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Une trop bruyante solitude - Pavillons poche

Robert Laffont
EAN : 9782221129869
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe
Une trop bruyante solitude - Pavillons poche

Anne-Marie DUCREUX-PALENICEK (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 20/12/2012

À l'occasion de la sortie inédite en France du film Une trop bruyante solitude de Véra Caïs avec Philippe Noiret, les Éditions Robert Laffont nous font redécouvrir le chef d'oeuvre de Bohumil Hrabal.

Voilà trente-cinq ans que M. Hanta nourrit la presse d'une usine de recyclage où s'engloutissent jour après jour des tonnes de livres interdits par la censure, et jusqu'aux chefs-d'oeuvre de l'humanité. « Ce genre d'assassinat, ce massacre d'innocents, il faut bien quelqu'un pour le faire. » Hanta travaille, boit de la bière,...

Voilà trente-cinq ans que M. Hanta nourrit la presse d'une usine de recyclage où s'engloutissent jour après jour des tonnes de livres interdits par la censure, et jusqu'aux chefs-d'oeuvre de l'humanité. « Ce genre d'assassinat, ce massacre d'innocents, il faut bien quelqu'un pour le faire. » Hanta travaille, boit de la bière, déambule dans les rues de Prague, lit, et ressasse la mission dont il s'est investi : sauver la culture en arrachant à la mort des trésors si injustement condamnés. Il en sauve jusqu'à deux tonnes qu'il entasse au-dessus de son lit. Mais à ce jeu de cache-cache, son rendement baisse. Rejeté, abandonné de tous, il ne lui reste plus qu'à rejoindre ses livres bien-aimés.
Le lecteur suit les pensées de Hanta à travers un long monologue obsessionnel et émaillé d'images singulières. Hanta revient sans cesse sur son travail, son passé et, sans le dire réellement, sur la solitude qui le mine. C'est le destin d?un homme, un ouvrier, rattrapé par une modernité assassine.
Publié d'abord en 1976, traduit dans plus d'une dizaine de langues, ce soliloque, révélant l'absurdité tragicomique du quotidien, à propos duquel Hrabal disait : « Je ne suis venu au monde que pour écrire Une trop bruyante solitude », est un splendide apologue de la « normalisation », machine à broyer l'esprit, dont Hrabal fut lui-même la victime.

Jusqu’alors inédit en France, Une trop bruyante solitude sort le 16 novembre 2011 dans de nombreuses salles. La réalisatrice sera en tournée à Paris et en Province pour rencontrer le public. Co-écrit par Bohumil Hrabal, le film de Véra Caïs bénéficie d’un casting prestigieux avec Philippe Noiret et Jean-Claude Dreyfus dans les rôles titre.

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EAN : 9782221129869
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Minette29 Posté le 30 Août 2019
    Travailleur de l'ombre, Hanta, obscure et anonyme ouvrier, pilonne livres, vieux papiers et oeuvres d'art dans une cave humide infestée de souris. Il accumule aussi dans son appartement les ouvrages condamnés, sauvant du pilon des trésors de la culture mondiale et se mettant, du coup, en constant danger de mort par ensevelissement. Grand buveur de bière, Hanta se fait également avaleur de grands textes. Un jour, dépassé par la modernisation du monde du travail, Hanta décide de suivre le chemin des livres et de disparaître. L’écriture de ce roman a ce côté étrange propre aux écrivains de l’Europe de l’Est. Parfois assommante. Aussi harassante que le sujet qu’elle traite. Parfois drôle. Énigmatique. Une longue fable qui pose bien des questions sur des sujets tels que le pouvoir, le travail, l’utilité des choses, leur futilité, la vie, la mort ... "... je sais qu’ils devaient être encore plus beaux, les temps où toute pensée n’était inscrite que dans la mémoire des hommes."
  • carolectrice Posté le 10 Août 2019
    Hanta est un ouvrier qui travaille dans une presse depuis 35 ans : en appuyant inlassablement sur le bouton vert puis sur le bouton rouge, il fabrique des boules de papier avec des chefs-d'oeuvre de la littérature destinés au pilon par ordre de ce régime soviétique qui tente de tuer toute velléité de réflexion dans l'oeuf. Mais cet ouvrier qui trime, qui rattrape le temps qu'il a perdu sur ses jours de congé est l'être le plus libre que l'on puisse concevoir. Car il ralentit volontairement son rendement pour dissimuler des livres dans ses boules de papier, créant des oeuvres d'art camouflées au nez et à la barbe des autorités. Pour que l'on comprenne bien en quoi consiste tout le sordide de son activité, l'auteur tchèque Hrabal ne nous épargne rien, ni ses histoires d'amour aux fins tragiquement scatologiques ni ses combats valeureux contre les rats d'égout qui envahissent sa cave, ni les livres qui menacent d'engloutir notre héros pendant son sommeil tant il entasse chez lui partout où il peut chaque jour un peu plus de livres philosophiques : ainsi, "cette brute de Hegel" côtoie volontiers Kant dans sa cave tandis que Schopenhauer, ce génie suicidaire, ne se plaint pas... Hanta est un ouvrier qui travaille dans une presse depuis 35 ans : en appuyant inlassablement sur le bouton vert puis sur le bouton rouge, il fabrique des boules de papier avec des chefs-d'oeuvre de la littérature destinés au pilon par ordre de ce régime soviétique qui tente de tuer toute velléité de réflexion dans l'oeuf. Mais cet ouvrier qui trime, qui rattrape le temps qu'il a perdu sur ses jours de congé est l'être le plus libre que l'on puisse concevoir. Car il ralentit volontairement son rendement pour dissimuler des livres dans ses boules de papier, créant des oeuvres d'art camouflées au nez et à la barbe des autorités. Pour que l'on comprenne bien en quoi consiste tout le sordide de son activité, l'auteur tchèque Hrabal ne nous épargne rien, ni ses histoires d'amour aux fins tragiquement scatologiques ni ses combats valeureux contre les rats d'égout qui envahissent sa cave, ni les livres qui menacent d'engloutir notre héros pendant son sommeil tant il entasse chez lui partout où il peut chaque jour un peu plus de livres philosophiques : ainsi, "cette brute de Hegel" côtoie volontiers Kant dans sa cave tandis que Schopenhauer, ce génie suicidaire, ne se plaint pas de la compagnie écrasante de Nietzsche... Ce court texte, traduit en 1983, nous dresse le portrait kafkaïen d'un homme qui entend vivre par les livres, pour qui le salut passe par le sauvetage de tonnes de papier arrachées à la vigilance des bourreaux, et qui souhaite mourir par eux, pourvu que leurs mots continuent de vivre en lui... Magnifique hommage à la littérature, et la création artistique et à la liberté de penser.
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  • christinebeausson Posté le 29 Mai 2019
    Suite à ma lecture de Jonas Fink tome 2 : le libraire de Prague, il m'a été suggéré de relire "Une trop bruyante solitude" de Bohumil Hraba, un livre lu il y a une petite quarantaine d'années. J'avoue que mes souvenirs étaient plutôt très flous. Cette lecture est une vraie redécouverte. Prague, les sous sols de Prague où dans les égouts, deux clans se repoussent en une guerre absurde, des mots qui claquent, qui font très mal et qui sont toutefois écrits "des anges déchus travaillent dans les caves, des hommes cultivés, vaincus dans une bataille qu'ils ne menèrent jamais, mais qui, malgré tout, ne cessent de perfectionner la description du monde". Prague, les sous sols de Prague où des tombereaux de livres juste édités sont détruits dans la machine à pilonner, des accusations implacables contre la bêtise : "ces œuvres là, pourtant, quelqu'un avait dû les écrire, quelqu'un les corriger, les lire, les illustrer, puis les faire imprimer avant de les relier; et quelqu'un d'autre avait dû décider qu'elles n'étaient pas lisibles, les censurer, les expédier à la décharge". Prague, les sous sols de Prague où une gigantesque machine prenait la ville dans sa gueule, une machine qui avec ses mâchoires gigantesques dévoraient... Suite à ma lecture de Jonas Fink tome 2 : le libraire de Prague, il m'a été suggéré de relire "Une trop bruyante solitude" de Bohumil Hraba, un livre lu il y a une petite quarantaine d'années. J'avoue que mes souvenirs étaient plutôt très flous. Cette lecture est une vraie redécouverte. Prague, les sous sols de Prague où dans les égouts, deux clans se repoussent en une guerre absurde, des mots qui claquent, qui font très mal et qui sont toutefois écrits "des anges déchus travaillent dans les caves, des hommes cultivés, vaincus dans une bataille qu'ils ne menèrent jamais, mais qui, malgré tout, ne cessent de perfectionner la description du monde". Prague, les sous sols de Prague où des tombereaux de livres juste édités sont détruits dans la machine à pilonner, des accusations implacables contre la bêtise : "ces œuvres là, pourtant, quelqu'un avait dû les écrire, quelqu'un les corriger, les lire, les illustrer, puis les faire imprimer avant de les relier; et quelqu'un d'autre avait dû décider qu'elles n'étaient pas lisibles, les censurer, les expédier à la décharge". Prague, les sous sols de Prague où une gigantesque machine prenait la ville dans sa gueule, une machine qui avec ses mâchoires gigantesques dévoraient les immeubles, "écrasaient, détruisaient, rejetaient devant elles tout ce qui pouvait leur barrer la route". Mon édition datant de 1983, propose des versions différentes de la fin ... curiosité mais je crois que la fin d'une histoire n'est pas le plus important ... c'est plutôt le contenu de ce qui c'est passé qui lui, ne change pas ... et c'est certainement ce qui fait le plus de mal !
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  • Warrenbismuth Posté le 25 Janvier 2019
    Bien curieux petit roman que cette « Trop bruyante solitude » de l’écrivain tchèque Bohumil HRABAL (1914-1997) dont j’ai découvert l’existence grâce au très joli « L’ultime parade de Bohumil Hrabal » du grand Jacques JOSSE, ce dernier paru en 2016 chez La Contre Allée. Dans son livre, JOSSE insiste sur ce roman aujourd’hui présenté en nos colonnes, le présentant comme une relique, un mal nécessaire et un chef d’oeuvre. Écrit en 1975, ce bouquin sort en 1976 en Tchécoslovaquie sous forme de samizdat (dans la clandestinité). HRABAL a régulièrement été atteint par la censure, considéré comme dangereux aux yeux du pouvoir communiste. Hanta, le personnage central de cette histoire, travaille dans un atelier de destruction de papiers en tout genre depuis 35 ans à Prague : livres, toiles de peintres, journaux, emballages de boucheries souillés de sang, etc. Il utilise une presse pour son travail dans une cave infestée de rats et de souris. Seulement, il voit passer beaucoup de livres près d’être pilonnés, il décide d’en sauver quelques-uns, lui l’illettré. Comme les papiers détruits forment de grosses balles, il décide de placer au centre, en leur noyau, un livre indemne, comme un coeur qui bat. Un bouquin par... Bien curieux petit roman que cette « Trop bruyante solitude » de l’écrivain tchèque Bohumil HRABAL (1914-1997) dont j’ai découvert l’existence grâce au très joli « L’ultime parade de Bohumil Hrabal » du grand Jacques JOSSE, ce dernier paru en 2016 chez La Contre Allée. Dans son livre, JOSSE insiste sur ce roman aujourd’hui présenté en nos colonnes, le présentant comme une relique, un mal nécessaire et un chef d’oeuvre. Écrit en 1975, ce bouquin sort en 1976 en Tchécoslovaquie sous forme de samizdat (dans la clandestinité). HRABAL a régulièrement été atteint par la censure, considéré comme dangereux aux yeux du pouvoir communiste. Hanta, le personnage central de cette histoire, travaille dans un atelier de destruction de papiers en tout genre depuis 35 ans à Prague : livres, toiles de peintres, journaux, emballages de boucheries souillés de sang, etc. Il utilise une presse pour son travail dans une cave infestée de rats et de souris. Seulement, il voit passer beaucoup de livres près d’être pilonnés, il décide d’en sauver quelques-uns, lui l’illettré. Comme les papiers détruits forment de grosses balles, il décide de placer au centre, en leur noyau, un livre indemne, comme un coeur qui bat. Un bouquin par grosse boule, comme un livre caché qui pourra être miraculeusement retrouvé plus tard pour continuer à circuler, on pense ici bien sûr au « Fahrenheit 451 » de Ray BRADBURY. Devant sa presse, Hanta tue le temps en vidant force cruches de bière, sorte d’élixir lui faisant tenir le coup, puisqu’il magnifie ces bouquins que pourtant il détruit, tout comme il en détruit l’encre par des procédés chimiques, rendant impossible l’héritage tant désiré. Parfois il enrobe les balles de toiles de peintres, pour les habiller, les rendre plus jolies. Hanta chérit « ses » livres, leur propose une deuxième vie, une résurrection (on croise régulièrement les visages de Jésus et Lao-Tseu), il en garde d’ailleurs une belle quantité par-devers lui. Seulement, son monde va s’écrouler, ce monde où il allait à son rythme, lent (provoquant le mépris de son supérieur), ce monde onirique provoqué par des vues de couvertures de livres, un monde certes cloisonné mais figure d’un certain espace sécurisé. En effet, une presse hydraulique géante va remplacer celle de son atelier, sur laquelle il suffira d’actionner quelques leviers et boutons pour accomplir en un temps record une tâche bien supérieure que celle de Hanta jadis. De nouveaux ouvriers, jeunes et dénués de sentimentalisme pour le monde de la lecture, vont à leur tour actionner la machine infernale sans même penser à leurs gestes. Désespéré, Hanta va mettre en scène sa propre mort, comme HRABAL a peut-être mis la sienne propre en scène. Dans ce livre, le monstre totalitaire est plus que sous-jacent. Il côtoie pourtant les anges, les anciennes amours du narrateur Hanta. Ce roman est un long monologue, fait de rires et de désillusions, de farces et de désenchantements. HRABAL dépeint le système communiste par allégories, l’absence de liberté, le productivisme à outrance, l’impossibilité d’aimer, l’individualisme provoqué par la folie du système en place. Il se rapproche beaucoup de l’atmosphère de l’un de ses maîtres et concitoyens, KAFKA. L’influence d’un ORWELL de « 1984 » ou d’un ZAMIATINE de « Nous » est très prégnante dans cette espèce de bureaucratie contrôlant tout. Quant aux passages plus absurdes, ils semblent extirpés de pages de Samuel BECKETT. Le rendu est profondément dystopique, et sa brièveté le rend encore plus puissant et saisissant, Hanta pouvant être vu comme une sorte de résistant à la machine totalitaire. Il y laissera sa peau. « Une trop bruyante solitude » est typiquement le genre de bouquins où l’on ne comprend pas tout, par son immense richesse, ses images nombreuses, un bouquin duquel on ressort secoués et emplis de questionnements. Il est indéniable qu’une nouvelle lecture sera nécessaire, elle permettra d’entrouvrir de nouvelles portes dans un monde du plausible. https://deslivresrances.blogspot.fr/
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  • Pandorra Posté le 16 Janvier 2019
    D'une étonnante poésie, non pas douce, agréable mais brutale, déroutante. Durant ma lecture je me demandais si c'était autobiographique tellement Hanta me semblait être réel, racontant son histoire, comme un acteur sur une scène de théâtre qui soliloque, avec quelques cruches de bières en plus. Alors nous le suivons à travers ses souvenir, parfois gênant mais amusant, parfois d'une grande tristesse et parfois un peu... dégoûtant [masquer] comme le passage sur les restes de son Oncle [/masquer]... et toujours présente cette trop bruyante solitude le ronge, heureusement les livres, des trésors qu'il doit hélas détruire, lui apportent un certain réconfort, il se cultive presque malgré lui, admiratif, il en sauve quelques uns et les emportent chez lui. Cela me faisait penser à un enfant qui aurait trouvé un animal blessé et l'aurait ramené chez lui pour en prendre soin. Et naïvement, humainement, il rêve qu'il pourra racheter sa vieille presse, l'installer chez lui et faire de la destruction une oeuvre d'art. Mais la vie est dure, cruelle et les hommes le sont davantage, son supérieur le rabaisse, le monde change il le voit, il ne trouve plus sa place, les choses évolues et cela l'abîme profondément, il l'accepte... D'une étonnante poésie, non pas douce, agréable mais brutale, déroutante. Durant ma lecture je me demandais si c'était autobiographique tellement Hanta me semblait être réel, racontant son histoire, comme un acteur sur une scène de théâtre qui soliloque, avec quelques cruches de bières en plus. Alors nous le suivons à travers ses souvenir, parfois gênant mais amusant, parfois d'une grande tristesse et parfois un peu... dégoûtant [masquer] comme le passage sur les restes de son Oncle [/masquer]... et toujours présente cette trop bruyante solitude le ronge, heureusement les livres, des trésors qu'il doit hélas détruire, lui apportent un certain réconfort, il se cultive presque malgré lui, admiratif, il en sauve quelques uns et les emportent chez lui. Cela me faisait penser à un enfant qui aurait trouvé un animal blessé et l'aurait ramené chez lui pour en prendre soin. Et naïvement, humainement, il rêve qu'il pourra racheter sa vieille presse, l'installer chez lui et faire de la destruction une oeuvre d'art. Mais la vie est dure, cruelle et les hommes le sont davantage, son supérieur le rabaisse, le monde change il le voit, il ne trouve plus sa place, les choses évolues et cela l'abîme profondément, il l'accepte finalement, résigné [masquer]en se donnant la mort dans cet endroit, le seul pour lui, qui était sa place, avec sa presse, les souris et le vieux papier... [/masquer] C'est comme une cycle, la boucle est bouclée, tout n'est que répétition, un mouvement de va-et-vient, éternel recommencement auquel les nombreuses répétitions font échos, jusqu'à la fin. C'est une lecture qui me laisse perplexe, je crois qu'il faut un certain temps pour en saisir la porté, la profondeur.
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