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La Rivière et son secret - Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d'une femme d'exception
Collection : Arion
Date de parution : 02/03/2023
Éditeurs :
Robert Laffont

La Rivière et son secret - Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d'une femme d'exception

Collection : Arion
Date de parution : 02/03/2023
De Pékin à Paris, de Hong Kong à Los Angeles, le témoignage déchirant d’une femme broyée par la Révolution culturelle chinoise et sauvée par la musique.
Pékin, 1969 : Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine ». Autrement dit, avant la révolution maoïste, ses parents étaient des bourgeois cultivés. Une tare d’autant plus lourde... Pékin, 1969 : Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine ». Autrement dit, avant la révolution maoïste, ses parents étaient des bourgeois cultivés. Une tare d’autant plus lourde à porter pour la jeune Xiao-Mei qu’elle a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique... Pékin, 1969 : Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine ». Autrement dit, avant la révolution maoïste, ses parents étaient des bourgeois cultivés. Une tare d’autant plus lourde à porter pour la jeune Xiao-Mei qu’elle a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique décadente – Schumann, Mozart, Bach. Elle est donc envoyée en camp de rééducation : il faut éradiquer en elle tout désir autre que celui de mourir pour Mao.
Les années passent… Xiao-Mei est devenue une bonne révolutionnaire. Mais, un jour, elle trouve dans le camp un vieil accordéon. Elle caresse les touches, se risque à jouer un accord, quelques notes de musique s’élèvent... Par enchantement le temps perdu s’efface, les rêves reviennent, l’espoir renaît. Xiao-Mei jure qu’elle rejouera du piano. Il lui faudra encore dix ans pour atteindre son but, dix ans de souffrances, de lutte acharnée, d’exil.
Aujourd’hui, Xiao-Mei est célébrée dans le monde entier comme une pianiste virtuose et une immense artiste.
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EAN : 9782221268872
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
EAN : 9782221268872
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • gerardmuller 16/05/2023
    La rivière et son secret /Zhu Xiao Mei C’est bouleversé, muet et comme anéanti que je sors de cette lecture du magnifique livre de la célèbre pianiste Zhu Xiao Mei. Un témoignage émouvant, déchirant et inoubliable comme le furent ses jours de douleur durant l’enfermement en camp de rééducation, broyée par la Révolution culturelle chinoise sous le règne de Mao. Mais sauvée in fine par la musique ! Quelle délicatesse pour nous faire partager l’histoire de ce destin incroyable ! Naturalisée française depuis 2001, elle a écrit son livre, publié en 2013, en français, notre langue qu’elle a commencé d’apprendre à l’âge de 35 ans. Admirable personne, une vie hors du commun, une femme d’exception ! Et que dire de la belle série de photos touchantes de Zhu Xiao Mei, de sa famille et de ses amis qui clôt ce récit de près de 400 pages ! Personnellement, j’ai découvert l’existence de Zhu Xiao Mei lorsque je me suis intéressé aux différentes interprétations des Variations Goldberg de J. S. Bach, que je collectionne, cette œuvre étant pour moi comme pour beaucoup le chef d’œuvre absolu pour clavier. Après l’avoir écoutée puis vue, j’ai été absolument séduit par son jeu, toucher et art des nuances. Son livre à présent. D’entrée, Zhu Xiao Mei écrit : « J’ai longtemps pensé que je n’avais pas de raisons particulières d’écrire – n’est - ce pas avec la musique que je m’exprime. » Et puis : « …Et j’ai eu envie d’écrire ! Pour pouvoir raconter ce qu’est la chance d’avoir vécu en Chine et en Occident, dans trois pays différent (Chine, USA, France) et mélanger les cultures, les faire dialoguer. » Le livre comporte 30 chapitres, autant que de variations Goldberg, avec une aria en ouverture et en clôture. Xiao Mei est née en 1949 à Shangaï. En 1950, la famille déménage vers Pékin, la mère de Xiao Mei étant nommée professeur de musique dans une école primaire. À l’âge de trois ans, Xiao Mei découvre un piano dans la maison de 50 mètres carrés pour 7 personnes (car elle a 4 sœurs), mais ne sait ce que c’est. Elle a pourtant le sentiment qu’il est là pour elle. Le premier morceau que Xiao Mei entend joué par sa mère, et elle ne l’oubliera jamais, c’est la célèbre Rêverie de Schumann. À partir de ce jour, la mère comprend ce que sa fille a en tête et Xiao Mei n’a plus qu’un rêve, jouer de cet ami qui fait partie de la famille, un instrument qui a été le cadeau de mariage offert par les parents de sa mère. Sa mère la met donc au piano, et très vite l’enfant joue remarquablement ses gammes et les exercices de Czerny malgré ses petites mains. Xiao Mei regarde le piano comme si c’était une personne et quand la musique s’élève sous ses doigts, il lui semble qu’il chante, qu’il lui dit quelque chose ; quand elle le touche, il lui répond. En grandissant, elle se dit qu’elle est une Chinoise étrange, émue par la musique occidentale de Schumann alors qu’elle s’endort à l’opéra de Pékin ! Elle a six ans et elle passe son premier examen d’entrée à l’École de musique pour enfants, antichambre du Conservatoire. La discipline y est terrible et veille à ce que tout individualisme recule et que l’esprit du communisme entre bien dans les petites têtes. Séances d’autocritique et de dénonciations se succèdent tous les samedis. Sa famille est dans le collimateur des autorités car ses parents ne ressemblent pas aux bons révolutionnaires des livres net des affiches officielles. Ils passent pour des bourgeois. En 1957, la petite Xiao Mei est déjà sollicitée pour donner des concerts, à la radio puis à la télévision, avant d’accéder au Palais impérial de Pékin. Trois ans plus tard, c‘est l’entrée en interne au Conservatoire de Pékin., où le rythme de travail est épuisant. 1960 et années suivantes : les années de l’horreur : vingt millions de chinois meurent de faim victimes de la folie de Mao. Xiao Mei découvre Bach et Mozart avec des professeurs remarquables. Elle a bientôt 14 ans et donne ses premiers récitals avec au programme Beethoven, Mozart et Chopin. Mais arrive les méfaits de la Révolution culturelle et tous les jeunes instruits sont envoyés à la campagne pour changer en profondeur leur mentalité. Une cure de rééducation ! Il est proclamé que la Chine nouvelle ne peut se bâtir que si les enfants de mauvaise origine (dont Xiao Mei) renient leurs parents. 1964 : la musique classique est déclarée bourgeoise, elle n’a pas été écrite pour le peuple. Chaque jeune doit devenir un soldat révolutionnaire et au Conservatoire on ne jouera plus de musique classique occidentale. C’est la période des Gardes Rouges, qui sont partout. 40 ans plus tard, Xiao Mei se revoit telle qu’elle était devenue : une créature sans cerveau conçue pour un seul but, être comme les autres. 1967 : à la campagne ce sont les travaux forcés et cela va durer cinq ans, cinq longues années de camp avant que naissent le doute et la lucidité et qu’un sentiment de révolte se profile pour fuir les séances d’autocritique et de dénonciation. La liberté et des désirs d’évasion deviennent une obsession. Hiver 1974 : cela fait cinq ans que Xiao Mei est internée. Ce n’est qu’au cours de 1975, libérée, qu’elle reçoit une affectation à l’école du ballet de Pékin. Elle apprend discrètement l’anglais car elle a des projets en tête. En 1977, le Conservatoire de Pékin rouvre ses portes mais Xiao Mei veut fuir, partir pour toujours. Elle obtient un visa pour les USA en 1980. C’est l’arrivée à Los Angeles. Elle a 31 ans et la Révolution culturelle lui a pris sa jeunesse. Elle découvre Lao Tseu et se fait à l’idée que le renoncement aux vanités est la voie de la sagesse. Ses journées désormais sont rythmées par deux grands moment de bonheur, le premier est sa méditation quotidienne avec le tao en tonalité, le second est sa méditation au piano. Puis elle rêve de Paris, ne parvenant pas à se faire à la vie américaine. Elle débarque en France en décembre 1984. Et c’est là qu’elle va faire la rencontre musicale de sa vie : les Variations Goldberg de J. S. Bach. Extrait : « Mais ce que je sais , c’est que j’ai fait la rencontre musicale de ma vie . Les Variations Goldberg remplissent désormais toute mon existence . Il y a tout , dans cette musique , elle suffit à vivre . La première variation me donne du courage . Je souris dans la dixième , humoristique , chante dans la treizième dont la ligne musicale m’apaise comme aucune musique avant , danse dans la vingt - quatrième avec son rythme de polonaise , je médite dans les quinzième et vingt - cinquième , deux des trois variations en mineur , qui m’émeuvent aux larmes . » Pour Xiao Mei, Bach est universel et les lignes musicales entremêlées du contrepoint de Bach la renvoient à l’art de la calligraphie , un art typiquement chinois qui est avant tout un art de la respiration et de la méditation . Extrait : « Les Goldberg ont cela de particulier qu’elles convoquent toutes les émotions , tous les sentiments de la vie humaine : c’est en cela qu’elles constituent un des plus grands chefs - d’œuvre de l’humanité et qu’elles parlent tant au public . Dans cette œuvre , c’est la vie même , dans ses composantes infinies , que Bach a mise en musique . » Xiao Mei s’installe dans un petit et modeste appartement quai Conti à l’automne 1988 : elle est chez elle, c’est la première fois de sa vie que cela lui arrive ! 1989 : elle connait son premier succès public lors d’un concert à 40 ans en l’église Saint Julien le Pauvre. Elle enregistre en 1990 les Goldberg pour son premier disque. 1994 : l’heure va sonner de ses vrais débuts parisiens. Puis il y aura le voyage à Leipzig, ville natale de Bach, l’enregistrement des Variations Goldberg dans l’église Saint Thomas où se trouve la sépulture du compositeur mort en 1750. Dans les derniers chapitres, Zhu Xiao Mei revient sur les pires moment de son existence : « La Révolution culturelle m’a salie , elle a fait de moi une coupable . À un moment donné , elle a même tué en moi le sens moral . J’ai critiqué mes semblables , je les ai méprisés , accusés de fautes graves , j’ai enquêté sur leur passé , pris part activement à un processus de destruction collective . Comment effacer cette tache ? » Et plus loin sur sa philosophie de la vie : « La religion chrétienne , qui me touche tant par ailleurs , a ce défaut de vouloir convertir , étendre son influence . L’idée même est étrangère aux Chinois . Bouddhistes , taoïstes et confucéens , ceux - ci pratiquent des religions qui sont plutôt des philosophies ; ils n’ont pas connu l’équivalent des guerres de religion et la pensée qu’une religion à elle seule pourrait détenir la vérité leur est incompréhensible . » En 2006, Xiao Mei reverra Pékin et sa famille après 26 années d’absence… Et sa belle conclusion : « Je doute , j’ai peur des autres , de moi , et je ressens avec violence mon impuissance , mon incapacité à atteindre la perfection . Mais le matin , je sais qu’il est là , dans la pièce à côté , il m’attend . Il est une promesse de bonheur toujours tenue . Mon piano . » Aujourd'hui, Xiao-Mei est célébrée dans le monde entier comme une pianiste virtuose et une immense artiste. La rivière et son secret /Zhu Xiao Mei C’est bouleversé, muet et comme anéanti que je sors de cette lecture du magnifique livre de la célèbre pianiste Zhu Xiao Mei. Un témoignage émouvant, déchirant et inoubliable comme le furent ses jours de douleur durant l’enfermement en camp de rééducation, broyée par la Révolution culturelle chinoise sous le règne de Mao. Mais sauvée in fine par la musique ! Quelle délicatesse pour nous faire partager l’histoire de ce destin incroyable ! Naturalisée française depuis 2001, elle a écrit son livre, publié en 2013, en français, notre langue qu’elle a commencé d’apprendre à l’âge de 35 ans. Admirable personne, une vie hors du commun, une femme d’exception ! Et que dire de la belle série de photos touchantes de Zhu Xiao Mei, de sa famille et de ses amis qui clôt ce récit de près de 400 pages ! Personnellement, j’ai découvert l’existence de Zhu Xiao Mei lorsque je me suis intéressé aux différentes interprétations des Variations Goldberg de J. S. Bach, que je collectionne, cette œuvre étant pour moi comme pour beaucoup le chef d’œuvre absolu pour clavier. Après l’avoir écoutée puis vue, j’ai été absolument...
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  • lyanea 17/04/2023
    Un roman exceptionnel dans lequel la musique sauve une femme… Si l’on veut avoir une petite idée de ce que les Chinois ont vécu sous le joug de Mao, cette autobiographie en donne la pleine mesure sans grands cris ni mots dévastateurs. Nous sommes en 1969, Zhu Xiao-Mei est cataloguée « être de mauvaise origine » car elle est la fille de bourgeois cultivés. En plus, elle est douée quand elle joue du piano et elle aime les œuvres des musiciens de nations décadentes. Pour cela, comme des millions de Chinois, elle passera sa jeunesse en camp de rééducation. Comment la vie lui apportera-telle l’opportunité de vivre un jour sa passion sur les scènes internationales ? Que devra-t-elle faire pour sortir de son pays d’enfer ? L’auteur ne nous parle d’elle, dans ce livre fort et riche en références musicales, que pour nous décrire ce que vivaient les anciens bourgeois ou catalogués comme tels, ce que les enfants de ces derniers devaient faire contre eux pour ne pas susciter le courroux des nouveaux maîtres. Il n’y a pas de sentimentalité, d’émotions personnelles, juste la démonstration de ce que l’on devient quand la pression est permanente, quand plus aucune liberté n’existe. C’est poignant et vrai. C’est la démonstration quotidienne de ce que veulent dire : gages de comportement exemplaire, séances de dénonciation et d’autocritique, hypocrisie des « yanbangxi » œuvres modèles composées sous l’égide de Madame Mao, reniement des parents. Si la plus grande partie du livre nous relate les persécutions régulières auxquelles est confrontée Zhu Xiao-Mei, l’autre nous entraîne dans les voyages d’une pianiste talentueuse, arrivée aux Etats-Unis, puis installée à Paris. La profondeur de son art, source de vie, s’exprime quand elle nous explique comment aborder une œuvre musicale (tempo, sens), son regard politique nous montre sans fard comment la relance du mouvement de Shangshan Xiaxiang a envoyé des milliers de jeunes citadins instruits dans les campagnes. Il est question de courage, de résilience, de dignité, de passion salvatrice dans ce témoignage ; c’est écrit finement, facilement lisible, humainement expliqué. Aujourd’hui, sur les scènes internationales, titrée comme Professeur au Conservatoire de Pékin, la pianiste virtuose donne vie à une musique qui n’a jamais quitté son oreille. Je remercie les éditions Robert Laffont et la Fondation Orange avec Lecteurs.com qui m’ont choisie pour recevoir et chroniquer la réédition de ce témoignage ayant reçu le Grand Prix des Muses en 2008, ce témoignage qui informera chaque lecteur souhaitant savoir ce que veut dire au quotidien « conditionnement psychologique ». Un roman exceptionnel dans lequel la musique sauve une femme… Si l’on veut avoir une petite idée de ce que les Chinois ont vécu sous le joug de Mao, cette autobiographie en donne la pleine mesure sans grands cris ni mots dévastateurs. Nous sommes en 1969, Zhu Xiao-Mei est cataloguée « être de mauvaise origine » car elle est la fille de bourgeois cultivés. En plus, elle est douée quand elle joue du piano et elle aime les œuvres des musiciens de nations décadentes. Pour cela, comme des millions de Chinois, elle passera sa jeunesse en camp de rééducation. Comment la vie lui apportera-telle l’opportunité de vivre un jour sa passion sur les scènes internationales ? Que devra-t-elle faire pour sortir de son pays d’enfer ? L’auteur ne nous parle d’elle, dans ce livre fort et riche en références musicales, que pour nous décrire ce que vivaient les anciens bourgeois ou catalogués comme tels, ce que les enfants de ces derniers devaient faire contre eux pour ne pas susciter le courroux des nouveaux maîtres. Il n’y a pas de sentimentalité, d’émotions personnelles, juste la démonstration de ce que l’on devient quand la pression est permanente, quand plus aucune liberté n’existe. C’est...
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  • chacris63 08/04/2023
    Zhu Xiao-Mei est une pianiste chinoise désormais reconnue, mais avant de connaître, un peu tardivement par rapport à ses collègues musiciens, une gloire méritée, elle a passé toute son enfance et sa jeunesse en Chine, aux pires heures de l'histoire de ce pays. En effet, née à Shanghaï en 1949, elle va grandir sous la férule impitoyable du grand Timonier, Mao Zedong. Ses parents sont cultivés, un piano a sa place dans le minuscule appartement parental. Très vite, la petite fille va montrer de réelles dispositions pour cet instrument, à tel point qu'elle entre à l'École nationale de musique pour enfants surdoués, à Pékin, à l'âge de 10 ans. Elle progresse vite, mais son apprentissage sera bloqué aussi très vite, à cause de la Révolution culturelle. Commencent alors des années plus que difficiles pour elle et ses parents, considérés comme des "Shushen Buhao" c'est à dire des bourgeois, des gens de mauvaise origine. Elle sera envoyée en camp de rééducation, bien loin du conservatoire, connaîtra les séances interminables d'auto-critique, se tiendra éloignée de ses parents car ce n'est pas une bonne attitude que d'aimer sa famille, deviendra même, à force d'endoctrinement, une bonne petite révolutionnaire. Cependant, l'amour de la musique reste ancré, enfoui en elle, et cela la sauvera au long terme. Elle réussira à faire venir son piano, qu'elle cachera dans une petite pièce froide et reculée, au camp de rééducation, à la frontière de la Mongolie. Xiao-Mei, à force de ténacité, de rêves peut-être, et aidée par certains de ses compagnons d'infortune, ou par des professeurs de musique, reviendra à Pékin et aura la chance de quitter la Chine pour les États-unis. On est en 1979, et commence alors la deuxième partie de sa vie de pianiste. Vie qui sera difficile aussi, car sa vie matérielle n'est pas florissante. Cependant, la volonté, le travail et la recherche constante de jouer le mieux possible lui feront rattraper les étapes d'une carrière entamée à 30 ans passés. Ce récit autobiographique se déroule en deux parties, d'abord la Chine, l'enfance, l'adolescence au moment du grand bond en avant, puis la découverte de la liberté, les États-unis et bientôt le monde entier, de par les concerts. Zhu Xiao-Mei raconte simplement, sans fard ni exagération, ses tourments à la fois psychologiques et matériels, ses difficultés hors de son pays natal dues à la langue mais aussi à sa culture, très différente de celle des pays occidentaux, ses peurs, ses regrets par rapport à sa famille qu'elle a été obligée d'ignorer longtemps (sa grand-mère, notamment). C'est un récit limpide, à la fois témoignage historique sur les années Mao et intime, expliquant comment l'amour de la musique et du piano a pu sauver une jeune femme. C'est raconté dans une langue simple, chronologiquement, à grands traits peut-être, mais c'est un récit qui veut donner de l'espoir, montrer que l'on peut, si une passion nous anime, arriver à réaliser nos rêves les plus fous a prioriZhu Xiao-Mei est une pianiste chinoise désormais reconnue, mais avant de connaître, un peu tardivement par rapport à ses collègues musiciens, une gloire méritée, elle a passé toute son enfance et sa jeunesse en Chine, aux pires heures de l'histoire de ce pays. En effet, née à Shanghaï en 1949, elle va grandir sous la férule impitoyable du grand Timonier, Mao Zedong. Ses parents sont cultivés, un piano a sa place dans le minuscule appartement parental. Très vite, la petite fille va montrer de réelles dispositions pour cet instrument, à tel point qu'elle entre à l'École nationale de musique pour enfants surdoués, à Pékin, à l'âge de 10 ans. Elle progresse vite, mais son apprentissage sera bloqué aussi très vite, à cause de la Révolution culturelle. Commencent alors des années plus que difficiles pour elle et ses parents, considérés comme des "Shushen Buhao" c'est à dire des bourgeois, des gens de mauvaise origine. Elle sera envoyée en camp de rééducation, bien loin du conservatoire, connaîtra les séances interminables d'auto-critique, se tiendra éloignée de ses parents car ce n'est pas une bonne attitude que d'aimer sa famille, deviendra même, à force d'endoctrinement, une bonne petite révolutionnaire. Cependant, l'amour de la musique...
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  • nyomaa 23/03/2023
    #x1f4d6#x1f1e8 Zhu Xiaomei a grandi dans la musique, avec sa mère qui avait un piano et lui a fait apprendre et adorer cela depuis ses 3 ans. Elle a ensuite été façonnée, maltraitée, retournée par la Révolution culturelle, l'obligeant à renier sa famille et ses origines car elle n'était pas considérée comme étant de bonne extraction. Elle a donc passé de longues années en camp de rééducation et a été sauvée par la musique et son piano, même si elle a mis des années, difficiles et laborieuses avant d'en vivre et d'en être connue. Ce livre, j'ai fini par le lire en écoutant les morceaux de piano qui sont très régulièrement mentionnés, ce qui a rendu la lecture d'autant plus agréable et a créé une bulle particulière. Avec beaucoup de franchise mais aussi de pudeur, Zhu Xiaomei nous livre sa vie, son combat contre elle-même, contre soi-même quand on est pris dans les ténèbres d'un régime totalitaire. J'ai beaucoup beaucoup aimé cette lecture, cette plume délicate et musicale, qui même pour moi qui suis mélomane et passionnée de Chine, m'a beaucoup appris et émue. Passages parfois difficiles (violents), à lire cependant.
  • nanouche 31/10/2022
    Zhu Xiao-Mei est née en 1950. Elle joue du piano depuis son plus jeune âge et à 11 ans elle entre au conservatoire de Pékin où elle peut se consacrer à sa passion. Mais petit à petit les séances d'autocritique et de dénonciation prennent le pas sur l'enseignement de la musique, les élèves sont emmenés en vacances à la campagne pour aider les paysans dans leur travail et Xiao-Mei s'éloigne de sa famille. Bien qu'elle soit devenue une révolutionnaire convaincue elle n'en reste pas moins suspecte aux yeux du régime car chushen buhao : de mauvaise origine (bourgeoise). En 1969, avec la plupart de ses camarades du conservatoire, elle est envoyée en camp de rééducation. Elle va y rester cinq ans. Enfin libre il lui faut énormément travailler pour rattraper le temps perdu et reprendre une carrière brutalement interrompue. A 30 ans elle quitte la Chine pour les Etats-Unis puis émigre ensuite vers la France. Le succès vient finalement, non sans difficultés et périodes de vaches maigres. Aujourd'hui elle est professeur au conservatoire national de musique et donne des récitals en France et à l'étranger. Ce que j'ai trouvé le plus intéressant dans La rivière et son secret (par contre, pourquoi ce titre ?) c'est le récit de l'adolescence et de la jeunesse de l'auteur sous la dictature de Mao, pendant la Révolution culturelle. Zhu Xiao-Mei montre bien comment toute une génération d'artistes et d'intellectuels a été sacrifiée. Même parmi ceux qui ont survécu la plupart de ses camarades n'ont pas connu la carrière qu'ils auraient pu. Ils ont finalement laissé de côté la musique pour assurer le matériel : "La Révolution culturelle a cassé en eux tout désir d'absolu. Par une cruelle ironie de l'Histoire, elle les a changés non en communistes mais en capitalistes !" Zhu Xiao-Mei elle-même reste marquée à jamais : "Les séances de dénonciation collectives que j'ai subies pendant des années font que j'ai désormais peur d'être critiquée, et que je ne peux plus avoir confiance, ni en moi, ni dans les autres. Quand l'on a connu ce régime, quand à douze ans, à un âge auquel on ne peut pas être coupable, on a été forcé de faire son autocritique, qu'est-ce qu'un ami, une relation, si ce n'est quelqu'un qui demain vous dénoncera et que vous-même, vous critiquerez ?" La suite, concernant son retour à la musique m'a moins intéressée. Il y a de longs passages sur la façon de bien jouer tel ou tel morceau. Je ne me sens pas trop concernée. Quelqu'un qui s'intéresse à la musique classique devrait sans doute mieux apprécier.Zhu Xiao-Mei est née en 1950. Elle joue du piano depuis son plus jeune âge et à 11 ans elle entre au conservatoire de Pékin où elle peut se consacrer à sa passion. Mais petit à petit les séances d'autocritique et de dénonciation prennent le pas sur l'enseignement de la musique, les élèves sont emmenés en vacances à la campagne pour aider les paysans dans leur travail et Xiao-Mei s'éloigne de sa famille. Bien qu'elle soit devenue une révolutionnaire convaincue elle n'en reste pas moins suspecte aux yeux du régime car chushen buhao : de mauvaise origine (bourgeoise). En 1969, avec la plupart de ses camarades du conservatoire, elle est envoyée en camp de rééducation. Elle va y rester cinq ans. Enfin libre il lui faut énormément travailler pour rattraper le temps perdu et reprendre une carrière brutalement interrompue. A 30 ans elle quitte la Chine pour les Etats-Unis puis émigre ensuite vers la France. Le succès vient finalement, non sans difficultés et périodes de vaches maigres. Aujourd'hui elle est professeur au conservatoire national de musique et donne des récitals en France et à l'étranger. Ce que j'ai trouvé le plus intéressant dans La rivière et son secret (par contre, pourquoi ce...
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