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La Découverte
EAN : 9782348069239
Code sériel : 537
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 600
Format : 125 x 190 mm

Comment l'Empire romain s'est effondré

Le climat, les maladies et la chute de Rome

Philippe PIGNARRE (Traducteur)
Date de parution : 20/05/2021
Ce livre monumental propose un autre récit de la chute de Rome, faisant des puissances de la nature un acteur essentiel de son destin. Changements climatiques, éruptions et bactéries ont largement pesé dans la décimation de l’Empire, marquant la période qui s’étend du VIe au VIIe siècle, comme la plus grande régression de toute l’histoire de l’humanité en matière de population.
Comment Rome est-elle passée d’un million d’habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s’est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ?
On ne peut plus désormais raconter l’histoire de la chute de Rome...
Comment Rome est-elle passée d’un million d’habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s’est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ?
On ne peut plus désormais raconter l’histoire de la chute de Rome en faisant comme si l’environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L’Empire tardif a été le moment d’un changement décisif : la fin de l’Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l’évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais « les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d’une écologie des maladies qui ont assuré leur perte ». Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l’Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d’Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé.
Face à ces catastrophes, les habitants de l’Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l’islam, ont alors triomphé des religions païennes.
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EAN : 9782348069239
Code sériel : 537
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 600
Format : 125 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • JulienL0710 Posté le 5 Octobre 2021
    L’essai de Kyle Harper, de manière inévitable, agit sur nous comme un miroir face aux temps que nous traversons. Jusqu’à présent la chute de l’Empire romain nous était contée comme la conséquence de la décadence de ses dirigeants et de son goût immodéré pour la luxure. Une vision un peu romancée et certainement moralisatrice de nos vices. Kyle Harper va plus loin que la vision humaine de ce déclin. Il nous l’explique en y intégrant des forces qui nous dépassent et qui pourtant sont le fruit de notre expansion, économique certes mais également territoriale et démographique. Car l’Empire romain s’est étendue jusqu’aux confins du monde connu et a entraîné avec lui l’ensemble de l’humanité, exceptée, cela va de soi, ceux d’Amérique échappant ainsi aux bouleversements provoqués par l’appétit romain. Ces forces sont celles que nous percevons de loin comme un bruit sourd qui nous accompagne dans chacune de nos actions. Ces bruits dérangeants sont les changements climatiques et les maladies pandémiques qui déjà du temps des Romains étaient perceptibles en arrière fond d’un monde de plus en plus interconnecté. Ainsi la peste antonine du IIIème siècle qui a vue éclore, de manière irrévocable, le Christianisme comme réponse religieuse face à... L’essai de Kyle Harper, de manière inévitable, agit sur nous comme un miroir face aux temps que nous traversons. Jusqu’à présent la chute de l’Empire romain nous était contée comme la conséquence de la décadence de ses dirigeants et de son goût immodéré pour la luxure. Une vision un peu romancée et certainement moralisatrice de nos vices. Kyle Harper va plus loin que la vision humaine de ce déclin. Il nous l’explique en y intégrant des forces qui nous dépassent et qui pourtant sont le fruit de notre expansion, économique certes mais également territoriale et démographique. Car l’Empire romain s’est étendue jusqu’aux confins du monde connu et a entraîné avec lui l’ensemble de l’humanité, exceptée, cela va de soi, ceux d’Amérique échappant ainsi aux bouleversements provoqués par l’appétit romain. Ces forces sont celles que nous percevons de loin comme un bruit sourd qui nous accompagne dans chacune de nos actions. Ces bruits dérangeants sont les changements climatiques et les maladies pandémiques qui déjà du temps des Romains étaient perceptibles en arrière fond d’un monde de plus en plus interconnecté. Ainsi la peste antonine du IIIème siècle qui a vue éclore, de manière irrévocable, le Christianisme comme réponse religieuse face à un mal qui nous semblait incurable et venu de loin. Nos rapports ont dès lors été bouleversés pour affronter une mort de masse qui n’épargnait personne, pas même nos dirigeants que l’on pensait semi-divins. Seule réponse possible, la fraternité qu’offrait cette religion basée sur l’amour de son prochain. Ainsi, Kyle Harper détourne notre vision humano-centrée sur un événement majeure de notre histoire. Et son essai résonne comme un avertissement ou mieux, comme une préparation face à ce qui va inexorablement se produire. Comme la montée d’un extrémisme religieux pour répondre à des problèmes qui semblent échapper aux hommes. Et comment ne pas voir un préambule à ce qui nous attend quand Kyle Harper nous évoque l’invasion des Huns vus comme les premiers réfugiés climatiques de l’Histoire, poussés vers l’Ouest afin d’échapper au « Dust Bowl », ces fameuses tempêtes de poussière ? Ces « barbares » pour les Romains porteurs de la civilisation sont intervenus dans leurs affaires, non pas uniquement par opportunisme mais avant tout par nécessité afin de fuir la fatalité. Enfin, comment ne pas voir comme un message évident nous étant lancés à la page 403 :« Les hiérarchies bien distinctes caractéristiques de la structure sociale romaine se sont embrouillées, cédant la place à une opposition drastiquement simplifiée entre les possédants et ceux qui n’avaient rien » ? À méditer…
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  • jusedda Posté le 27 Août 2021
    Un livre plein d'actualité : changement climatique et pandémie dans un petit empire globalisé ont participés à sa chute... Un travail universitaire parfaitement chiffré et documenté, qui prend toutes les pincettes nécessaires afin de rappelé qu'il existe encore des coins d'incertitudes pour la discipline
  • sebito Posté le 27 Avril 2021
    Une synthèse dense de plusieurs données historiques et scientifiques, d'interprétations, qui couvre plusieurs siècles pour expliquer que la fin de l'Empire romain est due à un concours de circonstances humaines mais aussi environnementales. Un livre intéressant, bien écrit, bien documenté. Seuls les détails historiques un peu trop poussés quelques fois font qu'on peut décrocher de temps en temps pendant la lecture. Intéressant.
  • Nomic Posté le 19 Octobre 2020
    Dans The Fate of Rome (2017) (en français Comment l'Empire romain s'est effondré : Le climat, les maladies et la chute de Rome), Kyle Harper fait pour l’empire Roman ce que Jared Diamond fait pour les civilisations antérieures dans De l’inégalité parmi les sociétés. En somme, il examine la chute de Rome d’un point de vue environnemental, climatique et épidémiologique. Un tableau captivant. Avant tout, il pose la toile de fond : malgré son échelle inédite et ses accomplissements, l’empire reste essentiellement rural (à 80%). La survie dépend du bon vouloir de la pluie et l’espérance de vie moyenne est très basse (peut-être 25 ou 27 ans), la faute notamment à la prégnance de toutes sortes de maladies infectieuses liées à la promiscuité et à l’absence de théorie des germes. La plupart des gens étaient petits, la faute à une nutrition imparfaite et surtout à l’assaut des maladies pendant l’enfance. Si les toilettes publiques de Rome sont célèbres, c’est oublier les toilettes privées, qui n’étaient pas reliées à un système centralisé. À Rome, la mortalité doublait à la fin de l’été et l’automne : la faute aux maladies intestinales transmises par l’eau et la nourriture, à la typhoïde et surtout... Dans The Fate of Rome (2017) (en français Comment l'Empire romain s'est effondré : Le climat, les maladies et la chute de Rome), Kyle Harper fait pour l’empire Roman ce que Jared Diamond fait pour les civilisations antérieures dans De l’inégalité parmi les sociétés. En somme, il examine la chute de Rome d’un point de vue environnemental, climatique et épidémiologique. Un tableau captivant. Avant tout, il pose la toile de fond : malgré son échelle inédite et ses accomplissements, l’empire reste essentiellement rural (à 80%). La survie dépend du bon vouloir de la pluie et l’espérance de vie moyenne est très basse (peut-être 25 ou 27 ans), la faute notamment à la prégnance de toutes sortes de maladies infectieuses liées à la promiscuité et à l’absence de théorie des germes. La plupart des gens étaient petits, la faute à une nutrition imparfaite et surtout à l’assaut des maladies pendant l’enfance. Si les toilettes publiques de Rome sont célèbres, c’est oublier les toilettes privées, qui n’étaient pas reliées à un système centralisé. À Rome, la mortalité doublait à la fin de l’été et l’automne : la faute aux maladies intestinales transmises par l’eau et la nourriture, à la typhoïde et surtout à la malaria, véhiculée par les moustiques. La grande force de Rome, c’était sa capacité à absorber les autres peuples et croyances, notamment en se liant aux aristocraties locales. Rome a été la première ville à atteindre le million d’habitants, vers le premier siècle, exploit qui ne sera pas répété avant Londres au 19#7497;. Au milieu du deuxième siècle, l’empire héberge 75 millions d’habitants, soit un quart de la population mondiale. L’auteur précise que la plupart des visions de Rome supposaient tacitement un environnement stable : or, on le verra, ce fut loin d’être le cas. L'article complet sur mon blog :
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  • DYOGENE Posté le 17 Septembre 2020
    Une comparaison avec la situation actuelle est riche d'enseignement. Une réflexion profondément écologique sur l'humanité. Dommage que la société actuelle soit aussi amnésique. La pertinence du débat excuse le style plutôt alambiqué d'un discours parfois très universitaire, à moins qu'il ne s'agisse d'une traduction inadaptée.
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