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Sonatine
EAN : 9782355842061
Code sériel : 119
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Nu dans le jardin d'Eden

Patrick RAYNAL (Traducteur)
Date de parution : 14/11/2013

« C’est le meilleur roman que j’ai écrit. Au moment où je l’ai terminé, je savais que jamais je ne ferais rien d’aussi bon. » Harry Crews

Garden Hills a connu des jours heureux. À l’époque où Jack O’Boylan, un magnat de l’industrie, a fait
construire le village au fond d’une mine de phosphate qu’il a découverte et exploitée. Travail assuré, salaire, sécurité. Puis, les hommes de Jack ont quitté la place. Le créateur a abandonné sa création,...

Garden Hills a connu des jours heureux. À l’époque où Jack O’Boylan, un magnat de l’industrie, a fait
construire le village au fond d’une mine de phosphate qu’il a découverte et exploitée. Travail assuré, salaire, sécurité. Puis, les hommes de Jack ont quitté la place. Le créateur a abandonné sa création, la mine a fermé, les habitants ont déserté le village.

Seules une douzaine de familles ont résisté, constituant une véritable cour des miracles qui vit aujourd’hui encore dans l’espoir du retour de Jack O’Boylan. Le village pourrait néanmoins renaître seul de ses cendres grâce à Fat Man, qui a hérité de son père, propriétaire des terrains avant la construction de la mine, une véritable fortune. Mais personne n’attend plus rien de lui : Fat Man est un obèse qui passe son temps reclus dans sa maison à ingérer d’énormes quantités de nourriture en ignorant le monde extérieur. Reste Dolly, une ancienne reine de beauté, dont le souhait le plus ardent est de convertir Garden Hills à la modernité, c’est-à-dire au tourisme et à la débauche. Rapports de force, manigances amoureuses et sexuelles, trahisons et machinations : Dolly ne lésinera sur rien pour abattre les vieilles idoles et mener son projet à bien.

Quelque part entre Samuel Beckett et Jim Thompson, Harry Crews nous offre avec l’histoire de ces marginaux perdus dans une ville fantôme une interprétation saisissante de la Chute originelle. On trouve dans ce roman, le deuxième de l’écrivain, publié aux États-Unis en 1969 et jusqu’ici inédit en France, la noirceur, l’humour et la compassion qui ont fait le succès de Body, Car ou encore La Foire aux serpents.

Harry Crews (1935-2012) est l’auteur de seize romans, parmi lesquels Le Chanteur de gospel (Gallimard, 1995) et La Malédiction du gitan (Gallimard, 1998).

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EAN : 9782355842061
Code sériel : 119
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lehibook Posté le 20 Mai 2019
    : « Nu dans le jardin d’Eden » d’Harry Crews. Monsieur Crews aime les paumés , les rejetés , les trop gros , les trop petits , les trop pauvres . Il raconte avec une tendresse masquée , leur lutte impitoyable pour faire exister leur rêve envers et contre tout , quitte à faire de leur enfer un spectacle pour les mieux lotis. Des figures tutélaires et caricaturales , la pin-up, le sportif, le businessman jouent dans cette Amérique d’en bas , un drame qui met à nu le prix à payer pour l’America Dream.
  • Seraphita Posté le 27 Juin 2018
    Garden Hills est un Eden, niché quelque part au cœur de l’Amérique, qui a grandi aussi vite qu’il s’est desséché. Jack O’Boylan, riche magnat industriel, est à l’origine de ce Paradis. Il a donné du travail à des familles, de l’argent et la promesse d’un avenir radieux. Mais il est parti aussi vite qu’il est arrivé et a laissé derrière lui une usine désaffectée, des machines inutiles et un paysage dévasté. Seules une douzaine de familles sont restées, dans l’attente du retour du Messie. En haut de la colline, vit Fat Boy qui a hérité de la fortune de son père, laquelle la tenait de Jack O’Boylan. Fat Boy s’enrichit du principe d’inertie et se plaît à ingurgiter toutes sortes d’aliments. Mais Dolly menace son univers, elle qui rêve de transformer Garden Hills en un site touristique à vocation sexuelle… « Nu dans le jardin d’Eden » est un roman écrit par l’américain Harry Crews et publié en 1969. D’une manière originale, mêlant roman noir et absurde, l’auteur offre une version revisitée de la Chute originelle, sur fond de consumérisme à outrance. Quels rêves peuvent subsister quand le Paradis s’est dérobé ? Chacune des familles livre sa réponse. Entre nostalgie d’un... Garden Hills est un Eden, niché quelque part au cœur de l’Amérique, qui a grandi aussi vite qu’il s’est desséché. Jack O’Boylan, riche magnat industriel, est à l’origine de ce Paradis. Il a donné du travail à des familles, de l’argent et la promesse d’un avenir radieux. Mais il est parti aussi vite qu’il est arrivé et a laissé derrière lui une usine désaffectée, des machines inutiles et un paysage dévasté. Seules une douzaine de familles sont restées, dans l’attente du retour du Messie. En haut de la colline, vit Fat Boy qui a hérité de la fortune de son père, laquelle la tenait de Jack O’Boylan. Fat Boy s’enrichit du principe d’inertie et se plaît à ingurgiter toutes sortes d’aliments. Mais Dolly menace son univers, elle qui rêve de transformer Garden Hills en un site touristique à vocation sexuelle… « Nu dans le jardin d’Eden » est un roman écrit par l’américain Harry Crews et publié en 1969. D’une manière originale, mêlant roman noir et absurde, l’auteur offre une version revisitée de la Chute originelle, sur fond de consumérisme à outrance. Quels rêves peuvent subsister quand le Paradis s’est dérobé ? Chacune des familles livre sa réponse. Entre nostalgie d’un passé qui n’est plus et espérance d’un passé qui pourrait revenir, la souffrance trace son sillon acerbe dans les maisons, les cœurs et le paysage désolé alentours. Et l’on rencontre dans cet Eden en déshérence un curieux personnage juché sur une chaise, en train de participer à une course hippique devant sa télévision, jockey d’un autre espace-temps ; un ancien marchand de glace accompagne son cheval étique qui tire sa carriole de glace tandis que Dolly, revenue de New York, peint l’ancienne usine en rouge et y fait installer des cages pour mettre en lumière la Reine du phosphate ; un homme obèse, chez qui on pourra déceler une forme de perfection, passe ses journées à s’empiffrer. Et au fil de ces descriptions étonnantes, décalées, noires et absurdes, on se prend à s’attacher à ces anti-héros, paumés dans cet Eden qui est devenu une cour des miracles, à ces rebuts d’un American Way of Life, aux rêves brisés trop vite, tels ceux de Jester, jockey prometteur, dont la première course s’est soldée par le suicide de son cheval. Harry Crews met en lumière dans ce roman des personnages délaissés, pour beaucoup freaks de fête foraine, monstres qu’on exhibe pour en soutirer de l’argent et les décrit un étrange mélange d’ironie, d’absurde et de tendresse, finalement avec beaucoup d’empathie.
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  • isabelleisapure Posté le 6 Avril 2016
    De Garden Hills, il ne reste rien ou presque. Un beau jour, l’usine a fermé, les habitants sont partis. Seuls quelques paumés à la poursuite de leurs chimères, sont toujours là, accrochés à leur territoire avec la rage de vaincre la noirceur de leur quotidien. Ils espèrent le retour de Jack O’Boylan, , persuadés que celui grâce à qui le bout du bout du monde est devenu la plus grande mine de phosphate du pays ne peut les avoir abandonnés. Toute la force de ce roman réside dans l’éventail de personnages qui nous est proposé. Comme dans toute communauté, il y a le notable, Fat Man, dont le père était autrefois le propriétaire des terres sur lesquelles a été creusée la mine, il s’est vu offrir par le magnat en partance, les titres de propriété sur l’exploitation. A la tête d’une petite fortune léguée par son père, il vit à l’écart, dans une grande demeure. Personnage atypique de 285 kg pour 1,65m il passe ses journées à ingurgiter d’énormes quantités de boissons et de nourriture. Il est assisté dans sa vie quotidienne par Jester, qui a perdu dans un accident son cheval en même temps que ses rêves de jockey. Et puis il... De Garden Hills, il ne reste rien ou presque. Un beau jour, l’usine a fermé, les habitants sont partis. Seuls quelques paumés à la poursuite de leurs chimères, sont toujours là, accrochés à leur territoire avec la rage de vaincre la noirceur de leur quotidien. Ils espèrent le retour de Jack O’Boylan, , persuadés que celui grâce à qui le bout du bout du monde est devenu la plus grande mine de phosphate du pays ne peut les avoir abandonnés. Toute la force de ce roman réside dans l’éventail de personnages qui nous est proposé. Comme dans toute communauté, il y a le notable, Fat Man, dont le père était autrefois le propriétaire des terres sur lesquelles a été creusée la mine, il s’est vu offrir par le magnat en partance, les titres de propriété sur l’exploitation. A la tête d’une petite fortune léguée par son père, il vit à l’écart, dans une grande demeure. Personnage atypique de 285 kg pour 1,65m il passe ses journées à ingurgiter d’énormes quantités de boissons et de nourriture. Il est assisté dans sa vie quotidienne par Jester, qui a perdu dans un accident son cheval en même temps que ses rêves de jockey. Et puis il y a Dolly, superbe créature, ancienne reine de beauté de retour de New-York, elle a bien envie de redonner vie au site en le transformant en lieu de plaisir pour les touristes. Par-dessus tout ce petit monde, il y a l’ombre de Jack O’Boyal, celui par qui tout a commencé, une sorte d’Arlésienne, on en parle tout le temps mais il n’apparait jamais. « Nu dans le jardin d’Eden » est un roman noir qui se savoure avec bonheur, qui ne laisse aucune place à l’ennui. Un bon moment de lecture.
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  • linnea_hjal Posté le 1 Août 2015
    Si vous aimez les romans noirs, très noirs, les Roman écrit avec l'âme, la sueur et les tripes, avec talent, poésie, truculence et bonne traduction, Vous ne pouvez pas échapper à Harry Crew. la suite sur mon blog auteur: http://linnelharsson.blogspot.fr/2015/07/lecturecnu-dans-le-jardin-deden-harry.html
  • Godefroid Posté le 26 Juillet 2015
    La traduction d'un roman inédit de Harry Crews est un événement que salueront tous les admirateurs de cet écrivain, peut-être le plus singulier que le nouveau monde ait produit dans la deuxième moitié du XXe siècle. La simplicité de son style allant de pair avec son humanité, les petits théâtres grotesques qu'il construit avec passion et méticulosité, tout cela est signé Harry Crews sans qu'il soit besoin d'apposer son nom quelque part. Il s'agit ici du 2e roman de Crews, sorti un an après le chanteur de Gospel, premier chef d'œuvre inoubliable de l'auteur. D'emblée, la galerie de personnages obéit à une cohérence étrange qui nous échappe tout en excitant notre curiosité. Les têtes d'affiche sont des freaks, il y a aussi de pauvres gens qu'on se risquerait à qualifier de normaux, et puis une magnifique jeune femme qui joue un jeu auquel on pourrait rester étranger jusqu'au terme de la terrible farce. Il est ici question de spectacle ou plutôt d'attraction. La force du mal est la consommation aveugle érigée en addiction : la consommation de matière (la mine de phosphate à ciel ouvert qui a défiguré un paysage avec la bénédiction des habitants... qui n'aspirent qu'au retour de leur... La traduction d'un roman inédit de Harry Crews est un événement que salueront tous les admirateurs de cet écrivain, peut-être le plus singulier que le nouveau monde ait produit dans la deuxième moitié du XXe siècle. La simplicité de son style allant de pair avec son humanité, les petits théâtres grotesques qu'il construit avec passion et méticulosité, tout cela est signé Harry Crews sans qu'il soit besoin d'apposer son nom quelque part. Il s'agit ici du 2e roman de Crews, sorti un an après le chanteur de Gospel, premier chef d'œuvre inoubliable de l'auteur. D'emblée, la galerie de personnages obéit à une cohérence étrange qui nous échappe tout en excitant notre curiosité. Les têtes d'affiche sont des freaks, il y a aussi de pauvres gens qu'on se risquerait à qualifier de normaux, et puis une magnifique jeune femme qui joue un jeu auquel on pourrait rester étranger jusqu'au terme de la terrible farce. Il est ici question de spectacle ou plutôt d'attraction. La force du mal est la consommation aveugle érigée en addiction : la consommation de matière (la mine de phosphate à ciel ouvert qui a défiguré un paysage avec la bénédiction des habitants... qui n'aspirent qu'au retour de leur bourreau industriel), de nourriture (Fat man, insatiable mangeur), d'images sensationnelles (le voyeurisme cultivé par Dolly, dont les gens semblent ne jamais se repaître) et enfin de pouvoir (Dolly à nouveau, pour son propre compte cette fois-ci). Une mécanique se met en route, la boulimie de ceux qui orchestrent le monde ne peut être modérée par aucune volonté ; de monstrueuse, elle devient suicidaire. Un texte prophétique qui annonce en particulier la téléréalité 30 ans avant son apparition. Terriblement pessimiste, à moins qu'il n'appelle une nouvelle race d'hommes et de femmes à reprendre les rênes d'une humanité en pleine dérive consumériste... 40 ans plus tard, on les cherche toujours.
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