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Le grand Elysium Hôtel

12-21
EAN : 9782823869354
Code sériel : UGE
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe
Le grand Elysium Hôtel

Date de parution : 14/08/2019

Mars 1945, un palace abandonné des Alpes autrichiennes, un écrivain, disciple d'Ezra Pound et, comme lui, zélateur du fascisme, entreprend de couvrir les murs et les plafonds du récit de sa prodigieuse existence. Aux échos de la Chine de 1924 vont se succéder ceux de l'Angleterre et de la France...

Mars 1945, un palace abandonné des Alpes autrichiennes, un écrivain, disciple d'Ezra Pound et, comme lui, zélateur du fascisme, entreprend de couvrir les murs et les plafonds du récit de sa prodigieuse existence. Aux échos de la Chine de 1924 vont se succéder ceux de l'Angleterre et de la France de 1936, puis des Bahamas en 1942. Dans cette fresque décadente et perverse, des personnages insensés, souvent empruntés à la réalité, comme Ribbentrop, Hess, Lindbergh, Hemingway, et surtout ceux qui vont devenir le duc et la duchesse de Windsor, se croisent et se mêlent.

Voici un roman époustouflant où, pour une fois, c'est la fiction qui prend sa revanche sur la réalité : car la littérature, c'est la vérité.

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EAN : 9782823869354
Code sériel : UGE
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Katsika Posté le 25 Mai 2017
    Si le roman du canadien Timothy Findley, Le Grand Elysium Hôtel, est intéressant, c'est parce que l'auteur prend tous les chemins contre courant. D'abord il mêle subtilement histoire et fiction et fait d'un nom rencontré dans l'oeuvre d'Ezra Pound le personnage central de son roman. Ainsi l'écrivain Hugh Selwyn Mauberley traverse-t-il les années 1936-1945 en étant toujours dans les lieux où se fait l'histoire. Pourtant, jamais acteur de sa vie et encore moins héros, il n'évolue qu'au sein d'une classe très privilégiée tout acquise au fascisme italien et au nazisme, entraîné dans des intrigues qui touchent au tragique et frisent le rocambolesque. Peu importe que le lecteur ait bien du mal démêler le vrai du faux, l'auteur le plonge dans un univers nauséabond et raffiné, où les notions de respect de l'être humain et de liberté n'ont pas cours. En son centre, le duc et la duchesse de Windsor, bien peu glorieux. Enfin les points de vue son démultipliés, entre autres grâce à une mise en abyme qui permet à deux militaires américains de découvrir en mai 1945, les souvenirs de Mauberley (dont on sait la mort très vite au début du roman), le premier anéanti par le décalage entre... Si le roman du canadien Timothy Findley, Le Grand Elysium Hôtel, est intéressant, c'est parce que l'auteur prend tous les chemins contre courant. D'abord il mêle subtilement histoire et fiction et fait d'un nom rencontré dans l'oeuvre d'Ezra Pound le personnage central de son roman. Ainsi l'écrivain Hugh Selwyn Mauberley traverse-t-il les années 1936-1945 en étant toujours dans les lieux où se fait l'histoire. Pourtant, jamais acteur de sa vie et encore moins héros, il n'évolue qu'au sein d'une classe très privilégiée tout acquise au fascisme italien et au nazisme, entraîné dans des intrigues qui touchent au tragique et frisent le rocambolesque. Peu importe que le lecteur ait bien du mal démêler le vrai du faux, l'auteur le plonge dans un univers nauséabond et raffiné, où les notions de respect de l'être humain et de liberté n'ont pas cours. En son centre, le duc et la duchesse de Windsor, bien peu glorieux. Enfin les points de vue son démultipliés, entre autres grâce à une mise en abyme qui permet à deux militaires américains de découvrir en mai 1945, les souvenirs de Mauberley (dont on sait la mort très vite au début du roman), le premier anéanti par le décalage entre le talent de l'écrivain pour qui il eut, pendant des années, une profonde admiration et son avilissement politique, tandis que son supérieur, traumatisé par la découverte des survivants de Dachau, laisse sa haine se déchaîner. Tout dans ce roman est surprenant et subtil. Simplement il faut aimer l'histoire et la politique pour dévorer avec plaisir ce pavé de plus de cinq cents pages.
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  • Sachenka Posté le 2 Mai 2016
    Le Grand Elysium Hotel. Je n’aime pas ce titre, pareillement pour les libertés que prennent parfois les traducteurs. Certes, le roman commence et se termine à cet endroit, mais l’essentiel de l’intrigue ne s’y déroule pas. Je préfère de loin le titre original : Famous Last Words. On pourrait traduire cela par « Derniers mots célèbres ». Peut-être un peu trop littéral ? Hugh Seldwyn Mauberly. Le roman s’ouvre avec l’arrivée de ce personnage singulier au Grand Elysium Hotel, niché dans les Alpes autrichiennes. Cet auteur obscur fuit l’avancée des troupes soviétiques et américaines et cet hotel inoccupé, où il a jadis séjourné, lui semble le refuge idéal. Malheureusement, ce sympathisant nazi sait que la mort rôde et il décide de se dévoiler son histoire. Ou, du moins, de livrer ce qu’il croit être sa vérité. Il grave sur les murs des quatres chambres de sa suite son parcours. Une sorte de testament. L’intrigue principale commence par sa rencontre avec Wallis Spencer à Shanghaï, au milieu des années 30. Il roule sa bosse en donnant des cours d’anglais aux Russes blancs, qui fuient le communisme. Son amie séduit les hommes riches. Chacun ses atouts… Puis ils se séparent. Mauberly trouve le... Le Grand Elysium Hotel. Je n’aime pas ce titre, pareillement pour les libertés que prennent parfois les traducteurs. Certes, le roman commence et se termine à cet endroit, mais l’essentiel de l’intrigue ne s’y déroule pas. Je préfère de loin le titre original : Famous Last Words. On pourrait traduire cela par « Derniers mots célèbres ». Peut-être un peu trop littéral ? Hugh Seldwyn Mauberly. Le roman s’ouvre avec l’arrivée de ce personnage singulier au Grand Elysium Hotel, niché dans les Alpes autrichiennes. Cet auteur obscur fuit l’avancée des troupes soviétiques et américaines et cet hotel inoccupé, où il a jadis séjourné, lui semble le refuge idéal. Malheureusement, ce sympathisant nazi sait que la mort rôde et il décide de se dévoiler son histoire. Ou, du moins, de livrer ce qu’il croit être sa vérité. Il grave sur les murs des quatres chambres de sa suite son parcours. Une sorte de testament. L’intrigue principale commence par sa rencontre avec Wallis Spencer à Shanghaï, au milieu des années 30. Il roule sa bosse en donnant des cours d’anglais aux Russes blancs, qui fuient le communisme. Son amie séduit les hommes riches. Chacun ses atouts… Puis ils se séparent. Mauberly trouve le chemin de l’Europe, trouve sa place dans les cercles intellectuels qui font l’apologie du fascisme. Et ils sont de plus en plus nombreux. Parmi ceux-là, on retrouve Ezra Pound, qui, avec son antiaméricanisme virulant, apporte son soutien à Hitler. Avec lui, Charles Lindbergh et d’autres C’est une incursion dans un milieu très précis de l’entre-deux-guerres. Petite anecdote : Mauberly est le nom d’un personnage d’un poème d’Ezra Pound ! Beau clin d’œil de l’auteur Timothy Findley. Toujours sur le Vieux Continent, Mauberly croise à nouveau le chemin de Wallis, qui porte maintenant le patronyme Simpson, suite à son mariage avec un riche Américain. Mais elle est accrochée au bras d’Édouard VIII d’Angleterre. Ce couple célèbre voyage dans les grandes villes européennes, trainant à sa suite le pauvre écrivain, devenu un indispensable ami. Le roman rejoint l’histoire. L’amour l’emporte, le roi doit abdiquer. Devenus duc et duchesse de Windsor, les nouveaux mariés se retirent en Espagne, trainant toujours Mauberly. Éventuellement, les complots de Rudolf Hesse et Joachim von Ribbentrop se resserreront autour d’eux. Findley joue avec la théorie que les fascistes auraient préparé un complot et voulait se servir du couple royal (reconnu pour ses sympathies nazies) pour prendre le contrôle de l’Angleterre, peut-être même diriger un empire pan-germanique. Bref, Findley ne se contente plus de se servir de l’histoire, il la revisite, un peu à sa manière. Et tous sont écorchés. Les soviétiques qui pourchassent les Russes blancs jusqu’en Chine, les fascistes évidemment, autant les nazis que les partisans espagnols de Franco et les Italiens de Mussolini. Et que dire de ces Américains, qui ont vu les horreurs du camp de concentration de Dachau et qui, dans leur vision très manichésite du monde, se montrent bornés et rancuniers, à l’esprit étroit. Toutefois, Findley ne juge pas. Il aurait été tellement facile de critiquer Mauberly et son entourage, un peu à la manière du colonel Freyberg. Plutôt, il replace l’action dans son contexte. Et si la montée du fascisme était inévitable ? Et si elle avait pour cause l’intransigeance des Alliés ? Surtout, si elle apportait du bien aux peuples accablés par la crise économique. Soyons clair, l’auteur ne fait pas, via Mauberly, l’apologie du nazisme. Il essaie de démontrer comment et pourquoi des gens ont pu s’y tourner, souvent même sans s’en rendre compte. « Famous last words » m’a bien plu. J’ai bien remarquée quelques longueurs, entre autres lors des pérégrinations de Mauberly et d’Isabelle en Espagne et en Italie. Jusque là, l’écrivain avait bien manifesté ses sympathies nazies mais je ne voyais pas comment elles allaient se traduire en geste concret qui allait lui valoir la haine autant des fascistes que des Américains. Surtout que l’histoire s’allongeait à un tel point que je me demandais si le duc et la duchesse de Windsor devenaient les personnages principaux de ce roman. Puis, tout s’est bousculé vers la fin. Toute l’œuvre a pris son sens. C’est un roman qu’il faut lire à tête reposée. Quelququ’un qui le lit d’une traite, sans prêter attention aux détails, sans se laisser imprégner des personnages et de l’atmosphère (de l’époque), s’ennuira forcément. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est roman intellectuel mais il est certain qu’on ne le lit pas pour l’action.
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  • natalieH Posté le 24 Octobre 2011
    Thmothy Findley fait ici le portrait d'un écrivain proche du nazisme, qui a croisé de célébres figures politiquement peu recommandables, Ezra Pound, Wallis Simpson, ... Autour de ce personnage ambigu, une fresque mondaine et militaire sur la période 1930 - 1945, un récit qui s'attaque à un sujet polémique, le lien de la littérature et des intrigues politiques. Enfin, une réflexion sur le témoignage, le souvenir, la relativité de toute expérience, l'écriture comme ultime trace, gravée sur un mur, calcinée au fond d'une baignoire. Eprouvant mais talentueux.
  • Woland Posté le 5 Mai 2010
    Famous Last Words Traduction : Bernard Géniè De Timothy Findley, j'avais lu, il y a une dizaine d'années, un "Chasseur de Têtes" qui m'avait beaucoup marquée par l'art avec lequel son auteur rendait un hommage onirique à Joseph Conrad, et un "Pilgrim" qui, je l'avoue, m'avait laissée plutôt dubitative. Avec "Le Grand Elysium Hotel", je renoue avec mon impression première. Le roman se fonde sur deux interrogations historiques : 1) Hitler se contenta-t-il d'apparaître au bon moment et au bon endroit ou fut-il le produit, d'ailleurs prévisible, d'une succession de circonstances qui aboutirent au sinistre paroxysme que l'on sait ? 2) Du côté de l'Axe, certains ont-ils songé à faire de l'ex-roi d'Angleterre, Edward VIII, le pivot d'un ordre pan-germanique totalitaire qui succèderait à Hitler et ses sbires lorsque ceux-ci auraient accompli le "sale boulot" ? Dans un respect absolu de l'Histoire, Findley ressuscite, à travers le récit gravé par son héros sur les murs des chambres de l'Elysium Hotel, dans les Alpes autrichiennes, ce volcan en ébullition que fut l'Europe, du début des années trente jusqu'à la chute du IIIème Reich en 1945. Le héros, c'est Hugh Mauberley, romancier américain à succès qui, dans les années vingt, se lie d'amitié avec son compatriote, le... Famous Last Words Traduction : Bernard Géniè De Timothy Findley, j'avais lu, il y a une dizaine d'années, un "Chasseur de Têtes" qui m'avait beaucoup marquée par l'art avec lequel son auteur rendait un hommage onirique à Joseph Conrad, et un "Pilgrim" qui, je l'avoue, m'avait laissée plutôt dubitative. Avec "Le Grand Elysium Hotel", je renoue avec mon impression première. Le roman se fonde sur deux interrogations historiques : 1) Hitler se contenta-t-il d'apparaître au bon moment et au bon endroit ou fut-il le produit, d'ailleurs prévisible, d'une succession de circonstances qui aboutirent au sinistre paroxysme que l'on sait ? 2) Du côté de l'Axe, certains ont-ils songé à faire de l'ex-roi d'Angleterre, Edward VIII, le pivot d'un ordre pan-germanique totalitaire qui succèderait à Hitler et ses sbires lorsque ceux-ci auraient accompli le "sale boulot" ? Dans un respect absolu de l'Histoire, Findley ressuscite, à travers le récit gravé par son héros sur les murs des chambres de l'Elysium Hotel, dans les Alpes autrichiennes, ce volcan en ébullition que fut l'Europe, du début des années trente jusqu'à la chute du IIIème Reich en 1945. Le héros, c'est Hugh Mauberley, romancier américain à succès qui, dans les années vingt, se lie d'amitié avec son compatriote, le poète Ezra Pound, ainsi qu'avec celle qui n'est encore que Wallis Spencer et qu'il rencontre à Shanghaï. Deux attirances qui révèlent déjà un peu l'orientation idéologique de Mauberley, orientation que Findley a la sagesse de présenter dans le contexte de l'époque : d'un côté, le triomphe de la révolution bolchevique qui menace de s'étendre à l'Ouest, pour la plus grande méfiance et la plus grande horreur de ceux que les idées communistes ont toujours fait frissonner, et, de l'autre, la réplique conservatrice à ce totalitarisme révolutionnaire : le totalitarisme fascisme, puis national-socialiste. Fuyant les troupes soviétiques et américaines qui libèrent l'Europe occupée, Mauberley vient se réfugier à l'Elysium Hotel, où il a conservé de bons souvenirs mais où l'attend la Mort. Avant d'être assassiné par une Némésis engendrée par son passé et tout ce qu'il a pu y voir et y entendre, et pressentant peut-être que ses carnets de notes ne lui survivront pas, il prend la précaution de graver l'essentiel de ce qu'il sait sur les murs des quatre chambres qui forment sa "suite." Ceci pour l'édification des deux officiers américains qui découvriront son cadavre : le colonel Freyberg, obsédé par ce qu'il a vu à Dachau, et le lieutenant Quinn, qui était lui aussi à Dachau mais qui, esprit plus complexe, refuse malgré tout de manichéiser les choses et les êtres. Les phrases de Findley ont la fluidité et la limpidité d'une rivière. Et pourtant, derrière le premier plan qu'elles nous montrent, elles nous laissent deviner un paysage hachuré d'ombres et de brouillards. Sans doute, en l'espèce, le lecteur passionné d'Histoire trouvera-t-il ici plus facilement son compte puisque le romancier canadien met en scène des personnages comme le duc et la duchesse de Windsor, von Ribbentrop, Rudolf Hess, et quelques autres, les reliant à des événements qui se sont réellement passés mais sur lesquels planent encore de nos jours beaucoup de ténèbres (l'assassinat de Sir Harry Oakes aux Bahamas, les projets d'enlèvement du couple Windsor par les nazis, l'étrange départ de Rudolf Hess vers l'Angleterre et la folie dans laquelle il sombra ...). Cependant, avec "Le Chasseur de Têtes" - que je relirai prochainement - "Le Grand Elysium Hotel" constitue l'une des portes les plus étonnantes et les plus intéressantes pour pénétrer dans l'univers de ce grand romancier que fut Timothy Findley.
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