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La Découverte
EAN : 9782348064173
Code sériel : 527
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 762
Format : 125 x 190 mm

Ceci n'est pas qu'un tableau

Essai sur l'art, la domination, la magie et le sacré

Date de parution : 10/09/2020
En 1657, Nicolas Poussin peint une Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s’opposent, des laboratoires d’analyse et des tribunaux s’en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s’approprier le... En 1657, Nicolas Poussin peint une Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s’opposent, des laboratoires d’analyse et des tribunaux s’en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s’approprier le chef-d’œuvre. 
De quoi nous parle cette histoire aux allures d’intrigue policière ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art ? Et d’où vient cette aura attachée aux créateurs et aux œuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n’a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l’économie, la politique, le droit, la science ou l’art autant que dans la mythologie ou la religion. C’est cet effet d’enchantement qui transforme une sculpture d’animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d’œuvre.
Puisant avec érudition dans l’anthropologie, l’histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l’art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l’admiration des œuvres.
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EAN : 9782348064173
Code sériel : 527
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 762
Format : 125 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Dossier-de-l-Art Posté le 21 Décembre 2015
    Gloire française de la peinture du XVIIe siècle, Nicolas Poussin acquit en 2007 une notoriété publique nouvelle lors de l’achat pour 17 millions d’euros de sa Fuite en Égypte par le musée de Lyon. Les débats sur l’authenticité de la toile, qui durèrent près de 20 ans, le battage médiatique qui permit de réunir la somme, le procès qui précéda l’acquisition : tous les ingrédients étaient réunis pour écrire un livre à sensation, couronné par une happy end. C’est pourtant une tout autre histoire que propose Bernard Lahire en exposant ces péripéties parfois rocambolesques. Le sociologue analyse en effet les us et coutumes des historiens de l’art, des juristes, des marchands, des vendeurs, interrogeant à la fois la valeur accordée à l’art dans la société contemporaine et les rapports de domination exercés à travers lui. Il révèle de cette manière les jalons d’une « consécration » qui n’a souvent rien de désintéressée. Les rivalités professionnelles, les affrontements pour la possession physique des oeuvres ou pour leur possession intellectuelle par l’attribution, sont décryptés sans aucune complaisance. Mais de manière plus large, l’ouvrage souligne les paradoxes de l’histoire de l’art. La discipline ne peut en effet se nourrir seulement de théories, d’idées... Gloire française de la peinture du XVIIe siècle, Nicolas Poussin acquit en 2007 une notoriété publique nouvelle lors de l’achat pour 17 millions d’euros de sa Fuite en Égypte par le musée de Lyon. Les débats sur l’authenticité de la toile, qui durèrent près de 20 ans, le battage médiatique qui permit de réunir la somme, le procès qui précéda l’acquisition : tous les ingrédients étaient réunis pour écrire un livre à sensation, couronné par une happy end. C’est pourtant une tout autre histoire que propose Bernard Lahire en exposant ces péripéties parfois rocambolesques. Le sociologue analyse en effet les us et coutumes des historiens de l’art, des juristes, des marchands, des vendeurs, interrogeant à la fois la valeur accordée à l’art dans la société contemporaine et les rapports de domination exercés à travers lui. Il révèle de cette manière les jalons d’une « consécration » qui n’a souvent rien de désintéressée. Les rivalités professionnelles, les affrontements pour la possession physique des oeuvres ou pour leur possession intellectuelle par l’attribution, sont décryptés sans aucune complaisance. Mais de manière plus large, l’ouvrage souligne les paradoxes de l’histoire de l’art. La discipline ne peut en effet se nourrir seulement de théories, d’idées philosophiques et esthétiques ; elle ne peut travailler uniquement à partir de textes ou même de concepts. Car elle dépend étroitement d’objets matériels qu’elle doit identifier, dater, et parfois attribuer. Sans ce travail préliminaire, elle perd en quelque sorte son existence même : comment parler du peintre Poussin si le déroulement de sa carrière reste imprécis ? Lorsque les sources d’archives sont inexistantes ou lorsqu’une oeuvre disparue depuis des siècles, comme la Fuite en Égypte, réapparaît brutalement en trois, voire en quatre versions, en collection privée, en salle des ventes et dans les réserves ignorées d’un obscur musée, comment reconnaître l’exemplaire original ? B. Lahire met ainsi au jour toute une chaîne de rites et de cérémonials étranges, qui permettent la légitimation sociale d’un objet artistique. Le livre est décapant, car il dévoile au fil des pages le regard « magique » que nous portons sur les oeuvres en général, la manière dont une société les « fabrique » et établit des croyances proches de convictions religieuses. Le cas Poussin pourrait d’ailleurs être facilement transposé à la situation de l’art contemporain, dont la valeur pécuniaire peut sembler tout aussi irrationnelle, ou même à celle de la Joconde, traquée quotidiennement par des milliers d’objectifs photographiques et jamais vraiment regardée pour ce qu’elle est : un portrait de la Renaissance parmi d’autres. Mais il faut aussi souligner que ce sont là des cas extrêmes, qui ne préjugent pas du quotidien laborieux de l’histoire de l’art : sans se soucier des aléas capricieux du marché de l’art, inventorier, étudier, sauver même de pauvres objets, dont la société entière se désintéresse souvent avec une bonne conscience parfaite. Par Christine Gouzi, critique parue dans L'Objet d'Art 513, juin 2015
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