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        Par Lisez, publié le 25/04/2018
        [Interview] Franck Thilliez lève le voile sur son "Manuscrit inachevé"

        Élevé au rang de maître du thriller français en un peu moins de quinze ans, Franck Thilliez confirme son immense talent avec la publication de son dix-huitième roman, Le manuscrit inachevé. Une intrigue dingue, sombre et addictive, dont c’est encore lui qui parle le mieux.

        Franck Thilliez l’avoue volontiers lui-même, les livres qui naissent dans sa tête sont parfois si complexes qu’il peut être compliqué d’en parler sans dévoiler le plus gros de l’intrigue. Après lecture de son nouveau roman, Le manuscrit inachevé, on ne peut que lui donner raison. Histoires imbriquées les unes dans les autres, énigmes qui prennent la forme de véritables casse-têtes, personnages difficiles à cerner… c’est un livre d’une grande ampleur que nous offre le romancier. Quant à l’intrigue en elle-même, on peut vous dire qu’il y est question d’un livre et d’une auteure de thrillers qui porte le prénom de Léane mais qui cache son identité sous un nom de plume. On peut également vous dire que la fille de Léane a disparu il y a plusieurs années. Disparition qui a poussé Léane à quitter son mari et leur maison, posée au bord des dunes de la Côté d’Opale. Mais quand son époux devient amnésique à la suite d’une agression, la romancière est forcée de rentrer chez elle. Ce que l’on peut vous dire d’autre ? Des heures bien sombres attendent Léane.

        A quelques jours de la publication du Manuscrit inachevé (en librairie le 3 mai), Lisez a pu interviewer Franck Thilliez. L’occasion bien sûr d’évoquer la folle intrigue de ce nouveau roman, mais de le questionner aussi sur la possible arrivée de son couple de flics fétiches à l’écran, et d’en apprendre plus sur la suite de son best-seller, Sharko. Rencontre avec le pilier du thriller à la française.

        Votre livre commence avec une histoire avant de plonger à l’intérieur d’une autre. Il y a presque un côté Inception. L’idée était de torturer –encore plus que d’habitude - les méninges de vos lecteurs ?
        Quand j’écris des one shots, j’aime faire des expériences tant au niveau de l’écriture que de l’histoire. J’aime tenter des constructions particulières. Par exemple, pour Rêver, les chapitres étaient dans le désordre. Là, je voulais montrer qu’on était tous des personnages de roman à notre niveau. Je trouvais amusant de mettre en scène une héroïne qui écrit des thrillers et à qui il arrive des choses tellement dingues qu’elle a l’impression d’être un personnage de roman. Moi-même, je pourrais me dire que je suis peut-être un personnage de roman. Donc je trouvais très drôle de créer une mise en abyme multiple avec moi-même qui écrit un roman qui parle d’un roman qui raconte une histoire. Et puis je crois que cela intéresse les gens de savoir comment on construit un roman. Le fait de mettre en scène une auteure permet aux lecteurs de découvrir l’envers du décor, de voir comment les choses fonctionnent dans la tête d’un romancier qui écrit des choses très sombres.

        Vous êtes connu pour mettre en scène des personnages cabossés par la vie et ceux du Manuscrit inachevé ne dérogent pas à la règle, mais votre héroïne, Léane, a la particularité d’être une auteure de thrillers, comme vous. Avez-vous mis un peu de vous en elle ?
        Il y a plus de moi en elle que dans n’importe quel autre personnage car elle est écrivain. Forcément, il y a des points communs entre nous. Il faut savoir que lorsqu’un romancier crée un personnage, il essaie de l’inventer à partir de rien ou de s’inspirer des gens qu’il rencontre, mais il finit toujours par mettre de lui-même dedans. L’histoire que l’on raconte vient de nous, de notre cerveau, de notre tête. Là, c’est vrai que j’ai mis encore plus de moi-même dans Léane. Elle écrit des thrillers comme moi, des histoires terribles, très noires, avec des personnages tourmentés. Ce qui se passe dans sa tête, ce qu’elle raconte aux journalistes et ce qu’elle vit, ce sont des problématiques que moi-même je rencontre. Pour moi, le personnage de Léane était l’occasion d’exposer au lecteur ce métier un peu mystérieux d’écrivain.

        Le manuscrit inachevé est un roman d’une grande ampleur, très noir et très moderne. Et en même temps, c’est un roman à énigmes qui rend hommage à Maurice Leblanc et Arthur Conan Doyle. Comment vous-est venue l’idée de mélanger les genres ?
        C’est vrai que c’est un livre qui mélange les genres. Les grands ressorts de ce roman-là sont vraiment des ressorts de roman à suspense. Il est vraiment construit comme un roman à énigmes traditionnel. Mais attention, traditionnel ne veut pas dire simple. C’est justement compliqué de trouver des ressorts dramatiques très forts. Dans les one shots, j’aime privilégier le suspense dans sa plus propre définition. Mais ce livre étant une mise en abyme, l’idée était aussi de parler de la littérature de genre et de rendre hommage à tous ces romanciers du passé qui nous influencent toujours lorsqu’on est écrivain. Le manuscrit inachevé est autant un hommage au roman à énigmes qu’au roman noir.

        L’un des sujets phares de ce livre, c’est la mémoire. Un personnage est atteint d’hypermnésie, l’autre de cryptomnésie. Est-ce un sujet sur lequel vous souhaitiez écrire depuis longtemps ?
        Je m’intéresse énormément aux choses qui nous touchent profondément. La mémoire, le cerveau, les dons d’organes, la psychiatrie… ce sont des sujets que j’aime traiter. Là, j’avais vraiment envie de parler de l’amnésie. C’est une chose que l’on retrouve dans de très nombreux romans et films policiers et l’idée était vraiment de savoir comment moi j’allais la traiter. Je me demandais comment rendre l’amnésie percutante. Ensuite, il y a la question de l’hypermnésie. Donner à un policier une mémoire très détaillée est forcément intéressant. Et puis il y la cryptomnésie (lorsqu’une personne a l’impression d’avoir produit une pensée alors qu’elle a été produite par quelqu’un d’autre, ndlr) qui m’intéressait beaucoup moi en tant que romancier. Il m’arrive parfois de me demander si l’idée que je suis en train d’avoir est bien la mienne ou si elle existe déjà ailleurs. Vaste sujet donc.

        Vous avez écrit plus d’une dizaine de romans. Le manuscrit inachevé a une trame compliquée. Diriez-vous qu’il fait partie de vos écrits les plus complexes ?
        Pas nécessairement. Je me suis vraiment beaucoup amusé à l’écrire, je l’ai vécu comme un jeu du chat et de la souris entre moi et mes lecteurs. Les gens qui aiment le roman à suspense et le thriller sont de vrais enquêteurs, ils aiment essayer de comprendre sur quel chemin on les emmène. Il faut donc être très astucieux quand on écrit ce genre de livre. Il faut leur donner des informations mais pas trop, il faut qu’ils découvrent des informations d’eux-mêmes mais qu’ils aient des doutes et des interrogations. C’est là où c’est complexe à écrire. Mais d’un point de vue personnel, je me suis vraiment fait plaisir à écrire ce livre. Et je pense que ça se sent à la lecture.

        Vos romans ont tous un point commun : ils fascinent et font peur. Avec le temps, diriez-vous que les peurs que vous avez envie de transmettre aux lecteurs ont évolué ?
        Il y a deux types de peur. D’abord la peur plaisir. C'est-à-dire que les gens qui lisent des thrillers aiment les énigmes et jouer à se faire peur. C’est une peur très positive qui est liée à une mécanique de construction de l’histoire et qui suit des codes. Après il y a les peurs qui sont liées à notre monde et son évolution. Et forcément, les peurs changent d’un roman à l’autre car le monde change. Quand on écrit des romans policiers, on décrit le monde tel qu’il est à un moment précis. Aujourd’hui par exemple, les peurs qui font partie du quotidien des gens sont souvent liées au terrorisme. Il y a certains romans qui commencent à en parler. Il y a dix ans, c’était plutôt les tueurs en série. Le roman policier est un miroir de la société donc il évolue constamment.

        De plus en plus de thrillers français se retrouvent adaptés sur petit écran (Glacé de Bernard Minier, Maman a tort de Michel Bussi...). Vous-même avez déjà été scénariste pour la télévision. Pourrait-on un jour retrouver vos romans sous format sériel ?
        Oui, je peux même vous dire qu’il y a des choses en cours. La société de production Escazal Films a acheté les droits de mes cinq romans consacrée à mon duo de flics Sharko/Henebelle pour en faire une série. Le tournage n’a pas encore commencé, nous travaillons actuellement sur les documents pour vendre le projet à une chaîne de télévision ou une plateforme. Je suis très impliqué dans ce projet. S’il devient une série, je participerai à l’écriture. Côté cinéma, le tournage de l’adaptation de mon roman Puzzle vient juste de se terminer. Ils l’ont tourné en anglais avec un budget assez réduit. Ce sera un petit film de genre mais je pense qu’il sera très bien. Et puis il y a mon roman Rêver, dont les droits ont été achetés par une grande maison de production. Donc il y a pas mal de choses en cours.

        Vous alternez généralement les one shots et les enquêtes menées par votre couple Franck Sharko/Lucie Henebelle. Le prochain devrait donc être logiquement consacré au duo. Pouvez-vous nous donner quelques indices sur la suite de Sharko ?
        Je travaille dessus depuis quelques mois maintenant. Le sujet est un peu dense. On va dire que le roman parle des datas, des machines et des données qu’on leur donne. C’est une intrigue dans l’air du temps, qui peut rappeler ce qui se passe actuellement avec Facebook, et qui parle aussi d’intelligence artificielle. Maintenant, le plus gros du travail, c’est d’intégrer un vaste sujet comme celui-ci dans une enquête policière et dans la vie de mes personnages !

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        • Par Lisez

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