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Omnibus
EAN : 9782258097520
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe

La fenêtre des Rouet

Romans durs

Date de parution : 29/11/2012

Existence par procuration - Dans le logement exigu d'une maison qui appartient à sa famille, Dominique Salès vit une existence confinée et insipide. A côté de sa chambre habite un jeune couple...

Existence par procuration
Dans le logement exigu d'une maison qui appartient à sa famille, Dominique Salès vit une existence confinée et insipide. A côté de sa chambre habite un jeune couple, les Caille, dont la vitalité dérange la vieille fille aigrie. En face : la maison des Rouet, riches industriels....

Existence par procuration
Dans le logement exigu d'une maison qui appartient à sa famille, Dominique Salès vit une existence confinée et insipide. A côté de sa chambre habite un jeune couple, les Caille, dont la vitalité dérange la vieille fille aigrie. En face : la maison des Rouet, riches industriels. Guettant les moindres faits et gestes de son voisinage, Dominique Salès voit, un jour, Antoinette Rouet verser les gouttes d’un médicament destiné à son mari cardiaque en train d'agoniser au pied d'une des plantes vertes de l'appartement…
Adapté pour la télévision en 1988, dans la série « L’Heure Simenon » par Josef Rusnak, avec Andrea Arndt (Linia), Isolde Barth (Metzgerin), Hannelore Elsner (Antoinette), Hannelore Schroth (Mme Rouet).
Simenon chez Omnibus : les enquêtes du célèbre commissaire Maigret, et les très “noirs” Romans durs

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EAN : 9782258097520
Façonnage normé : EPUB2
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Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Ingannmic Posté le 15 Mai 2020
    Curieusement, je n'avais jamais lu Georges Simenon. Étonnant, quand on pense que la bibliothèque parentale, dans laquelle j'ai pioché tant de mes lectures adolescentes (découvrant notamment Frédéric Dard, ou Boileau et Narcejac...) comptait pléthore de ses titres. Je crois que cela tient à un de ces a priori qui finissent par nous sembler légitimes, et dont on ne songe même pas à se défaire, instillé en moi par la vieillotte grisaille qui émanait, me semble-t-il, des adaptations télévisées sur lesquelles je ne jetais pas plus qu'un coup d’œil distrait.. Et puis, à force d'entendre parler du bonhomme par des personnes très recommandables, j'ai fini par me convaincre que ma méconnaissance du troisième auteur de langue française le plus lu après Jules Verne et Alexandre Dumas, était une immense lacune. Comme je ne fais pas les choses à moitié, que la bibliographie de Simenon est gargantuesque, et que j'adore ajouter des livres à ma bibliothèque, je suis passée du rien au tout, en décidant de me procurer l'anthologie en vingt-cinq volumes publiée chez Omnibus, dont les couvertures sont joliment illustrées de photographies du maître lui-même, prises lors de reportages qu'il effectua au début des années 30 en tant que journaliste. Bon, je... Curieusement, je n'avais jamais lu Georges Simenon. Étonnant, quand on pense que la bibliothèque parentale, dans laquelle j'ai pioché tant de mes lectures adolescentes (découvrant notamment Frédéric Dard, ou Boileau et Narcejac...) comptait pléthore de ses titres. Je crois que cela tient à un de ces a priori qui finissent par nous sembler légitimes, et dont on ne songe même pas à se défaire, instillé en moi par la vieillotte grisaille qui émanait, me semble-t-il, des adaptations télévisées sur lesquelles je ne jetais pas plus qu'un coup d’œil distrait.. Et puis, à force d'entendre parler du bonhomme par des personnes très recommandables, j'ai fini par me convaincre que ma méconnaissance du troisième auteur de langue française le plus lu après Jules Verne et Alexandre Dumas, était une immense lacune. Comme je ne fais pas les choses à moitié, que la bibliographie de Simenon est gargantuesque, et que j'adore ajouter des livres à ma bibliothèque, je suis passée du rien au tout, en décidant de me procurer l'anthologie en vingt-cinq volumes publiée chez Omnibus, dont les couvertures sont joliment illustrées de photographies du maître lui-même, prises lors de reportages qu'il effectua au début des années 30 en tant que journaliste. Bon, je n'en suis pour l'instant qu'à deux volumes, mais j'ai le temps... Tout ça pour dire que le Mois Belge, organisé comme chaque année en avril par Anne, a été l'occasion rêvée de lire mon premier Simenon, et j'ai logiquement commencé par le premier titre du premier volume de cette anthologie.. Alors, verdict ? Oh, il y a bien dans "La fenêtre des Rouet" quelques indices qui témoignent de son ancienneté (ce roman date de 1942) : des bas que l'on reprise, une petite-bourgeoisie parisienne confite dans des principes qui peuvent aujourd'hui sembler dépassés (quoique, je ne saurais en juger, s'agissant d'un milieu que je ne fréquente pas vraiment). Mais peu importe car la plume, elle, n'a pas pris une ride, l'efficacité stylistique s'accompagnant de la capacité de planter en quelques phrases un univers palpable, enrichi d'images évocatrices et pertinentes. L'intrigue est simple, elle tient d'ailleurs en une petite centaine de pages, et tourne autour d'une petite poignée de personnages, dont un, surtout, occupe son attention. Dominique habite un immeuble du Faubourg-Saint-Honoré. Cette jeune quadragénaire est ce qu'on l'on appelle communément une vieille fille, bien qu'elle-même refuse se définir ainsi. N'a-t-elle pas après tout conservé la blancheur lisse de sa peau, et la jeunesse de ses traits ? Mais ce qui lui apparaît comme la préservation d'une relative fraîcheur physique, n'est en réalité que l'insipidité qu'elle doit à son immobilisme vital. Élevée dans le milieu rigide et fermé d'une noblesse désargentée, qui n'a gardé de son rang que principes étriqués et puritanisme mortifère, elle a été coupée de tout ce qui pouvait y paraître brutal ou vulgaire, selon les codes d'une bienséance excessive, rejetant toute joie, tout plaisir, toute spontanéité. Dominique vit seule depuis la mort de son père, l'autoritaire et indifférent Général Salès, dans un appartement qu'elle a pu conserver grâce à un charitable arrangement avec un lointain cousin. Elle n'a pas de fortune, n'a jamais connu l'amour, et vit plus que chichement, comptant les grammes de fromage et les bouts de chandelle (au sens propre comme au figuré), s'alimentant à peine, dormant tout aussi peu. Alors elle vit par procuration, écoutant le bruit des ébats du jeune couple auquel elle loue une partie de son appartement, s'offusquant de leur capacité à se dénuder à n'importe quelle heure du jour mais ne résistant pas à les épier par le trou de la serrure. Et puis elle observe les membres de la riche famille Rouet, à travers les fenêtres de l'appartement d'en face. Les parents vivent à l'étage du dessus -la mère presque impotente mais qui régente le clan avec une tyrannique omniscience, le père souvent absent car pris par son travail-, et les enfants en-dessous : le fils insignifiant, souffreteux, alité car malade, et la bru, Antoinette, belle, vive et coquette, une vulgaire dactylo que le fils, l'unique fois où ce faiblard imbécile a fait valoir quelque volonté, a insisté pour épouser. C'est dans l'antre de ce couple mal assorti, rendu étouffant par la chaleur mortifère du mois d'août, que se joue le drame dont Dominique est témoin : Antoinette omet volontairement de donner son traitement à son mari lors d'une de ses crises, provoquant sa mort. La curiosité méprisante qu'elle éprouvait jusqu'alors pour cette vulgaire parvenue d'Antoinette se transforme d'abord en fascination horrifiée, puis en un sentiment plus complexe, mêlant à une sorte d'admiration obsessionnelle une farouche volonté de comprendre et d'approcher sa voisine, de s'impliquer, ne serait-ce qu'à distance, dans la passion et la détermination que traduisent ses actes. Car si la personnalité transgressive d'Antoinette heurte la chaste inertie de sa destinée qui n'a jamais été en marge d'un quotidien monotone et écœurant, Dominique réalise qu'elle a pourtant besoin de se frotter, de tourner autour de cette vie à la fois splendide et vulgaire qui l'impressionne. Et il y a, dans cet élan qu'éprouve soudain cette femme qui semblerait presque sans corps, tant elle en a banni toute sensation, comme l'expression refoulée d'un désir sensuel latent, l'aveu inconscient d'un manque charnel qu'elle n'osera jamais s'exprimer clairement. La justesse et la précision avec lesquelles Georges Simenon évoque les détails de l'existence mesquine de Dominique, puis sa prise de conscience de la vacuité de cet effacement distingué qu'on lui a inculqué, de l'attachement à ces menus gestes du quotidien qui ne servent qu'à bercer la solitude à laquelle l'a condamnée son impuissance à vivre, créent entre le lecteur et son héroïne une proximité qui rend sa chute d'autant plus poignante. Pour l'auteur, ce titre entrait dans la catégorie de ce qu'il appelait ses "romans durs", et il y a bien, oui, quelque chose de profondément brutal et douloureux, d'obscur, même, dans l'inexorable effondrement de Dominique.
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  • Perlaa Posté le 11 Avril 2020
    Derrière ses volets mi-clos Dominique vit par procuration. Son horizon s'est limité aux fenêtres de l'immeuble d'en face. Faubourg Saint-Honoré, dans un Paris disparu, presque provincial, Dominique observe Antoinette, l'épouse extravertie d'un mari mourant, elle observe aussi l’acariâtre belle mère, vivant dans l'appartement au-dessus de sa belle-fille. De son poste non seulement Dominique voit presque tout, mais elle devine les conversations, les mimiques, les jeux de pouvoir entre les personnages, elle va jusqu'à sentir les odeurs. Cette activité de voyeurisme comble le vide de sa propre existence. Une destinée contrariée, une impuissance à vivre et à rebondir inculquée par son éducation. Elle n'a pu s'en défaire, elle lui colle à la peau. Dominique, bientôt 40 ans, est une célibataire endurcie, solitaire. Sans le sou elle est la dernière survivante d'une famille petite bourgeoise tombée dans le besoin. Face à Antoinette l'attitude de Dominique sera ambivalente. Elle est tour à tour accusatrice, dénonciatrice, elle va jusqu'à jouer les corbeaux, envieuse, elle ira jusqu'à la suivre dans Paris. méprisante mais avant tout hypnotisée par la liberté et la sensualité de cette femme qui n'est pas de son monde. Périphérique à cette obsession, le quotidien de Dominique est morne, un... Derrière ses volets mi-clos Dominique vit par procuration. Son horizon s'est limité aux fenêtres de l'immeuble d'en face. Faubourg Saint-Honoré, dans un Paris disparu, presque provincial, Dominique observe Antoinette, l'épouse extravertie d'un mari mourant, elle observe aussi l’acariâtre belle mère, vivant dans l'appartement au-dessus de sa belle-fille. De son poste non seulement Dominique voit presque tout, mais elle devine les conversations, les mimiques, les jeux de pouvoir entre les personnages, elle va jusqu'à sentir les odeurs. Cette activité de voyeurisme comble le vide de sa propre existence. Une destinée contrariée, une impuissance à vivre et à rebondir inculquée par son éducation. Elle n'a pu s'en défaire, elle lui colle à la peau. Dominique, bientôt 40 ans, est une célibataire endurcie, solitaire. Sans le sou elle est la dernière survivante d'une famille petite bourgeoise tombée dans le besoin. Face à Antoinette l'attitude de Dominique sera ambivalente. Elle est tour à tour accusatrice, dénonciatrice, elle va jusqu'à jouer les corbeaux, envieuse, elle ira jusqu'à la suivre dans Paris. méprisante mais avant tout hypnotisée par la liberté et la sensualité de cette femme qui n'est pas de son monde. Périphérique à cette obsession, le quotidien de Dominique est morne, un jeune couple de locataires qu'elle doit supporter, le poids d'une famille qui la ramène à un passé douloureux, le décès lointain d'une tante, les constantes privations. Elle ne voit plus qu' « à quarante ans, une pente à descendre sans joie ». Dès les premières pages on est plongé dans l'atmosphère confinée de l'appartement de Dominique, on connaît ses pensées les plus cachées, ses hontes, ses malaises, ses craintes. Simenon a su restituer l'ambiance d'un lieu, d'un milieu, d'une époque ; il nous associe pas à pas comme spectateur à un drame en devenir. On est englué dans une spirale d'une pathétique auto-destruction. Plus qu'un roman policier c'est un roman de l'intime. Une belle réussite.
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  • Papyleyo Posté le 11 Mai 2019
    Drame de la solitude, Dominique vieille fille vit une existence sans surprise, sans relief. Cette médiocrité du quotidien est bouleversée quand, par la fenêtre, elle voit Antoinette, sa voisine, laisser mourir son mari cardiaque sans tenter de lui venir en aide. D'abord révoltée elle finit par admirer et envier cette Antoinette éprise de liberté.
  • ZAPATARTHURUS Posté le 29 Mai 2017
    J'ai acquis le volume 1 de l'intégrale de Georges Simenon et La fenêtre des Rouet est le premier roman de cet auteur que je découvre. Je reconnais que l'écriture est parfaite, fluide. Et que l'auteur a su donner une atmosphère sombre très particulière. Comme en plein été, quand on se trouve dans une chambre où les volets sont justes un peu tirés. Il nous met tout de suite dans ce climat, on ressent une torpeur d'été un peu moite, qui fait transpirer, plongé dans une semi obscurité. Par contre, pour l'histoire, je n'ai pas accroché. C'est l'histoire d'une personne seule qui n'a rien de mieux à faire que d'espionner ses voisins. C'est le récit d'une solitude, d'une personne qui s'ennuie. Elle pourrait s'en sortir, elle pourrait quitter cette solitude, elle est encore jeune, elle n'a aucune excuse pour ne pas le faire, pour aller à la rencontre des gens. Mais elle semble programmer pour vivre cette vie maussade et triste. J'ai beaucoup de mal à adhérer à ce genre d'histoire, à avoir de l'empathie pour ce style de personnage. Je crois qu'avec toutes les violences et les morts dans ce monde, on a pas le droit de dire que l'on s'ennuie dans la... J'ai acquis le volume 1 de l'intégrale de Georges Simenon et La fenêtre des Rouet est le premier roman de cet auteur que je découvre. Je reconnais que l'écriture est parfaite, fluide. Et que l'auteur a su donner une atmosphère sombre très particulière. Comme en plein été, quand on se trouve dans une chambre où les volets sont justes un peu tirés. Il nous met tout de suite dans ce climat, on ressent une torpeur d'été un peu moite, qui fait transpirer, plongé dans une semi obscurité. Par contre, pour l'histoire, je n'ai pas accroché. C'est l'histoire d'une personne seule qui n'a rien de mieux à faire que d'espionner ses voisins. C'est le récit d'une solitude, d'une personne qui s'ennuie. Elle pourrait s'en sortir, elle pourrait quitter cette solitude, elle est encore jeune, elle n'a aucune excuse pour ne pas le faire, pour aller à la rencontre des gens. Mais elle semble programmer pour vivre cette vie maussade et triste. J'ai beaucoup de mal à adhérer à ce genre d'histoire, à avoir de l'empathie pour ce style de personnage. Je crois qu'avec toutes les violences et les morts dans ce monde, on a pas le droit de dire que l'on s'ennuie dans la vie.
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  • Alya-Dyn Posté le 17 Mars 2016
    La fenêtre des Rouet met en scène une de ces héroïnes humbles et effacées dont Georges Simenon a le secret. Dominique est une femme seule, célibataire à la quarantaine lugubre, qui loue une chambre de son appartement à un jeune couple dont les sonores ébats amoureux perturbent cet être effacé et frustré. L’immeuble en face de chez elle héberge des vies dont l’observation permanente remplit sa triste existence, particulièrement la fenêtre des Rouet, famille bourgeoise dont les fondateurs occupent l’étage supérieure, tandis que le fils malade et sa jeune femme Antoinette vivent en dessous. De cette proximité avec son voisinage, Dominique va retirer les éléments qui vont la faire vivre, elle la femme vieillissante dont personne ne remarque l’existence. La fenêtre des Rouet va devenir un personnage de ce roman de la misère. Le fils Rouet, malade depuis des semaines, va mourir sous les yeux de Dominique, tout près d’Antoinette sa femme qui mettra bien peu d’empressement à le secourir. À partir de cet instant Dominique va s’approprier l’histoire de cette jeune femme attirante, si différente d’elle. Elle va enfin trouver une raison d’exister à travers une personne à l’opposé de ce qu’elle est. Mais vivre par procuration ne dure jamais... La fenêtre des Rouet met en scène une de ces héroïnes humbles et effacées dont Georges Simenon a le secret. Dominique est une femme seule, célibataire à la quarantaine lugubre, qui loue une chambre de son appartement à un jeune couple dont les sonores ébats amoureux perturbent cet être effacé et frustré. L’immeuble en face de chez elle héberge des vies dont l’observation permanente remplit sa triste existence, particulièrement la fenêtre des Rouet, famille bourgeoise dont les fondateurs occupent l’étage supérieure, tandis que le fils malade et sa jeune femme Antoinette vivent en dessous. De cette proximité avec son voisinage, Dominique va retirer les éléments qui vont la faire vivre, elle la femme vieillissante dont personne ne remarque l’existence. La fenêtre des Rouet va devenir un personnage de ce roman de la misère. Le fils Rouet, malade depuis des semaines, va mourir sous les yeux de Dominique, tout près d’Antoinette sa femme qui mettra bien peu d’empressement à le secourir. À partir de cet instant Dominique va s’approprier l’histoire de cette jeune femme attirante, si différente d’elle. Elle va enfin trouver une raison d’exister à travers une personne à l’opposé de ce qu’elle est. Mais vivre par procuration ne dure jamais longtemps…
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