Lisez! icon: Search engine
Robert Laffont
EAN : 9782221219300
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

La Peur

Jörg STICKAN (Traducteur), Sacha ZIEBERFARB (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 22/03/2018
« La lutte passionnelle d’une femme pour sa liberté sur un mode de quasi-thriller psychologique. » Jörg Stickan

Par envie de se divertir, Irene Wagner, épouse d’un riche avocat, entretient une liaison avec un musicien, jusqu’au jour où, en sortant de chez son amant, elle est bousculée par une femme qui la reconnaît. Dès lors, Irene vit dans la peur. Victime d’un odieux chantage, elle paie des sommes...

Par envie de se divertir, Irene Wagner, épouse d’un riche avocat, entretient une liaison avec un musicien, jusqu’au jour où, en sortant de chez son amant, elle est bousculée par une femme qui la reconnaît. Dès lors, Irene vit dans la peur. Victime d’un odieux chantage, elle paie des sommes de plus en plus folles, sans savoir comment expliquer ces dépenses inconsidérées à son mari, et perd tout ce qui fait son existence.
Par souci à la fois de modernisation et de fidélité à la version originale, la collection « Pavillons Poche » publie ce chef-d’oeuvre de Stefan Zweig dans une traduction inédite en poche.

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782221219300
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Isa0409 Posté le 4 Juin 2021
    #x1f484; « Elle heurta de plein fouet une femme qui entrait. « Pardon », fit-elle, troublée, en essayant de se frayer un passage. Mais l’autre lui barra le chemin et la dévisagea avec fureur et un mépris non dissimulé. « Enfin je vous prends sur le fait ! hurla celle-ci sans gêne, d’une voix grossière. Pardi ! Une femme honnête ! Elle n’a pas assez de son mari, de son argent et de tout. Il faut encore qu’elle pique le julot d’une pauvre fille... » (P.13) #x1f484;La peur, ce sentiment qui dévore et qui détruit. Oui, la peur d’être découverte, démasquée, que le secret jusqu’alors préservé soit révélé aux yeux de tous, pas de n’importe qui, non, aux yeux de ceux que l’on aime, ceux qu’on a élevés et nourris, dont on a guéri les blessures et pansé les maux, celui qui partage ses nuits, auprès duquel on s’endort paisiblement jusqu’à ce que rejaillisse à nouveau la culpabilité, la crainte de se mettre à nu et la honte d’avouer le péché. Oui, avoir un secret est un poids que l’on porte avec soi, et qui, à mesure que passent les jours, s’alourdit, au point de faire courber le dos, de ne plus être capable d’affronter un regard... #x1f484; « Elle heurta de plein fouet une femme qui entrait. « Pardon », fit-elle, troublée, en essayant de se frayer un passage. Mais l’autre lui barra le chemin et la dévisagea avec fureur et un mépris non dissimulé. « Enfin je vous prends sur le fait ! hurla celle-ci sans gêne, d’une voix grossière. Pardi ! Une femme honnête ! Elle n’a pas assez de son mari, de son argent et de tout. Il faut encore qu’elle pique le julot d’une pauvre fille... » (P.13) #x1f484;La peur, ce sentiment qui dévore et qui détruit. Oui, la peur d’être découverte, démasquée, que le secret jusqu’alors préservé soit révélé aux yeux de tous, pas de n’importe qui, non, aux yeux de ceux que l’on aime, ceux qu’on a élevés et nourris, dont on a guéri les blessures et pansé les maux, celui qui partage ses nuits, auprès duquel on s’endort paisiblement jusqu’à ce que rejaillisse à nouveau la culpabilité, la crainte de se mettre à nu et la honte d’avouer le péché. Oui, avoir un secret est un poids que l’on porte avec soi, et qui, à mesure que passent les jours, s’alourdit, au point de faire courber le dos, de ne plus être capable d’affronter un regard ou une parole sans y déceler une accusation, une menace, un danger. #x1f484; La trahison. Irène Wagner en paiera le prix lorsque, un jour où elle quitte l’appartement de son amant, une inconnue l’interpelle et met sa paisible tranquillité en péril. Si au début l’argent semble être une monnaie d’échange acceptable pour gagner le silence de cette maître chanteuse, l’engrenage dans lequel s’embourbe Irène Wagner la dévore à petit feu : son secret n’est plus le sien et à tout moment, cette femme est capable de faire basculer la vie qu’elle a construit jusqu’alors. Mais ce ne sont pas les menaces qui pèsent, mais la torture intérieure, le remords, l’angoisse grandissante qui pourraient causer la perte d’Irène : il n’y a pas de pire ennemi que cette voix intérieure qui, perpétuellement, jour et nuit, accuse et blâme les fautes d’un être désespéré... #x1f484;Écrite en 1912, cette nouvelle est, encore une fois, la preuve du génie et de l’incroyable sensibilité de Zweig envers la nature humaine, de son inclinaison naturelle à saisir l’état d’esprit des femmes. Son écriture rend tellement compte de cet état d’angoisse, de peur ingérable, que la lecture en fût presque désagréable... Je ne cesserais jamais de m’étonner de ce talent fou à décrire les sentiments avec une telle acuité. Un petit bijou que je vous invite à découvrir si ce n’est chose faite...
    Lire la suite
    En lire moins
  • Lhuitre Posté le 25 Avril 2021
    La Peur est une série de six nouvelles, tellement achevées qu'elle m'a donné l'envie de passer le reste de ma vie à lire tous les écrits de Stefan Zweig. Oui assurément, c'est le plus grand écrivain mondial. Celui qui reproduit les états d'âme et les pensées secrètes dans une précision des mots qui touche au sublime. J'ai été touché au coeur par la pureté de sa langue, le caractère millimétré de ses intentions, l'éclat de mots inattendus qui s'insèrent parfaitement dans l'intrigue, des entre chocs sémantiques qui vous campent une situation plus vraie que nature. Zweig est l'ambassadeur unique de l'intime, du fugace, de l'instantané... Les six histoires sont de qualité égale. Mais deux récits m'ont totalement captivé. Celle de l'attente anxieuse d'un orage pendant un soir caniculaire d'été. Une pure merveille. La terre, le ciel, les plantes, les bêtes, les hommes ont soif et attendent d'être libérés de la fournaise. L'humanité, incarnée par un homme dans un hôtel de villégiature de luxe, se dissout totalement dans la chaleur. Comme la nature, l'homme n'est plus mu que par son instinct, par une énergie vitale qui s'épuise dans l'attente du ciel et de son averse espérée. La montée de sève est... La Peur est une série de six nouvelles, tellement achevées qu'elle m'a donné l'envie de passer le reste de ma vie à lire tous les écrits de Stefan Zweig. Oui assurément, c'est le plus grand écrivain mondial. Celui qui reproduit les états d'âme et les pensées secrètes dans une précision des mots qui touche au sublime. J'ai été touché au coeur par la pureté de sa langue, le caractère millimétré de ses intentions, l'éclat de mots inattendus qui s'insèrent parfaitement dans l'intrigue, des entre chocs sémantiques qui vous campent une situation plus vraie que nature. Zweig est l'ambassadeur unique de l'intime, du fugace, de l'instantané... Les six histoires sont de qualité égale. Mais deux récits m'ont totalement captivé. Celle de l'attente anxieuse d'un orage pendant un soir caniculaire d'été. Une pure merveille. La terre, le ciel, les plantes, les bêtes, les hommes ont soif et attendent d'être libérés de la fournaise. L'humanité, incarnée par un homme dans un hôtel de villégiature de luxe, se dissout totalement dans la chaleur. Comme la nature, l'homme n'est plus mu que par son instinct, par une énergie vitale qui s'épuise dans l'attente du ciel et de son averse espérée. La montée de sève est trompée par une libération qui ne vient pas. Cet homme dans la force de l'âge laisse vagabonder ses sens, et se met à fantasmer sur une jeune fille à la table voisine. Tout le récit n'est qu'une tension, une crispation, une peur que l'espéré reste une quête vaine. C'est une autre version de "Mort à Venise" dans la campagne autrichienne. Pas plus que chez Thomas Mann, l'homme ne maitrise rien. Il n'est qu'une brindille secouée par les éléments. Juste un constituant de la nature qui attend la pluie. L'autre récit est tout aussi envoûtant. L'histoire d'une fille de rien, orpheline disgracieuse, que le destin cantonne à être domestique. Une fille renfermée dans sa solitude et son inculture qui ne trouve la grâce que dans l'abrutissement dans les tâches ménagères. Une pauvre hère qui croît voir un coin de ciel bleu dans la satisfaction de son maître. Elle lui voue une fidélité sans bornes, allant jusqu'à commettre pour lui un acte libérateur. Mais elle fait peur par son adoration rustre d'animal de compagnie quêtant en permanence une reconnaissance, un sourire, une caresse. La chute sera brutale... Dans ce phénomène de peur qui est le lien entre les récits, Zweig montre que la peur fait retrouver des instincts primaires. Soumis à la pression des événements, l'homme n'est plus que nature ou animal. Les acquis de la civilisation ne sont qu'illusion. La peur se montre aussi révélateur de vérité, comme dans le premier récit d'une femme adultère soumis à maître-chanteur. Un récit âpre, tendu; l'histoire de cette femme dans une seringue affective est crispante. Les mots sont tellement au service de l'histoire que le lecteur est presque indisposé à poursuivre sa lecture. Il souffre pour elle. Surtout, cette femme apprend de la peur que sa vie n'était qu'illusion, routine et méconnaissance de son entourage le plus proche. Une grande leçon de vie... Oui assurément, Zweig est le plus grand....
    Lire la suite
    En lire moins
  • HordeduContrevent Posté le 16 Mars 2021
    Comment est-il possible d'analyser ainsi les sentiments, de sonder si profondément l'âme humaine ? J'avais pu lire, notamment grâce aux beaux billets de Sandrine et Berni sur cet auteur, que Zweig est un chirurgien passant au scalpel les sentiments avec une finesse, une précision, une nuance rarement égalées. Je ne pensais pas m'arrêter ainsi sur certains passages, les lire et les relire pour m'extasier devant une telle virtuosité, devant ce sens de l'observation acéré. Et dans ces six nouvelles, c'est la peur qui est convoquée, autopsiée et passée au crible, la peur culpabilisante de la femme adultère, celle du voleur, celle de l'employeur face à la fidélité fanatique de son employée, celle éprouvée devant le fantastique enchanteur qui nous dépasse…un tamis aux mailles fines permettant de mettre en évidence, pépites menaçantes et glaçantes, les différentes manifestations de la peur, tant physiques, que psychologiques. La première nouvelle « La peur », la plus importante, a donné son titre à l'ensemble du livre. Irène, une bourgeoise d'une trentaine d'années, épouse d'un avocat et mère un peu distante de deux enfants, devient maitresse d'un jeune pianiste, davantage par ennui que par amour. Elle s'est en effet laissé séduire, sans le désirer vraiment, plutôt vaguement... Comment est-il possible d'analyser ainsi les sentiments, de sonder si profondément l'âme humaine ? J'avais pu lire, notamment grâce aux beaux billets de Sandrine et Berni sur cet auteur, que Zweig est un chirurgien passant au scalpel les sentiments avec une finesse, une précision, une nuance rarement égalées. Je ne pensais pas m'arrêter ainsi sur certains passages, les lire et les relire pour m'extasier devant une telle virtuosité, devant ce sens de l'observation acéré. Et dans ces six nouvelles, c'est la peur qui est convoquée, autopsiée et passée au crible, la peur culpabilisante de la femme adultère, celle du voleur, celle de l'employeur face à la fidélité fanatique de son employée, celle éprouvée devant le fantastique enchanteur qui nous dépasse…un tamis aux mailles fines permettant de mettre en évidence, pépites menaçantes et glaçantes, les différentes manifestations de la peur, tant physiques, que psychologiques. La première nouvelle « La peur », la plus importante, a donné son titre à l'ensemble du livre. Irène, une bourgeoise d'une trentaine d'années, épouse d'un avocat et mère un peu distante de deux enfants, devient maitresse d'un jeune pianiste, davantage par ennui que par amour. Elle s'est en effet laissé séduire, sans le désirer vraiment, plutôt vaguement curieuse et flattée...c'est sans compter l'arrivée d'un grain de sable qui va venir enrayer les rouages d'une vie quasi normale intégrant l'amant d'une manière presque banale. Un quatuor terrible se met alors en place : la femme infidèle, le mari, l'amant et la peur, personnage à part entière, qui rôde, menace, et resserre peu à peu son étau. Nous assistons progressivement à une véritable torture psychologique. Nous suffoquons avec Irène. Jusqu'au dénouement final, magistral ! La peur est décrite en effet dans le menu, tant par ses causes, que par ses manifestations physiques et psychologiques : « Elle avança péniblement d'une rue à l'autre, au prix d'un effort surhumain, comme si elle traversait un marais ou s'enfonçait dans la neige jusqu'aux genoux. » / « Elle n'était plus capable de lire ou d'entreprendre quoi que ce fût, traquée par le démon de sa peur. Elle se sentait malade. Elle devait parfois s'asseoir subitement, tant son coeur était pris de palpitations violentes ; le poids de l'inquiétude répandait dans tous ses membres le suc visqueux d'une fatigue presque douloureuse, qui refusait pourtant de céder au sommeil. [Toute son existence était minée par cette peur dévorante, son corps en était empoisonné, et au tréfonds d'elle-même, elle désirait que cet état morbide finît par se manifester sous la forme d'une souffrance visible, d'un mal clinique réellement observable et visible, qui susciterait la pitié et la compassion des autres. Dans ces heures de tourments secrets, elle enviait les malades. » La maladie semble plus douce que la peur, le châtiment enfin prononcé une délivrance. C'est aussi l'occasion pour Stefan Zweig de digresser avec brio sur le système des peines, notamment lorsqu'elles punissent un fait ancien, sur la culpabilité et la responsabilité de celui qui commet un crime, et surtout sur le pardon et la rédemption. Réflexion également menée dans la deuxième nouvelle : « Il y a toujours de petits détails qui éclairent les profondeurs de l'âme comme le ferait la flamme d'une allumette qu'on craque ; au moment précis où je vis le pickpocket boire ce lait blanc et doux, la plus innocente, la plus enfantine des boissons, il cessa aussitôt d'être un voleur à mes yeux. ». Les autres nouvelles sont tout aussi abouties bien que plus courtes, la deuxième notamment, intitulée « Révélation inattendue d'un métier », a ma préférence dans la façon d'observer, quasi chirurgicale, de l'auteur. En plus d'embardées magistrales sur l'art de voler, celui du pickpocket, art observé, analysé, loué même, de main de maitre, et de descriptions vivantes et passionnées sur le mécanisme des salles de vente aux enchères, Zweig excelle dans l'art de décrire les paysages, de façon poétique et personnifiée. Voyez donc comment démarre cette deuxième nouvelle : « Il était délicieux l'air de cette singulière matinée d'avril 1931, encore tout chargé de pluie et déjà tout ensoleillé. Il avait la saveur d'un fondant, doux, frais, humide et brillant : un pur printemps, un ozone sans mélange. En plein boulevard de Strasbourg, on s'étonnait de respirer une bonne odeur de prés en fleur et d'océan. Ce ravissant miracle était l'oeuvre d'une averse, une de ces capricieuses ondées d'avril dont use volontiers le printemps pour s'annoncer de la façon la plus cavalière. » Mention spéciale à la quatrième nouvelle, « La femme et le paysage », sublime de poésie, flirtant avec le fantastique, dont les descriptions de paysages terrassés par la chaleur et le parallèle avec le corps de la femme sont d'une beauté à couper le souffle. Un recueil de nouvelles intelligent sur les ressorts de la peur, ciselé par une écriture fine et élégante, poétique et fantastique. Je comprends bien la volonté de Zweig qui voulait, dans ces six chefs-d'oeuvre, «résumer le destin d'un individu dans un minimum d'espace et donner dans une nouvelle la substance d'un livre». Oui, dans chaque nouvelle, son oeil vorace s'insinue partout et de ses mille suçoirs nous ravit toute ignorance. C'est magistralement réussi !
    Lire la suite
    En lire moins
  • PaulineDeysson Posté le 6 Février 2021
    Court roman paru en 1920, La Peur réinvente l’histoire mille fois contée de l’adultère. Irène trompe son époux par divertissement plus que par conviction : le texte s’ouvre alors qu’en prenant congé de son amant, elle se fait surprendre par une inconnue qui lui adresse de violents reproches et finit par lui extorquer de l’argent. Un chantage malsain s’installe bientôt. Traquée, Irène s’enfonce peu à peu dans une peur permanente, redoutant que son mari apprenne la vérité et que la honte s’abatte sur son existence de bourgeoise bien rangée. Comme toujours, Stefan Zweig tire d’un scénario simple une histoire haletante, angoissante et poignante, où se dévoilent tous les rouages d’un cœur qu’un œil extérieur de l’époque condamnerait sans appel. La Peur fait entrer le lecteur dans le quotidien d’Irène, trentenaire dont les pensées constituent le centre du livre. Autour d’elle gravite une famille tout ce qu’il y a de plus classique : son mari avocat, leurs deux enfants et les domestiques de la maison. À l’arrière-plan, dans la rue, l’attendent son amant pianiste qu’elle finit par renier violemment, et surtout la femme qui l’a surprise et la poursuit jusque chez elle. Deux univers qui s’opposent et constituent le quotidien d’Irène, entre... Court roman paru en 1920, La Peur réinvente l’histoire mille fois contée de l’adultère. Irène trompe son époux par divertissement plus que par conviction : le texte s’ouvre alors qu’en prenant congé de son amant, elle se fait surprendre par une inconnue qui lui adresse de violents reproches et finit par lui extorquer de l’argent. Un chantage malsain s’installe bientôt. Traquée, Irène s’enfonce peu à peu dans une peur permanente, redoutant que son mari apprenne la vérité et que la honte s’abatte sur son existence de bourgeoise bien rangée. Comme toujours, Stefan Zweig tire d’un scénario simple une histoire haletante, angoissante et poignante, où se dévoilent tous les rouages d’un cœur qu’un œil extérieur de l’époque condamnerait sans appel. La Peur fait entrer le lecteur dans le quotidien d’Irène, trentenaire dont les pensées constituent le centre du livre. Autour d’elle gravite une famille tout ce qu’il y a de plus classique : son mari avocat, leurs deux enfants et les domestiques de la maison. À l’arrière-plan, dans la rue, l’attendent son amant pianiste qu’elle finit par renier violemment, et surtout la femme qui l’a surprise et la poursuit jusque chez elle. Deux univers qui s’opposent et constituent le quotidien d’Irène, entre la routine ennuyeuse d’une vie de famille heureuse et le piment de l’aventure que représente la transgression. Au fur et à mesure que la peur s’immisce en elle et empoisonne tout ce qu’elle tenait pour acquis, Irène connaît une profonde remise en question, et s’aperçoit avec horreur qu’elle ne connaît pas l’homme qu’elle a épousé, bien qu’elle partage sa vie depuis plusieurs années. La Peur est l’un des romans les plus percutants que je connaisse. En quelques lignes, Stefan Zweig nous plonge dans une psyché qui pourrait être la nôtre et met en scène l’un drames les plus terribles qui soient, d’autant plus atroce qu’il est insidieux et muet. Plus qu’un simple isolement du quotidien, Irène voit sa vie lui échapper jusque dans ses moindres détails, par sa faute et pour rien. Victime d’une lubie d’adolescente romantique, c’est aussi la jeune fille en elle qui devient adulte et prend conscience de la fragilité d’un bonheur qu’elle n’a pas su savourer. Dans le titre original du roman, l’absence d’article devant le terme « peur » érige ce sentiment en personnage à part entière, incarnant l’ascendant que cette émotion finit par prendre sur Irène. Une montée en puissance dont l’ironie tragique triomphe à la fin du récit, dans une chute qui laisse le lecteur aussi stupéfait que l’héroïne. J’ai été très surprise par le dénouement, qui incarne à sa manière le passage du dix-neuvième au vingtième siècle, de la prééminence des normes sociales à celle de l’esprit et du cœur. J’ai surtout été fascinée par l’attitude d’Irène, si résolument humaine et dénuée de logique, paroxystique, entière et pourtant triviale. Pauline Deysson - La Bibliothèque
    Lire la suite
    En lire moins
  • myrtigal Posté le 24 Janvier 2021
    J'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui m'a fait penser à une sorte de thriller psychologique. Une femme qui trompe son mari mais surprise par une voisine de son amant qui la fera chanter durant des semaines... La tension monte crescendo dans cette nouvelle, tel un petit thriller, l'étau se resserre sur Irène, on observe sa peur grandir peu à peu chaque jour et se transformer en panique puis en paranoïa. Zweig, encore une fois, déploie son talent à dépeindre les sentiments féminins, et ici particulièrement les tourments que provoquent la peur et la culpabilité. Le tout de façon oppressante et haletante. Mais ce que j'ai trouvé absolument génial c'est la fin, cette chute surprenante, que j'avais légèrement soupçonné ceci dit mais sans en être sûre !
ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER DE ROBERT LAFFONT
Les Éditions Robert Laffont publient de la littérature française et étrangère, des biographies, des témoignages, des mémoires, des romans policiers et d'espionnage, des livres de spiritualité ou encore des livres pratiques.
Chaque mois, recevez toutes les actualités de la maison en vous abonnant à notre newsletter.