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La Découverte
EAN : 9782707170835
Façonnage normé : EPUB2
Nombre de pages : 240
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Le scandale des biens mal acquis

Enquête sur les milliards volés de la Françafrique

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Collection : Cahiers libres
Date de parution : 07/06/2012

Après le scandale Elf des années 1990, l'affaire des BMA par les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale pourrait faire trembler les fondements de la République.

Quand un secret de Polichinelle de la Ve République vire à l’affaire d’État ! Depuis les indépendances des années 1960, les initiés savaient que certains dirigeants africains « amis de la France » menaient grand train à Paris ou sur la Côte d’Azur : hôtels particuliers, voitures de collection, vêtements...

Quand un secret de Polichinelle de la Ve République vire à l’affaire d’État ! Depuis les indépendances des années 1960, les initiés savaient que certains dirigeants africains « amis de la France » menaient grand train à Paris ou sur la Côte d’Azur : hôtels particuliers, voitures de collection, vêtements de luxe…. Mais qui s’en souciait vraiment ?
Au printemps 2007, une plainte déposée à Paris par une poignée d’ONG, accusant plusieurs chefs d’État africains de détournements de fonds publics, a lancé l’affaire de ces « biens mal acquis » sur le dos de leurs peuples. Après moult péripéties judiciaires, la Cour de cassation a autorisé, en novembre 2010, l’ouverture d’une enquête inédite sur ces fortunes accumulées en France par les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale.
Les journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung dévoilent dans ce livre, révélations à l’appui, les dessous de ce scandale majeur. Après l’affaire Elf, l’affaire des BMA pourrait bien faire trembler les fondements de la République. Par quels circuits financiers transitent les fonds détournés ? De quelles complicités ont bénéficié ces dirigeants pour placer leurs pétrodollars dans l’Hexagone ? Le silence des partis politiques français serait-il lié à des fi-nancements occultes ? Autant de questions liées à ce scandale de la corruption ordinaire aux parfums de Françafrique.

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EAN : 9782707170835
Façonnage normé : EPUB2
Nombre de pages : 240
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • YvesParis Posté le 19 Septembre 2012
    En mars 2007, trois ONG déposent plainte contre cinq chefs d’Etat africains et leurs familles pour « recel de détournement de fonds publics ». Elles leur reprochent l’acquisition en France d’un impressionnant patrimoine immobilier au coût sans commune mesure avec leurs revenus officiels. Une enquête policière est confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) qui lève une partie du voile sur le train de vie ubuesque de ces chefs d’Etat : hôtels particuliers, berlines de luxe, comptes en banques par centaines … Las ! le parquet classe la plainte sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée » en novembre 2007. Les ONG, auxquelles s’est ralliée Transparency international ne se découragent pas. Elles déposent une nouvelle plainte avec constitution de partie civile le 2 décembre 2008 qui vise les présidents du Congo, du Gabon et de la Guinée-équatoriale. Sa recevabilité est douteuse. La procédure pénale n’autorise pas n’importe qui à attaquer n’importe quoi : un plaignant doit invoquer un préjudice « direct et personnel » pour espérer voir sa plainte aboutir. Est-ce le cas en l’espèce ? La doyenne des juges d’instruction est de cet avis ; mais le parquet fait appel et la chambre de l’instruction... En mars 2007, trois ONG déposent plainte contre cinq chefs d’Etat africains et leurs familles pour « recel de détournement de fonds publics ». Elles leur reprochent l’acquisition en France d’un impressionnant patrimoine immobilier au coût sans commune mesure avec leurs revenus officiels. Une enquête policière est confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) qui lève une partie du voile sur le train de vie ubuesque de ces chefs d’Etat : hôtels particuliers, berlines de luxe, comptes en banques par centaines … Las ! le parquet classe la plainte sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée » en novembre 2007. Les ONG, auxquelles s’est ralliée Transparency international ne se découragent pas. Elles déposent une nouvelle plainte avec constitution de partie civile le 2 décembre 2008 qui vise les présidents du Congo, du Gabon et de la Guinée-équatoriale. Sa recevabilité est douteuse. La procédure pénale n’autorise pas n’importe qui à attaquer n’importe quoi : un plaignant doit invoquer un préjudice « direct et personnel » pour espérer voir sa plainte aboutir. Est-ce le cas en l’espèce ? La doyenne des juges d’instruction est de cet avis ; mais le parquet fait appel et la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris lui donne raison. Les ONG forment un pourvoi en cassation et la Cour de cassation, à leur grand soulagement, déclare dans un arrêt du 9 novembre 2010 leur plainte recevable. L’arrêt, historique, dépasse le cadre des relations franco-africaines en ouvrant un champ immense aux ONG. Ainsi l’ONG Anticor l’a invoqué en se constituant partie civile dans l’affaire de Karachi. C’est cette histoire que raconte d’une plume trempée au vitriol Thomas Hofnung et Xavier Harel. Le premier l’avait suivi pour Libération, signant notamment au lendemain de l’arrêt de la Cour de cassation un article, « Le crépuscule de la Françafric », primé au Grand prix 2010 des quotidiens nationaux dans la catégorie « meilleure enquête d’investigation ». Le second est un spécialiste des circuits de blanchiment et des paradis fiscaux. Leur livre est autant une chronique du scandale des biens mal acquis, vite pliée dans la première partie, qu’une description sans concession des dernières frasques de la Françafrique auxquelles sont consacrées les deux parties suivantes. Elles se lisent sans déplaisir mais n’apprennent pas grand-chose que n’aient déjà révélé François-Xavier Verschave, Stephen Smith ou Antoine Glaser. Au-delà des révélations croustillantes qu’il livre sur l’hubris délirant de quelques autocrates africains (les pages consacrées au fils du Président équato-guinéen sont saisissantes) dont l’enrichissement personnel n’a d’égal que la misère dans laquelle leur population croupit, le scandale des biens mal acquis est révélateur de l’intrusion d’un nouvel acteur dans les relations franco-africaines. Le temps n’est plus où les réseaux Foccart pouvaient agir dans l’ombre. Après la presse, c’est la justice qui s’y intéresse. De plus en plus souvent, le cours tranquille des relations franco-africaines est compliqué par des affaires judiciaires : enquête sur la disparition de Guy-André Kieffer en Côte d’Ivoire, sur le « suicide » du juge Bruguière à Djibouti, sur l’attentat contre le président Habyarimana au Rwanda, sur les « disparus du Beach » au Congo-Brazzaville. Les chefs d’Etat africains visés directement ou indirectement par ces enquêtes y voient un geste d’hostilité de la France et de sa justice. Ils croient qu’elle est aux ordres alors qu’elle l’est de moins en moins. Au-delà de ce scandale, la question qui se pose est celle de la pérennité de la Françafrique. Les auteurs, dont c’est le fond de commerce, y croient et font leur l’adage de Lampedusa : « il faut que tout change pour que tout reste pareil ». Pour eux, Total perpétue le même système qu’Elf et Nicolas Sarkozy a financé ses campagnes politiques comme ses prédécesseurs. Pourtant, la mort d’Omar Bongo en juin 2009 sonne le glas d’une « certaine Françafrique » (p. 161). Le tonitruant déballage de Robert Bourgui, en septembre 2011, doit être analysé à cette aune : il est l’oeuvre d’un homme blessé, congédié sans ménagement, qui fait le constat désabusé que son temps est passé.
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