Lisez! icon: Search engine
Le cheval d'orgueil
Collection : Terre humaine
Date de parution : 11/09/2014
Éditeurs :
Plon

Le cheval d'orgueil

Collection : Terre humaine
Date de parution : 11/09/2014

Il y a dans la littérature de la France rurale un avant et un après Hélias.

"Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d'Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie." Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan...

"Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d'Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie." Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre écurie que sa tête et d'autre terre que celle qu'il emportait malgré lui aux...

"Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d'Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie." Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre écurie que sa tête et d'autre terre que celle qu'il emportait malgré lui aux semelles de ses sabots de bois. "Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin." Deux ancêtres de la famille, dit la tradition orale, ont été pendus par le duc de Chaulnes après la Révolte des Bonnets Rouges. Ils avaient dû écraser quelques pieds de marquis parce qu'ils ne pouvaient pas vraiment faire autrement. Au pays Bigouden, on ne redoute rien tant que la honte qu'on appelle "ar vez". Et l'honneur consiste à tenir et à faire respecter son rang, si humble soit-il. Tout le reste est supportable. L'auteur a été élevé dans ce sentiment. Avant d'apprendre le français et d'entrer dans la civilisation seconde qui est la sienne aujourd'hui, il a été éduqué en milieu bretonnant, dans une société qui vivait selon un code strictement établi. Il n'enseigne pas, il raconte minutieusement, paysannement, comment on vivait dans une "paroisse" bretonnante de l'extrême ouest armoricain au cours du premier demi-siècle. Il ne veut rien prouver, sinon que la véritable histoire des paysans reste à faire et qu'il est un peu tard pour l'entreprendre. Il affirme tranquillement que ceux qui jugent les paysans comme des êtres grossiers sont eux-mêmes des esprits sommaires et naïfs. Il ajoute que les hommes ou les régimes qui ont suscité des révoltes de paysans ont fait entrer ces derniers en jacquerie à force de mépriser leur culture. Alors le Cheval d'Orgueil a secoué furieusement sa crinière ! L'auteur n'est pas convaincu, en passant d'une civilisation à l'autre, d'avoir humainement gagné au change. Mais aujourd'hui, la grande question qui se pose est de savoir s'il existe encore des paysans, c'est-à-dire des hommes qui, avant d'être de leur temps, sont d'abord de quelque part où ils doivent se mettre à l'heure du temps qu'il fait.

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782259216760
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
EAN : 9782259216760
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • SophieChalandre 12/09/2022
    Compilation passionnante de récits à la fois ethnologiques et biographiques sur le monde paysan en pays bigouden de l'entre deux guerres, Le cheval d'orgueil est un document historique très travaillé où Pierre Jakez Hélias réactive ses souvenirs d'une société traditionnelle en mutation, menacée de disparition… J'ai aimé lire Le cheval d'orgueil, surtout pour l'orgueil. Mais celui d'un autre paysan, l'orgueil d'un dérisoire plouc à sabot originaire de Rostronen, du temps des Côtes-du-Nord, mais qu'on n'a pas oublié de mobiliser pour quatre ans de tranchée, laissant famille et ferme se débrouiller. Au nom d'une patrie interdisant de parler breton. J'ai aimé lire ce livre pour l'orgueil d'un homme et de sa terre qu'aucune carte ne mentionne. Pour le pain dur de ses champs à travailler, pour le blé et le lait de sa peine et les truites braconnées du Sulon, pour son cidre aigre et trouble comme sa langue clandestine, pour le brûlant de son four en pierre dans le pré à vaches et ses larmes quand son cheval de trait trop vieux est parti pour la boucherie, pour la magie noire de ses contes sur le banc de granit dans la vaste cheminée du soir. Pour sa gentillesse taiseuse et sa... Compilation passionnante de récits à la fois ethnologiques et biographiques sur le monde paysan en pays bigouden de l'entre deux guerres, Le cheval d'orgueil est un document historique très travaillé où Pierre Jakez Hélias réactive ses souvenirs d'une société traditionnelle en mutation, menacée de disparition… J'ai aimé lire Le cheval d'orgueil, surtout pour l'orgueil. Mais celui d'un autre paysan, l'orgueil d'un dérisoire plouc à sabot originaire de Rostronen, du temps des Côtes-du-Nord, mais qu'on n'a pas oublié de mobiliser pour quatre ans de tranchée, laissant famille et ferme se débrouiller. Au nom d'une patrie interdisant de parler breton. J'ai aimé lire ce livre pour l'orgueil d'un homme et de sa terre qu'aucune carte ne mentionne. Pour le pain dur de ses champs à travailler, pour le blé et le lait de sa peine et les truites braconnées du Sulon, pour son cidre aigre et trouble comme sa langue clandestine, pour le brûlant de son four en pierre dans le pré à vaches et ses larmes quand son cheval de trait trop vieux est parti pour la boucherie, pour la magie noire de ses contes sur le banc de granit dans la vaste cheminée du soir. Pour sa gentillesse taiseuse et sa vieille main calleuse posée sur nos têtes de gamins, pour les cachettes des gros mots en breton et la paille des crachins d'été embrouilleurs de saison, pour sa rogne contre le remembrement saccageur de haies d'osier et de genêt et son coup de poing dans la tronche du chef de la coopérative, ce vendu. Pour la messe du dimanche de son ami curé et ses fils à demi secrets, pour ce dieu sourd à ses prières de fermier, tout le temps sourd le "doué", pour les pieds du matin tôt levés, poudrés de terre battue, et cette horloge à balancier qui ne retarde jamais. Pour la ferme disparue, pour le four éteint sous les ronces et les pommiers morts, pour la maison écroulée et les étables vendues, aujourd'hui chambres d'hôtes pour d'improbables touristes. Pour mon enfance en vacances bottées de caoutchouc et de gadoue heureuse. J'ai aimé lire ce livre pour l'orgueil de mon arrière-grand-père.
    Lire la suite
    En lire moins
  • NicG 03/10/2021
    Il m’aura fallu un demi-siècle pour lire le Cheval D’orgueil, qui lui décrit un siècle de la Bretagne de mes ancêtres ; un siècle qui voit sa transformation et son intégration complète dans la république française. Pour un Breton cette lecture est fascinante (même si les descriptions sont entièrement focalisées sur le pays Bigouden). Pour un non-Breton, on peut imaginer qu’elle doit être plus aride. La fin de l’ouvrage change de direction, et de description #historique (largement autobiographique) devient un pamphlet amer et belliqueux que j’ai trouvé assez désagréable.
  • nimp 24/05/2021
    J'ai bien aimé les multiples anecdotes qui font cette oeuvre, sur la vie de son auteur et de sa famille dans sa Bretagne natale. Toutefois, les chapitres sont très longs et recoupent parfois de très nombreuses périodes, histoires, avis, ce qui fait que je l'ai posé de nombreuses fois alors que je suis plutôt du genre à lire d'une traite les livres. La dernière partie qui est davantage un traité qu'une autobiographie est particulièrement longue. Cela n'empêche pas à ce roman autobiographique d'être rudement intéressant, instructif et de nous faire rêver à la Bretagne d'autrefois.
  • tuica 12/04/2021
    J’ai été très heureuse de lire ce livre sur mes ancêtres du pays bigouden. Difficile de réaliser la critique de ce monument littéraire, dans lequel L’auteur témoigne de la vie de labeur de ces paysans bretons dans la 1ere partie du 20eme siècle, de l’évolution de la condition paysanne à travers la vie de ses aïeuls. j’ai été bouleversée par la dureté, l’intensité de la vie quotidienne de ces paysans laborieux. Incroyable de suivre la mère de famille qui tricotait en marchant en sabot sur le chemin de la ville pour ne pas perdre une seconde de son temps, la Mère qui accouchait chez elle et retournait finir sa lessive au lavoir, le Père qui au retour de la guerre filait immédiatement au champs pour labourer. C’était il y a un siècle mais il a un gouffre entre eux et nous. Cet orgueil était leur seul richesse! Par contre, Le style est plat et il faut s’accrocher pour finir le livre epais à l’écriture serrée.
  • Euzenat 27/03/2021
    Le cheval d'orgueil n'est pas un roman, c'est un témoignage écrit en 1980 ,qui m'a fait beaucoup rire....J'en ai relu des passages à hautes voix à ma compagne.J'ai pris beaucoup de plaisir à lire, à relire des passages.Quel tableau, quel album de photos,le souvenir de mes grands-parents m'est revenu au galop.Mes souvenirs d'enfance 40-45 ans après cette description forte sont sensiblement les mêmes ,a part les sabots et la "vache"d'autant que les grands-parents paternels sont bretonnants et les maternels sont gallo.Mais mes aïeux ne parlent que le français devant nous et nos parents.Une autre différence de taille en 1965 ,les talus sont rasés ou condamnés à l'être. Le dernier chapitre est terrible, tant il est prémonitoire et malheureusement realiste . Pierre Jakez Helias nous laisse cependant un espoir dans les langues régionales pour surmonter les défis écologiques, économiques et d'identité d'aujourd'hui et de demain.
Inscrivez-vous à la newsletter Plon
Recevez toutes nos actualités : sorties littéraires, signatures, salons…