merde ! Bon, la pause est... — T'as regardé auto-moto hier matin ? — Oh putain oui, la nouvelle GLX-13 a l'air terrible !! — À fond ma biche. C'est la seule de sa catégorie à avoir les têtes de delco à injections inversées en plus ! — Sans parler de ses suspensions à hydrogène et de son vilebrequin multi-thermique. J'me réjouis trop de la voir au salon de l'auto ! — On ira ensemble trouduc. Enfin, après l'émission, j'ai continué à retaper ma vieille R5. L'intérieur est complètement désossé. J'y ai passé tout l'après midi, j'suis cassé en deux comme un axe de timonerie ! — … C'est vrai, j'avais presque oublié que t'avais une R5 toute pourrie dans ton garage de tapette. — Hé bouffon, au moins je ne suis pas obligé de me cacher de ma femme pour réparer ma bagnole, MOI ! — Mais ta gueule, tu connais pas ma vie ! Bref. Et toi, Jo qu'est-ce que t'as fait hier ? — j'ai lu un bouquin, connard, une chose que tu n'as jamais vu d'ta vie. Répondais-je en avalant la dernière bouchée de mon sandwich. — T'as que ça à foutre de tes week-end, lire un livre, hahaha ! Quelle vie de merde ! Bon, la pause est finie mes petites chattes poilues, faut retourner travailler. Salut les nazes. Je me rappelle de ce genre de conversation comme si c'était hier. Je faisais partie d'une société, et plus particulièrement d'un département, où la plupart des mecs vouaient un culte au sport moteur. Cette vénération atteignait son paroxysme sur le temps de midi, quand nous étions tous réunis à table, où la philosophie des grosses cylindrées côtoyait les insultes graveleuses pour le plus grand plaisir de mes oreilles. Ils se foutaient de ma poire et je leur rendais la pareille, c'était de bonne guerre. Il y avait quelque-chose de surréaliste dans cette manière de s'envoyer des volées de bois vert à consonance automobile afin d'avoir un vrai, et pur, moment de liberté alors que le reste de la journée se passait sous la pression sournoise du management. L'éloge du carburateur de Matthew B. Crawford, sorti en 2009 (sous le titre anglais “Shop Class as Soulcraft: An Inquiry Into the Value of Work”) m'a toujours fait penser à cette bande de joyeux lurons au langage fleuri. Et quand je vis, l'autre jour, la couverture de ce livre derrière la vitrine de ma librairie favorite, une soudaine envie d'en savoir plus sur cet étrange mélange de bécanes et de philo m'envahit. Je vous propose une petite analyse de ce rutilant essai. Souvenez-vous d'abord de cette année 2009. Nous nous enfoncions un peu plus dans une crise économique, communément appelé crise des subprimes. le monde entier vacillait entre faillites en cascade et découverte des effets pervers de l'ultralibéralisme. Il n'y a pas de hasard si des langues ont commencé à se délier suite à cette crise. Qui n'a jamais eu vent des révélations de Wikileaks par exemple ? le monde du travail ne fut pas en reste non plus, les pratiques managériales douteuses occupaient soudainement le devant de la scène avec la vague de suicides qui toucha la société France-Télécom. L'horizon indépassable du management moderne se fissurait sous nos yeux. le succès du livre Éloge du carburateur a participé à montrer la transformation qui s'est opérée, depuis l'éducation jusqu'à la réalité des postes de travail, où l'on ne demandait plus de penser mais d'appliquer des procédures : “ Une bonne partie de la rhétorique futuriste qui sous-tend l'aspiration à en finir avec les cours de travaux manuels et à envoyer tout le monde à la fac repose sur l'hypothèse que nous sommes au seuil d'une économie postindustrielle au sein de laquelle les travailleurs ne manipuleront plus que des abstractions. le problème, c'est que manipuler des abstractions n'est pas la même chose que penser. Les cols blancs sont eux aussi victimes de la routinisation et de la dégradation du contenu de leurs tâches, et ce en fonction d'une logique similaire à celle qui a commencé à affecter le travail manuel il y a un siècle. La part cognitive de ces tâches est “expropriée” par le management, systématisée sous forme de procédures abstraites, puis réinjectée dans le process de travail pour être confiée à une nouvelle couche d'employés moins qualifiés que les professionnels qui les précédaient. Loin d'être en pleine expansion, le véritable travail intellectuel est en voie de concentration aux mains d'une élite de plus en plus restreinte. " Matthew Crawford puise dans son expérience personnelle où il voue une passion sans nom à la mécanique. Son atelier de motos est son antre, chaque bécane demande du temps et de l'expérience. Il faut apprivoiser la bête, comprendre le fonctionnement des pièces qui la composent. Connaître ses limites et puis s'engager dans la réparation d'un moteur qui peut vite s'avérer fastidieuse. Mais la récompense est au bout. Certes il y a la rétribution financière mais il y a surtout le sentiment profond d'être à sa place et d'avoir fait quelque-chose de concret qui est visible aux yeux de tous : la moto est réparée et elle roule. De l'autre côté, l'auteur est aussi doctorant en philosophie et a connu le travail de bureau. Son premier job lui fit l'effet d'une gifle tant ses attentes n'étaient pas en accord avec ce qu'il faisait réellement. Il imaginait pouvoir s'immerger corps et âme dans un travail et utiliser ses capacités de discernement alors que tout ce qu'on lui demandait était d'appliquer bêtement des procédures. le monde du travail intellectuel n'était plus qu'un mirage. En plus de son expérience personnel, Crawford n'hésite pas à étayer ses propos par des pistes d'explications qui lorgnent du côté de la philosophie, psychologie ou de la sociologie. Il brasse large tout en essayant de trouver les points de convergence qui permettraient de répondre à la question “Pourquoi en sommes-nous là ?” Une des clés est peut-être à chercher dans l'extrême différence qui existe entre un artisan qui chérit sa création et un consommateur qui met constamment au rebut des objets qui peuvent encore fonctionner afin d'assouvir sa quête fébrile du nouveau. Il y a un lien entre notre manière de consommer et le travail qui a permis que la création du produit. 😉 À ce titre, il me semblait important de noter une citation de Josie Appleton reprise dans l'ouvrage, et qui nous dit: “Le problème n'est pas tellement l'éthique consumériste en tant que telle, mais le fait qu'elle est devenue, par défaut, une des dernières expériences significatives de notre existence. Il y a dans le fait d'acheter un nouveau produit et de le rapporter chez soi, une tangibilité et une satisfaction qui impliquent que le shopping devient pour les individus une confirmation de leur capacité de produire des effets dans le monde …” En conclusion, Éloge du carburateur est un livre qui ne mâche pas ses mots quant à la nouvelle économie mais qui a aussi l'intelligence d'argumenter ses avis. En faisant une ode aux sens et à la passion dans le monde du travail, Crawford nous donne des pistes afin de questionner notre rapport au travail. Certes le bouquin a déjà 10 ans mais il n'en est pas moins pertinent pour la cause. Son témoignage en deux temps, sur son expérience de travail classique et celle de son atelier de réparation de motos, continue d'être au centre de la préoccupations de beaucoup de travailleurs : Comment s'épanouir dans le monde professionnel ? Comment obtenir un emploi sans renier ses valeurs et ses envies? Comment créer son propre travail et faire en sorte qu'il subvienne à nos besoins?
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  • Olloix Posté le 10 Juillet 2020
    J'ai lu "Eloge du carburateur" à la suite de "Contact" du même auteur. On y retrouve les mêmes thèmes, avec un abord plus proche du reportage et du témoignage. Je n'ai pas été passionné par cette lecture, mais néanmoins intéressé.
  • bina Posté le 1 Août 2019
    Je ne pensais lire un jour un livre intitulé ainsi, la mécanique et moi...à part changer une roue et vérifier les niveaux... Mais c'est une très intéressante réflexion sur le travail manuel, et l'intelligence et la réflexion requise pour l'exercer dans son intégralité (on n'est pas ici dans le découpage des tâches effectuées mécaniquement et sans réfléchir, mais dans le diagnostique du problème et la réparation). L'auteur a fait des études universitaires, a pratiqué différents travaux (bureau, directeur de think tank) sans jamais trouver la gratification du travail accompli. Il l'a trouvé dans l'ouverture de son atelier de réparation de moto. Mais ses réflexions sont valables pour n'importe quel métier de l'artisanat qui demande une réalisation concrète avec des tenants et des aboutissants bien perceptibles.Les pages consacrées à des exemples très concrets de réparation de moto mis à part, j'ai trouvé cette réflexion intéressante sur l'évolution de notre société.
  • jullius Posté le 20 Juin 2019
    un des livres les plus intelligents qu'on lira sur le travail
  • Tytalba Posté le 12 Mars 2019
    Un livre fort intéressant prêté par une collègue et qui rétablit la valeur, la complexité et l'intérêt du travail manuel à travers l'expérience de l'auteur, reconverti en réparateur en moto après quelques mois décevants dans un think-tank américain. Si les carburateurs et autres subtilités des moteurs ne m'ont pas vraiment parlé, j'ai néanmoins beaucoup aimé le contenu de ce livre qui casse un peu les mythes sur les débouchés des "grandes études", le sens de ces métiers dits intellectuels mais pourtant parfois si pauvres et finalement quelque part liberticides. L'auteur rétablit les vertus du travail manuel alliant pensée et action au service de besoins bien pratiques et réels comme la plomberie, la mécanique.... bref, le savoir-faire et ça, ça fait du bien de le lire.

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