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La Découverte
EAN : 9782707175908
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 128
Format : 125 x 190 mm

La haine de la religion

Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche

Collection : Cahiers libres
Date de parution : 07/03/2013

Le niveau actuel d'hystérie, de crispation et de violence autour des questions religieuses (et de l'islam au premier chef) n'épargne pas la gauche française, toujours prompte à enrôler (le "barbu") Marx et sa dénonciation de l'opim du peuple. Cette lecture dévoyée et incomplète falsifie la pensée critique : et si le combat antireligieux était, aujourd'hui, l'opium du peuple -(de gauche) ?

« La religion est l’opium du peuple : relisez Marx ! » C’est en ces termes qu’au début de l’année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un chœur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d’une jeune militante qui...

« La religion est l’opium du peuple : relisez Marx ! » C’est en ces termes qu’au début de l’année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un chœur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d’une jeune militante qui avait le mauvais goût d’être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est depuis lors repris quasi-rituellement, dans l’ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses.
C’est ce conseil qu’on a ici choisi de prendre au sérieux – et l’expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu’il est fort difficile d’enrôler post mortem l’auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d’islam ou de religion. On découvre même qu’un des grands apports du mouvement socialiste au combat progressiste est d’avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l’alliance entre « celui qui croit au Ciel et celui qui n’y croit pas ». On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c’est aujourd’hui l’athéisme et le combat antireligieux qui peuvent être considérés comme l’opium du peuple de gauche.

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EAN : 9782707175908
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 128
Format : 125 x 190 mm

Ils en parlent

"La religion est l'opium du peuple." La formule, usée, est sans doute l'une des plus célèbres mais aussi des moins bien comprises de Marx. Elle sert en tout cas de slogan, aussi bien aux militants de gauche résolus à "écraser l'infâme", qu'aux croyants de toutes chapelles, confits dans une ignorance plus ou moins volontaire de l'histoire de la pensée politique et pour lesquels l'auteur du Capital demeure plus que jamais le Mal incarné. Philosophe et militant radical qui ne défend pour sa part aucune chapelle, Pierre Tevanian s'est penché sur le regain actuel d'attitudes et de discours antireligieux (et tout particulièrement anti-musulmans) au sein des formations de la gauche française. Avec, en toile de fond, l'affaire Ilham Moussaïd, cette militante du NPA interdite par son propre parti de se présenter aux élections parce qu'elle portait le voile. Le diagnostic, cruel, est sans appel: les opiomanes du XXI° siècle ne sont pas forcément ceux qu'on imagine.

Jérôme Anciberro / Témoignage chrétien

Le philosophe dénonce les dérives de la gauche française contre les religions, notamment l'islam. Et se réfère à Marx pour les étayer.

Alain Rubens / Lire
Dans cet essai au style clair, percutant et non dénué d'humour, Tevanian élève un débat assez superficiel qui s'est cantonné à de petites phrases comme l'illustre bien l'usage de la citation de Karl Marx. Il prend le temps de citer et de commenter les grands textes marxistes sur la question, s'élevant au-dessus des dogmatismes et rendant sa complexité au problème, rappelant la démonstration d'un Amartya Sen dans Identity and Violence: The Illusion of Destiny, qui estimait qu'il ne fallait pas réduire les individus à une seule identité, qu'elle soit religieuse, politique ou sexuelle.
Benjamin Caraco / Liens socio
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