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EAN : 9782264055699
Code sériel : 4662
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 96
Format : 108 x 177 mm

La cote 400

Collection : Domaine Français
Date de parution : 04/04/2013

 Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l'ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et...

 Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l'ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d'une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

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EAN : 9782264055699
Code sériel : 4662
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 96
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • collectifpolar Posté le 4 Décembre 2019
    Une bibliothécaire d’une cinquantaine d’années, après vingt-cinq années à faire ce métier, et en bonne partie dans la cave d’une bibliothèque de province, à ranger des livres sagement alignés dans leur rayon respectif, et qui trouve ce métier terrifiant à maîtriser cette vertigineuse production humaine, fruit de deux milles ans de civilisation. Elle qui ne s’accorde d’autre fantaisie que d’installer une plante verte pour rendre les lieux plus agréables, mais qui pulvérise dans l’explosion de son monologue théâtral l’ordre et « la toute puissance de la rationalité », incarnée par le système de classification de Dewey. Simone, responsable du rayon géographie dans unepetite bibliothèque municipale, explose quand elledécouvre qu'un homme a passé la nuit dans son rayon.Un court monologue théâtral, au ton mi-léger, mi-sarcastique mais toujours plein d’humour, qui dit trèsjustement le désarroi de ce personnage que chacunignore, et qui a pourtant tant à donner. Egalement unetrès bonne approche pour les curieux qui ont toujoursvoulu savoir ce qui se passe lorsque les portes de labibliothèque sont closes !
  • Christw Posté le 23 Novembre 2018
    "Je préfère ne pas penser à cette cote creuse, ça me fait peur." Dans la classification Dewey (CDD), les rayonnages numérotés 400 sont consacrés aux livres sur les langues (linguistique, langue anglaise, germaniques, etc.). Or, dans cette bibliothèque qui utilise la Classification Décimale Universelle (CDU), les langues ont été déplacées en littérature (cote 800) : "Qu'a-t-on mis à leur place ? Qu'a-t-on mis ? Rien. Ce qui fait que la cote 400, en ce moment, est inoccupée, vide. Vous êtes d'accord, c'est une ineptie. Moi, cela me donne le vertige, cette cote vacante. Qu'est-ce qui viendra l'occuper ?" La cote 400, c'est aussi, de façon imagée, la déréliction de cette bibliothécaire trop seule, affectée aux rayons de géographie, qui débite un monologue dévorant de soixante pages auquel nous convie Sophie Divry : portrait drôle et cinglant d'une femme érudite et frustrée. Avant l'ouverture de la bibliothèque, cette archiviste un peu névrosée découvre une personne endormie qui y a passé la nuit. Le squatteur (ou la squatteuse, je n'ai pas souvenir d'une précision du genre) devient, en même temps que nous, lecteurs, l'auditeur médusé des palabres et confidences – débitées en un seul paragraphe – de l'acrimonieuse femme. De considérations intéressantes sur la grandeur... "Je préfère ne pas penser à cette cote creuse, ça me fait peur." Dans la classification Dewey (CDD), les rayonnages numérotés 400 sont consacrés aux livres sur les langues (linguistique, langue anglaise, germaniques, etc.). Or, dans cette bibliothèque qui utilise la Classification Décimale Universelle (CDU), les langues ont été déplacées en littérature (cote 800) : "Qu'a-t-on mis à leur place ? Qu'a-t-on mis ? Rien. Ce qui fait que la cote 400, en ce moment, est inoccupée, vide. Vous êtes d'accord, c'est une ineptie. Moi, cela me donne le vertige, cette cote vacante. Qu'est-ce qui viendra l'occuper ?" La cote 400, c'est aussi, de façon imagée, la déréliction de cette bibliothécaire trop seule, affectée aux rayons de géographie, qui débite un monologue dévorant de soixante pages auquel nous convie Sophie Divry : portrait drôle et cinglant d'une femme érudite et frustrée. Avant l'ouverture de la bibliothèque, cette archiviste un peu névrosée découvre une personne endormie qui y a passé la nuit. Le squatteur (ou la squatteuse, je n'ai pas souvenir d'une précision du genre) devient, en même temps que nous, lecteurs, l'auditeur médusé des palabres et confidences – débitées en un seul paragraphe – de l'acrimonieuse femme. De considérations intéressantes sur la grandeur et le pouvoir des livres, leur classement, les employés, les usagers (parfois juste là pour se réchauffer), sur sa mise à l'écart au sous-sol, elle en vient à évoquer ce lecteur propre et bien rasé, Martin, une si belle nuque, dont elle rêve de partager la conversation sans oser l'aborder franchement. Elle a rompu avec les hommes depuis Arthur, sa peste noire, "sa vie fichue". La gradation du ton est comique, la volubilité se débride pour aboutir en interrogations désespérées qui ne laissent aucun doute sur la nature des frustrations de la pauvre femme : "À quoi bon avoir coté tous ces livres ? [...], si Martin ne vient pas ?" "Les deux ensemble, le livre et le lecteur, au bon moment dans la vie de chacun, cela peut produire des étincelles, un feu, un embrasement, ça peut changer une vie." C'est, outre un portrait individuel prestement mené, une manière de songer à notre rapport à la culture et à divers aspects de ce lieu singulier qu'est la bibliothèque publique. En certains endroits, le livre a reçu un accueil moyen, j'ai vu des commentaires mitigés du genre «ma bibliothécaire municipale est plus sympathique», ou même «où Sophie Divry veut elle en venir ?». Il ne s'agit absolument pas d'une critique du métier, c'est original, dense et pas très méchant. Peut-être y verra-t-on (ou ne voudra-t-on y voir) un peu de soi ?
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  • Shan_Ze Posté le 28 Septembre 2018
    Troisième livre de Sophie Divry que je lis, troisième texte très différents des deux précédents. Ici, c'est une bibliothécaire qui prend la parole pendant ces 60 pages. Le prétexte d'un homme trouvé dans le sous-sol pour s'épancher un peu beaucoup passionnément sur ce lieu où elle se trouve, ces objets sacrés qui l'entourent, la façon de les classer et puis on part sur d'autres sujets comme l'amour... La côte 400 renvoie à un code de rangement de bibliothèque, le Dewey. J'en avais beaucoup entendu parler et je suis contente de découvrir enfin ce monologue sur les livres essentiellement. Elle ne manque pas d'humour, même si elle ne laisse pas l'homme placé une parole. Peut-être un peu dure avec les autres de ce qu'il ressort... Pour elle, pas de goûts ou de couleurs...! Un moment sympa même si, on n'aimerait pas forcément la voir en vrai (hein !).
  • helhiv Posté le 6 Septembre 2018
    Je suis étonnée que certains lecteurs voient dans cette grosse nouvelle une description ou une critique du métier de bibliothécaire. Une de ces bibliothécaires, amoureuse des livres (forcément ?) et des lecteurs aussi (pas tous et sans retour...), plutôt taiseuse d'habitude se lance dans un monologue passionné sur sa vie et son métier, prenant à témoin un pauvre lecteur ayant passé la nuit dans la bibliothèque. Sophie Divry met de l'humour et de l'ironie à chaque ligne ce qui donne un récit enlevé qui se lit d'une seule traite en s'imaginant parfaitement ce personnage de quinquagénaire, déçue par ses semblables, en fond de laquelle demeure un espoir d'amour comme une braise précieuse. C'est très plaisant à lire mais j'ai été un peu déçue par la fin que j'attendais plus explosive, plus surprenante. Ça m'a au moins donné envie de lire un autre roman de Sophie Divry dont j'avais déjà lu et apprécié les articles dans le journal La Décroissance.
  • Coventgarden Posté le 8 Septembre 2017
    Tout petit livre étonnant que j'avais depuis longtemps dans ma bibliothèque. Je l'ai découvert en recherchant un court livre à enregistrer pour une bibliothèque sonore. C'est donc en le lisant à haute voix que j'ai découvert ce roman. Je suis allée de surprise en surprise car comme je ne l'avais pas dévoré, j'avais un mauvais a priori . Bien m'en a pris puisqu'au fil des pages, sans chapitre, on découvre l'univers triste d'une bibliothécaire et de son monologue adressé à un visiteur qui s'est fait enfermé la nuit entière dans le sous-sol. L'épanchement de cette femme attachante va durer jusqu'à l'ouverture des portes. C'est un huis-clos sur la vie d'une cinquantenaire qui retrace son quotidien plutôt morne mais le livre ne l'est pas; je dirai même que je souriais en lisant. Donc n'hésitez pas, idéal pour un trajet en transport en commun.
Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…