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La Découverte
EAN : 9782707178800
Code sériel : 168
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Le mythe de l'individu

Anne Weinfeld (traduit par)
Date de parution : 16/01/2014

C'est le mythe inquestionné de « l'individu »que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce livre iconoclaste.

Face à la « crise des valeurs » et à la « perte des repères », l'individu semble être devenu le dernier rempart. Création de la modernité, l'autonomie du sujet social est perçue comme le symbole même de la liberté. C'est ce mythe inquestionné que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce...

Face à la « crise des valeurs » et à la « perte des repères », l'individu semble être devenu le dernier rempart. Création de la modernité, l'autonomie du sujet social est perçue comme le symbole même de la liberté. C'est ce mythe inquestionné que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce livre iconoclaste. Pour lui, loin d'être cette instance transhistorique et transculturelle, l'individu est une forme d'organisation sociale, d'une vision du monde qui n'a rien de fatale. Et ceux qui, avec la meilleure volonté du monde, s'efforcent aujourd'hui de recréer du lien social entre les individus pour sauvegarder la vie face à la destruction capitaliste, ne font que renforcer la logique qu'ils pensent combattre : car dans le néolibéralisme avancé, l'individu est précisément le constituant du lien social régi par la loi du profit et de l'intérêt, l'atome indivisible de la massification. Pour sortir de cette double impasse, il faut, explique Miguel Benasayag, « abandonner la position du mirador » : celle de celui qui regarde le monde en situation d'extériorité, comme depuis un mirador. Position qui est aussi bien celle du réaliste tenant de la « pensée unique » - le monde est ce qu'il est, nous n'avons d'autre choix que de « faire avec » - que celle de son adversaire idéaliste - ce monde est inacceptable, changeons les mentalités et tout deviendra possible. Au fil d'un parcours philosophique aussi exigeant que passionnant,  Miguel Benasayag propose ici une théorie de l'émancipation constituant un outil précieux pour tous ceux qui explorent les voies d'un renouveau de l'action politique.

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EAN : 9782707178800
Code sériel : 168
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • KLiebknecht Posté le 16 Novembre 2016
    Benasayag, philosophe franco-argentin, ancien résistant guevariste, démontre que le concept d'individu est un concept moderne, particulièrement lié à la société capitaliste. Il effectue ainsi une véritable archéologie du concept moderne d'individu qui remonte jusqu'au XVIIIème siècle, voire à la coupure épistémologique due à la révolution copernicienne. L'auteur souligne que l'individu est « un concept inquestionné », un « postulat de base incontesté » du monde moderne. Par une argumentation rigoureuse, il démontre que les métaphysiques qui ont voulu séparer l'individu du reste du monde (Descartes en particulier) sont tombés dans le piège de l'abstraction. Tout le travail moderne autour du concept d'individu a été de casser ce lien primordial, comme si on avait à faire à un sujet étanche qui regarde le monde d'une « supposée extériorité ». Or, il n'y a jamais un individu (ou une pensée) seule. Toujours elle reste en lien avec une société donnée, une situation particulière. Si l'on ne comprend pas cela, on tombe inévitablement dans l'un des deux écueils suivants : ou l'universalisme abstrait ou le relativisme. Ou bien l'individu cristallise sa pensée dans des idées universelles, c'est-à-dire abstraites et donc totalement inopérantes, ou bien on tombe dans le relativisme, stipulant que chaque individu détient sa propre vérité. De par cette illusion,... Benasayag, philosophe franco-argentin, ancien résistant guevariste, démontre que le concept d'individu est un concept moderne, particulièrement lié à la société capitaliste. Il effectue ainsi une véritable archéologie du concept moderne d'individu qui remonte jusqu'au XVIIIème siècle, voire à la coupure épistémologique due à la révolution copernicienne. L'auteur souligne que l'individu est « un concept inquestionné », un « postulat de base incontesté » du monde moderne. Par une argumentation rigoureuse, il démontre que les métaphysiques qui ont voulu séparer l'individu du reste du monde (Descartes en particulier) sont tombés dans le piège de l'abstraction. Tout le travail moderne autour du concept d'individu a été de casser ce lien primordial, comme si on avait à faire à un sujet étanche qui regarde le monde d'une « supposée extériorité ». Or, il n'y a jamais un individu (ou une pensée) seule. Toujours elle reste en lien avec une société donnée, une situation particulière. Si l'on ne comprend pas cela, on tombe inévitablement dans l'un des deux écueils suivants : ou l'universalisme abstrait ou le relativisme. Ou bien l'individu cristallise sa pensée dans des idées universelles, c'est-à-dire abstraites et donc totalement inopérantes, ou bien on tombe dans le relativisme, stipulant que chaque individu détient sa propre vérité. De par cette illusion, les hommes se fourvoient sur leurs véritables intérêts. L'individualisme suggère qu'il faut d'abord se préoccuper de satisfaire ses petites envies, alors qu'il y a beaucoup plus urgent, des choses beaucoup plus importantes. Les hommes sont amenés à tenir pour réelles des choses totalement éphémères. Tout cela est affirmé et démontré à l'aide des concepts marxistes mais aussi spinozistes. Il est urgent, aux yeux de l'auteur, de rejeter le concept d'individu, pour pouvoir agir, ici et maintenant, dans nos sociétés modernes. Cela ne peut se faire qu'en réinsérant l'individu, ou plutôt la personne, au sein d'une « situation », comme faisant partie d'un tout qui évolue. La question se pose donc au final de savoir comment agir au sein d'une situation. C'est là que l'on reste un peu sur sa faim. On ne nous dit pas comment "lire" la situation afin de pouvoir "participer" à son évolution... Tout ce qu'on nous dit c'est qu'il ne faut être ni universaliste ni relativiste. Il nous donne quelques pistes cependant, comme son soutien aux myriades de petites luttes alternatives, contestant l'ordre libéral. Passé guevariste oblige, je dirais, il laisse entendre que les révolutionnaires ont tort de se préoccuper du pouvoir central (qui est une idée abstraite). Qu'il faut prendre en considération la situation actuelle (qui ne prête assurément pas à une révolution) pour pouvoir en modifier les « lignes de forces ». En conclusion, un livre assez fluide, qui se laisse bien lire, même si les derniers chapitres ont tendance à obscurcir le propos de l'auteur. Les idées défendues sont intéressantes, c'est bien la première fois que je vois l'individualisme critiqué sur un plan purement philosophique.
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