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La Découverte
EAN : 9782707194602
Code sériel : 464
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 328
Format : 125 x 190 mm

Carbon Democracy

Le pouvoir politique à l'ère du pétrole

Christophe JAQUET (Traducteur)
Date de parution : 09/03/2017

La thèse forte et iconoclaste de ce brillant essai montre que les contours et les transformations sur deux siècles des régimes politiques dits démocratiques ont été largement déterminés par les propriétés matérielles des principales énergies fossiles, le charbon d’abord, avec toute sa minéralité, puis le pétrole, énergie de la fluidité. Des grèves de mineurs du XIXe siècle aux enjeux de l'après-pétrole, une autre histoire, novatrice, des démocraties occidentales modernes.

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon...

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole.
Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens.
Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

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EAN : 9782707194602
Code sériel : 464
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 328
Format : 125 x 190 mm
La Découverte

Ils en parlent

La malédiction du pétrole, une fatalité bien connue des géopoliticiens et doctement ressassée : plus un pays est riche en gisements, moins il est démocratique. De fait, en 2011, pendant la vague de révoltes du « printemps arabe », cet axiome s'est vérifié : à l'exception de la Libye, tous les plus gros producteurs ont été épargnés. Les luttes pour un changement politique ont eu lieu là où le pétrole était nettement moins déterminant pour l'économie nationale, comme c'est le cas en Tunisie ou en Egypte. Carbon Democracy, l'essai de Timothy Mitchell, titulaire de la chaire du Moyen-Orient à l'université Columbia (New York), repose tout entier sur une idée, aussi simple qu'inédite : il faut reconsidérer le champ d'application de cette loi. Ce qui vaut pour ces pays lointains et orientaux ne vaut-il pas pour nos contrées occidentales ? Depuis que le pétrole est devenu notre première source d'énergie, nos démocraties sont à la peine, les acquis sociaux reculent, les inégalités explosent. Il se pourrait tout simplement que l'abondance énergétique fragilise, voire limite, nos aspirations et nos combats politiques. Par quel étrange mécanisme ? C'est là que la réflexion de Mitchell est la plus passionnante. La démocratie est indissociable, soutient-il, des multiples processus par lesquels on produit ou consomme l'énergie. D'une certaine façon, l'une (l'énergie) donne forme à l'autre (la démocratie). En démontrant ce lien, Mitchell livre une version alternative de l'histoire de nos démocraties modernes. [...] Au terme de ce livre foisonnant, où l'on reconnaît l'influence de la philosophie de Bruno Latour, nous sommes invités « à concevoir la démocratie non comme l'histoire d'une idée ou l'apparition d'un mouvement social, mais comme un assemblage de machines ». C'est en effet à la fois le mérite et la limite du propos qui s'y déploie. Car bien que Mitchell se défende de jamais sombrer dans un déterminisme technique, on déplore que, la tête toute aux flux énergétiques, il laisse de côté la circulation de l'information et des journaux, le poids des idéologies, les progrès de l'alphabétisation..., en un mot, la force des idées. Malgré cela, en montrant comment l'abondance du pétrole a permis aux experts de construire une économie délivrée de toute limite, la réflexion de Mitchell débouche sur une série de questions passionnantes. L'épuisement des réserves fossiles peut-il se révéler une opportunité pour un monde plus démocratique ? Admettre que la politique émerge des configurations techniques n'implique pas que l'avenir soit tracé, mais de savoir avec quelles forces, « humaines et non humaines », nous voulons faire alliance, prend-il soin de rappeler en conclusion. Face au caractère implacable des « machines », parions en effet sur la possibilité de construire des représentations alternatives et de choisir entre plusieurs formes de devenirs politiques.
Julie Clarini / Le Monde des livres

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • blatou7563 Posté le 16 Janvier 2020
    Ce livre est une thèse documentaire dense, fouillée, passionnante et stupéfiante. A travers l'étude de la constitution, du développement et du maintien des industries du charbon et du pétrole, c'est un exposé et une dissection du machiavélisme industrialo-politique théorisé et mis en oeuvre par de grandes industries familiales qui parviennent, pour préserver leurs profits et leurs pré carrés, à imposer leurs vues stratégiques, leurs doctrines et leurs agendas aux Etats producteurs et consommateurs, à infiltrer et à faire inconsciemment intégrer leurs réflexions aux forces politiques, économiques et sociales, favorables ou opposées en les laissant croire que c'est de leur initiative. Que de moyens déployés : prise de contrôle par leurs forces propres : alliances et synergies entre industries, puissance financière, influence intellectuelle et culturelle, technique et technologique et en s'appuyant sur les forces détenues par les Etats : impérialisme économique, financier et monétaire, diplomatie militaire et alimentation de groupes armées locaux, limitation de l'exploration et sabotage de l'exploitation des concessions, blocage de l'émergence d'énergies alternatives...
  • fga1068820 Posté le 10 Août 2017
    De ce conte de fées pour quelques uns, cauchemar pour les autres, Timothy Mitchell tire le dense matériel de son essai mélant histoire, géopolitique et réflexion sur les conditions d'émergence de la démocratie. Victorine de Oliveira Philosophie Magazine
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