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Seghers
EAN : 9782232122545
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 64
Format : 112 x 176 mm

Forêt racine labyrinthe

Paul FOURNEL (Traducteur), Jacques ROUBAUD (Traducteur)
Collection : Seghers Jeunesse
Date de parution : 26/08/2004

Naissance de «Seghers Jeunesse», une poésie à hauteur d'enfance…

«Seghers Jeunesse» est né de la volonté d'offrir à tous les enfants une poésie ludique, ouverte à la liberté d'interprétation et de parole. Cette nouvelle collection, pensée et réalisée pour des lecteurs en culotte courte de 8 à 12 ans, est inaugurée par quatre livres dont la couverture a été...

«Seghers Jeunesse» est né de la volonté d'offrir à tous les enfants une poésie ludique, ouverte à la liberté d'interprétation et de parole. Cette nouvelle collection, pensée et réalisée pour des lecteurs en culotte courte de 8 à 12 ans, est inaugurée par quatre livres dont la couverture a été réalisée par la talentueuse pastelliste Nathalie Novi.La forêt, le château, le prince charmant, le retour de guerre, le complot contre le roi, le mariage de la princesse, un dénouement heureux: à partir de ces éléments traditionnels, «Forêt Racine Labyrinthe» d'Italo Calvino fait entrer le jeune lecteur dans l'univers du conte, proposant une littérature à hauteur d'enfance. La postface drôle et instructive de Benoît de la Brosse montre que le romancier italien se joue des caractéristiques de ce genre littéraire pour inventer son propre chemin et y égarer le lecteur. L'auteur nous fait découvrir les «racines» d'une démarche, pour entrer dans une «forêt» de mots, un «labyrinthe» de significations… «qui nous met sens dessus dessous, tête-bêche, comme retourné de la tête aux pieds!».

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EAN : 9782232122545
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 64
Format : 112 x 176 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Nastasia-B Posté le 7 Avril 2013
    Italo Calvino a souvent donné dans la littérature dite enfantine, avec des bonheurs divers et pas forcément très fréquents. Ici, c'est encore le cas et je vais essayer d'exposer mes raisons : Tout d'abord, il y a un décalage que je juge trop grand entre le public qui semble visé (illustrations, format de type "Roi-Reine-Princesse", etc.) c'est-à-dire plutôt des enfants de l'école primaire, avec la difficulté du langage (vocabulaire, tournure des paragraphes, ellipses) et la difficulté d'interprétation (conte philosophique, pas évident à rendre parlant). En ce sens, ce texte est accessible, au mieux, pour des collégiens, et encore, pas n'importe quels collégiens, or, ces collégiens, avec un niveau de langage et d'abstraction suffisants, lorsqu'ils sont au collège ne lisent plus des histoires de princesses. Donc, selon moi, il y a plantage sur le public et/ou sur la forme de l'écrit. Le propos n'est pourtant pas inintéressant et donne sujet à réflexions. Le texte étant très allégorique, peut-être que des gens qui auront passé plus de temps que moi à réfléchir dessus trouveront mon interprétation délirante, mais, en l'état actuel de mes connaissances de cette œuvre, je pense que l'on peut d'abord y voir une réflexion sur le contraste Ville-Nature. La ville étant jugée trop minérale... Italo Calvino a souvent donné dans la littérature dite enfantine, avec des bonheurs divers et pas forcément très fréquents. Ici, c'est encore le cas et je vais essayer d'exposer mes raisons : Tout d'abord, il y a un décalage que je juge trop grand entre le public qui semble visé (illustrations, format de type "Roi-Reine-Princesse", etc.) c'est-à-dire plutôt des enfants de l'école primaire, avec la difficulté du langage (vocabulaire, tournure des paragraphes, ellipses) et la difficulté d'interprétation (conte philosophique, pas évident à rendre parlant). En ce sens, ce texte est accessible, au mieux, pour des collégiens, et encore, pas n'importe quels collégiens, or, ces collégiens, avec un niveau de langage et d'abstraction suffisants, lorsqu'ils sont au collège ne lisent plus des histoires de princesses. Donc, selon moi, il y a plantage sur le public et/ou sur la forme de l'écrit. Le propos n'est pourtant pas inintéressant et donne sujet à réflexions. Le texte étant très allégorique, peut-être que des gens qui auront passé plus de temps que moi à réfléchir dessus trouveront mon interprétation délirante, mais, en l'état actuel de mes connaissances de cette œuvre, je pense que l'on peut d'abord y voir une réflexion sur le contraste Ville-Nature. La ville étant jugée trop minérale et la nature pas assez accessible aux non-initiés. Ce contraste, ces deux mondes qui semblent s'opposer et s'exclure sont pourtant de même nature, deux facettes d'une même monnaie, à savoir le labyrinthe. Le lacis et l'enchevêtrement des rues n'a d'égal que celui des branches et des plantes lianescentes. À bien y regarder, il est parfois difficile de distinguer qui sont les branches, qui sont les racines (amis baobabs, c'est à vous que je dédie cette phrase). Le propos de l'auteur semble donc : faire entrer les arbres dans la ville et la ville dans les arbres. Mais un bien étrange messager dirige les êtres privés de repères dans les méandres impénétrables de tous ordres, un oiseau phénix à cri de klaxon. Ça je vous laisse le soin de décider de qui il s'agit car j'ai déjà beaucoup parlé et d'ailleurs, ceci n'est qu'un avis, noyé dans les entrelacs impénétrables des préférences humaines, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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  • Labyrinthiques Posté le 17 Octobre 2011
    Il y a une forêt, il y a une ville. Une forêt si épaisse, si touf­fue, si laby­rin­thique qu’on n’en voit pas le bout du bout. Il y a une ville qui s’est assé­chée de toute végé­ta­tion : « toutes les plantes, à l’intérieur de la cité, avaient fané, perdu leurs feuilles, puis étaient mortes ». Il y a un roi fati­gué qui rentre de guerre et qui ne retrouve plus le che­min dans cette forêt où les racines main­te­nant semblent s’élancer vers le ciel et les branches s’enfoncer dans le sol. Il y a une Reine marâtre et un Pre­mier ministre qui veulent pro­fi­ter de l’absence du roi pour s’emparer du pou­voir. Avec leurs hommes de main ils veulent encer­cler ville pour lui tendre un guet-apens mais ils se perdent à leur tour dans la forêt. Il y a une Prin­cesse qui se lan­guit de ne pas voir son père ren­trer et qui, hap­pée par un vieux mûrier dans l’enceinte de la ville, se retrouve comme par enchan­te­ment au cœur de « la forêt libre qui l’attirait tant ». Il y a aussi un jeune homme, comme tou­jours, qui s’inquiète de la dis­pa­ri­tion de la belle jeune fille au bal­con... Il y a une forêt, il y a une ville. Une forêt si épaisse, si touf­fue, si laby­rin­thique qu’on n’en voit pas le bout du bout. Il y a une ville qui s’est assé­chée de toute végé­ta­tion : « toutes les plantes, à l’intérieur de la cité, avaient fané, perdu leurs feuilles, puis étaient mortes ». Il y a un roi fati­gué qui rentre de guerre et qui ne retrouve plus le che­min dans cette forêt où les racines main­te­nant semblent s’élancer vers le ciel et les branches s’enfoncer dans le sol. Il y a une Reine marâtre et un Pre­mier ministre qui veulent pro­fi­ter de l’absence du roi pour s’emparer du pou­voir. Avec leurs hommes de main ils veulent encer­cler ville pour lui tendre un guet-apens mais ils se perdent à leur tour dans la forêt. Il y a une Prin­cesse qui se lan­guit de ne pas voir son père ren­trer et qui, hap­pée par un vieux mûrier dans l’enceinte de la ville, se retrouve comme par enchan­te­ment au cœur de « la forêt libre qui l’attirait tant ». Il y a aussi un jeune homme, comme tou­jours, qui s’inquiète de la dis­pa­ri­tion de la belle jeune fille au bal­con et qui, grim­pant à la cime d’un arbre, se retrouve lui aussi en pleine forêt. Et il y a sur­tout un oiseau extra­or­di­naire qui a « les plumes chan­geantes du fai­san, les grandes ailes puis­santes d’un cor­beau, le long bec d’un pic, et l’aigrette de plumes blanches et noires d’une huppe. » C’est cet oiseau-là qui appa­raît à chaque fois pour égarer ou gui­der les personnages… Voici le décor : une forêt sans des­sus des­sous en lutte contre une cité for­te­resse qui la refuse. Voilà les per­son­nages : quatre pro­ta­go­nistes avec quatre moti­va­tions dif­fé­rentes qui se perdent dans la forêt, mais chuuut ! Je ne vous raconte pas la fin. Italo Cal­vino nous pro­pose ici1 un conte pour enfant qui devient grand et pour grand qui rede­vient enfant. On peut y trou­ver plein de thèmes dif­fé­rents der­rière ces oppo­si­tions sys­té­ma­tiques d’éléments sym­bo­liques : nature/culture, vie sauvage/civilisation, langage/littérature, etc. Voici un point de vue lin­guis­tique de Paul Braf­fort et une défi­ni­tion de la lit­té­ra­ture de Cal­vino qui peuvent appor­ter un autre éclairage : « Dans Forêt-racine-labyrinthe la forêt toute entière a été le théâtre d’une fan­tas­tique per­mu­ta­tion des racines et des branches. L’auteur féru de lin­guis­tique qu’était Cal­vino n’ignorait pas que les arbres syn­taxiques (Claude Berge les appe­lait “arbo­res­cences”) se repré­sentent gra­phi­que­ment à l’envers, comme dans le conte. » Paul Braf­fort, Italo Cal­vino sur les sen­tiers du laby­rinthe, article paru dans le Maga­zine Lit­té­raire n°398, mai 2002 « Nous avons dit que la lit­té­ra­ture est, tout entière, dans le lan­gage, qu’elle n’est que la per­mu­ta­tion d’un ensemble fini d’éléments et de fonc­tions. Mais la ten­sion de la lit­té­ra­ture ne viserait-elle pas sans cesse à échap­per à ce nombre infini ? Ne chercherait-elle pas à dire sans cesse quelque chose qu’elle ne sait pas dire, quelque chose qu’elle ne sait pas, quelque chose qu’on ne peut pas savoir ? Telle chose ne peut pas être sue tant que les mots et les concepts pour l’exprimer et la pen­ser n’ont pas été employés dans cette posi­tion, n’ont pas été dis­po­sés dans cet ordre, dans ce sens. Le com­bat de la lit­té­ra­ture est pré­ci­sé­ment un effort pour dépas­ser les fron­tières du lan­gage ; c’est du bord extrême du dicible que la lit­té­ra­ture se pro­jette ; c’est l’attrait de ce qui est hors du voca­bu­laire qui meut la lit­té­ra­ture. » Italo Cal­vino, Cyber­né­tique et fan­tasme, texte d’une confé­rence pro­non­cée en 1967, réédité dans La machine lit­té­ra­ture (Seuil, 1993). Cita­tion extraite de l’article de Paul Braffort On peut donc y lire une ten­ta­tive de récon­ci­lier des laby­rinthes a priori incom­pa­tibles, celui de la forêt touf­fue, sens des­sus des­sous, du lan­gage sau­vage qui retourne à ses racines, du babil dirait Barthes, du bar­bare dirait le grec et celui de la ville rec­ti­ligne et poli­cée, du lan­gage plus élaboré, plus civi­lisé régi par la syn­taxe, par la nor­ma­li­sa­tion gram­ma­ti­cale. Entre ces deux deux laby­rinthes qui s’opposent, un oiseau chi­mé­rique, un oiseau inventé et recom­posé par per­mu­ta­tion du lan­gage, un oiseau poé­tique (dans le sens de la créa­tion) fait le lien, perd ou guide celui qui le suit… Cet oiseau n’est-ce pas ce qu’on nomme tout sim­ple­ment la littérature ? Extrait - « Ce matin-là, la forêt n’était qu’un enche­vê­tre­ment de sen­tiers et de pen­sées per­plexes. Le roi Clo­do­vée se disait : “Ô ville inat­tei­gnable ! tu m’as appris à mar­cher dans tes rues rec­ti­lignes et lumi­neuses et me voilà condam­ner à che­mi­ner dans des sen­tiers tor­tueux et embrouillés et me voilà per­dus !” Cur­wald [ndlr : le félon], lui, se disait : “Plus le che­min est sinueux, plus il convient à notre plan. Tout ce qu’il faut, c’est trou­ver l’endroit où, à force de se cour­ber et de se recour­ber, ce che­min rejoin­dra la route droite. L’ennui, c’est qu’avec tous les nœuds et tous les car­re­fours, je n’arrive pas à trou­ver le bon.” Ver­veine [ndlr : la prin­cesse], elle, pen­sait : ” Fuir ! Fuir ! Mais pour­quoi ? Plus j’avance dans la forêt, plus j’ai la sen­sa­tion d’être pri­son­nière. J’avais cru que la ville de pierre de taille et la forêt-labyrinthe étaient enne­mies et sépa­rée, sans com­mu­ni­ca­tion pos­sible. Main­te­nant j’ai trouvé le pas­sage, j’ai l’impression qu’elle se res­semblent de plus en plus… Je vou­drais que la sève de la forêt pénètre la ville et ramène la vie entre les pierres. Je vou­drais qu’au milieu de la forêt on puisse aller et venir, se ren­con­trer, être ensemble, comme à l’intérieur d’une ville…”» p.38#8201;–#8201;39
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