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La Découverte
EAN : 9782707185150
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Révolutions précaires

Essai sur l'avenir de l'émancipation

Date de parution : 20/11/2014
Dans une période où le processus de précarisation s’étend au-delà des classes populaires et touche déormais les classes moyennes, cet essai original propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et d’exploitation. Il met au jour les configurations militantes et syndicales qui agrègent les sociabilités et les solidarités propres à la « vie précaire », sans nostalgie à l’égard du salariat, toujours subordonné.
 
Depuis les années 1980, le mot « précaire » est teinté d’ambivalences. Il désigne en effet à la fois ceux qui subissent les nouveaux modes de fragmentation et de flexibilisation du travail et ceux qui développent des tactiques alternatives de vie et d’emploi. C’est cette double acception que ce livre... Depuis les années 1980, le mot « précaire » est teinté d’ambivalences. Il désigne en effet à la fois ceux qui subissent les nouveaux modes de fragmentation et de flexibilisation du travail et ceux qui développent des tactiques alternatives de vie et d’emploi. C’est cette double acception que ce livre tente d’analyser. Il faut en effet comprendre, d’une part, que l’expérience du travail non subordonné, notamment chez les travailleurs du savoir et de la culture, les plus touchés par ce phénomène, reconduit la dissymétrie et l’opacité d’un rapport social qui permet d’autant mieux de les exploiter... Et, d’autre part, reconnaître la part active, positive, de ces pratiques disruptives, dans une période où le processus de précarisation s’étend au-delà des classes populaires et touche les classes moyennes.
Sans nostalgie à l’égard du salariat, qui a institutionnalisé la subordination du travail, ce livre montre le potentiel libérateur de ces « révolutions précaires ». Il propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et de leurs puissances démultipliées d’exploitation. Il cherche ainsi à penser l’avenir de l’émancipation, c’est-à-dire à comprendre comment les luttes de cette « nouvelle plèbe » peuvent s’articuler à un mouvement ouvrier replié sur les figures spécifiques du travailleur industriel et du salariat ; à montrer quelles sont les conditions d’émergence de mobilisations à distance des organisations bureaucratiques antérieures ; à mettre au jour les configurations militantes et syndicales qui peuvent agréger les sociabilités et les solidarités propres à la « vie précaire » ; et à déployer les valeurs politiques portées par ces formes de collectifs en gestation, à la rencontre du socialisme des origines et d’une écologie générale appliquée à la vie quotidienne.
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EAN : 9782707185150
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ils en parlent

Faut-il travailler pour être heureux ? Entre ceux qui ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner et ceux qui peinent à sortir du chômage endémique, les formes d’emploi dégradées se multiplient. Face aux nouvelles normes de travail, certains développent des arrangements, préfèrent avoir plusieurs activités car ils recherchent davantage d’autonomie dans leur vie professionnelle ou privée. Selon Patrick Cingolani, sociologue, enseignant à l’université Paris-VII-Denis-Diderot, l’expérience précaire peut comporter un aspect alternatif face à la subordination propre au salariat et au consumérisme. Dans Révolutions précaires : essai sur l’avenir de l’émancipation, sorti le mois dernier aux Editions La Découverte, il souligne le potentiel libérateur de ces expériences.
 
Anastasia Vécrin / Libération
Alors que la précarité ne cesse de gagner du terrain, Patrick Cingolani invite à la penser de manière ambivalente. Au-delà de la contrainte imposée aux travailleurs de tous âges, la précarisation des jeunes actifs constituerait également « le ferment alternatif » qui a donné corps à des mouvements sociaux comme les Indignés ou Occupy Wall Street. À la suite d’André Gorz, le sociologue part à la recherche de ceux qu’il nomme, comme Jacques Rancière, les « nouveaux plébéiens », dont « le mode de vie explore la tension entre posture égalitaire et inégalités sociales ». Pour mettre un frein à la démesure capitaliste d’une accumulation de richesses toujours plus inégale, pour « renouer avec la charge utopiste du XIXe siècle », les jeunes précaires seraient selon l’auteur en première ligne pour refonder les modes d’organisation politique et les contestations à venir. « Un mouvement de précaires saura-t-il porter la sobriété de l’égalité contre la puissance mortifère de l’avidité inégalitaire ? »
Nicolas Mathey / L'Humanité
Fini le temps où le prolétariat réclamait avant tout une augmentation de son pouvoir d’achat. Pour le sociologue Patrick Cingolani, aujourd’hui, les travailleurs aspirent surtout à davantage d’autonomie. Le mot « précaire », dont l’introduction en sociologie date des années 1980, apparaît avec la massification de formes atypiques de contrat (CDD, intérim, temps partiel…). Il présente aussi une dimension positive : celle de la recherche d’une alternative à la logique tayloriste, jugée aliénante. Plus diplômés que leurs aînés, les jeunes des classes populaires et des classes moyennes recherchent un travail leur permettant de s’épanouir, de « faire ce qui leur plaît ». En parallèle de la société salariale, se développe la « polyactivité » : certains travailleurs mènent de front une activité « alimentaire » et une activité « passion », peu ou pas rémunérée dans l’espoir à terme de se reconvertir et de vivre de celle-ci. P. Cingolani s’intéresse en particulier au cas des travailleurs des industries culturelles. Ces « intellos précaires » cherchent à accomplir des tâches « gratifiantes » même si cela implique un mode de vie simple et une certaine instabilité économique. Cependant, ces dernières années, avec la crise et une féroce concurrence, la valeur de leur travail s’est dépréciée. On pense, par exemple, aux revenus des photographes réduits à la portion congrue face à l’essor du numérique. Les inégalités se creusent parmi ces travailleurs atypiques entre ceux dont les proches peuvent assurer le soutien financier et les autres. L’autonomie des individus est en fait limitée par leur dépendance économique, au fur et à mesure que se développe une forme systématique d’exploitation de leur travail. Indépendants et intérimaires sont en effet mal défendus par les syndicats. La naissance d’espaces de coworking et de nouvelles formes de mobilisation laisse entrevoir, selon l’auteur, une première forme de résistance et de solidarité de ces travailleurs face à la précarité.
Florine Galéron / Sciences Humaines
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