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EAN : 9782264074454
Code sériel : 5464
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 216
Format : 108 x 177 mm

Je reste ici

Nathalie BAUER (Traducteur)
Date de parution : 14/08/2019
Un roman historique, l'histoire bouleversante d'une famille en tant de guerre.
Trina s’adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Elle a dix-sept ans au début du texte et vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien, annexé par l’Italie à la... Trina s’adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Elle a dix-sept ans au début du texte et vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien, annexé par l’Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l’objet d’une italianisation forcée : la langue allemande, qu’on y parle, est bannie au profit de l’italien. Trina entre alors en résistance et enseigne l’allemand aux enfants du bourg, dans l’espoir aussi de se faire remarquer par Erich, solitaire aux yeux gris qu’elle finira par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica.Au début de la guerre, tandis qu’Erich s’active dans une farouche opposition aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace d’immerger le village, la petite Marica est enlevée par sa tante, et emmenée en Allemagne. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit. Elle ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies, traitées avec finesse et pudeur.
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EAN : 9782264074454
Code sériel : 5464
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 216
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Annette55 Posté le 30 Décembre 2019
    «  Mais l'Italien et l'allemand constituaient des murs de plus en plus élevés. Désormais les langues étaient des signes raciaux . Les dictateurs les avaient transformées en armes et en déclarations de guerre » . «  A Curon , les gens ne paraissaient pas inquiets , juste plus las .Las des fascistes , las de tituber dans le noir » . Deux extraits significatifs de ce beau roman historique , une page douloureuse de l'Histoire Italienne, que je ne connaissais pas , superbement écrit comme une longue lettre.... Au printemps 1923, Trina adolescente préparait son baccalauréat dans la région autrichienne du Haut- Adige, au Sud Tyrol, au coeur du superbe village de Curon. La vie y suivait le rythme des saisons , l'histoire ne s'était pas élevée jusque là ....dans ces régions frontalières . Trina, Pa et Ma , ses parents , Michaël , son frère parlaient allemand, étaient chrétiens , travaillaient aux champs et dans les étables.. Mais dès 1922, sur l'ordre de Mussolini les rues, les ruisseaux et les montagnes ont été rebaptisés . Ses sbires ont même molesté les morts en changeant les inscriptions sur les pierres tombales , italianisé les noms , remplacé les enseignes des magasins, interdit aux habitants de porter leurs tenues habituelles... «  Mais l'Italien et l'allemand constituaient des murs de plus en plus élevés. Désormais les langues étaient des signes raciaux . Les dictateurs les avaient transformées en armes et en déclarations de guerre » . «  A Curon , les gens ne paraissaient pas inquiets , juste plus las .Las des fascistes , las de tituber dans le noir » . Deux extraits significatifs de ce beau roman historique , une page douloureuse de l'Histoire Italienne, que je ne connaissais pas , superbement écrit comme une longue lettre.... Au printemps 1923, Trina adolescente préparait son baccalauréat dans la région autrichienne du Haut- Adige, au Sud Tyrol, au coeur du superbe village de Curon. La vie y suivait le rythme des saisons , l'histoire ne s'était pas élevée jusque là ....dans ces régions frontalières . Trina, Pa et Ma , ses parents , Michaël , son frère parlaient allemand, étaient chrétiens , travaillaient aux champs et dans les étables.. Mais dès 1922, sur l'ordre de Mussolini les rues, les ruisseaux et les montagnes ont été rebaptisés . Ses sbires ont même molesté les morts en changeant les inscriptions sur les pierres tombales , italianisé les noms , remplacé les enseignes des magasins, interdit aux habitants de porter leurs tenues habituelles ... C'est un Tournant Historique . La narratrice est alors dépossédée de sa langue, de sa terre, de sa culture . A Curon les familles divisées, fracturées, écartelées , subiront de plein fouet les oppressions du fascisme puis du nazisme. Tout au long de ce récit tragique , Trina parle à une absente, sa fille Marica, qui lui a été arrachée par Anita , la soeur de son mari Erich, et son mari Lorenz , des gens riches... beaucoup plus âgés que Trina et Erich. Ils avaient choisi d'intégrer le Reich... Elle lui conte son enfance : Ma , sa mère, insensible , froide, assez autoritaire, indifférente à la culture et au diplôme de sa fille devenue institutrice, Pa, son père , aimant, sa vie auprès d'Erich, son mari, orphelin, silencieux , aux longues mains nerveuses , l'amour de toute sa vie.. Nous découvrons une Italie divisée, trahie par Mussolini et ses acolytes , une population prise entre deux feux : Partir ou rester? Parler allemand ou italien? Les tyroliens sont brimés au quotidien , l'auteure nous révèle une Trina courageuse, vaillante, résistante , indépendante ,devenue enseignante qui combat avec les «  Mots » aux côtés d'Erich , son amour. Un magnifique récit tragique lié à l'histoire doublé de la douleur intense de l'absence .... Découverte de la Grande Histoire à travers la petite sous des aspects inconnus, qui nous questionnent : oppression et fascisme, nationalisme, dictats imbéciles , importance de la langue et de l'identité , des liens familiaux indestructibles et de la survie dans une période trouble sans parler de la construction d'un immense barrage .... «  Ceux qui vivent , ce sont ceux qui luttent » . Victor Hugo. Remarquable ! A lire !
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  • Bellonzo Posté le 30 Novembre 2019
    Marco Balzano est un auteur italien de quarante ans et nous propose un beau roman classique sur un épisode très méconnu en France, l'annexion après la Grande Guerre d'une partie de l'Autriche par l'Italie. Le Haut-Adige est une région de montagne. C'est en fait le Tyrol du Sud. Trina est le personnage principal, une femme solide et en avance sur son temps, mère,,enseignante et résistante. Pas banal, cette région a subi les deux dictateurs. Le combat de Trina se cristallisera aussi sur la construction d'un immense barrage dans une Italie d'après-guerre qui rappelle mon cher Néoréalisme qui cependant oublia quelque peu l'extrême nord italien et alpin, plus à l'aise dans le Mezzogiorno ou les grands centres urbains. Sur ces pentes souvent enneigées impossible de ne pas citer les deux géants montagnards, Dino Buzzati et Mario Rigoni Stern. Mais là je ne vous surprends pas. Bien sûr Je reste ici est un roman tout récent qui prend en compte les préoccupations écologiques, comme Paolo Cognetti déjà évoqué ici.... Marco Balzano est un auteur italien de quarante ans et nous propose un beau roman classique sur un épisode très méconnu en France, l'annexion après la Grande Guerre d'une partie de l'Autriche par l'Italie. Le Haut-Adige est une région de montagne. C'est en fait le Tyrol du Sud. Trina est le personnage principal, une femme solide et en avance sur son temps, mère,,enseignante et résistante. Pas banal, cette région a subi les deux dictateurs. Le combat de Trina se cristallisera aussi sur la construction d'un immense barrage dans une Italie d'après-guerre qui rappelle mon cher Néoréalisme qui cependant oublia quelque peu l'extrême nord italien et alpin, plus à l'aise dans le Mezzogiorno ou les grands centres urbains. Sur ces pentes souvent enneigées impossible de ne pas citer les deux géants montagnards, Dino Buzzati et Mario Rigoni Stern. Mais là je ne vous surprends pas. Bien sûr Je reste ici est un roman tout récent qui prend en compte les préoccupations écologiques, comme Paolo Cognetti déjà évoqué ici. Mais la trame reste romanesque et la lecture en est très agréable. Un moment écartelés entre deux pays, deux langues, deux dictatures, les villageois tenteront de faire le juste choix. Mais les "reconstructeurs" du miracle économique italien ne sont pas épargnés et paysans et ouvriers ne sont pas forcément des parangons de vertu. La photo de couverture est réelle. C'est tout ce qui surnage de la noyade du village de Curon en 1950 pour faire place au barrage dans la région du Trentin-Haut-Adige.
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  • lehibook Posté le 22 Mai 2019
    . L’histoire que conte Trina , la narratrice est celle d’un constante dépossession : de sa langue , de sa culture , de sa fille , et au final de sa terre elle-même . Native du Sud Tyrol , elle subit de plein fouet les oppressions successives du fascisme , du nazisme et in fine du capitalisme à travers la Montecatini . « Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent » cette parole de Victor Hugo s’applique pleinement à cette résistante qui combat pour sa survie avec les mots , avec les armes , aux côtés d’Erich l’homme de sa vie car il s’agit aussi d’une magnifique et douloureuse histoire d’amour. Un livre superbe.
  • Nuageuse Posté le 8 Avril 2019
    Ce roman est un coup de coeur. Il m'a rappelé Eva dort de Francesca Melandri au sujet de l'annexion du Tyrol autrichien en Italie. En le lisant, j'ai eu envie de manger de la polenta à nouveau. Trina écrit à sa fille Marica qui lui a été enlevée, elle ne veut pas qu'elle sache combien de temps elle l'a appelée pour essayer de la retrouver. Elle lui parle de sa vie d'avant sa naissance et d'après. Les Autrichiens annexés de force veulent croire en Hitler comme un sauveur, mais seul Erich (le mari de Trina) n'y croira pas après avoir été envoyé au front italien. C'est un condensé de vie relaté pudiquement. Une écriture très sensible. Je reste ici est une ode aux racines, à sa terre natale. Résister jusqu'au bout à vivre là où l'on est et où l'on veut y être enterré.
  • jostein Posté le 31 Octobre 2018
    Curon est un superbe petit village du Tyrol du Sud. La jeune Trina aime se prélasser dans les prés avec ses amies sous le regard bienveillant de son père menuisier et sous la direction énergique de sa mère. A dix-sept ans, elle est secrètement amoureuse d’Erich, un jeune paysan solitaire. Erich, proche du père de Trina est très attaché à sa terre. En 1922, cette partie du Tyrol est attribuée à l’Italie fasciste. Plus de travail pour les Tyroliens brimés au quotidien, il est désormais interdit de parler allemand. Le Duce revient aussi avec un projet de barrage qui inonderait le village. Les habitants de la vallée et surtout Erich et Trina, enfin mariés et parents de deux enfants entrent en résistance à la fois contre le fascisme et le projet de barrage. C’est une famille déchirée que nous allons suivre sur plusieurs décennies dans ce très beau roman, qui est en fait une longue lettre de Trina à sa fille Marica que sa belle-soeur lui a enlevée dès son plus jeune âge. Car à l’aube de la seconde guerre mondiale, le seul moyen d’échapper au fascisme est de rallier l’Allemagne d’Hitler. Erich est incorporé. Il reviendra de la guerre légèrement blessé mais surtout... Curon est un superbe petit village du Tyrol du Sud. La jeune Trina aime se prélasser dans les prés avec ses amies sous le regard bienveillant de son père menuisier et sous la direction énergique de sa mère. A dix-sept ans, elle est secrètement amoureuse d’Erich, un jeune paysan solitaire. Erich, proche du père de Trina est très attaché à sa terre. En 1922, cette partie du Tyrol est attribuée à l’Italie fasciste. Plus de travail pour les Tyroliens brimés au quotidien, il est désormais interdit de parler allemand. Le Duce revient aussi avec un projet de barrage qui inonderait le village. Les habitants de la vallée et surtout Erich et Trina, enfin mariés et parents de deux enfants entrent en résistance à la fois contre le fascisme et le projet de barrage. C’est une famille déchirée que nous allons suivre sur plusieurs décennies dans ce très beau roman, qui est en fait une longue lettre de Trina à sa fille Marica que sa belle-soeur lui a enlevée dès son plus jeune âge. Car à l’aube de la seconde guerre mondiale, le seul moyen d’échapper au fascisme est de rallier l’Allemagne d’Hitler. Erich est incorporé. Il reviendra de la guerre légèrement blessé mais surtout avec un profond dégoût pour le fascisme et le nazisme. Aussi ne supporte-t-il pas quand son propre fils rejoint Hitler. Erich et Trina se réfugient dans les forêts pour échapper au choix de dupes entre fascisme et nazisme. Leur exil est une période rythmée et forte du récit. A la fin de la guerre, c’est contre le barrage qu’il faudra se battre. « Je lui demandai encore une fois de m’emmener loin de cet endroit maudit où se succédaient les dictatures et où il était impossible de vivre tranquille, même en temps de paix. » Mais Erich refuse que quiconque le chasse de sa terre. Trina épaulera, calmera son véhément mari dans toutes ses actions. C’est en visitant cette région de l’Italie et devant ce clocher dépassant des eaux qui illustre la couverture du livre que Marco Balzano a imaginé la lutte et la souffrance des habitants de ce petit village. Un village victime des frontières, des violences des pouvoirs extrêmes et de l’impuissance de la parole des petits devant les enjeux économiques. J’avais beaucoup aimé le précédent roman de Marco Balzano, Le dernier arrivé. L’auteur confirme ici son talent et son art de la narration livrant des histoires romanesques, touchantes et pasionnantes sur fond d’histoire de l’Italie.
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Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…