RÉSULTATS POUR VOTRE RECHERCHE «»
Résultats pour livres
    Résultats pour auteurs
      Résultats pour catégories
        Résultats pour collection / série
          Résultats pour actualités

            Les suicidés

            Omnibus
            EAN : 9782258096264
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : DRM Adobe
            Les suicidés
            Romans durs

            Date de parution : 14/11/2013

            Le chemin du désespoir - Le père de Juliette Grandvalet, employé de banque à Nevers, s'oppose à la liaison de sa fille avec Emile Bachelin

            Le chemin du désespoir
            Le père de Juliette Grandvalet, employé de banque à Nevers, s'oppose à la liaison de sa fille avec Emile Bachelin, jeune homme de condition modeste, parce qu'il espère pour elle un meilleur parti.
            Simenon en numérique : les enquêtes du célèbre commissaire Maigret, et les très “noirs” Romans durs

            EAN : 9782258096264
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : DRM Adobe

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Woland Posté le 28 Juillet 2015
              Un de ces jours, il va falloir que je me plonge dans une biographie - et une grande, une grosse, une touffue - de Georges Simenon. Cela me permettra - peut-être - de comprendre l'entêtement génial avec lequel il s'attachait à peindre de pauvres guenilles d'hommes, des espèces de lavettes dont aucune "perle du ménage" - et pas même l'horrible ménagère que je suis - ne voudrait se servir comme de serpillières, ayant trop peur de voir la loque se dissoudre en quelques flops misérables sous l'effet, dévastateur question décrassage mais moins connu de nos jours que maints produits chimiques, du savon noir si cher à nos grands-mères. Si l'on fait abstraction des "Maigret", où la puissante humanité du commissaire est toujours là pour compenser les manquements à l'honneur de chiffes comme celle que l'on rencontre par exemple en la personne d'Albin Groult-Cotelle dans "L'Inspecteur Cadavre" , les "Romans durs" de l'auteur belge paraissent grouiller de ces sinistres torchons de l'existence. Comptez après moi . Rien que dans le premier tome paru chez Omnibus, nous avons Joseph Timar, le jeune mais si faible ambitieux du "Coup de Lune" , l'insupportable Jean Cholet de "L'Âne Rouge" , qui hérisserait... Un de ces jours, il va falloir que je me plonge dans une biographie - et une grande, une grosse, une touffue - de Georges Simenon. Cela me permettra - peut-être - de comprendre l'entêtement génial avec lequel il s'attachait à peindre de pauvres guenilles d'hommes, des espèces de lavettes dont aucune "perle du ménage" - et pas même l'horrible ménagère que je suis - ne voudrait se servir comme de serpillières, ayant trop peur de voir la loque se dissoudre en quelques flops misérables sous l'effet, dévastateur question décrassage mais moins connu de nos jours que maints produits chimiques, du savon noir si cher à nos grands-mères. Si l'on fait abstraction des "Maigret", où la puissante humanité du commissaire est toujours là pour compenser les manquements à l'honneur de chiffes comme celle que l'on rencontre par exemple en la personne d'Albin Groult-Cotelle dans "L'Inspecteur Cadavre" , les "Romans durs" de l'auteur belge paraissent grouiller de ces sinistres torchons de l'existence. Comptez après moi . Rien que dans le premier tome paru chez Omnibus, nous avons Joseph Timar, le jeune mais si faible ambitieux du "Coup de Lune" , l'insupportable Jean Cholet de "L'Âne Rouge" , qui hérisserait les plumes du plus patient et du plus compréhensif des anges gardiens, et enfin, le dernier mais non le moindre, le pas croyable Elie Négéar du "Locataire". Simenon nous en brosse des portraits implacables, détaillés, non pas froids mais dotés de cette précision aiguë qui révèle le regard, gênant et détaché, d'un entomologiste qui recherche en vain le spécimen rare auquel il donnera son nom. Il les anime, il les fait vivre, oui, on ne peut le contester mais, s'il nous donne, çà et là, quelques explications sur ce qui a contribué à faire d'eux ce qu'ils sont (l'enfance étriquée de Cholet pour ne citer qu'elle), pour le reste, nous devons nous débrouiller avec notre propre imagination. Cette imagination étant le plus souvent entachée d'un mépris plus ou moins larvé, d'un dégoût plus ou moins affiché envers ce type de personnages, il nous est impossible de sympathiser avec eux et la simple empathie, le plus léger désir de comprendre pourquoi ils agissent de cette manière absurde qui, répétons-le, nous les rend vraiment répugnants, s'ils nous effleurent bien de temps à autre, probablement poussés par la curiosité de tout lecteur normal, s'effacent presque aussitôt. Chez Simenon aussi, l'on perçoit ce sourd dédain pour les velléitaires et les irresponsables de sexe mâle. Chez la femme simenonienne, semblables défauts sont, disons, mieux tolérés. L'écrivain ne les encourage pas mais il se montre envers eux plus compréhensif comme si la femme, finalement, avait le droit d'être faible. Notons pourtant au passage que le nombre de femmes au caractère fort est, chez Simenon, infiniment plus important. Les femmes qui en veulent, garces ou pas, mais qui agissent, réagissent, se battent, luttent ... n'ont aucun mal à dépasser leurs homologues masculins et à remporter la course haut la main. Qu'elles assassinent ou pas, dans quatre-vingt-quinze pour cent des cas, le lecteur est fasciné et reste admiratif : ah ! en voilà, des femmes, des vraies ! Ce n'est pas comme ces hommes qui se traînent de droite à gauche, de-ci, de-là, en jurant leurs grands dieux qu'ils vont faire ci, qu'ils vont faire ça et que le monde ne sera plus pareil après leur passage. Non, décidément, les chimériques mâles, Simenon devait les haïr. En bon écrivain, il cherchait probablement à les comprendre mais, peut-être parce qu'il avait peur de découvrir tout au fond d'eux un reflet possible d'un élément de sa propre personnalité, il se contentait de les montrer tels quels, sans leur chercher aucune excuse ni même aucun explication véritablement logique à leur attitude - le retour au stade du petit garçon qui nie la vérité en espérant que, du coup, elle cessera d'exister, si typique d'Elie Négéar dans "Le Locataire" , s'il reste logique, n'en ahurit pas moins le lecteur, tout en lui donnant une forte nausée. On se détourne, gêné : on ne veut pas voir ça. Nous nous retrouvons incapables ce cette bonté, à la fois si simple et si exceptionnelle, dont fait preuve Mme Baron en allant le voir s'embarquer pour le bagne. Mais Mme Baron est une femme - et une mère. Longue digression, me direz-vous. Ben oui, c'est l'été - enfin, en principe - il faut bien s'occuper ;o). En tous cas, soyez sûrs et certains qu'Elie Négéar est en nette perte de vitesse (eh ! oui ! ) question lâcheté et tout et tout, face au "héros" des "Suicidés", Emile Bachelin. Emile est jeune, pas terrible de sa personne et il aime à la folie - enfin, peut-être se cramponne-t-il à cette idée pour donner un sens à son existence - Juliette Grandvalet dont le père, lui, s'oppose à leurs amours. En un premier temps, bien que sachant sa dulcinée dans la maison des Grandvalet, Bachelin s'en va nuitamment y allumer un bel incendie. (Le premier qui fait un jeu de mots sur "Les Feux de l'Amour" aura droit à ma plus grande indulgence : c'est l'été, n'est-ce pas ? ... ) Après ce haut fait, le garçon erre encore un peu à Nevers, se laisse pousser la barbe et puis file à Paris - ben tiens ! De toutes façons, M. Grandvalet - un trop brave homme, celui-là, si vous voulez mon avis - n'a pas porté plainte. Après quelques tours et détours dans une capitale où il s'ennuie - il lui manque le "but" de sa vie, Juliette - Bachelin a le culot de revenir à Nevers et elle, la sotte - j'écris cela mais Juliette Grandvalet est probablement le personnage le plus énigmatique et le plus blasé du roman, et ceci en dépit de sa jeunesse heureuse - ne lui résiste pas et, cette fois-ci, le suit à Paris. Pour suivre, comme ça, tel un chien en mal d'affection (l'est-elle, ne l'est-elle pas, Juliette ? Nous ne le saurons jamais.) un homme qui a tenté de vous faire brûler vive dans la maison où vous viviez avec vos parents, il faut tout de même avoir un goût prononcé du risque ou alors un très fort instinct suicidaire . La scène de la défloration - Simenon , s'il reste pudique, nous en donne une description glaciale et glaçante - dans un hôtel minable, est dans le même ton, glauque, désespéré, épouvantable. Avec ça, Bachelin, toujours à l'affût de "belles affaires" qui ne sont belles que dans son esprit de chimérique orgueilleux, n'arrête pas d'accuser sa compagne d'être responsable de la poisse qui semble le poursuivre. Avec la régularité d'un métronome, il lui demande aussi si elle l'aime. Parce que lui, évidemment, il l'aime, sa Juliette . La preuve, si elle venait à ne plus l'aimer, il se suiciderait. Et si la situation devenait vraiment intenable, il souhaite bien sûr qu'elle meure avec lui. ... Pour tous ceux qui connaissent Simenon , cet "Emile Juliette" se terminera mal, il n'y a pas à en douter. On peut prendre les paris d'avance mais, à mon avis, personne ne pariera sur la mort du Roméo de Nevers. De fait, comme Eva Hitler l'avait demandé à son époux tout neuf, Juliette demande à Emile de tirer sur elle car elle n'a pas le courage de le faire elle-même. Il vise et ne la rate pas - ça, vous l'auriez parié, hein ? Vous auriez eu raison . Et puis, il reste sonné - forcément, c'est un sensible, notre Emile . Ni Roméo, ni Hitler, ce garçon : rien qu'Emile Bachelin, un pauvre type qui trouve bien le moyen, tout de même, de retourner l'arme contre lui mais un peu trop haut pour que les organes vitaux ne soient pas atteints. Il en gardera sans doute une cicatrice. Qu'il exhibera le soir dans les cafés où il finira, après avoir purgé sa peine (s'il ne bénéficie pas de circonstances atténuantes), inexorablement, vivant de petites "affaires", de petites magouilles bien peinardes et, les jours de gros cafard, pleurant sur sa Juliette qui l'aimait tant - et que lui, comme de juste, il aimait encore plus. Ah ! cette malchance, cette poisse, ce Destin infâme, qui a voulu que, à quelques centimètres près, il conservât la vie ... Ah ! Le sort n'est pas juste. Surtout pour lui. Espérons qu'un jour, entre deux verres éclusés, notre Emile tombera sur un cynique qui lui sortira un revolver sous le nez et lui dira, goguenard : "Ben, tiens ! En voilà un, de flingue. Si elle te manque tant que ça, ta Juliette, vas-y, fais-le : tire-toi la bonne balle - sois un homme. Pour une fois ..." ;o)
              Lire la suite
              En lire moins
            Toute l'actualité des éditions OMNIBUS
            Revivez chaque mois les chefs-d'œuvre classiques et populaires.