Lisez! icon: Search engine
Belfond
EAN : 9782714481696
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe

La Fabrique des salauds

Rose LABOURIE (Traducteur)
Date de parution : 22/08/2019
Une poignée de douleur et de chagrin suffit pour trahir, et une seule étoile scintillant dans la nuit pour qu’un peu de lumière brille par intermittence dans toute cette horreur.
Dans la lignée des Bienveillantes de Jonathan Littell ou de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, un roman hors normes, une fresque exubérante et tragique, pleine de passion, de sang et de larmes, qui retrace tout un pan du XXe siècle, de Riga à Tel Aviv en passant... Dans la lignée des Bienveillantes de Jonathan Littell ou de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, un roman hors normes, une fresque exubérante et tragique, pleine de passion, de sang et de larmes, qui retrace tout un pan du XXe siècle, de Riga à Tel Aviv en passant par Auschwitz et Paris.
À travers l’histoire de Koja, Hubert et Ev Solm, deux frères et leur sœur, sorte de ménage à trois électrique, Chris Kraus nous entraîne dans des zones d’ombre où morale et droiture sont violemment bafouées, et dresse en creux le portrait d’une Europe à l’agonie, soumise à de nouvelles règles du jeu.

Une œuvre impressionnante, magnum opus sur le déclin d’une époque et la naissance d’une nouvelle ère.
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782714481696
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe

Ils en parlent

« On pourrait affirmer qu’il n’y a rien de plus crédible que le réel.  C’est sans compter l’extraordinaire fiction que Chris Kraus tisse à partir de ce matériau. »
Focus

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • GuyMontag Posté le 14 Décembre 2019
    La vie et le destin de Koja Solm, héros du roman « La fabrique des salauds », peuvent être comparés à celle de Bernhard Gunther, héros d’une série de romans écrits par Philip Kerr et dont l'action se déroule également essentiellement en Allemagne sous le Troisième Reich et durant l'après-guerre. C’est Reinhard Heydrich qui leur met le pied à l’étrier de la SS à tous deux, contre leur volonté et leur fait intégrer les services secrets nazis. Aussi bien Koja Solm que Bernie Gunther feront partie d’un einsatzgruppen. Après guerre, nos deux héros seront amenés à « fréquenter » différents services secrets. Tous deux connaîtront l’exil. Ils seront amenés à trahir pour survivre. Par le biais de leurs personnages, Philip Kerr et Chris Kraus nous font visiter des zones de l’Histoire du XXe siècle généralement peu décrites, ils nous emmènent dans les tréfonds de l’âme humaine, là où les notions de bien et de mal se diluent en un inquiétant grisâtre.
  • SabiSab28 Posté le 11 Décembre 2019
    Merci à Babélio et aux Editions Belfond pour cet envoi. Devant mettre un avis suite à cette MC reçu, je ne mets d'un aperçu de mon avis final mais qui je pense ne changera pas dans le fond (je n'ai lu "que" 650 pages sur le 900). Ce livre est passionnant, et malgré ce pavé, les pages se tournent toutes seules et nous sommes happés par l'histoire de triangle amoureux emportés par les turbulences de la 2nde guerre mondiale puis de la guerre froide. Chris Kraus fait un travail monstrueux de cette période, le début du social-nationalisme en Lettonie, l'embrigadement dans le nazisme puis s'en suivront tous les autres services secrets, KGB, CIA, .. Sa plume est tout à fois intelligente, travaillée et d'un humour sarcastique. Ses personnages hauts en couleur, nous bousculent ; on vribe avec eux, on tremble, on aime et on veut être aimé. C'est un véritable coup de cœur, qui se confirmera à la fermeture définitive de ce livre.
  • justinesq Posté le 7 Décembre 2019
    La Fabrique des Salauds, les nuances sombres de la nature humaine Ce que nous retenons souvent de l'Histoire, ce sont uniquement les dates et protagonistes les plus formels, aussi évidents à désigner que les pièces anguleuses qui dessinent les bords d'un immense puzzle. Mais dans ce roman-fleuve, La Fabrique des Salauds (Das kalte Blut) de Chris Kraus aux éditions Belfond, toutes les pièces ne sont que bosses et creux : elles s'imbriquent les unes aux autres et forment une carte complexe des antagonismes qui déchirent un même continent, l'Europe ; une même famille, celle des Solm ; une même conscience, celle du narrateur Koja, et de ses avatars. La pellicule sépia d'un long-métrage littéraire À travers plus de 850 pages, le lecteur parcourt une Europe fragile où se mélangent des populations qui portent en elles leurs propres cicatrices et traditions : Russes, Lettons, Allemands… Autant de nationalités aux contours estompés, rendues d'autant plus sibyllines qu'au cours du XXe siècle, chacune d'entre elles peut revendiquer une langue (balte, slave, germanique), une croyance (juive, protestante, catholique), et une conviction politique différente (bolchévique, communiste, sioniste, nazie). Avec son foisonnement de personnages, de lieux et de situations, La Fabrique des Salauds, c'est la fresque... La Fabrique des Salauds, les nuances sombres de la nature humaine Ce que nous retenons souvent de l'Histoire, ce sont uniquement les dates et protagonistes les plus formels, aussi évidents à désigner que les pièces anguleuses qui dessinent les bords d'un immense puzzle. Mais dans ce roman-fleuve, La Fabrique des Salauds (Das kalte Blut) de Chris Kraus aux éditions Belfond, toutes les pièces ne sont que bosses et creux : elles s'imbriquent les unes aux autres et forment une carte complexe des antagonismes qui déchirent un même continent, l'Europe ; une même famille, celle des Solm ; une même conscience, celle du narrateur Koja, et de ses avatars. La pellicule sépia d'un long-métrage littéraire À travers plus de 850 pages, le lecteur parcourt une Europe fragile où se mélangent des populations qui portent en elles leurs propres cicatrices et traditions : Russes, Lettons, Allemands… Autant de nationalités aux contours estompés, rendues d'autant plus sibyllines qu'au cours du XXe siècle, chacune d'entre elles peut revendiquer une langue (balte, slave, germanique), une croyance (juive, protestante, catholique), et une conviction politique différente (bolchévique, communiste, sioniste, nazie). Avec son foisonnement de personnages, de lieux et de situations, La Fabrique des Salauds, c'est la fresque d'une époque trouble, où les lois morales se tordent sous le poids de la nécessité d'exister, et pas seulement de survivre. Les couleurs froides de la banalité du mal Nous, lecteurs, suivons les pensées et les actes de Koja, protagoniste convoitant par dessus tout le bonheur de son frère, Hub, et de sa soeur, Ev, malgré l'aversion et l'inceste qui enveniment le trio. Pour eux, il devient sauveur et bourreau, capable d'envoyer des inconnus et des amis à la mort, en les manipulant ou en fermant les yeux sur leur sort. Se plaçant au second plan derrière Ev et Hub, il est pourtant en première ligne lorsqu'il exécute les crimes et les préjudices qui les préserveront, croit-il, tous les trois. Comment le lecteur peut-il juger, d'un point de vue éthique, ces actes-là, dont les ressorts ne sont ni idéaologiques, ni dogmatiques, seulement émotionnels ? Koja est, somme toute, l'une des nombreuses incarnations de ce que Hannah Arendt nommait “banalité du mal”, que nous retrouvons également dans le roman allemand Le Liseur (Der Vorleser) de Bernhard Schlink. La Fabrique des Salauds révèle les rouages de l'Histoire, ceux qui broient les individus, à l'instar de machine M/Moloch englouissant les ouvriers dans le film Metropolis. Merci à la magnifique traduction de Rose Labourie qui nous invite à écouter cet homme centré sur lui-même, mais qui demeure, parmi tant d'autres, l'un des engrenages de la mécanique infernale.
    Lire la suite
    En lire moins
  • liberliber Posté le 15 Novembre 2019
    1974 dans un hôpital où deux hommes, la tête trouée, partagent la même chambre. Le premier, un certain Koja Solm, se confie au second, un hippie bouddhiste pétri de bons sentiment. L'histoire qui va lui raconter fait froid dans le dos. Elle couvre une bonne partie du 20ème siècle, l'un des plus meurtriers, avec, comme point d'orgue, la Seconde Guerre mondiale. Hormis Koja, la famille Solm, aux racines allemandes, vit à Riga en Lettonie. Elle est composée de la mère, une femme fière de sa filiation aristocratique, du père, un peintre de génie à la raison défaillante, de Hubert, l'aîné, et d'Ev, une petite orpheline adoptée dont les origines juives sont ignorées des parents et des frères. Malgré lui (même si on a toujours le choix) et pour subvenir aux besoins de sa famille ruinée, Koja est recruté par les SD. C'est le premier « rôle » que ce caméléon oisif, amoureux des arts et peintre plutôt doué, va endosser. Ce sera le début de la fin pour celui qui n'adhère pas à l'idéologie nazie, contrairement à son frère, et qui se dérobe parfois aux ordres qui le dérangent. Koja semble toujours sur un fil, à distance de ce qui se déroule sous ses... 1974 dans un hôpital où deux hommes, la tête trouée, partagent la même chambre. Le premier, un certain Koja Solm, se confie au second, un hippie bouddhiste pétri de bons sentiment. L'histoire qui va lui raconter fait froid dans le dos. Elle couvre une bonne partie du 20ème siècle, l'un des plus meurtriers, avec, comme point d'orgue, la Seconde Guerre mondiale. Hormis Koja, la famille Solm, aux racines allemandes, vit à Riga en Lettonie. Elle est composée de la mère, une femme fière de sa filiation aristocratique, du père, un peintre de génie à la raison défaillante, de Hubert, l'aîné, et d'Ev, une petite orpheline adoptée dont les origines juives sont ignorées des parents et des frères. Malgré lui (même si on a toujours le choix) et pour subvenir aux besoins de sa famille ruinée, Koja est recruté par les SD. C'est le premier « rôle » que ce caméléon oisif, amoureux des arts et peintre plutôt doué, va endosser. Ce sera le début de la fin pour celui qui n'adhère pas à l'idéologie nazie, contrairement à son frère, et qui se dérobe parfois aux ordres qui le dérangent. Koja semble toujours sur un fil, à distance de ce qui se déroule sous ses yeux, incapable de s'engager totalement. Il incarne aussi en quelque sorte ce que Hannah Arendt appelait la banalité du mal. Il est un être plutôt ordinaire, capable d'empathie mais qui participe néanmoins au système totalitaire parce qu'il ne veut pas mourir. Et, pour survivre, dans cette période chaotique, il est préférable d'être du côté du plus fort. Un précepte qu'il s'appliquera toute sa vie. Y compris pour lui mais aussi pour sauver ceux qu'il aime. Mais le funambulisme a ses limites et l'équilibre peut s'avérer instable. D'autant plus que l'Armistice et la défaite de l'Allemagne ne signent par l'arrêt de mort de tous les Nazis. En toute impunité, la RFA en a recyclé une bonne partie, notamment dans les services secrets. Après la guerre, Koja va louvoyer en travaillant à la fois pour l'Allemagne, où il va retrouver d'anciens « camarades », l'URSS et Israël. Le parfait agent triple ! Chris Kraus a réussi à la fois une fresque historique invoquant une période, celle de l'après-guerre, peu abordée par la littérature, et le récit intime d'un homme qui a fait les mauvais choix et qui est piégé par ses multiples trahisons, en particulier de son frère, Nazi par conviction, et de sa sœur qui veut venger les Juifs. Mais, si son « héros » est bien un salaud, on ne parvient pas à le détester totalement. Est-ce son humour, son regard ironique, son état amoureux permanent qui le rendent parfois touchant ? Ou alors sa lâcheté ? Humain, trop humain...
    Lire la suite
    En lire moins
  • motspourmots Posté le 14 Novembre 2019
    "On ne peut pas sérieusement nous reprocher d'avoir été nazis : il est logique de se tourner vers l'avenir, et on n'en choisit pas toujours la teneur, car tant que cet avenir n'est pas le merdier du présent, il ne s'agit que d'un espoir - l'espoir que les choses s'améliorent avec le temps". Bon. Autant prévenir tout de suite, ce pavé n'a rien d'une sinécure. Ce n'est pas non plus Les bienveillantes (celui-là je l'avais abandonné...) mais sa lecture est rendue compliquée par sa densité et la plongée qu'il propose dans la face sombre de l'Histoire, par l'intermédiaire de personnages plutôt ordinaires impliqués dans le processus le plus atroce du 20ème siècle. Pour autant, c'est un vrai roman, mettant en scène un trio à la fois infernal et captivant, nourri par des milliards d'heures de travail de recherche et de documentation qui contribuent à l'effet de sidération qui peut parfois saisir le lecteur. Lecture ardue, oui. Mais nécessaire. Le narrateur s'appelle Konstantin Solm, surnommé Koja. Nous sommes en 1974, dans une chambre d'hôpital à Munich où Koja vient d'être opéré après avoir reçu une balle dans la tête. Lorsque son compagnon de chambre, pas en meilleur état, lui demande comment il s'est... "On ne peut pas sérieusement nous reprocher d'avoir été nazis : il est logique de se tourner vers l'avenir, et on n'en choisit pas toujours la teneur, car tant que cet avenir n'est pas le merdier du présent, il ne s'agit que d'un espoir - l'espoir que les choses s'améliorent avec le temps". Bon. Autant prévenir tout de suite, ce pavé n'a rien d'une sinécure. Ce n'est pas non plus Les bienveillantes (celui-là je l'avais abandonné...) mais sa lecture est rendue compliquée par sa densité et la plongée qu'il propose dans la face sombre de l'Histoire, par l'intermédiaire de personnages plutôt ordinaires impliqués dans le processus le plus atroce du 20ème siècle. Pour autant, c'est un vrai roman, mettant en scène un trio à la fois infernal et captivant, nourri par des milliards d'heures de travail de recherche et de documentation qui contribuent à l'effet de sidération qui peut parfois saisir le lecteur. Lecture ardue, oui. Mais nécessaire. Le narrateur s'appelle Konstantin Solm, surnommé Koja. Nous sommes en 1974, dans une chambre d'hôpital à Munich où Koja vient d'être opéré après avoir reçu une balle dans la tête. Lorsque son compagnon de chambre, pas en meilleur état, lui demande comment il s'est retrouvé là, Koja entreprend de lui raconter sa vie depuis le début. Une enfance dans le Baltikum marquée par les luttes d'influence entre la Russie communiste et l'Allemagne expansionniste, une adolescence sur les traces de son frère aîné, Hub, engagé très tôt dans le National-Socialisme exporté par Himmler. La rivalité amoureuse des deux frères autour de leur sœur adoptive, Ev. ... Leur rivalité tout court, meurtrière, accentuée par leurs différences de caractères et d'appréhension des enjeux. Et puis la guerre, bien sûr. Cette guerre qui laissera des traces ineffaçables, malgré les tentatives des uns et des autres pour cacher la réalité. La narration court jusqu'aux années 1970 et les décennies d'après-guerre n'ont rien à envier aux années 40 pour ce qui est du cynisme et de la propension à planquer les salauds. Avec ce roman, on plonge dans le bourbier des nationalismes, véritables fléaux toujours prompts à justifier les actes les plus terribles. Des pays baltes pris entre les convoitises russes et allemandes à la Palestine, tâchée des sangs de ceux qui la revendiquent pour territoire en passant par les allemands, humiliés dans le Baltikum des années 20. On explore la complexité de la géopolitique de l'après-guerre, celle de l'Europe prise en étau entre les Etats-Unis et l'URSS. On découvre comment les anciens nazis ont nourri les forces des services secrets du monde entier, Mossad inclus, trouvant ainsi non seulement à se reclasser mais à échapper à un travail de nettoyage qui tardait à se faire côté allemand. Changements d'identités, retournement de vestes, déplacement des enjeux... Effectivement, les salauds ont de l'avenir. Et le trio que choisit de mettre en scène l'auteur permet de les percevoir de façon terriblement humaine, tous ces enjeux. Pas de méchants ni de gentils mais des êtres humains qui passent leur temps à négocier avec leur conscience. Terrifiant. J'ai parfois songé au fantastique roman de Bob Schacochis, La femme qui avait perdu son âme, pour l'ambition, très proche, de montrer comme il est facile de laisser le mal se propager et surtout comment les États se rendent complices de cette propagation. J'ai aussi beaucoup pensé aux Mémoires de Beate et Serge Klarsfeld, ouvrage dans lequel ils relatent les difficultés pour faire bouger le gouvernement allemand et aller débusquer les anciens nazis à la virginité refaite et planqués derrière des façades respectables. Lecture ardue, oui. Mais grâce à la trame romanesque tissée autour de cet étrange ménage à trois, et aux respirations apportées par le tête à tête "philosophique" entre les deux malades trépanés, l'envie est là d'avancer et de connaitre le fin mot de l'histoire, autant que de continuer à mettre au jour les égouts de l'Histoire. Disons que ce n'est pas une lecture propice à se réconcilier avec le genre humain. "Et je compris pourquoi l'homme aimait : il doit le faire parce que c'est le seul espoir pour chacun d'entre nous, de rester homme malgré tout".
    Lire la suite
    En lire moins
Toute l'actualité des éditions Belfond
Découvrez les auteurs en vogue et les nouveautés incontournables de la scène internationale.

Lisez maintenant, tout de suite !