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Robert Laffont
EAN : 9782221250334
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Stella Finzi

Date de parution : 20/08/2020
Rentrée littéraire 2020.
Qui est Stella Finzi, cette énigmatique et riche Italienne dont Vincent fait la connaissance dans un café de Rome ?

Si l’esprit brillant de la jeune femme fascine ce dandy perdu et ruiné, qui a décidé de mettre fin à ses jours dans la Ville éternelle, sa laideur le fait frémir. Cette rencontre pourrait modifier le dessein de Vincent. Surtout lorsque Stella lui lance un ultime défi ...
Un jeu de...

Si l’esprit brillant de la jeune femme fascine ce dandy perdu et ruiné, qui a décidé de mettre fin à ses jours dans la Ville éternelle, sa laideur le fait frémir. Cette rencontre pourrait modifier le dessein de Vincent. Surtout lorsque Stella lui lance un ultime défi ...
Un jeu de séduction se noue peu à peu entre ces deux affamés d’art et de beauté. Quels pièges se tendront-ils ? Leurs passions feront-elles éclore l’évidence de leur attraction ?
L’amour et la création se mêlent intensément dans ce roman baroque et troublant.

 

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EAN : 9782221250334
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • EmmaVando Posté le 3 Novembre 2020
    Stella Finzi, c’est le nom de cette femme qui répugne par son visage dit « laid », notre narrateur Vincent. La citation montre bien que les sentiments de Vincent sont un peu plus complexes que ça. Vincent est un auteur, enfin il a écrit un livre il y a longtemps, qui décide de finir sa vie à Rome, après avoir dépensé ce qui lui reste d’argent. Cynique et passif, il ne se refuse rien mais n’accompli pas grand-chose en retour. Il erre dans Rome et en apprécie la beauté, car c’est un homme qui aime le beau Vincent, il est attaché à l’apparence. Jusqu’au jour où il rencontre, non rencontre n’est pas le mot approprié, jusqu’au jour où Stella s’intéresse à lui dans un café. Celle-ci va peu à peu se faire une place dans la vie de Vincent, lui proposant un ultime défi. Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue, car ce n’est selon moi pas le plus important dans ce livre. On comprend bien que ce sont moins les actions quotidiennes des personnages, que le cheminement de leurs pensées qui est le sujet de ce livre. Deux personnages donc, aussi différents que peuvent l’être deux êtres. Vincent,... Stella Finzi, c’est le nom de cette femme qui répugne par son visage dit « laid », notre narrateur Vincent. La citation montre bien que les sentiments de Vincent sont un peu plus complexes que ça. Vincent est un auteur, enfin il a écrit un livre il y a longtemps, qui décide de finir sa vie à Rome, après avoir dépensé ce qui lui reste d’argent. Cynique et passif, il ne se refuse rien mais n’accompli pas grand-chose en retour. Il erre dans Rome et en apprécie la beauté, car c’est un homme qui aime le beau Vincent, il est attaché à l’apparence. Jusqu’au jour où il rencontre, non rencontre n’est pas le mot approprié, jusqu’au jour où Stella s’intéresse à lui dans un café. Celle-ci va peu à peu se faire une place dans la vie de Vincent, lui proposant un ultime défi. Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue, car ce n’est selon moi pas le plus important dans ce livre. On comprend bien que ce sont moins les actions quotidiennes des personnages, que le cheminement de leurs pensées qui est le sujet de ce livre. Deux personnages donc, aussi différents que peuvent l’être deux êtres. Vincent, notre narrateur et personnage principal, est un héros, plutôt anti-héros, exaspérant et agaçant autant dans son mode de vie que dans ses pensées. Il juge, s’agace, enchaîne caprices sur caprices, se contredit, mais surtout il est passif. Il le dit lui-même, il est là pour passer le temps avant de mettre fin à ses jours. C’est assez frustrant de suivre un personnage aussi exécrable, et pourtant petit à petit j’ai pris plaisir à voir ce personnage tourmenté ou titillé par Stella. Car oui Stella Finzi est pour moi le personnage fort de ce roman. Stella intrigue autant le personnage que le lecteur, et plus Vincent insistait sur sa laideur plus j’avais envie de découvrir qui elle était vraiment, car malgré ce que pense Vincent, on ne se réduit pas à son visage. Stella n’hésite pas à le remettre à sa place, elle ne se plie pas à ses désirs, mais se montre presque maternelle à son égard, et surtout le considère. C’est selon moi pourquoi il « s’attache » à elle : Stella le voit vraiment. Cela a beau l’horripiler, Vincent ne peut s’empêcher de courir vers elle, malgré le fait qu’il ne veut « tisser aucuns liens » entre eux, et ne veux surtout pas être associé à elle. En dehors de ces deux personnages j’ai trouvé beaucoup de beauté, de réflexion et de beauté dans les descriptions de Rome ou de l’Italie, ce qui permet de s’éloigner de la vision égocentrique et contradictoire de Vincent. Si le personnage principal m’a déplut, beaucoup de petites choses m’ont plus et ont rendues ma lecture plus qu’agréable. Une petite déception cependant à la fin : je ne comprends pas le geste de Stella, cela ressemble si peu au personnage qui nous est peint par l’auteur. Car finalement c’est la vision de Vincent qui gagne, quand tout le roman c’est échiné à prouver le contraire. Ce n’est pas un roman d’amour au sens classique du terme, mais alors comment le définir ? Ce qui est sûr c’est que c’est un roman sur les passions, qui torturent. On aime détester Vincent, on aime l’intrigante Stella, on aime déambuler dans Rome et surtout on aime voir Stella déstabiliser celui qui se disait intouchable.
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  • jcvetil Posté le 7 Octobre 2020
    Roman lu dans le cadre de la "Masse Critique" de septembre 2020 Dernier roman de Jean Teulié paru chez Robert Laffont, Stella Finzi raconte une rencontre à la mode baroque. Jean Teulié nous narre l'histoire de Vincent qui, se sentant au bout du rouleau et ruiné, va partir à Rome afin de mettre fin à sa vie. Dandy perdu et ruiné, Vincent a été l'écrivain d'un seul roman il y a quelques années. Mais n'en a pas écrit d'autre, par excès de feignantise, surement . Alors qu'il s'est déjà installé dans un studio d'un quartier de Rome, Vincent prend l'habitude d'aller prendre son petit déjeuner au café La Licata, établissement se trouvant dans le quartier de son domicile romain. Dans ce lieu, il va rencontrer Stella, femme riche et cultivée mais montrant un visage très laid. Cette femme et malgré tout pétillante malgré le drame qu'elle a vécue. dans la perte de ses parents et de son frère dans la catastrophe du pont de Gênes Alors va commencer une relation que sera initialement bénigne. Alors que Vincent va avoir un comportement avec Stella pas très amical, elle va au contraire essayer de créer une amitié entre elle et lui. Sachant qu'il veut mettre... Roman lu dans le cadre de la "Masse Critique" de septembre 2020 Dernier roman de Jean Teulié paru chez Robert Laffont, Stella Finzi raconte une rencontre à la mode baroque. Jean Teulié nous narre l'histoire de Vincent qui, se sentant au bout du rouleau et ruiné, va partir à Rome afin de mettre fin à sa vie. Dandy perdu et ruiné, Vincent a été l'écrivain d'un seul roman il y a quelques années. Mais n'en a pas écrit d'autre, par excès de feignantise, surement . Alors qu'il s'est déjà installé dans un studio d'un quartier de Rome, Vincent prend l'habitude d'aller prendre son petit déjeuner au café La Licata, établissement se trouvant dans le quartier de son domicile romain. Dans ce lieu, il va rencontrer Stella, femme riche et cultivée mais montrant un visage très laid. Cette femme et malgré tout pétillante malgré le drame qu'elle a vécue. dans la perte de ses parents et de son frère dans la catastrophe du pont de Gênes Alors va commencer une relation que sera initialement bénigne. Alors que Vincent va avoir un comportement avec Stella pas très amical, elle va au contraire essayer de créer une amitié entre elle et lui. Sachant qu'il veut mettre fin à ces jours, elle va essayer de chambouler son destin en l'aidant financièrement, de le voir de plus en plus souvent malgré les réticences de Vincent. Avant que Vincent opère à mettre fin à sa vie, Stella va lui proposer un défi afin de changer son destin. L'histoire entre ces deux personnages que nous tisse l'auteur, est une histoire très troublante. Un mélange d'opéra, de dramaturgie et de d'amour qui se noue entre les deux, affamés qu'ils sont d'art et de beauté. Cette histoire a pour décor Rome, ville ou il fait bon de ne rien faire. Conquis par cette histoire, j'en attendais un petit peu plus sur la relation des deux personnages. J'ai trouvé que les protagonistes manquait un peu de consistance. A la fermeture de ce livre, j'ai comme le sentiment qu'il manquait quelque chose à cette histoire, comme un plat cuisiné à laquel il manque un ingrédient.
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  • irisrivaldi Posté le 5 Octobre 2020
    La trame : Le récit longe le parcours de Stella et Vincent. Selon l'étymologie, un vent favorable aurait dû souffler sur le destin de ces deux êtres ; Stella signifie étoile, le prénom du narrateur évoque de triomphales allégories. Mais voilà. Après le décès de son père, Vincent – dont on ignore le patronyme – compte devenir rentier grâce à la vente de son appartement niçois. Hélas, la quasi totalité de sa fortune s'envole à tire-d'aile à cause d'un placement hasardeux. À bientôt quarante ans, ce coup du sort précipite une crise existentielle chez Vincent, qui manifeste en effet une très grande fragilité dans sa relation au monde. On peut même dire qu'il éprouve une incompatibilité épidermique avec son époque et on comprend fort bien qu'un type dont la vie a pour bande-son les grands standards de la musique baroque se sente parfois en complet décalage. Dandy, sans être mondain ni superficiel, Vincent l'hypersensible, le dilettante mal dans sa peau se montre plutôt inadapté à l'air du temps. Quant à Stella Finzi, la trentenaire italienne héroïne éponyme du roman, elle a perdu les siens pendant l'été 2018, suite à l'effondrement du pont Morandi de Gênes. du jour au lendemain, elle endosse les habits... La trame : Le récit longe le parcours de Stella et Vincent. Selon l'étymologie, un vent favorable aurait dû souffler sur le destin de ces deux êtres ; Stella signifie étoile, le prénom du narrateur évoque de triomphales allégories. Mais voilà. Après le décès de son père, Vincent – dont on ignore le patronyme – compte devenir rentier grâce à la vente de son appartement niçois. Hélas, la quasi totalité de sa fortune s'envole à tire-d'aile à cause d'un placement hasardeux. À bientôt quarante ans, ce coup du sort précipite une crise existentielle chez Vincent, qui manifeste en effet une très grande fragilité dans sa relation au monde. On peut même dire qu'il éprouve une incompatibilité épidermique avec son époque et on comprend fort bien qu'un type dont la vie a pour bande-son les grands standards de la musique baroque se sente parfois en complet décalage. Dandy, sans être mondain ni superficiel, Vincent l'hypersensible, le dilettante mal dans sa peau se montre plutôt inadapté à l'air du temps. Quant à Stella Finzi, la trentenaire italienne héroïne éponyme du roman, elle a perdu les siens pendant l'été 2018, suite à l'effondrement du pont Morandi de Gênes. du jour au lendemain, elle endosse les habits griffés de richissime héritière et dirige désormais deux boutiques de luxe au coeur de Rome. Sans attache sentimentale ni famille, Vincent qui n'attend plus rien ni personne entrevoit l'idée du suicide. Mais pas n'importe comment : il veut finir avec panache. Taillé pour l'insouciance, notre antihéros choisit justement la Ville éternelle pour tirer sa révérence une fois son pécule épuisé. Boire l'existence jusqu'à la lie, quel programme ! Sur place, il promène son spleen dans une grisante fuite en avant, voit les heures s'écouler, indolentes, il s'oublie dans les rues d'une cité millénaire, s'enivre des effluves de ce musée à ciel ouvert qui célèbre la beauté qu'importe l'endroit où le regard se pose. Un matin, alors qu'il petit-déjeune au café La Licata, Vincent rencontre Stella pour la première fois. À en croire la réaction de notre protagoniste, Stella n'a pas reçu la grâce en héritage. Avec tout ce que la notion du beau et du laid peut avoir de subjectif, Vincent distingue dans le faciès de Stella une laideur décourageante. Cette vision offense sa rétine d'esthète comme le détail qui fait tache dans le décor : une éclaboussure accidentelle de pâte dentifrice sur le front par exemple ou un graffiti obscène niché au coin de la toile d'un maître de la Renaissance... D'après le texte, difficile toutefois de comprendre ce que la physionomie de la jeune femme a de dérangeant. Comme chacun s'arrange avec ses propres références… j'ai pour ma part imaginé une sorte d'hybridation entre Morticia Addams et la Fosca de Igino Ugo Tarchetti, auteur italien du dix-neuvième siècle fasciné par la disgrâce féminine (cf. chronique du 15 août 2020). Pour le reste, je visualise une princesse aux manières éthérées. Oui, attention, si ses traits sont mal équarris, la nature a néanmoins pourvu Stella d'un corps superbe et elle peut s'offrir une allure renversante grâce à d'inépuisables moyens financiers. Celle-ci a de surcroît bénéficié d'une éducation parfaite et s'exprime dans un français digne du plus puriste de nos immortels. Mélomane distinguée doublée d'une musicienne accomplie, son intelligence est supérieure, sa culture encyclopédique, et ses centres d'intérêt diffèrent, on s'en doute, de ceux du commun. On ne croise donc pas ce genre de femme à tous les carrefours. Après quelques chassés-croisés sur le mode attraction – répulsion, dans sa seconde partie, l'intrigue dévoile les intentions de la signora Finzi, passionnée par l'étrange trajectoire de Francesco Prelati qui vivait au Moyen Âge dans un village toscan. L'individu a tâté de l'alchimie au point que le terrible Gilles de Rais, l'ex-compagnon d'armes de Jeanne d'Arc passé à la postérité comme un monstre sanguinaire, s'intéresse à ses travaux tant pour couvrir ses crimes que pour redorer son blason. À l'époque déjà, l'argent pouvait aussi tout acheter. Stella rêve d'écrire sur ce sujet baroque mais elle a besoin d'une aide. Ayant eu vent des antécédents de son nouvel ami qui, dix ans plus tôt, a commis un unique roman au succès confidentiel, il ne lui en faut pas plus pour vouloir faire de Vincent son ghost writer ou écrivain fantôme. Prêter sa plume serait d'ailleurs pratique courante dans le monde contemporain de l'édition… de plus, Mozart lui-même ne rechignait pas à aliéner son génie sur injonction de commanditaires fortunés. Alors où est le problème ? Quand elle l'informe de son grand projet, Vincent n'en revient pas. Hors de question de prostituer ses principes sur l'autel des lubies d'une mocheté fantasque. Plutôt mourir ! D'autant qu'il croit sa source créative à tout jamais tarie. Seulement pour parler trivialement, Vincent est du genre à « préférer être dessous » et, de fil en aiguille, les initiatives hardies de sa bienfaitrice ont de quoi faire fondre comme tiramisu au soleil toute velléité suicidaire et rouvrir par enchantement les vannes de l'inspiration. de fait, cette maîtresse femme de Stella se révélera une initiatrice douée, qui n'a pas laissé son imagination au dressing entre stilettos et ensembles Prada. Mon ressenti En refermant ce livre, j'ai comme l'impression que Stella se sous-estime, je la crois fort capable de l'écrire elle-même son satané bouquin. Mais bon, par ses manigances, elle sait tirer avantage de la situation. La vilaine !… et puis sans elle, Alain Teulié n'aurait jamais créé cette histoire incroyable. le voyage en Italie qu'il nous propose a décidément bien du charme. Merci aux Éditions Robert Laffont et au site Babelio, qui m'a envoyé ce livre par le biais de son opération « Masse Critique ».
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  • Eurydiceladryade Posté le 29 Septembre 2020
    Dans cet étonnant roman, nous faisons la rencontre de Vincent, venu s’exiler à Rome pour y mourir après avoir dilapidé toute sa fortune. C’est sans compter sur le destin qui met sur sa route la mystérieuse Stella, une femme qui exerce sur Vincent un étrange dégoût mais aussi, une attraction forte par sa nature charismatique. Une relation vénéneuse va dès lors s’établir entre eux. Vincent devenant très vite la proie de Stella. Ces deux personnages, anti-héros de leur propre histoire vont rapidement révéler leurs natures égoïstes jusqu’au final plutôt étonnant, qui dévoilera les motivations de l’énigmatique Stella. À la manière d’un conte philosophique, ce récit va nous transporter jusqu’au 13ème siècle et à ses sciences occultes. Une ambiance mystérieuse plane au-dessus de ce roman, dont l’écriture se révèle pleine de finesse. Avec Stella Finzi, l’auteur nous offre un roman lyrique et cruel qui fait la part belle aux notions de création et d’esthétique.
  • arcade_d Posté le 25 Septembre 2020
    L’auteur du roman Stella Finzi est un homme blanc de 60 ans, or, qu’avons-nous encore à dire, nous, les hommes blancs nés dans les années 60, nous, les baby-boomers devenus papy-boomers ? Quand je regarde la génération d’hommes et femmes nés entre 1995 et 2005, je perçois un tel bouillonnement, un tel questionnement, une telle créativité, un tel sens de la responsabilité (que l’on retrouve dans les Z.A.D., le mouvement végan, la BD, le cinéma, le spectacle vivant, l’artisanat, la création en général) une telle remise en question des modes de vie, que je me rends compte que ce que nous avions cru immortel, ne l’est absolument pas. Les gens de ma génération ont en fait confondu immortalité et éternité. Quand nous disions que l’argent doit arrêter de dominer les relations humaines (que ce soit entre les différents genres, phénotypes, orientations sexuelles), la réponse toute faite était invariablement « Cela a toujours était ainsi ». J’imagine que déjà au cœur du 13ème siècle, la réponse était identique, même si le questionnement différait. Cette réponse toute faite est de tout temps, elle se résume à refuser de changer quoi que ce soit aux pouvoirs en place. Qu’avons-nous donc encore à dire, nous, hommes blancs... L’auteur du roman Stella Finzi est un homme blanc de 60 ans, or, qu’avons-nous encore à dire, nous, les hommes blancs nés dans les années 60, nous, les baby-boomers devenus papy-boomers ? Quand je regarde la génération d’hommes et femmes nés entre 1995 et 2005, je perçois un tel bouillonnement, un tel questionnement, une telle créativité, un tel sens de la responsabilité (que l’on retrouve dans les Z.A.D., le mouvement végan, la BD, le cinéma, le spectacle vivant, l’artisanat, la création en général) une telle remise en question des modes de vie, que je me rends compte que ce que nous avions cru immortel, ne l’est absolument pas. Les gens de ma génération ont en fait confondu immortalité et éternité. Quand nous disions que l’argent doit arrêter de dominer les relations humaines (que ce soit entre les différents genres, phénotypes, orientations sexuelles), la réponse toute faite était invariablement « Cela a toujours était ainsi ». J’imagine que déjà au cœur du 13ème siècle, la réponse était identique, même si le questionnement différait. Cette réponse toute faite est de tout temps, elle se résume à refuser de changer quoi que ce soit aux pouvoirs en place. Qu’avons-nous donc encore à dire, nous, hommes blancs de ma génération qui sommes aujourd’hui souvent attaqués (et pas forcément toujours à tort) ? Ce que nous pouvons dire, et que nous sommes les seuls à savoir, c’est que nous ne sommes pas comme les hommes qui avaient 60 ans quand nous en avions 20 : le patriarcat n’avait pas encore été remis en question, la pensée bourgeoise dominait et le but de beaucoup de personnes était de vivre comme les bourgeois. Or les choses ont grandement changé et nous sommes ceux qui pouvons en attester. Nous avons vécu ce changement et nous pouvons en témoigner. L’auteur de Stella Finzi est un homme de cette génération-là et l’attaquer sur le fait qu’il soit homme blanc de 60 ans n’est pas juste. Il ne porte pas plus que moi tous les maux du monde qu’on nous reproche. Beaucoup de choses ont bougées quand nous avions entre 20 et 40 ans, s’exprimant par les mouvements punk, rock etc…mais en sous-marin, le libéralisme se cachait derrière le mot liberté, il était déjà là, prêt pour sa victoire totale. Avec tout l’orgueil et la vanité qui étaient les nôtres de nous croire nous-même meilleurs que nos parents, nous étions sans le savoir en train de foncer vers l’individualisme et le narcissisme. Nous nous habillions de l’ironie comme s’il s’agissait de la plus haute forme de l’intelligence. Nous étions cool et « faisions la fête ». Erreur de jeunesse. Aujourd’hui, à 60 ans, nous ne savons plus ce qui appartient au modèle de société qu’on s’est laissé imposer et auquel nous avons collectivement contribué, ou à nos véritables aspirations. Sans cette pression patriarchale bourgeoise blanche, quel serait notre chemin ? Il n’y a pas que Judith Butler dans les années 2000, ou Greta Thunberg aujourd’hui qui se soient posées cette question, même si je les respecte éminemment et pense qu’elles (et d’autres) posent les questions bien mieux que nous. Certains hommes blancs de 60 ans se posent également cette question. Qu’avons-nous donc encore à dire, nous, hommes blancs de ma génération qui sommes aujourd’hui souvent attaqués (et pas forcément toujours à tort) ? Ce que nous avons à dire se trouve en creux dans le roman d’Alain Teulié Stella Finzi, et il ne faudrait pas se contenter de le lire superficiellement. Ce roman est pour moi le meilleur livre de cette sortie littéraire. C’est une tornade, un choc, une parabole, une allégorie qui arrive exactement au bon endroit et au bon moment pour poser des questions aussi profondes sur le lien brisé qui se ré-invente en relation libérée et donc beaucoup plus riche et nouvelle. Comme les religions aussi, devraient se réinventer. Et cela n’a rien à voir avec une quelconque « innovation », il s’agit de découverte, d’invention, de création. Ce roman est écrit par un homme à un moment de sa vie où il ne lui reste que la plus profonde sincérité que puisse avoir un auteur de ma génération. Nous sommes loin de ces romans-produits qui ne sont plus que des objets creux, standardisés et préfabriqués avec du sociétal dedans, comme des produits bio issus des chaines industrielles ! Le narrateur de Stella Finzi accepte d’être perdu et de se perdre à jamais car rien dans le monde ne peut plus lui offrir de savoir ce qu’il désire au plus profond de lui-même. Il est vide, vidé par son époque, sans épopée, sans aventure qui lui laisse du désir, sans joie de vivre. Il finit par détruire même les restes de ses liens avec autrui. Ce roman n’a rien de sociétal, il s’agit d’un hétérosexuel blanc très formaté par son temps : il refuse une relation avec une femme qu’il trouve laide, ainsi que la société lui l’a inculqué. Or, plus le narrateur la décrit comme laide, plus, moi, lecteur, je la trouve belle, pour finir en apothéose de beauté. Beauté physique, psychique et spirituelle. C’est là une des plus merveilleuses réussites de ce roman : parvenir à faire sentir la beauté en la présentant comme de la laideur. « – Vous aimez trop la beauté pour vous attacher à moi. Et vous avez trop d'orgueil. Ce n'est pas dommage. C'est comme ça. Je ne sus que répondre. Elle avait raison. La plupart du temps, elle se mettait sur moi. Elle était la maîtresse du jeu. Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C'était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s'il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. Personne n'avait su le faire, jamais. La femme en moi était comblée. » Le seul reproche que je ferais à ce roman, tient précisément à cette dernière phrase, qui selon moi est une erreur : « La femme en moi était comblée. » Il aurait été plus pertinent de dire « L’homme en moi était comblé. » L’auteur aurait ainsi renoué avec la pensée celte que l’on trouve dans la Morte d’Artus de Thomas Mallory, car ce qu’attend le chevalier, c’est d’être dominé par le divin, et pour les chevaliers de la Table Ronde, le divin est un principe féminin. Pour résumer, Alain Teulié nous offre ici les questionnements de toute une vie, sans fards. Il ne cherche pas à montrer un héros, il nous offre presque le constat de ses échecs et cela nous questionne. Le roman va plus loin qu’une simple sortie littéraire à la Nothomb, Carrère ou Reinhardt. Je pense qu’il faut vraiment se laisser envahir par les questions de notre temps en observant cette histoire comme une fractale de notre époque complexe. Il replace le féminisme comme un véritable humanisme. « Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C'était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s'il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. » Finalement, même un homme blanc de ma génération peut avoir quelque chose à dire aussi.
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