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Robert Laffont
EAN : 9782221203293
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 560
Format : 122 x 182 mm

La Fenêtre panoramique - Édition collector

Douglas Kennedy (préface de), Robert Latour (traduit par), Christine Bouchareine (traduit par)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 09/11/2017

« Le roman que vous êtes sur le point de lire est l’un des plus grands et des plus sombres chefs-d’oeuvre de la littérature américaine du XXe siècle. » Douglas Kennedy.

Édition collector.

EAN : 9782221203293
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 560
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Pitchval Posté le 14 Juillet 2021
    J'avais auparavant vu le film tiré de ce roman, « Les noces rebelles ». Que j'avais plutôt apprécié et depuis, je garder en tête l'intention de lire le roman. Pour autant, je n'aime généralement pas lire un roman après avoir regardé l'adaptation cinéma. Cela interfère ma lecture, en quelque sorte. Mais le film avait quelque chose de si intéressant que j'ai voulu voir si le roman creusait l'idée. Les idées. Le roman débute par un soir de première d'une pièce de théâtre qui s'avère être un fiasco. April, jeune épouse américaine des années cinquante, abandonne ce soir là tout espoir d'une carrière de comédienne. Son mari Franck tente de la consoler en vain sur le chemin du retour, mais cette tentative se solde par une violente dispute, très assassine, ou chacun crache au visage de l'autre ses rancunes anciennes. Ce jeune couple avec deux enfants se débat dans son pavillon de banlieue, doté d'une fenêtre panoramique. Leurs relations sont en effet très complexes. Ils se considèrent supérieurs à leurs pairs et voisins, méprisant la bourgeoisie de banlieue qui ne s'intéresse à rien, qui ne réfléchit pas. Paradoxalement, leur vie est assez similaire à celles de tous les autres: un... J'avais auparavant vu le film tiré de ce roman, « Les noces rebelles ». Que j'avais plutôt apprécié et depuis, je garder en tête l'intention de lire le roman. Pour autant, je n'aime généralement pas lire un roman après avoir regardé l'adaptation cinéma. Cela interfère ma lecture, en quelque sorte. Mais le film avait quelque chose de si intéressant que j'ai voulu voir si le roman creusait l'idée. Les idées. Le roman débute par un soir de première d'une pièce de théâtre qui s'avère être un fiasco. April, jeune épouse américaine des années cinquante, abandonne ce soir là tout espoir d'une carrière de comédienne. Son mari Franck tente de la consoler en vain sur le chemin du retour, mais cette tentative se solde par une violente dispute, très assassine, ou chacun crache au visage de l'autre ses rancunes anciennes. Ce jeune couple avec deux enfants se débat dans son pavillon de banlieue, doté d'une fenêtre panoramique. Leurs relations sont en effet très complexes. Ils se considèrent supérieurs à leurs pairs et voisins, méprisant la bourgeoisie de banlieue qui ne s'intéresse à rien, qui ne réfléchit pas. Paradoxalement, leur vie est assez similaire à celles de tous les autres: un pavillon, deux enfants, Franck est employé de bureau, emploi qu'il juge idiot, qu'il a toujours détesté, qu'il considère comme une grande perte de temps. Une emploi alimentaire et sot, ne lui procurant aucun épanouissement en somme. Ainsi, ils vivent dans une sorte de fausseté, dans la mesure où ils ont la même vie que celle de tous ceux qu'ils méprisent. Franck et April ne s'aiment pas: ils luttent l'un contre l'autre, chacun des deux se débat à sa manière pour un semblant d'intégrité malgré les convenances du mariage. Afin de mettre fin à cette vie terne et monotone, l'esprit d'April s'allume un jour d'un grand projet: partir pour l'Europe, continent que Franck avait découvert durant la guerre, et dont il gardait un souvenir vif. April y travaillerait, laissant à Franck le temps de trouver enfin sa voie, de savoir ce qu'il aimerait vraiment faire pour s'accomplir. Il ne s'agit pas là d'abnégation : April éprouve une sorte de besoin d'admirer enfin son mari. Le projet les porte alors tout à fait, donnant un nouveau souffle à leur couple. Ils s'élèvent ensemble, se montrent l'un à l'autre leur supériorité commune sur les autres, qu'ils méprisent ensemble, heureux à la perspective de quitter cette vie absurde. Tout va pour le mieux, la perspective du départ pour l'Europe leur fait l'effet d'une grande libération, d'une cohérence : enfin un choix, une décision, un acte à leur hauteur! Ils valaient bien mieux qu'une vie entière passée dans leur maison de banlieue, la même que leurs voisins méprisables, et qu'une carrière à un poste minable. Eux, ils oserait! Ils quitteraient tout au nom de la grande liberté, de l'audace, de la grandeur. Si leurs amis et voisins ne comprennent pas leur décision, seul un fou, John, les approuve. April organise le voyage et est tout à fait décidée au départ, mais Franck, peu à peu, commence à douter. Premièrement parce que sa compagnie lui propose une promotion. Mais aussi parce qu'il a quelque mauvaise conscience à déraciner leurs enfants tout à fait. Sans doute a-t-il peur, également. On sent peu à peu le glissement de Franck. D'abord la légère angoisse à l'idée du départ, puis le doute qui s'immisce en son esprit. L'homme libre qui déteste son travail voit soudain une opportunité dans le fait d'y faire carrière avec une promotion, comme la certitude du confort, la promesse d'une vie certes morne mais respectable et commode. Et puis April tombe enceinte. Ne voulant pas renoncer à l'Europe, elle a dans l'idée de s'avorter, mais Franck y répugne. Ou bien il voit en sa grossesse l'opportunité de renoncer au projet qui le fait douter à présent, sans devoir se rétracter personnellement. S'engage alors une lutte entre eux deux, ou chacun représente une valeur contraire: une bataille entre la morale et la liberté, entre le conventionnel et l'audace. Une guerre psychologique et presque idéologique. Très intéressante et bien décrite et menée. Bientôt, Franck veut convaincre April que son envie de mettre un terme à sa grossesse est une sorte de tare, une faiblesse psychologique à soigner. L'aplomb, l'audace, l'affranchissement deviennent soudain autant de vices dont on doit guérir. Et qui doivent amener à consulter un psychiatre. Franck gagne la partie. April renonce à avorter et à l'Europe par la même occasion. Bientôt, il obtient son augmentation, et pense que le cours normal de leur vie va reprendre. Mais April ne peut s'y résoudre. Un personnage m'a particulièrement interpellée. Il s'agit de John, le fou. C'est le fils de leurs amis et voisins, hospitalisé dans un hôpital psychiatrique, qui en sort le dimanche et vient déjeuner avec ses parents chez Franck et April. Ce « fou » est intéressant, parce que, sans filtre dans ses discours, il dit des vérités dérangeantes. Et on se demande souvent s'il n'est pas finalement le seul sain d'esprit entouré d'aliénés, de gens qui construisent toute une vie sur des faussetés, comme des robots incapables de révolte ou même de s'interroger sur leur propre condition, qui n'ont finalement jamais fait le moindre choix courageux. John, au contraire, est libre, et se fiche bien d'avoir une maison ou une situation, se fiche des conventions, des apparences, d'une sécurité financière et de tout ce qui tient les gens dans leur vie pourtant dérisoire. John veut aller au fond des choses, pose des questions gênantes, aussi intéressantes que pertinentes. Il est perspicace, et met le doigt sur des questions embarrassantes pour Franck, comme le vide insupportable de leur vie. John est cynique mais tombe juste. Il met le couple devant leur propre vacuité et leurs lâchetés respectives. Par ailleurs, l'évolution de la manière dont Franck perçoit le fou est révélatrice de son propre état d'esprit, comme par effet miroir. Lorsque John approuve leur projet, Franck, galvanisé par cette perspective, fier de son choix, le trouve intelligent et sensé. Plus tard, lorsque Franck ne compte plus partir, il voit à nouveau John comme un malade mental, comme pour se conforter dans son choix d'avoir renoncé. J'ai aimé également les représentations de l'adultère. Qui, elles aussi, sonnent très juste. L'un et l'autre trompent sans l'avoir cherché vraiment, par des concours de circonstances plutôt, et sans fausse mauvaise conscience, sans tout ce tapage moral habituel. L'adultère est pour Franck une manière de s'assurer de sa puissance, de se donner de la vitalité. Et pour April, c'est plutôt un acte de dépit. Cette sexualité hors mariage est décrite de manière anecdotique presque, naturelle et j'ose même « saine », très loin d'une morale doucereuse et entendue. Le personnage d'April m'a plu également. April, qui s'est toujours sentie infiniment seule, qui a toujours eu l'espoir d'un ailleurs meilleur, est illusionnée et blasée à la fois. April, femme lucide, réalise soudain que toute sa vie n'est qu'une hypocrisie, un mensonge, une fausseté. Qu'elle s'est trompée de vie, trompée de mari, et s'est menti à elle-même des années durant, en se persuadant qu'elle aimait. Franck, lui, est lâche. Je n'aime pas Franck. Et c'est peut-être parce qu'il me balance à la figure mes propres incohérences. Il aurait voulu être libre, audacieux, différent. Franck et son beau mépris pour ses voisins se vautrent pourtant dans le confort conventionnel. Il est finalement si conformiste qu'il travaille dans la même société que son père auparavant. Franck, sous des airs arrogants et fiers, est frileux et peureux. Malgré un dédain affiché pour les artifices et le convenu, il optera pour la continuité de sa vie ordinaire et fade, dans son pavillon et banlieue et dans son emploi minable. Globalement, le roman est très bien construit. Et bien écrit. Sans pathos. Chaque personnage est scrupuleusement décrit, et psychologiquement crédible. Ils ont tous une grande profondeur. C'est une sorte de drame psychologique, qui pousse à la réflexion sur ses propres choix, logiquement. Une belle découverte. Et c'est très intéressant, dans la mesure où il est très facile, avec un peu de recul, de s'identifier à ces deux personnages. On a beau, nous aussi, avoir de belles théories sur la liberté et un certain mépris pour une catégorie de gens conformistes et à la vie bien rangée mais dans tout en apparence, il s'avère... que notre vie ressemble pourtant à la leur en beaucoup de points: confort, sécurité de l'emploi, accès à la propriété, enfants sages, apparence de couple idéal... et c'est sans doute cette frilosité, cette peur de « perdre », qui nous pousse à protéger ces acquis aux dépens de toute audace, ou de plus grande ambition ou encore de belle liberté. L'époque et le pays n'y changent rien: c'est universel et intemporel. Et il est si rare de lire un roman contemporain qui permette une réflexion profonde sur des questions existentielles, qui permette enfin de mesurer sa propre petitesse, sa propre banalité en actes. Tout comme il est rare de trouver le mariage ainsi décrit, sans mièvreries ni sucreries habituelles et fausses. Cette lecture peut conduire à une réflexion, puis à une vraie révélation, si l'on accepte seulement de s'en imprégner rien qu'un peu, de se regarder avec un recul suffisant et sans complaisance sur sa propre existence.
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  • croquemiette Posté le 21 Juillet 2020
    Ce roman de Richard Yates retrace l'histoire d'un couple, les Wheeler. Nous suivons Frank et April, tous les deux élégants, ayant réussi, et habitant depuis peu la banlieue new-yorkaise. Ils se retrouvent dans une jolie maison blanche, d'où ils observent leur environnement depuis la fenêtre panoramique de leur salon. Ils ont renoncé à la grande ville pour une vie plus pépère et familiale, mais ils sont persuadés de valoir mieux que leurs voisins qu'ils côtoient avec courtoisie, voire hypocrisie, sans réels liens d'amitié. Frank s'ennuie au travail mais il a une bonne situation et s'est résigné depuis longtemps. April, comédienne du dimanche, passe ses journées à la maison et s'occupe des enfants. Le contexte est très intéressant. J'ai aimé lire la description de leur petite vie de banlieusards des années 60 et le quotidien des employés de bureau de cette grande entreprise new-yorkaise. le tout est plutôt étriqué, malgré leurs rêves de grandeurs. Ils sont amoureux et sont enviés des voisins. Mais de violentes disputes éclatent entre eux, mettant en péril leur lien et leur union. Ils sont dans l'incapacité de communiquer, pris en étau entre leurs envies profondes d'un côté et le confort matériel et ce que l'on attend d'eux de l'autre.... Ce roman de Richard Yates retrace l'histoire d'un couple, les Wheeler. Nous suivons Frank et April, tous les deux élégants, ayant réussi, et habitant depuis peu la banlieue new-yorkaise. Ils se retrouvent dans une jolie maison blanche, d'où ils observent leur environnement depuis la fenêtre panoramique de leur salon. Ils ont renoncé à la grande ville pour une vie plus pépère et familiale, mais ils sont persuadés de valoir mieux que leurs voisins qu'ils côtoient avec courtoisie, voire hypocrisie, sans réels liens d'amitié. Frank s'ennuie au travail mais il a une bonne situation et s'est résigné depuis longtemps. April, comédienne du dimanche, passe ses journées à la maison et s'occupe des enfants. Le contexte est très intéressant. J'ai aimé lire la description de leur petite vie de banlieusards des années 60 et le quotidien des employés de bureau de cette grande entreprise new-yorkaise. le tout est plutôt étriqué, malgré leurs rêves de grandeurs. Ils sont amoureux et sont enviés des voisins. Mais de violentes disputes éclatent entre eux, mettant en péril leur lien et leur union. Ils sont dans l'incapacité de communiquer, pris en étau entre leurs envies profondes d'un côté et le confort matériel et ce que l'on attend d'eux de l'autre. [masquer] Un nouveau départ pour l'Europe pourrait-il les sortir de l'impasse ? [/masquer] Pour moi, un superbe roman ! C'est la vie d'un couple, de la rencontre magique à l'effritement du mariage, tout simplement. C'est somme toute banal, mais l'auteur m'a tenue en haleine. le roman est long, certes, mais je l'ai lu comme un thriller. La tension est palpable, les psychologies très fines. L'auteur nous emmène au cœur de ce couple avec brio. C'est un roman universel et intemporel, qui touche à une certaine vérité. Ne vous attendez ni à une histoire d'amour, ni à de beaux sentiments, ni à un roman feel-good ! Ici, l'âme humaine est sondée, et quand l'on creuse un peu, la médiocrité n'est pas loin.
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  • Planteverte Posté le 26 Juin 2020
    Je découvre Richard Yates avec la Fenêtre Panoramique, petit pavé de plus de 600 pages, et j'irai très certainement lire le reste de son oeuvre. J'aime beaucoup l'humour qui se dégage des pages, il s'agit plutôt de cynisme d'ailleurs. Nous découvrons le quotidien de Franck et April, un jeune couple américain établi en banlieue. Gorgés par leur volonté de différer des autres, regardant de haut leurs voisins, ils ne se rendent pas compte qu'au contraire ils leur ressemblent et mènent une vie rangée et bien conforme comme eux. C'est une histoire sans happy end, l'histoire des illusions perdues, comme on dit. Ce couple a tout pour être heureux mais ne cesse de se déchirer. Les personnages sont tous très attachants, mention spéciale à Mr Givings et à son appareil auditif !
  • darkmoon Posté le 8 Décembre 2019
    « La fenêtre panoramique » est une ode au dur métier d'homme, qui dépeint la beauté et le drame inhérent à la condition humaine, doublée d'une odyssée moderne ; l'odyssée d'une intelligence où le seul obstacle est soi-même. Il existe des livres qui, par de mystérieux tours de force, arrivent à atteindre une certaine vérité. La fenêtre panoramique fait partie de ces rares œuvres qu'on prend plaisir à lire et relire malgré la mélancolie qui se dégage de cette histoire. Celle de Frank et April, un jeune couple cherchant à réaliser leurs rêves, entre celui de fonder une famille et celui de vivre une vie trépidante loin des codes de la société actuelle. Ces deux rêves vont se mêler successivement à l'intérieur des âmes des personnages sans jamais réellement se croiser. S'ils ont été parfois sur la même longueur d'onde, ils finissent par ne plus l'être. Et le lecteur va finalement se demander s'ils ne l'ont jamais été. Cette différence les conduira à détruire l'amour qui les avaient unis, avec d'un côté un homme profondément amoureux prêt à de relatifs compromis pour sauver cet amour si précieux à son cœur, et de l'autre une femme malheureuse de la vie bien... « La fenêtre panoramique » est une ode au dur métier d'homme, qui dépeint la beauté et le drame inhérent à la condition humaine, doublée d'une odyssée moderne ; l'odyssée d'une intelligence où le seul obstacle est soi-même. Il existe des livres qui, par de mystérieux tours de force, arrivent à atteindre une certaine vérité. La fenêtre panoramique fait partie de ces rares œuvres qu'on prend plaisir à lire et relire malgré la mélancolie qui se dégage de cette histoire. Celle de Frank et April, un jeune couple cherchant à réaliser leurs rêves, entre celui de fonder une famille et celui de vivre une vie trépidante loin des codes de la société actuelle. Ces deux rêves vont se mêler successivement à l'intérieur des âmes des personnages sans jamais réellement se croiser. S'ils ont été parfois sur la même longueur d'onde, ils finissent par ne plus l'être. Et le lecteur va finalement se demander s'ils ne l'ont jamais été. Cette différence les conduira à détruire l'amour qui les avaient unis, avec d'un côté un homme profondément amoureux prêt à de relatifs compromis pour sauver cet amour si précieux à son cœur, et de l'autre une femme malheureuse de la vie bien rangée qu'elle mène et rêvant d'une vie trépidante pour ainsi raviver la flamme des débuts. Ils tenteront donc tous les deux de sauver leur amour, mais à leur manière, ils toucheront ce rêve du bout des doigts, du bout des lèvres, sans jamais le vivre. C'est ainsi que l'on se rend compte que le grand rêve du livre n'est ni une vie trépidante, ni une vie familiale bien rangée, mais l'Amour de son prochain, de sa moitié. L'un le comprendra et l'autre se perdra, avec en toile de fonds la description d'une société hypocrite dont les valeurs ne sont que l'argent et l'apparence que l'on donne aux autres. C'est ainsi que l'on finit par se demander qu'elle est la cause de la perdition de ce couple : eux-mêmes ou la société étouffante et formatée dans laquelle ils vivent ? La fenêtre panoramique fait écho à l'iconoclaste en nous. Et qui, le plus souvent, y sommeille. Comme pour les Whealer les rêves nous donnent l'impression d'être vivant, mais le sommes-nous vraiment ? Vivre ses rêves n'est-il pas d'aimer entièrement et avec humilité la personne que l'on aime ? Nous pourrions nous poser ainsi des questions infinies dont les réponses sont toutes aussi infinies qu'il y a de personnes à y répondre. Et c'est en cela que réside la magie de ce roman, de poser des questions et d'en proposer des réponses aussi multiples que les personnages de cette histoire, et de laisser ainsi le choix au lecteur de répondre par lui-même avec sa propre expérience à ces questionnements. J'ai lu un livre... qui traite d'un thème que chacun sent, plus ou moins, confusément proche de soi, à savoir du temps qui passe, qui casse, qui lasse... De la promesse qu'on a pu se faire, plus jeune face au miroir de la vie, des vœux de bonheur formulés lorsque la vie vous sourit, que l'on est beaux et insouciants, jeunes et prometteurs... J’ai lu un livre… sur un couple fou d'amour qui veut absolument sortir de la routine et des conventions pour vivre leurs rêves de jeunesses, leurs idéaux et qui sombre vite justement dans ce qu'il tente de fuir, rattrapés malgré eux par la vie en société. J’ai lu un livre… qui parle de la passion, de la difficulté de la vie à deux, de la difficulté de vivre ses rêves quand la vie nous force à nous en éloigner...
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  • pasiondelalectura Posté le 30 Septembre 2019
    La fenêtre panoramique (Revolutionary Road, 1961) est le premier roman de Richard Yates; un livre finaliste pour le National Book Award 1962 et considéré dans la liste The American Scholar de juillet 2014 comme faisant partie des 100 meilleurs romans américains. J’ai lu quelque part que ce livre aurait changé la vie de l’auteur contemporain Douglas Kennedy. Le film éponyme tiré du roman en 2009 par Sam Mendes, et projeté en France sous le nom Les noces rebelles, interprété par Leonardo DiCaprio et Kate Winslett; ce rôle valut a Winslett le Golden Globe de la meilleure actrice. C’est un film excellent, dévastateur, très proche du livre mais quasi exclusivement axé sur les confrontations du couple protagoniste, ce qui le rend assez négatif et ce film peut devenir déprimant pour des personnes en détresse émotionnelle au moment du visionnage. Quant au livre, il est excellent, ravageur, dérangeant, violent, et d’un réalisme qui résulte presque douloureux. Sa lecture laisse KO. Mais quelle force et quelle pertinence du texte qui démolit littéralement le conformisme américain des années 50 et dresse un portrait peu flatteur du tout de l’american way of life à travers l’histoire d’un couple banal confronté à leurs problèmes existentiels. L’histoire est le... La fenêtre panoramique (Revolutionary Road, 1961) est le premier roman de Richard Yates; un livre finaliste pour le National Book Award 1962 et considéré dans la liste The American Scholar de juillet 2014 comme faisant partie des 100 meilleurs romans américains. J’ai lu quelque part que ce livre aurait changé la vie de l’auteur contemporain Douglas Kennedy. Le film éponyme tiré du roman en 2009 par Sam Mendes, et projeté en France sous le nom Les noces rebelles, interprété par Leonardo DiCaprio et Kate Winslett; ce rôle valut a Winslett le Golden Globe de la meilleure actrice. C’est un film excellent, dévastateur, très proche du livre mais quasi exclusivement axé sur les confrontations du couple protagoniste, ce qui le rend assez négatif et ce film peut devenir déprimant pour des personnes en détresse émotionnelle au moment du visionnage. Quant au livre, il est excellent, ravageur, dérangeant, violent, et d’un réalisme qui résulte presque douloureux. Sa lecture laisse KO. Mais quelle force et quelle pertinence du texte qui démolit littéralement le conformisme américain des années 50 et dresse un portrait peu flatteur du tout de l’american way of life à travers l’histoire d’un couple banal confronté à leurs problèmes existentiels. L’histoire est le délitement du mariage de Frank et April Wheeler, l’histoire de leur mariage raté et de leur chronique conjugale. Ils ont tout juste 30 ans et « l’air » d’être le couple parfait, deux enfants et une vie tracée au cordeau par l’ennui. Elle voulait devenir comédienne, mais elle est tombée enceinte et s’est mariée. Lui, il ne sait pas trop ce qu’il voudrait devenir, il n’a pas poursuivi des études parce qu’il a manqué d’assiduité et il a tout délaissé. Tous les deux couvent des déceptions car dès le premier enfant ils vont faire une croix sur leurs rêves. Nous sommes en Amérique en 1955 dans le Connecticut de l’Ouest à une époque où les banlieues se développent. C’est l’époque bénie de l’Amérique conquérante, l’Amérique florissante de la post guerre, avec l‘american dream de l’aisance matérielle, le consumérisme à tout va. Richard Yates va gratter le vernis et cela crisse. April et Frank vont acheter une charmante maison dans une morne banlieue de New York, grâce au travail de bureau de Frank et construiront ainsi leur propre prison. La maison à une baie vitrée sur la devanture, ce qui donne le titre à la version française du livre, car c’est à travers cette large fenêtre que les Wheeler perçoivent leur quartier, leur entourage et même s’épient entre eux. Le titre en anglais est plus subtil c’est le nom de la rue qu’ils habitent: Revolutionary Road. Tous les couples qu’ils côtoient ont des secrets non dévoilés car leur vie à tous est comme un spectacle dans lequel il faut faire bonne figure, il faut paraitre et ce n’est pas par hasard que ce livre commence par une représentation de théâtre d’amateurs. Mais Frank hait son travail, déteste ses collègues, déteste sa maison et les transports en train AR pour se rendre chaque matin au travail à Manhattan. April n’aime pas non plus être femme au foyer avec des tâches répétitives; elle n’apprécie pas non plus ses amis, d’autres mères au foyer. En fait les Wheeler méprisent un peu tout le monde. Les Wheeler sont seuls, très seuls, esseulés dans leur cocon et sans aucun intérêt dans leur vie. Ils sont assez égotistes car ils ont deux enfants et jamais ils ne s’intéressent à eux, à leur devenir. Leur frustration mutuelle ne les motive pas pour construire leur vie de famille et se donner un peu de stabilité. Deux détails sont surreprésentés dans le livre : la consommation d’alcool et de tabac. Frank en boit même pendant le travail et dès qu’il arrive chez lui, April l’accueille selon cette tradition de préparer un cocktail au mari qui rentre le soir. Ce n’est pas propre aux Wheeler, c’est assez général et plusieurs personnages dans le livre ont un problème avec l’alcool. Il y a aussi la consommation concomitante de tabac: on fume au travail, on fume dans les transports, on fume à la maison, on fume partout. Et April va décider vers la trentaine, de partir à l’étranger, de tout plaquer pour entamer une nouvelle vie à Paris. Elle s’imagine travaillant comme secrétaire et pourvoyant aux nécessités de la famille pendant que son mari chercherait sa voie. Mais le sort décide autre chose : April retombe enceinte et Frank obtient une promotion de façon tout à fait inattendue. La construction de ce roman est intéressante avec ces divers couples qui alternent les points de vue et qui se croient supérieurs les uns des autres, cette succession de rituels quotidiens immuables, cette vie basée sur des apparences et, in fine, une autopsie féroce du rêve américain. Il y a un personnage clé dans le roman, c’est John le fils schizophrène de l’agent immobilier qui leur a trouvé la maison, car cet homme nous signifie clairement que la folie ne réside pas forcément là où nous le pensons. Il y a une finesse dans l’analyse psychologique qui est rare, les scènes du livre sont aussi bien cadrées que dans un tableau de Edward Hopper. Et cet auteur me fait penser beaucoup à des écrivains désenchantés comme Robert Goolrick, Evan S. Connell, Joyce Carol Oates. Un excellent auteur. Ce livre est une pépite.
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