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Marquer les ombres

Nathan
EAN : 9782092575321
Façonnage normé : EPUB2
Nombre de pages : 464
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
Marquer les ombres

Collection : Roman Grand format
Date de parution : 19/01/2017
La nouvelle série de Veronica Roth, l’auteure de la série best-seller Divergente !
Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui
gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants...
Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui
gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider... ou décider de se détruire.
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EAN : 9782092575321
Façonnage normé : EPUB2
Nombre de pages : 464
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
Nathan

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Lildrille Posté le 27 Octobre 2019
    Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=29515 J'ai mis la note de : 15/20 Mon avis : Peut-être que le nom de l’auteure vous dit quelque chose et vous auriez bien raison. Veronica Roth, l’auteure de la trilogie dystopique Divergente (également adaptée au cinéma), signe ici le début d’une autre de ses sagas et change radicalement de style. L’univers est original, navigant entre science-fiction et fantaisie, et l’intrigue n’a rien à voir avec ses œuvres passées. Une saga de science-fantasy pour adolescents/jeunes adultes n’est pas chose courante et constitue une lecture vraiment rafraichissante ! On est ici en présence d’une science-fiction plutôt grand public, avec un univers régi non pas par des lois compliquées ni éprouvées mais maintenu par un flux dont on ne sait quasi rien. Ce flux est visible, comme peut l’être la Voie Lactée dans le ciel, et peut être vénéré comme une divinité. C’est également ce flux qui donne des pouvoirs à certaines personnes. Ces pouvoirs se manifestent d’une façon différente selon la personne qui en est affectée car ils dépendent de sa personnalité. Ce don peut être néfaste ou bienvenu, il peut faire souffrir ou soulager,... Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=29515 J'ai mis la note de : 15/20 Mon avis : Peut-être que le nom de l’auteure vous dit quelque chose et vous auriez bien raison. Veronica Roth, l’auteure de la trilogie dystopique Divergente (également adaptée au cinéma), signe ici le début d’une autre de ses sagas et change radicalement de style. L’univers est original, navigant entre science-fiction et fantaisie, et l’intrigue n’a rien à voir avec ses œuvres passées. Une saga de science-fantasy pour adolescents/jeunes adultes n’est pas chose courante et constitue une lecture vraiment rafraichissante ! On est ici en présence d’une science-fiction plutôt grand public, avec un univers régi non pas par des lois compliquées ni éprouvées mais maintenu par un flux dont on ne sait quasi rien. Ce flux est visible, comme peut l’être la Voie Lactée dans le ciel, et peut être vénéré comme une divinité. C’est également ce flux qui donne des pouvoirs à certaines personnes. Ces pouvoirs se manifestent d’une façon différente selon la personne qui en est affectée car ils dépendent de sa personnalité. Ce don peut être néfaste ou bienvenu, il peut faire souffrir ou soulager, il peut être utile comme ne pas servir. Le début du roman est agrémenté d’une belle carte présentant le système solaire qui va nous intéresser pour ce tome un. On y voit une étoile entourée de neuf planètes, chacune abritant des peuples bien caractéristiques, des climats, reliefs, croyances et coutumes très différents. L’auteure ne décrit pas beaucoup ces différentes planètes et ne s’attardent pas spécialement sur les traditions de chaque peuple. On apprend tout de même certaines choses, notamment sur la planète Othyr, plutôt douée pour le commerce, ou sur Pitha, dont les armes de guerre de hautes technologies intéressent. L’univers ainsi créé est vraiment captivant et étonne plus d’une fois. Cependant, certains faits restent flous. On ne comprend pas très bien le rôle des oracles ni celui des « destins », des faits que les personnes concernées ne peuvent jamais combattre, comme si le libre-arbitre n’existait plus et que leur vie était vouée à l’échec dès leur naissance. Tout le monde n’a pas de « destin » et rien n’est expliqué sur leur provenance, leur bien-fondé et leur utilité. Ces considérations perturbent et on ne trouvera pas nos réponses dans ce tome. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi les « destins » sont révélés au grand public, surtout quand ceux-ci annoncent une trahison, des meurtres ou une guerre. Ce point reste mystérieux alors qu’il marque le tournant du livre. C’est en effet après l’annonce des « destins » des enfants de l’oracle de Thuvé (une des neuf planètes), qu’une chose horrible se produit. Le livre est à deux niveaux de narration : une des écritures est à la troisième personne et une autre est à la première. Cette dernière prend le point de vue de la jeune Cyra, membre de la famille Noavek qui dirige Shotet, un pays englobant la moitié de Thuvé. L’autre point de vue est celui d’Akos, un des fils de l’oracle, habitant sur l’autre moitié de la planète. Thuvésits et Shotets ont toujours été ennemis, jusqu’à aussi longtemps qu’ils s’en souviennent et n’ont pas du tout les mêmes croyances ni les mêmes histoires pour raconter ce qu’ils ont vécu et les guerres qui se sont produites. Un peu comme dans Roméo et Juliette, on retrouve ainsi un garçon et une fille, que tout oppose mais qui finiront, sans surprise, par se comprendre, s’apprécier puis par s’aimer. Les niveaux de narration sont intéressants et permettent de mieux comprendre les personnages. Akos et Cyra peuvent plaire comme déplaire. Cela dépend de notre propre empathie, de notre facilité à adhérer à certains clichés et de ce que l’on a vécu. Akos, comme Cyra, sont des êtres profondément blessés qui, malgré le masque et la force dont ils se servent devant les autres, tombent quand ils sont seuls. Ce genre de personnages n’est pas très original mais cela n’enlève rien à leur crédibilité et à l’attachement que l’on peut développer envers eux. Leurs réflexions et leurs émotions sont plutôt sombres, s’accordant finalement avec l’univers dans lequel ils évoluent. L’auteure a en effet pris le parti des scènes d’actions crues et violentes, faisant couler le sang à profusion et accentuant le dégoût qu’Akos ou Cyra ressentent pour eux-mêmes. L’intrigue principale ne se fait sentir que bien après le début du récit. Les premières pages du roman nous plongent dans le passé des deux personnages principaux et nous fait vivre leur rencontre avec lenteur et justesse. Les réactions d’Akos envers sa geôlière sont cohérentes avec la situation et l’attitude de Cyra est ensorcelante. On assiste à leurs découvertes l’un de l’autre et leurs sentiments évoluent doucement, en toute logique et sans précipitation. Cette histoire d’amour n’est d’ailleurs même pas assumée par les deux principaux intéressés qui se focalisent davantage sur les intrigues politiques qui se déroulent autour d’eux. De plus, la sensation de trahison pour leur propre patrie plane sur eux telle une enclume prête à s’abattre à tout moment. L’histoire d’amour ne s’en trouve que plus touchante mais est loin d’être l’enjeu principal de l’histoire. L’intrigue tourne autour des « destins » des personnages principaux, auxquels viennent s’ajouter le frère de Cyra, Zyrek, et le frère d’Akos, Eijeh. Les personnages secondaires sont charismatiques et captivants. Ryzek, bien que personnifiant plutôt le mal et le méchant de l’histoire, est plus complexe que cela ; Sifa, la mère d’Akos, est étrange et mystérieuse et Cisi, la sœur d’Akos, est pleine de tendresse et de rancœur. Il est à espérer que le prochain tome les mettra plus en avant, étant donné leur originalité et leur saveur. Beaucoup de résolutions d’actions apparaissent comme vraiment trop faciles. Même si les héros doivent se plier face à quelques difficultés, il ne semble pas y avoir de gros adversaires pour les contrer ou les empêcher de réussir. Il nous apparaît presque comme simple de pénétrer dans l’antre de Ryzek ou de venir semer le trouble sur le territoire d’origine d’Akos, la frontière entre les deux peuples n’étant même pas surveillée. Entre deux patries qui se détestent, ce détail perturbe. La fin n’est pas une vraie fin et beaucoup de questions restent sans réponse. Des révélations sur les personnages nous sont fournies dans les dernières pages, pour nous faire saliver et nous donner envie de lire la suite. La nouvelle saga de l’auteure s’annonce prometteuse. L’univers est incroyable et les personnages ont des caractéristiques plutôt intéressantes. De plus, la relation amoureuse est soignée et réaliste, comme les relations familiales et d’amitié développées dans le récit. Les actions et échappatoires sont sans doute à revoir pour une suite plus crédible et aussi sombre que l’auteure veut nous le faire sentir.
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  • LaBibliodeLu Posté le 12 Septembre 2019
    Je n'ai jamais lu divergente de la même autrice (oui, shame on me), mais cet univers m'attirait donc j'ai pris le livre. Et franchement, c'est une bonne découverte ! J'ai eu du mal au début, tant il y a d'informations, mais au final je me suis accrochée et j'ai beaucoup aimé ma lecture. J'adore Cyra, c'est un personnage nuancé et qui évolue, sans tomber dans les préjugés de bien ou de mal. J' ai adoré détester Ryzek ainsi que Eijeh. Le monde est fou, et donc plaira aux amateurs d'univers un peu complexes, sortant de l'ordinaire. J'ai aussi apprécier de découvrir les destins de chacun, mettant une certaine pression sur toutes les actions qui se déroulent. J'ai hâte de lire la suite, puisque la fin nous laisse... Bah sur notre faim. Donc une belle découverte, un monde agréable à découvrir, et des personnages principaux tout en nuances pour Cyra, à laquelle je me suis beaucoup accrochée ! Je le conseille aux fans de SF et de Fantasy (puisque les genres sont ici mélangés).
  • Lunartic Posté le 13 Juillet 2019
    Tout d'abord, je tiens à remercier du fond du cœur les éditions Nathan pour ce premier service de presse. Ils me font un immense honneur dont je leur suis extrêmement reconnaissante et j'espère que cette première lecture marquera le début d'un long partenariat, si cela m'est permis. Lorsque j'ai reçu mon colis, je l'ai ouvert avec des mains fébriles d'excitation, comme toujours avec mes services de presse, car il m'est donné la magnifique opportunité à chaque fois de lire des romans que j'ai pu choisir moi-même parmi le merveilleux catalogue des ces maisons d'édition que j'adore depuis que mon goût pour la lecture est apparu ou que j'ai pris le plaisir à découvrir en même temps que le partenariat est né. Ici, l'objet de ma convoitise s'intitule Marquer les ombres, de l'auteur internationalement connue Veronica Roth, qui est à l'origine de la trilogie Divergente. Cette dernière m'a fait vivre une très belle aventure livresque avec des personnages forts et que je n'oublierai pas, un univers dystopique reconnaissable entre mille, de l'action et de fortes émotions. J'étais donc plus qu'impatiente de me plonger dans cette nouvelle saga littéraire qui s'annonçait plus que prometteuse au vu du calibre de cette jeune autrice bourrée... Tout d'abord, je tiens à remercier du fond du cœur les éditions Nathan pour ce premier service de presse. Ils me font un immense honneur dont je leur suis extrêmement reconnaissante et j'espère que cette première lecture marquera le début d'un long partenariat, si cela m'est permis. Lorsque j'ai reçu mon colis, je l'ai ouvert avec des mains fébriles d'excitation, comme toujours avec mes services de presse, car il m'est donné la magnifique opportunité à chaque fois de lire des romans que j'ai pu choisir moi-même parmi le merveilleux catalogue des ces maisons d'édition que j'adore depuis que mon goût pour la lecture est apparu ou que j'ai pris le plaisir à découvrir en même temps que le partenariat est né. Ici, l'objet de ma convoitise s'intitule Marquer les ombres, de l'auteur internationalement connue Veronica Roth, qui est à l'origine de la trilogie Divergente. Cette dernière m'a fait vivre une très belle aventure livresque avec des personnages forts et que je n'oublierai pas, un univers dystopique reconnaissable entre mille, de l'action et de fortes émotions. J'étais donc plus qu'impatiente de me plonger dans cette nouvelle saga littéraire qui s'annonçait plus que prometteuse au vu du calibre de cette jeune autrice bourrée de talent. Et du potentiel, c'est le moins qu'on puisse dire, elle en a. Si vous avez peur que Marquer les ombres ne soit qu'une pâle copie de Divergente, je vous prie de tout de suite effacer cette appréhension de votre esprit. Certes, les deux sont des dystopies se passant dans un futur post-apocalyptique (du moins, je le suppose pour Marquer les ombres) et défendent les mêmes valeurs et la même force de caractère au niveau des personnages, mais ça s'arrête là. Voilà, comme ça, on commence sur de bonnes bases. Je ne me suis pas inquiétée en commençant à lire fébrilement ce livre, car mon sang bouillait d'envie de découvrir cette nouvelle histoire, ce nouvel univers crée par Veronica, et celle-ci a de l'imagination et de l'ingéniosité à revendre. J'ai en premier lieu aimé que cette histoire ne s'inscrive pas dans une borne chronologique connue, qu'elle se détache de notre monde à nous, de sorte que j'ai hésité tout du long à me dire si c'était véritablement un monde post-apocalyptique qui se serait fondé après notre ère. J'en suis venue à la conclusion que c'était le cas, car, s'il n'est fait mention à aucun moment de notre espèce, de ce passé qui a été le nôtre (comme c'est le cas avec les "Rouillés" de Scott Westerfeld dans Uglies par exemple, ou même dans Divergente avec Chicago comme lieu central de l'histoire), on apprend au fur et à mesure des pages que cette galaxie de planètes-nations est un calque de notre système solaire, et qu'il est qui plus est nommé comme tel. On a ainsi neuf planètes comme dans notre système solaire bien connu, représentées aux mêmes endroits que les planètes qui nous sont familières, grâce à une très agréable et précise carte au tout début de l'ouvrage, qui mêle ainsi minutie et fantasmagorie, magie d'un univers imaginé, mais qui portent des noms différents et qui sont toutes peuplées d'êtres humains comme nous. Ce qui permet à la fois de nous détacher de notre Terre qu'on ne connait que trop bien, de nous évader et de prendre du recul, tout en restant proche de nos coutumes et modes de vie en pénétrant dans un univers à la fois fascinant, exaltant et crédible. J'ajouterais que chacune de ces planètes, ou du moins les deux-trois planètes que l'on découvre sur les neuf dans ce premier tome, le temps de nous acclimater à la planète principale qui est Thuvhé/Urek, nous fait passer un message fort en sens et écologique. En effet, chacune de ces planètes-nations ont su accueillir l'Homme en leur sein, et en retour les populations ont su faire preuve de respect et de décence envers leur installation fortuite en exploitant les ressources de chaque planète à bon escient et en les mettant même en valeur, en les sublimant. Cependant, les hommes avides de pouvoir écument la Nature, ici sous la forme centrale de Ryzek, j'ai nommé le tyran des Shotet (ce qualificatif lui va comme un gant, qui plus est), qui n'hésite pas à s'allier à des planètes comme Pitha, dont l'eau regorge de prouesses technologiques auxquelles les humains donnent forme, afin de les manipuler. Et donc de puiser sans scrupules dans leurs ressources afin de les utiliser à de mauvais desseins. Très, très mauvais même. Genre la guerre et la souffrance. Cela ne vous rappelle pas une certaine planète bleue toute cette histoire ? A moi, si. Fortement même. Ce qui prouve que, même si Veronica Roth s'est mise à l'écart de sa ville natale Chicago afin d'aller explorer des confins inconnus, laissant la place large à son imagination, qui se doit cependant d'être contrôlée par des limites, afin de ne pas partir dans tous les sens, une dystopie reste une dystopie, même sous d'autres formes et, dans ce tome liminaire d'une nouvelle saga, soit d'une aventure inédite, les anomalies de notre société contemporaine sont abordées à différents niveaux bien ciblés. Tout d'abord, comme je l'ai mentionné ci-dessus, sur le plan environnemental. Ce n'est pas le point central de l'histoire, mais ça a cependant son importance. Les différents peuples ont la coutume de respecter ce que la Nature leur offre, de se montrer reconnaissants lors de cérémonies et de grandes fêtes et ne font même qu'un avec l'élément ambiant de leur territoire. Les Thuvésit avec le froid et la glace, les habitants de Pitha avec l'eau et les Shotet avec la terre. Veronica Roth remanie même le concept du recyclage à sa manière ! A un moment donné de l'intrigue, Akos, notre Thuvésit, découvre ce que les Shotet appellent un "Séjour" : ils font le tour du système solaire en vaisseau afin de rendre visite à leurs alliés et en profitent pour récupérer tous les matériaux et objets inusités afin de leur redonner une seconde vie. En effet, selon les Shotet, chaque chose mérite une seconde vie et de rendre service à son plein potentiel. Un principe que j'approuve totalement, et j'ai beaucoup aimé le fait que Veronica Roth ait défendu notre environnement et le mariage avec la Nature que les Hommes devraient avoir, et qu'on voit subtilement dans cette dystopie, malgré des mauvaises dérives qui apparaissent. Il ne faut pas oublier que c'est une dystopie, donc un monde défectueux. Cependant, contrairement à beaucoup de dystopies où les dysfonctionnements de notre société sont exacerbés afin que cela nous saute bien aux yeux, celle-ci aborde les dits travers de manière très stratégique et du coup, cela en devient encore plus effarant. J'en viens à parler de la pierre angulaire de ce roman : la guerre sous-jacente entre les Shotet et les Thuvésit, qui menace d'éclater depuis... depuis l'arrivée des deux peuples sur leur planète commune. Vous l'aurez compris, c'est pas la joie. Les deux moitiés d'habitants de la planète Thuvhé sont même en désaccord concernant le début des hostilités et sur qui a fait embraser l'étincelle de la haine entre les deux peuples. D'après les Shotet, les Thuvésit "à la peau tendre" ne seraient que des lâches qui n'assument pas leurs méfaits et auraient kidnappé leurs enfants lors de leur arrivée sur cette planète, qu'ils refusent de reconnaître comme Thuvhé. Ils l'appellent obstinément Urek ("vide" en shotet, l'état de la planète avant qu'elle ne soit habitée par les Shotet. Signe également que les Thuvésit ont été les intrus, je suppose). Si ce que les Shotet soutiennent mordicus se trouve être vrai, cela m'éclairerait sur les véritables origines d'Akos, car j'avoue être toujours dans le brouillard. Veronica Roth nous laisse d'ailleurs beaucoup de questions sans réponses à la fin de ce premier tome, et cela me ronge toujours les entrailles, mais on en parlera plus tard. De leur côté, les Thuvésit voient les Shotet comme des monstres, qui ne comprennent que la violence et la brutalité et qui sont sans état d'âme. Le peuple d'à côté nourrit des préjugés enracinés depuis la nuit des temps envers l'autre et inversement. De quoi faire peur, nous glacer le sang même. Et un énième écho à des affrontements et querelles que notre propre Histoire a dû affronter. Ce qui m'a vraiment surprise, et j'ai trouvé que l'autrice a agi comme un chef sur ce point-là, c'est qu'en tant que lecteur, on nous introduit d'abord à l'univers dit pacifique des Thuvésit, fait de blanc, de fleurs de silences (tout un glossaire nous est proposé à la fin du livre, il est super pratique), de froid et d'harmonie. Un monde pur comme la neige en somme. L'ambiance familiale chez les Kereseth, famille d'Akos, est chaleureuse, belle à voir, et on se sent presque appartenir à cette famille soudée par un amour et une tendresse puissants. Or, au bout de deux-trois petits chapitres seulement, on est arrachés très brutalement à ce cocon familial. Ce déchirement est fait avec une telle cruauté que mes yeux s'en sont écarquillés d'épouvante et que j'en ai eu le souffle coupé d'horreur. Cette transition abrupte, sans aucune douceur, nous immerge sans ménagement dans le monde shotet. On se croit alors conforté dans notre idée que les Thuvésit sont des êtes accueillants et pacifiques, tandis que le peuple jugé illégitime et illégal, à cause de leur opposition virulente, des Shotet serait bien de ceux qui font couler le sang et qui ont le cœur de pierre. Mais que nenni les amis. Ce qui est judicieux de la part de Veronica Roth, c'est qu'au départ, nous les lecteurs, on se familiarise d'emblée avec les Thuvésit. Mais elle n'en a pas décidé ainsi. Oh, non. Veronica nous "force" en quelque sorte à découvrir les Shotet, alors qu'on serait d'instinct repoussé par ceux qu'on nous présente comme des meurtriers dans leur scène d'introduction. Pas vraiment flatteur et attirant, loin de là. Cependant, l'autrice ne va pas nous laisser d'autre choix que de copiner avec ce peuple indésiré par l'Assemblée des neufs planètes-nations. On va devoir s'acclimater à eux et s'ouvrir à leur mode de vie, leurs coutumes, qu'on le veuille ou non. Et on découvre qu'en fait... Ils sont des êtres humains, qui ont des sentiments, qui ressentent la peine, la douleur, et qui ont un sens de l'honneur, comme nous. Alléluia, quel miracle ! Ou l'art de briser nos préjugés qui, malheureusement, nous collent à la peau. Merci Veronica de m'avoir ouvert les yeux ! Certainement pas de la manière la plus agréable, mais j'ai eu la sensation d'être secouée comme un prunier et ce n'est pas plus mal. Résultat, on ne sait pas grand chose du peuple des Thuvésit, à part ce que daigne nous en raconter Akos, encore amer de rancœur après son kidnapping (et ça se comprend) mais ce qui est clair comme de l'eau de roche, c'est que les différences entre Shotet et Thuvésit sont minimes. Le fossé entre eux ne tient au fond qu'à une chose (en dehors des préjugés dans lesquels ils sont moulés) : leurs dirigeants. D'un côté, un tyran sans aucune pitié, mais qui montre une certaine peur face à l'idée d'infliger de la douleur. Un jeune homme qui était autrefois un frère aimant et bienveillant et dont le père l'a modelé pour devenir un souverain tyrannique. De l'autre, une jeune femme qui porte des cicatrices qui ne se sont pas encore refermées sur son visage, qui la brûlent encore de souffrance et d'indignation, mais au contraire elle en reste une chancelière respectée, courageuse et qui n'a pas la langue dans sa poche. Le choix est vite fait quant à savoir qui est fait pour régner comme il se doit. Ryzek fait plier son peuple sous la terreur, en éliminant ceux qui s'opposent à lui et en le faisant savoir haut et fort. Et son arme fatale, son "fléau", est en réalité une personne : sa sœur Cyra. Au début, je ne comprenais pas comment Cyra pouvait se servir de son don-flux pour rendre service à son frère de façon aussi ignoble. Ah oui, les personnes faisant partie des "élus" dans cet univers ont un don particulier, qui correspond à leur personnalité, et qui peut donc changer si un changement profond s'opère en eux. J'avais oublié de vous prévenir. Vous vous souvenez de quand je vous parlais du respect de la Nature ? Eh bien, il y a aussi un certain respect religieux au sein de cette galaxie. Ce qu'on appelle le Flux serait en quelque sorte la divinité des habitants de ce système solaire. Il est particulièrement vénéré par les Shotet car le Flux nous apporte notre force intérieur, celle qui nous maintient en vie. Le Flux nous traverserait donc tous sans qu'on ait forcément besoin d'un Don. Quant aux "élus", il s'agit de ceux dont les oracles ont vu leur destinée. Peu de personnes ont le privilège, ou plutôt la malchance, d'avoir une destinée, qui est soit complètement contraire à ce qu'on espérait, soit impossible à déchiffrer. Bien évidemment. Et on a beau essayer de l'annuler, les oracles sont formels : les destins sont scellés, peu importe quelle vision du futur se réalisera. Ce n'est pas nouveau, mais ça a le mérite d'être clair. Je reprends donc avec Cyra, qui, Dieu soit loué, est bien plus humaine que son frère. Son don-flux est celui de la douleur. Il m'a tout spécialement fascinée. En même temps, je le trouvais être un fardeau terriblement lourd à porter. Cyra estime qu'elle mérite cette souffrance en elle à cause de l'inhumanité de sa famille et des répercussions sur son peuple et elle pense également au fond d'elle que les autres méritent que cette souffrance leur soit infligée. J'ai trouvé ce don extrêmement intéressant et réaliste. Cyra est une analogie vivante de la souffrance que les Hommes s'infligent entre eux, que ce soit de manière inconsciente, involontaire ou pire : de manière calculée, voir sadique. Je n'arrivais pas à comprendre Cyra, pourquoi elle se forçait à obéir à son frère sans l'attaquer de manière frontale ? A ce moment-là, l'histoire n'aurait pas eu lieu et les peurs de Cyra d'être rejetée par son peuple, qui a fini par "accepter" la cruauté de son frère, au vu des traditions brutales des Shotet (il n'y a pas que du faux là-dedans), ont fini par éclairer ma lanterne. Ce que je retiens de Cyra, c'est que sous ses apparences de guerrière redoutable, se cache une fragilité sans nom, une personne extrêmement humaine bouleversée par la douleur tant physique que morale qui l'environne chaque jour, et qui est curieuse de la vie, des cultures des autres, si lumineuses par rapport aux ombres de son don qui la rongent. Je me suis finalement très vite attachée à cette femme forte, déterminée mais qui doit porter à elle seule et dans son être la souffrance d'un peuple. J'avais envie, comme Akos, dont le don est d'annuler celui des autres au toucher, de prendre, ne serait-ce que temporairement, ce fardeau du corps et de l'âme de Cyra. Les deux forment parfaitement la paire, à tous les points de vue : ils sont les piliers l'un de l'autre, ils s'entraident et rendent le quotidien de l'autre plus supportable à vivre, et surtout, ils apprennent à être tolérants l'un envers l'autre, à cesser d'être divisés à cause d'une appartenance à un peuple, in fine pas si marquée que ça, la frontière entre les deux peuples de Thuvhé étant très floue au fond. J'aime ces personnages du fond de mon cœur, eux qui sont prêts à tout pour sauver leur peuple, leurs proches, quitte à y laisser la vie, à restaurer un semblant de dignité humaine. Ils ont une combativité et une noblesse qui les honorent. J'allais oublier, un petit point que je voulais souligner en parlant de tolérance. J'ai tout bonnement adoré le fait que l'écrivain évoque sans faire de chichis aucuns, de façon toute naturelle un couple homosexuel et qu'elle en suggère clairement un autre, sans fioritures ou scandale inutile. De nos jours, il me semble intolérable que l'Amour, même sous une forme dite "inhabituelle", "anormale" ou que sais-je encore comme âneries, ne soit pas accepté tel qu'il est. Je referme ma parenthèse. Comme je vous l'ai dit plus haut, ce premier tome me laisse avec des questions dont les réponses encore inconnues m'obsèdent. Le tome deux ne sortira probablement pas avant 2018, et j'en souffre déjà le martyr, sérieusement. Comment fais-je faire si je me retrouve obligée de me triturer l'esprit de mes propres théories douteuses et vacillantes ? Je vais devenir certainement folle assez rapidement. Au cours de l'histoire, des portes s'ouvrent à nous, des portes du passé des personnages ouvertes sur le Néant, et qui ont pourtant bien des répercussions sur l'histoire qui se déroule au fil des pages (qui se dévorent comme une bouchée de pain, un vrai page-turner ce livre). Ajoutez à cela que ce premier tome se termine au moment où je m'y attends le moins, moi qui suis assez perspicace, surtout au niveau des sagas, j'ai été totalement prise de court. Je ne pouvais pas croire qu'on puisse s'arrêter à cet instant T de l'intrigue. Il me fallait plus de pages, plus d'éléments, une plus grande avancée dans cet incroyable, et ce à tous les niveaux, récit... Mais, à mon grand malheur, il va me falloir attendre le tome deux pour être enfin rassasiée. Et le pire dans tout ça, c'est que Veronica Roth m'a assommée par un choc en ouvrant une nouvelle inconnue avec une révélation qui m'était passée au-dessus de la tête jusque là et qui va me frapper avec la force d'un coup de poing. Je suis KO, et encore abrutie après cette lecture fracassante et si riche en tout. En intelligence, en ingéniosité, en émotions, en moments poignants et marquants, en sagesse et en vérité, en humanité. Je sens que je vais avoir du mal à prendre mon mal en patience, et je n'avais pas été depuis longtemps surprise par une lecture, qui m'ébranle à un niveau d'une autre stratosphère, ce n'est pas rien de le dire. Je m'attendais à du très bon, je ressors avec du prodigieux. Je vais le dire sans vergogne, cela en dépasserait presque Divergent à mes yeux. Oui, je peux dire que cela le dépasse aisément. Ce n'est pas une dystopie pour ados populaire, comme les autres. Celle-là, elle vient d'autres firmaments, plus brillants encore et qui nous aveuglent face à tout le reste. Merci Veronica Roth, et encore merci aux éditions Nathan pour cet envoi mémorable. Et puis, j'ai hâte de découvrir les autres planètes, le périple est loin d'être fini. L'aventure ne fait que commencer, je serai résolument là pour le prochain épisode. COUP DE FOUDRE #991;
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  • asciena Posté le 25 Avril 2019
    Un univers complexe, très bien pensé et très bien décrit. Des personnages forts et intenses ! Les premiers chapitres étaient pour moi difficiles à intégré tellement il y avait de descriptions (nécessaires cependant). Et puis finalement dès qu'on suit nos personnages principaux à l'âge adultes ça a été mieux et j'ai adoré l'histoire !
  • lila11 Posté le 10 Avril 2019
    On est immergés dans ce monde étrange dès les premières pages. On se retrouve propulsés dans un système solaire habité par des personnes ayant des pouvoirs uniques. C'est un monde fascinant, très bien construit. J'ai aimé l'histoire et l'évolution des personnages dans ce premier tome qui fini avec de nombreuses questions laissées en suspens.
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