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        Par Super 8, publié le 28/02/2018
        L'interview de Jack Heath, l'ambassadeur du polar carnassier

        Né en 1986 en Australie, Jack Heath s'était jusqu'alors illustré dans les romans jeunesse. Avec Mange tes morts, il pulvérise ce carcan puisque son roman ne saurait être conseillé (de son propre aveu) aux moins de 18 ans... À l'occasion de sa parution chez Super 8 Éditions, nous lui avons posé quelques questions.

        Vous avez commencé à écrire (et à publier) très jeune. Était-ce à ce point nécessaire pour vous ?

        L’écriture a toujours été pour moi une addiction plus qu’un passe-temps. elle m’aide à comprendre le monde et à m’en écarter quand j’en ai besoin. Contrairement à beaucoup de métiers, l’écriture ne nécessite aucun équipement ou qualification spécifiques. J’ai donc commencé à écrire jeune, principalement parce que rien ne m’en empêchait.

        Vous êtes connu en France pour la série 30 minutes pour survivre. Est-ce que ça a été facile de passer de l’univers de ces livres au ton plus âpre de Mange tes morts ?

        Blake est devenu un personnage à part entière, si bien que c’est devenu facile de faire les allers-retours. Soit j’écrivais sur lui, soit non, je ne risquais pas de me tromper. Et j’aimais bien l’idée d’écrire pour les deux publics car cela permettait de laisser moins d’idées de côté. Quand j’avais une idée qui aurait été déplacée dans un roman jeunesse, je l’incluais à Mange tes morts. Quand j’avais une idée trop bizarre pour les adultes, je la mettais dans 30 minutes pour survivre. (Mais on pourrait trouver qu’un détective cannibale, c’est déjà assez bizarre.)

        Comment envisagez-vous les questions morales que soulève Mange tes morts ? Pensez-vous que nous avons tous une part sombre et que nous devons la combattre ?

        Je pense que les gens entièrement bons ou entièrement mauvais sont rares et que 99 % d’entre nous ont les deux côtés. Nos intentions sont parfois nobles, parfois non, et les conséquences de nos actions sont parfois positives, parfois négatives, quelles que soient nos intentions. Nous acceptons de faire des compromis moraux tout le temps. Chaque fois que je prends ma voiture à essence pour aller à une séance de dédicaces, je fais passer le bien-être de ma famille avant la sécurité des autres conducteurs et de tout le monde sur Terre. Mais dans Mange tes morts je voulais fouiller un personnage qui n’était pas seulement un peu bon et un peu mauvais, comme la plupart d’entre nous. Blake est à la fois extrêmement bon et extrêmement mauvais. Il fait des choses nobles pour des raisons abominables. Est-ce que son karma est malgré tout à l’équilibre ? C’est au lecteur d’en juger.

        Votre biographie indique que vous avez été magicien de rue. Est-ce vrai ? Pensez-vous que l’écriture ressemble un peu à la magie ?

        Il y a quelques années, j’ai passé plusieurs jours à faire des tours de magie dans les rues de Newcastle parce que je me suis retrouvé là-bas avec un jeu de cartes et pas mal de temps à tuer. L’écriture et la magie ont beaucoup de points communs. Il s’agit dans les deux cas de manipuler l’attention du public et de convaincre les spectateurs de choses dont ils savent au fond d’eux-mêmes qu’elles sont impossibles. Un ami à moi est prestidigitateur et il réalise souvent des tours dangereux sur scène, ce qui m’a permis de comprendre que les écrivains et les magiciens partagent autre chose : ils ne prennent pas leur retraite, ils meurent.

        Votre roman est très rythmé et très visuel. La télé est-elle une source d’inspiration pour vous ?

        Je regarde sans doute trop la télé. J’aime bien le rythme enlevé, la densité des idées. Ça doit déteindre sur mon travail. Mais quand j’écris, j’essaie de me concentrer sur ce que les romans rendent mieux que l’écran : les sensations, la beauté du langage, les prises de risque sur le plan créatif. J’ai hâte de voir ce que donnera l’adaptation de Mange tes morts en série en tout cas !

        Plus d'infos sur Mange tes morts

        Plus d'infos sur Jack Heath

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